LE COMITÉ ALLEMAND D'ANVERS
C'était une tâche difficile, que M. Max Gûnther a su remplir à la satisfaction de tous, grâce à l'ensemble " j des qualités que nous venons de citer.
Le Gouvernement Belge a tenu à reconnaître les services signalés rendus par M. Giïnther, en le nommant Commandeur de l'Ordre de Léopold.
Tous les Allemands garderont de lui le meilleur et lé plus sympathique souvenir.
Le Comité pour faciliter la participation à l'Exposition Universelle d'Anvers, fut constitué comme suit :
Présidence.
M. Otto Gunther, Conseiller de commerce, Ancien Consul de la Confédération de l'Allemagne du Nord, Président. Anvers.
M.Jul. Rautenstrauch, Négociant , Ancien Vice- Consul de l'Empire d'Allemagne, Vice-Président. Anvers.
Secrétaires.
MM. Auguste Oht.e\dorff, Négociant. Anvers. A. de BarRV, Négociant, Consul de la République Argentine. Anvers.
Membres.
MM. Jeh. Dan. Fuhrmann jeune, Négociant.
Anvers.
Otto Menzel, Négociant. Anvers.
Ernst Philipfsen, Négociant. Anvers.
Tel est l'historique de la Section Allemande dans laquelle nous allons pénétrer.
L'Allemagne occupait à l'Exposition le troisième rang parmi les puissances.
Elle s'étendait dans l'aile méridionale des halles de l'Industrie, bornée par le Canada, la France et la Suède.
La superficie de la section était de 6i3om pour les Halles de l'Industrie, et de 3492™ pour la Galerie des
Machines. De plus, abstraction faite des emplacements dans elle occupait 25m du compartiment des dynamos, 23m du l'éclairage et 28om dans la Galerie Internationale.
Le poids des marchandises, amenées par 590 wagons de chemin de fer, se montait à 1,576,680 kilos. Pour alléger aux exposants les frais de transport, les chemins de fer de l'Etat Belge, les lignes d'État de Wurtenberg et de Bade, de Prusse, de Saxe, de. Bavière, ainsi que la ligne des bateaux à vapeur de MM. J. Perlbach et C° à Hambourg, avaient assuré le libre retour des colis jusqu'au 15 janvier 1886, pourvu que les marchandises empruntassent la même voie pour l'aller que pour le retour. diaires appartenant à des sociétés privées ont accordé la même faveur.
Par un rescrit de S. E. M le Ministre des finances du royaume de
Toutes les lignes intermé-
Prusse, la libre entrée
douanière des marchandises était assurée au retour, sous condition de remplir quelques formalités à la sortie.
Les listes d'admission de la Section étant définitivement closes le 15 février iS85, le plan
d'installation put être dressé par les soins de M. le Dr Jannasch, de Berlin; il fallut cependant le remanier
sensiblement sur le terrain même, par suite de déplacements et d'agrandissements tardifs. L'ensemble de la
Section comprenait quatre parties dont non parlerons successivement, en commençant la Galerie Centrale; viennent ensuite cinq galeries de côté, puis une annexe, le salon de musique, et enfin la remarquable exposition de Machines, dont il sera parlé dans un chapitre spécial. Il faut y ajouter, dans les jardins, 2 restaurants, 4 dégustations de vin, 3 brasseries et un débit d'eau gazeuse, tous tenus par des exposants allemands. — Nous les avons décrits déjà précédemment.
W Des gardiens, portant un uniforme spécial et la cocarde noir-bleu-rouge, étaient chargés de la surveillance pendant le jour; leur nombre variait entre 7 et 10.
La décoration de la Section est en style Allemand ancien. Sur grande galerie s'ouvrent cinq façades d'anciennes maisons de Gilde, dont les emblèmes indiquent les. métiers ou les classes.
Dans la Galerie Centrale une porte d'honneur d'un style large, flanquée de deux colonnes, couronnées d'un immense drapeau dont les plis amples couvrent décorativement le portail, sépare l'Exposition Anglaise de l'entrée de la Section Allemande, Cet étendard, aux armes de l'Empire d'Allemagne, sortait des fabriques de drapeaux de Borme ; il avait 3o mètres de long sur 10 de large.
Notons ici que la galerie centrale renfermait un salon de lecture commodément aménagé aux frais d'un des principaux expo-
Thomvaaren-Fabrik der Magdeburger Ban- und Credit-Bank de O. Duvigneau et Cie, — Magdebour
sants. Un grand nombre de documents Allemands y étaient tenus à la disposition des lecteurs ; les exposants et les visiteurs pouvaient s'y faire adresser leur correspondance.
Aussitôt la porte franchie, un chatoiement de couleurs attire forcément les regards ; c'est la riche exposition des objets argentés et dorés de la grande Wùrternbergisçhe Metalhvaarenfabrik Geisslinger ; cette maison, fondée en i853, occupe aujourd'hui 700 ouvriers.
En poursuivant notre route, nous passons devant une quantité d'objets appartenant à différentes classes : vêtements de tricot ; produits de la Rheinische Glashutter Âctien Geselkchafî, exposition qui démontre la force et l'importance de cette maison ; objets en ambre, collection aussi élégante que fragile, de la maison A. Zausmer, à Dantzig. Viennent ensuite les inévitables et multiples eaux de Cologne, puis le pavillon d'un des plus importants établissements d'Allemagne, le Rheinische Actiën-Verein fur Zuckerfabricatkm ; cette exposition était certes en son genre, l'une des plus intéressantes que l'on pûtrencontrer dans l'enceinte de l'Exposition.
Le Rheinische Verein a été fondé en 1824 et se compose de la raffinerie de sucre brut, à Dormagen, qui consomme journellement la quantité énorme de 430,000 kilos de betteraves, et de deux raffineries à Cologne, qui fournissent ensemble 3o millions de kilos de sucre brut.
La fabrique exporte tous les sucres, et spécialement les pains de sucre de toute qualité et de toutes formes; elle le taille en morceaux, en tablettes (brevet Schalbein et brevet Schneider), en tubes, en plaques. Elle fabrique indifféremment le sucre en poudre, le sucre candi blanc et coloré, tout cela à l'infini. Il est inutile d'ajouter qu'un nombre considérable de récompenses et de distinctions publiques et privées, ont couronné les efforts de cette maison et sanctionné la supériorité de ses produits. Citons parmi les médailles
qu'elle a obtenues, la médaille de l'État pour le mérite en iS.65, et la médaille d'or de Cologne en iS65 et 1875. Un- pas' plus loin; tout le monde s'arrête devant l'exposition d'armes blanches de Weyersberg et Kirchtauni et Henkel frères à Solingen.'
On sait que Solingen a le monopole de cette fabrication. Parler plus amplement de ces maisons dont la réputation est universelle, serait inutile. Disons qu'en outre des plus hautes récompenses, elles ont obtenu les suffrages universels des visiteurs, pour les merveilles de bon goût et d'élégance qui formaient leurs étincelantës panoplies.
Le point central de l'exposition Allemande est formé par un vaste pavillon, richement décoré, construit par la maison Ferd. V-ogt, de Berlin. Ce pavillon comprend sept 'salons. ..Dans I plusieurs de ces salons, la maison a réuni toutes- les élégances et toutes les beautés de l'ameublement moderne. L'un d'eux renferme l'exposition de ' la; -Thonwaaren-Fabrik der Magdeburger Bau- ùnd Crédit- Bajik', précédemment
Magdebourg. . . ■
qui a maintenant une très grande importance, tire son origine .- d'une ancienne
fameux produits classiques Feilner.
M; Duvigneau était depuis près de 20 ans le directeur de la fabrique quand, en 1872, elle devint avec d'autres établissements industriels;: la propriété dé la Magdeburger Bau-und Crédit- Bank, qui mit tout 'en; œuvre pour faire revivre l'ancien usage Allemand de la faïence pour les appareils de chauffage.
La maison fabrique aujourd'hui des poêles majoliques en glacé, sombre et clair, ornementés avec rehaussement de couleur; et vieil-or brûlé, possède une succursale à Londres sous la firme : German
O. Duvigneau & C° Cette maison fabrique de poêles, existant déjà il y: a un siècle et demi. Elle a exposé des échantillons nombreux, des figures empruntées à l'Olympe, contemporaines des époques de ses débuts, de grands et de petits modèles fabriqués en argile non glacé, et destinés à servir de corniches aux poêles eh fer. ; ::
En i83o, la fabrique passa à la famille Duvigneau, qui.' s'adonna à la construction des poêles de Magdebourg, des petits poêles en fer avec corniches simples glacées et de poêles d'un blanc de neige, ayant l'aspect et la formedes
Thomvaaren-Fabrik der Magdeburger Bau- und Credit-Bank de O. Duvigneau & Ce. — Magdebourg
Elle
dans le style de la renaissance Allemande. Majoîica C° , New Oxford street.
La fabrique occupe en moyenne 220 ouvriers ; de forts moteurs à vapeur font marcher un grand nombre de machines auxiliaires ; elle fait aussi des plaques en mosaïque pour parquets.
La maison a obtenu de nombreuses récompenses aux expositions nationales et internationales : citons la médaille d'or à Mersburg, 1 865 ; à Halle en 1881 ; la médaille du progrès à Vienne en 1873, et à Cassel, en 1S78; la grande médaille d'or de l'Etat Allemand pour mérites commerciaux.
Revenons au salon qu'avait créé cette importante maison à notre Exposition ; il produit le plus grand effet. Les poêles de grand et de petit format qui s'y trouvent réunis, sont montés, les uns dans le goût de la renaissance, les autres dans le style ancien ; tous sont ornés des plus riches couleurs, parmi lesquelles se distingue une nuance gris vert, comparable à celle des plus pures émeraudes.
Le Jury de l'Exposition a décerné à la maison une médaille d'or, et, aux auteurs des modèles, peintres et maîtres-ouvriers, une médaille d'argent et deux médailles de bronze.
Nous entrons maintenant dans le salon renfermant la belle et opulente collection de fusils de la célèbre maison von Dreyse, de Sômmerda.
La patrie Allemande a assigné une place des plus honorables, dans l'histoire des dernières guerres, au fondateur de la maison, l'inventeur du fusil à aiguille von Dreyse, dont la supériorité incontestable a révolutionné l'art de la guerre et contribué puissamment à la reconstitution de l'Empire Allemand.
C'est le fils du fondateur, nommé conseiller de commerce privé du Royaume Prussien, qui est le Directeur et le chef actuel de la fabrique d'armes de Sômmerda ; il a su agrandir encore l'œuvre paternelle par son intelligence et son esprit d'initiative.
La fabrique fait spécialement les' armes de guerre et de luxe, les fusils à aiguille de tous systèmes, les
fusils de chasse à répétition, les revolvers. Elle confectionne également les munitions pour toutes ces armes.
Il serait impossible d'énumérer toutes les distinctions honorifiques:
décorations, diplômes, grands prix, médailles, qui sont venu couronner les efforts intelligents de M. Franz von Dreyse et de son fils.
A peine quittons-nous cette exposition d'engins homicides, que, par l'antithèse habituelle aux Expositions, nous nous trouvons .dans le fragile salon de la manufacture royale de porcelaines de Saxe, de Meissen.
Des nombreuses et importantes manufac -
Dans la Forêt Noire
tures de porcelaines allemandes, c'est la seule représentée.
Une magnifique paire de vases, ainsi qu'une fort belle glace et une table, nous montrent tout d'abord le style Rococo, qui, dit avec raison l'illustre Sempert, sera toujours admis pour les porcelaines.
Les groupes, figures, vases et autres produits de tout genre de la manufacture de Meissen, sont d'un goût fort délicat.
Nous remarquons ensuite l'exposition collective de l'industrie de potasse de Stassfurt, des cartes à jouer, des appareils de physique, des jalousies, des porcelaines, des couleurs [Gebr.
Hartmann, Cologne) , des tricots d'Aug. Melshebner
à Lasphe, et enfin, des machines à écrire, des monogrammes, des vins, des filtres et beaucoup d'autres objets qui n'intéressent que les connaisseurs. Les machines autographiques de Hugo Koch, à Leipzig, les fournitures pour parapluies de Kortenbach et Rauh et de Bremhey et C , les ouvrages de gravure d'Otto Kàstner, les filtres de C. Bûhring et G'8, Anvers et Hambourg, et enfin, quelques expositions de bières, parmi lesquelles nous citons la brasserie Frisia et plus loin la Greïffenberg (propriétaire Wilh. Bohme, à Limburg), sont très intéressantes. Très remarquable aussi le salon de Y Institut polytechnique de Darmstadt (F. Schrôder).
Trois expositions forment le fond de la galerie centrale de la Section. Ce sont celles des maisons Karl Fischer et C'" d'Aix-la-Chapelle, la collection des montres et horloges de Pollack et Holtschneider, d'Aix-la-Chapelle, et la fabrique de tapis Gevers et Schmidt de Schmiedeberg; la première avait une collection
de meubles et objets très artistiques, agencés avec goût, dans un salon magnifique ; la seconde occupe un salon de 60 m. carrés, renfermant des horloges et des montres, exposées par une collectivité de onze maisons importantes d'Allemagne; la plupart de ces pièces, d'une exécution finie, attestaient la supériorité que l'Allemagne s'est acquise dans cette branche de l'industrie. La troisième avait garni son salon de magnifiques tapis sortant de ses usines. Il y en a du poids de 200 kilos, si lourds qu'ils ont dû être hissés à leur place au moyen de poulies.
Le compartiment Allemand est le seul qui renfermât une salle spécialement affectée aux instruments de musique et aux auditions musicales.
Citons en première ligne le Journal Musical et les instruments de musique de M. P. L Tonger, de Cologne. Viennent ensuite les pianos exposés par dix-huit maisons Allemandes, pianos-buffet et pianos à queue, parmi lesquels des instruments spéciaux pour l'exportation.
L'un des succès les plus sérieux est celui remporté par la maison Knake frères, de Munster, dont le piano a été acquis pour la loterie de l'Exposition.
Cette maison est l'une des plus anciennes de l'Allemagne. Elle a obtenu aux Expositions de Londres en 1862 et de Paris en 1867, les plus hautes récompenses ; elle est en possession des moyens de fabrication les plus
F. Adam de Crefeld, et G. Adam de Wesel, se distinguent par la douceur de leur son; ceux de John LCuhn par leur bon marché.
Richard Lippe à Stuttgart, Karl M and à Coblence et G. A. Ibach, à Barmen, sont bien représentés; ce dernier expose un splendide piano en style renaissance, coté i35o marcs.
^V-V-vCjf;
Nuremberg
perfectionnés et apporte les plus grands soins à la construction de ses instruments.
Parmi les pianos de prix, notons celui de 3ooo marcs, à cordes croisées, d'une large sonorité, sortant des ateliers de Schiedmayer, de Stuttgart. L.Rômhildt de Weimar, n'expose que des pianos d'exportation.
Les pianos de
Passons rapidement sur les accordéons, les orgues et autres instruments de barbarie, qui nont pas grande importance au point de vue musical. Cependant, quand ce ne serait qu'à titre de curiosité, nous ne pourrions nous dispenser de signaler l'orgue électrique exposé par Welle Schmoele et Cie (Bade), et construit suivant le brevet de Schmoele et Mois. Cet instrument, d'une bonne sonorité, très agréable à entendre, est une des applications les plus ingénieuses de l'électricité. Citons encore deux excellents harmonicas, l'un de Schiedmayer, et l'autre de H. Bitrger.
La fabrique de Hermann Burger, établie à Bayreuth depuis 1873, jouit déjà d'une grande renommée; ses trois harmoniums, à simple et à double clavier, lui ont valu le diplôme d'honneur.
En sortant du salon de musique, les premiers objets que l'on rencontre sont des modèles de navires. Ils proviennent, ainsi que les cartes appendues aux murs, d'une des premières maisons de l'Allemagne, la Société anonyme de constructions maritimes « Vulkan ».
Près de la porte de sortie, nous remarquons un pulsomètre « Neuhaus >; un des côtés de la salle est occupé par les produits de la fabrique de caoutchouc et de gomme, de Fran^ Clouth, à Nippes 1/Cologne,
Les deux magnifiques glaces qui ornent le panneau donnant sur les galeries, proviennent de la Société anonyme des manufactures de glaces de Saint-Gobin, Chauny et Cirey, dont il a été question dans un autre chapitre.
Dans la première galerie latérale, se remarquent d'abord les magnifiques expositions des maisons Felten et Guilleaume, de Cologne ; C. Kdstner, de Leipzig ; Diisseldorfer Eisen- und Drath-Industrie, de Dùsseldorf; Dreher & Sohn, de Gerresheim ; La Société anonyme pour la construction de machines
Gruson, de Buckau ; A. J. Vygen & C'% de Duisbours
« Humboldt », de Kalk, près [de Cologne ; H. H. Rudolph, de Hanovre.
La maison Felten et Guilleaume expose : Une pyramide composée de cordes et câbles en chanvre de diverses qualités et provenances pour tous usages, savoir : Cordes goudronnées et non goudronnées pour navires, pour mines et pour palans; câbles pour la transmission de la force motrice en chanvre fort du Rhin, chanvre de Manille et en coton.
La fabrication de ces câbles pour transmissions est depuis une dizaine d'années une grande spécialité de la maison Felten et Guilleaume, ces câbles ont trouvé une application fort étendue pour la transmission de la force motrice directement du volant de la machine à vapeur (le volant étant muni d'un nombre plus ou moins grand de gorges) aux divers arbres de commande distribués dans les différents étages d'un bâtiment, et cela en remplacement des courroies en cuir aussi bien que de l'embrayage par roues dentées, la transmission par câbles en chanvre offrant de sérieux avantages sur les moyens de transmission susrelatés!
Le maison Felten et Guilleaume se sert pour la fabrication de ses câbles des chanvres les plus forts et les mieux renommés. Comme produit allemand le chanvre fort du Rhin (ou de Bade) excelle par sa
et ïîls de caret, en chanvre du Rhin, de Rus- " sie, de Manille et de
:es artificielles à z pointes Sisal.
D'autres échantillons de cordes goudronnées et non goudronnées, pour tous usages et fabriquées de chanvres les plus divers.
Des ficelles mécaniques de tous genres, de toutes qualités et de toutes épaisseurs, écrues, blanchies et teintes en couleurs diverses, fils à coudre, fils pour tissage, fils pour tuyaux d'arrosage, fils pour toiles à voiles, pour filets de pêche, etc., fils pour cordonniers et selliers.
Une pyramide composée de cordages galvanisés, savoir : Cordages en fil de fer galvanisé, de 1 à 4 pouces, pour le gréement fixe des navires ; câbles de remorque ou de toulines, en fil d'acier fondu galvanisé, de :
Des spécimens de cordes métalliques pour divers usages, savoir : Cordes
force et par ses autres qualités.
Une pyramide composée d'échantillons de cordes pour emballage
poui
1 a 4 pouces, paratonnerres en cui-
Ronces artificielles à 2 pointes rapprochées Ronces artificielles à 4 poi
vre ; câbles de transmission en fil de fer, pour la transmission de la force motrice à distance ; câbles pour charrues ou labours, câbles d'extraction pour mines.
La moitié des échantillons de ces derniers câbles a les fils dans les torons commis en sens inverse, l'autre moitié dans le même sens que les torons sont commis dans le câble. Les câbles fabriqués de cette dernière façon ont été beaucoup employés jadis et donnent d'excellents résultats pour certains usages.
Câbles-guides et câbles-tracteurs pour chemins dits « aériens » ; câbles-guides pour ponts flottants à l'usage des chemins de fer; câbles d'extraction plats pour mines; câbles ronds pour treuils à l'approfondissement des puits ; câbles en fil d'acier fondu galvanisés pour la marine, dont : câbles d'amarrage, câbles de remorque, câbles extra-flexibles pour la manœuvre courante, parmi lesquels il y en a qui sont recouverts de chanvre goudronné.
Tous les câbles de remorque sont composés de 72 fils d'acier avec âmes en chanvre dans les torons et dans le centre du câble. Le cordage en fil de fer pour le gréement fixe est composé de 42 fils avec une âme en chanvre au centre seulement.
On remarque également plusieurs rouleaux de torons pour clôtures en fil de fer galvanisé, composés de 2, 3, 4 et 7 fils et de plusieurs grosseurs.
Plusieurs bobines de fils d'acier galvanisés à piquants, pour clôtures, dits : Ronces artificielles, brevetées.
L importance que cet article a acquise depuis son introduction en 1873 ne peut être mieux jugée que par sa consommation dans le monde entier qui a augmenté d'une façon étonnante.
1S74 4 1/2 tonnes. 1 1876 12S8 tonnes. I 1878 8oi5 tonnes
40000 tonnes.
65ooo tonnes.
Sôooo »
iS85
?ooo tonnes.
Les Ronces artificielles sont d'une valeur inestimable pour les cultivateurs et horticulteurs, les Compagnies de chemins de fer, et partout où l'on veut construire une clôture à peu de frais et à la fois solide, durable et efficace.
N'oublions pas de faire remarquer que tous les fils pour clôtures de la maison Felten et Guilleaume sont vendus sous leur marque de fabrique laquelle est connue avantageusement sur tout le globe. Même les fils pour clôtures ordinaires en fer, fabriqués par la maison Felten et Guilleaume, sont reconnus dans les colonies anglaises comme équivalents sinon supérieurs à ceux de production anglaise.
En ce qui concerne les fils de fer pour télégraphes fabriqués par la maison Felten et Guilleaume, il convient de dire que cette maison est la première qui, en Allemagne, à pris l'initiative de fabriquer des fils de fer galvanisés ; c'est elle qui, en 1832, exécuta la première fourniture de fils de fer télégraphiques galvanisés pour l'Administration Royale des Télégraphes de Prusse. Depuis lors, la maison a tellement perfectionné et agrandi ses ateliers de galvanisation, qu'ils comptent à présent pour les plus vastes du
monde.
Par rapport à la qualité du fil employé pour lignes télégraphiques, la maison n'est pas restée en arrière et fournit des fils répondant à toutes les spécifications en usage, jusqu'aux qualités les plus fines à haute conductibilité, telles que par exemple le Gouvernement Anglais les prescrit. La maison fabrique, cependant, une autre qualité spécialement convenable aux usages télégraphiques qui réunit, avec une haute conductibilité, et avec une ténacité et ductilité extraordinaires, une force de rupture relativement élevée. Ce fil a donc trouvé une application fort étendue, en Europe aussi bien que dans les pays d'outre-mer.
Une grande vitrine carrée contient des spécimens des produits de la tréfilerie de fils fins installée par la maison Felten et Guilleaume il y a plusieurs années et travaillant avec les meilleurs succès.
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On y produit : Fil d'acier fondu, trempé et dressé pour cardes ; Fil de fer pour cardes, qualité spéciale ; Fils d'acier fondu pour cordes de pianos ; Fils d'acier fondu pour sondages, à l'eau profonde ; Fils pour relieurs de livres ; Fils de cuivre pour cordes de pianos ; Fils de fer pour fleuristes.
Les plus intéressants de ces produits et les plus difficiles à fabriquer sont les fils pour cardes et les fils pour pianos. Le fil pour cardes en acier fondu n'a été fabriqué qu'en Angleterre jusqu'il y a peu d'années, et personne ne croyait possible qu'il pût être fabriqué ailleurs. MM. Felten et Guilleaume ont su maîtriser cet article de telle sorte que dans l'espace de deux ou trois ans leur fil pour cardes a battu le fil anglais dans tous les pays du continent. .
Le fil d'acier fondu pour pianos est par contre une création allemande, ayant ete fabrique en Allemagne et acquis sa rénommée longtemps avant qu'un fabricant anglais eût conçu l'idée de se risquer dans cette fabrication difficile. Le produit allemand est toujours encore considéré comme supérieur et obtient un prix plus élevé que le produit anglais.
La même vitrine contient les spécimens suivants : Fils de cuivre, recouverts de coton et asphalte, pour machines dynamo-électriques ; Les mêmes imprégnés au shellac : Fils de cuivre isolés de gutta-percha, recouverts de coton ou de laine guipés ou tressés en plusieurs couleurs, pour télégraphes domestiques, téléphones, ete. ; Fils de cuivre recouverts de soie, pour sonneries électriques; Fils de cuivre fins isoles de soie pour bobines d'induction, etc.; Cordons pour téléphone. >
Deux boîtes montées sur consoles fixées contre le mur contiennent des collections de : Câbles télégraphiques souterrains et sous-marins à conducteurs isolés de gutta-percha; Câbles télégraphiques a gaine
de plomb et à conducteurs isolés par le procédé spécial de la maisoi
Felten et Guilleaume; Câbles pour
l'éclairage électrique à gaine de plomb, même isolement que le précédent; Câbles Téléphoniques aériens et souterrains, aussi à gaine de plomb et même isolement.
Disons au sujet de la fabrication de câbles électriques par la maison Felten et Guilleaume qu'elle a été la première sur le continent d'Europe à s'en occuper et que dans ce domaine, elle a réalisé des progrès non moins importants que ceux réalisés dans les autres branches de sa fabrication. Ayant construit en 1876 la première grande ligne télégraphique souterraine pour compte du Gouvernement allemand, et cette ligne, celle de Berlin à Walle, d'une longueur d'environ 170 kilomètres, ayant donné des résultats fort satisfaisants, la maison a construit la majorité des lignes souterraines dont le Gouvernement allemand décida l'installation en suite de l'expérience mentionnée. La longueur du réseau télégraphique souterrain ainsi formé s'élève à 5 100
'àble fluvial (section) pour le grand n
ti-legraphique souterra
1 Pont suspendu par Câbles métalliques
Câble télégraphique souterrain (section) pour le grand réseau souterr;
kilomètres de câble contenant 38. 000 kilomètres de fils conducteurs isolés. lia été achevé en iSSi et a réalisé les espérances y attachées dans une mesure inattendue.
Dans ces dernières années la maison Felten et Guilleaume a donné un nouvel essor à sa fabrication de câbles électriques par suite de l'introduction dans la pratique de la téléphonie et de l'éclairage électrique ;
Câble pour l'éclairage électrique, à manteau de plomb
Câble télégraphique soutem i de plomb
Câble téléphonique
plomb, à 27 condnet
elle se voua avec zèle à la tâche de construire les câbles spéciaux nécessaires pour ces nouvelles formes de l'application de l'électricité. Elle a réussi à pourvoir au besoin d'une matière isolatrice résistant mieux que le caoutchouc ou la gutta-percha à la chaleur et étant en même temps moins coûteuse que ces isolants
déjà connus. Ce sont les câbles à gaine de plomb que nous avons mentionnés dans l'énumération des échantillons et qui sont fabriqués à l'aide de la matière isolatrice inventée par la maison Felten et Guilleaume. Elle a résolu un autre problème en fabriquant un cable téléphonique exempt des phénomènes d'induction aussi désagréables jusqu'alors.
.^iim^AnnVQ3«^KijrÏ3Îfîf.-''
i Gratts-pieds ou Décrottoir
Anvers, a été couronnée de 2 diplômes d'honneur,
L'exposition de la maison Felten et Guilleaume 1 médaille d'or et 1 médaille d'argent.
Une machine ingénieuse qui fut beaucoup remarquée à l'Exposition d'Anvers, c'est la machine à couper pour confections, chemiseries, fabriques de corsets, etc., de MM. Pkilippson & Lesch{i?ier, à Berlin N.-O. Kaiserstrasse, 3g.
Cette machine curieuse, unique dans son genre, brevetée dans tous les pays, a remporté de nombreuses distinctions à toutes les Expositions des dernières années et fonctionne avec le plus grand succès dans les établissements les plus importants, — parmi lesquels beaucoup d'établissements de l'État — d'Allemagne. Plusieurs maisons de divers pays en ont fait l'achat à Anvers.
Cette machine rend les mêmes services que trois à quatre premiers coupeurs, tout en rendant possible un contrôle des plus exacts des étoffes à couper. En toile, shirting, etc., on peut couper 100 pièces à la fois. Pour les draps et autres étoffes, elle fournit chaque fois, suivant les épaisseurs, jusqu'à 3o pièces.
Un rouet en acier, très tranchant, remplissant les fonctions des ciseaux , se laisse diriger dans tous les sens voulus — en ligne en courbe, en avant, en arrière — et opérant sur 3o ou 100 pièces à la fois, donne une coupe des plus propres et des plus exactes.
Quant au montage de la machine, nous fe> rons encore
d'épaisseur.
Partout où la machine a été introduite, elle obtient meilleur succès. Pour la mise en mouvement à la vapeur, il de la force 1/2 cheval;
remarquer,
qu'il suffit de
la fixer sur
une planche à
l'aide de vis à
bois de 5" de
long et 5,
qu'elle a obtenu des récompenses aux Expositions
Dresde, Londres, Anvers, etc., etc.
Francfort s/M.
suffit d'un
pour le mouvement à la main d'un simple tourneur, qui s'habitue facilement à faire se mouvoir la machine au gré du coupeur.
Cette nouvelle invention se recommande d'une manière supérieure à l'attention du public.
Faisons encore remarquer, Liegnîtz, Altona, Bruxelles, Vienne,
Un autre établissement industriel, qui est aussi une, des gloires de l'Allemagne, c'est la Société de construction de machines « Humboldt » ; fondée en 1 856, sous la raison sociale Sieverse & O, la fabrique de machines devint, vers la fin de 1871, la propriété de la société actuelle. Cet établissement comprend quatre grandes divisions, savoir : la fabrique de machines, la forge et les constructions en fer, la chaudronnerie et la tôlerie, la fonderie des fers et des métaux. De plus, un atelier pour la perforation des métaux est annexé à la fabrique de machines.
Parmi les nombreuses machines qui sortent des vastes ateliers de la société, mentionnons : les machines d'épuisement à rotation intermittente, système Kley, employées dans les mines ; les machines d'épuisement de tous les systèmes, les ventilateurs pour les mines, les ventilateurs à main pour ateliers, les machines d'extraction, les machines perforatrices à rotation et à percussion ; citons, parmi ces dernières, les machines Broszman & Frantz, qui ont servi au percement du tunnel du Mont Cenis.
La maison K'àstner. avait exposé une magnifique collection de coffres-forts. On ne peut en faire mieux l'éloge qu'en disant qu'ils ont été tous vendus pendant le cours de l'Exposition.
L'exposition de la maison Dreyer, Rosenhran\ & Droop à Hanovre, fabrique de garnitures pour chaudières, machines et établissements industriels, compteurs d'eau brevetés S. G. D. G. et appareils pour distribution d'eau, a été récompensée par la médaille d'or.
Les objets caractéristiques avaient été placés et arrangés avec goût dans une armoire vitrée en style gothique, qui aura captivé l'attention des hommes du métier.
Si nous examinons les objets exposés par la maison ci-dessus, nous pouvons appuyer sur les suivants : Indicateur à diagrammes, système Rosenkranz,de Dreyer, Rosenkranz & Droop à Hanovre.
Les perfectionnements consistent : i° Dans un nouvel agencement du crayon à l'aide d'un guide très exact, dont la masse est la plus réduite possible et qui facilite notablement le changement des ressorts ; ne pas confondre avec la construction de Tompson. 20 Dans une nouvelle disposition pour arrêter le tambour à papier pendant la marche sans détacher la corde ; ne pas confondre avec la construction de Darke.
Description de l'indicateur, sytème Rosenkranz. — 1. Perfectionnements au guide du crayon : La disposition qui a été imaginée pour guider le crayon vise à ce que :
Cette figure montre l'indicateur, système Rosenkranz, avec arrêt du tambour à papier.
A 1 indicateur sans arrêt du tambour à papier nous n'avons pas l'engrenage Z, le petit pilier avec le cliquet et le verrou élastique x.
i° La masse du crayon, notamment celle du bout libre soit la plus réduite possible; 20 Le crayon soit guidé pour la course choisie avec exactitude mathématique ; 3° Le maniement de l'indicateur et particulièrement le changement et le nettoyage des ressorts soient rendus plus faciles.
Ces qualités précieuses, qui facilitent dune part le maniement de l'instrument et qui d'autre part assurent la netteté des diagrammes en faisant disparaître les zigzags, lesquels défigurent surtout les aires recueillies sur les machines à grande vitesse, sont obtenues à l'aide du guide Evans. Les leviers de ce guide sont légers mais plus que suffisamment solides.
Le guide Evans est un guide d'ellipse, pour lequel le bras de rappel a n'a que la demi-longueur du guide H de sorte que l'ellipse devient un arcdecercle de rayon a.
Le guide est par conséquent d'une exactitude mathématique, tandis que pour d'autres longueurs les ellipses ne sont remplacées qu'approximativement par des arcs de cercle.
L'ensemble du guide trouve
ses points d'appui sur un plateau à bras R, qui repose sur le couvercle D du cylindre de l'indicateur. Ce plateau est assujetti au couvercle à l'aide d'un écrou rond et sa position concentrique est assurée par un cône et une rainure annulaire. Le plateau peut décrire autour de l'axe vertical du cylindre un arc de cercle dont le commencement- et la fin sont limités par deux arrêts. On a assuré de cette manière la position absolument invariable de tous les points d'appui par rapport à l'axe vertical du cylindre, but auquel on ne parvient pas en fixant le guide à une douille comme le font Richards et Thompson. Si cette douille est un peu gaie, l'immutabilité des points d'appui par rapport à l'axe du piston est révoquée en doute et la ligne droite décrite par le crayon peut être plus ou moins inclinée vers l'axe du tambour à papier, ce qui n'est nullement admissible.
Pour changer de ressort, on saisit d'une main le bouton bien isolé ZC de l'autre le bord saillant et molette du couvercle D, on dévisse ce dernier, on retire à l'aide du bouton et d'un seul coup le couvercle avec le guide, le ressort, le piston et sa tige, on change le ressort après avoir démonté la tige du piston et on remet le tout en une seule fois avec facilité dans le cylindre. De cette façon il n'y a pas de danger que l'on fausse une pièce ou que l'on se brûle les doigts et l'avantage de cette disposition se l'ait valoir tout particulièrement quand hour. Notre disposition sépare l'instrument est chaud. /^~\ 'e tambour à papier P et son 2. Perfectionnements à l'arrêt (./ î /"" roehet d'encliquetage Z de la du tambour à papier, système **rïta i' S01'Se 5, qui reçoit la corde. Le Stanek : La disposition qui a f\ fiSj^ tambour est muni de deux resété imaginée pour arrêter le „ JÊ^^ÊÈ^^^^ rlfb sorts, dont l'un sert à le rametambour à papier et y mettre ifJlSV^I Qi^^P^^H ner en an"ière, tandis que l'autre un nouveau bulletin sans déta- 'fir^ rrr entraîne le tambour proprement cher la corde, ne doit pas être TT~ ' ¥ vi ^a ^ans 'e mouvement de 'a confondue avec celle de Darke -'l ^ ii|,,cï^|r^^ — Z hiillillllirifflllllllirlllllljll^illk Sor§e' corame s'u en faisait parconnue sous la dénomination l\ i i •*/ 7^ tie, supposition faite que le veranglaise « Patent Detent ». Dans I" j, I rou élastique x n'ait pas fait le système de Darke le tam- . 48l>-Wl^— sSlL " i engrener le cliquet avec la roue bour à papier est venu d'une P . Çp ' ] a rocnet- Aussitôt l'encliquetage seule pièce avec la gorge. Le - — fllinn !*-T»»iS^ ' fa'1' 'e tambour P s'arrête, cliquet embraye la corde, qui ^Ijfljffjpf :i ^^^ts^^*. tandis que la gorge continue à s'enroule sur la gorge et de là iff ^^Ç jjHÉI|lk \-.\ | marcher et l'on n'a pas besoin passe au réducteur de course, S n< ~™ ■ * /"i de détacher la :orde, qui reste va et vient sans être tendue, Il Ifl^— M '-*-*▼ toujours tendue et en activité, de sorte que souvent elle s'em- ^JM Si l'on retire le verrou x, le brouille et même se rompt fa- ^^É^^^^^ tambour prend de nouveau part cilement par suite du choc iné- au mouvement de la gorge, sans
Coupe par (( <.. . ,
vitable au débrayage du tam- qu il y ait un choc et comme
s'ils n'étaient qu'un. Le bouton, qui sert à manier le verrou, est commodément disposé et bien protégé contre la chaleur. Cette disposition est d'une valeur inappréciable pour la plupart des cas
Pour ce qui est des autres détails de l'indicateur Rosenkranz, nous ajoutons ce qui suit. Le cylindre à vapeur de l'indicateur ne
machine à essayer à Taide de l'écrou différentiel bien connu.
Ces robinets étant universellement répandus, on pourra directement y visser, les indicateurs. Ainsi- il aide à desserrer le joint conique du robinet et de l'indicateur. Le manchon n'a pas 2 bras en saillie, comme . l'écrou différentiel, mais il porte deux mamelons creux, dans les-
W et du levier H
quels on passe une cheville pour l'on ne court pas risque de se brûler les doigts. La griffe du robinet est garnie de caoutchouc durci pour la protéger contre la chaleur.
Le diaphragme ondulé est en acier, il est protégé contre la rouille par une feuille de cuivre argenté. Les flexions du diaphragme, résultant de la pression, sont transmises par un joint mobile et une bielle à un secteur denté, qui engrène avec un pignon. L'arbre du pignon passe par le cadran et porte une aiguille, qui indique la. pression. La nouvelle construction, brevetée s. g. d. g., consiste dans un anneau en fer auquel est rivé le diaphragme ondulé. De cette manière est évité le plus efficacement chaque dérangement du diaphragme ondulé. Aussi ces manomètres sont au plus haut degré sûrs et invariables aux chocs et aux pressions continuées.
Réducteur de pression, système Gronemeyer. — La vapeur, dont la pression est à réduire, passe au
forme qu'une pièce. Il est venu de fonte avec le plateau d'assise du tambour, de sorte qu'on peut aléser le cylindre et planer le plateau au tour, sans changer la position de la pièce, ce qui assure le parallélisme absolu de l'axe du cylindre de l'indicateur avec celui du tambour à papier.
Ordinairement on accouple l'indicateur au robinet de la le serrer. Par ce moyen on peut employer assez de force i
travers de la soupape équilibrée W. La capacité au-dessus et au-dessous du cône communique à la chambre de la pression détendue.
La pression détendue passe de sa chambre (appareils de cuisson, tuyaux de chauffage} par le tube d à la capacité au-dessus du diaphragme P en caoutchouc et tend à fermer la soupape, aussitôt que le degré voulu de détente est atteint.
La charge g du levier H\ correspond à la pression réduite et effectue l'ouverture de la soupape, c.-a.-d. une venue plus abondante delà vapeur aussitôt que cette pression diminue un peu. La réduction de pression est indiqué au manomètre et est réglée, sur ses indications.
Le tube d doit être disposé en montant, afin que l'eau de condensation protège le manomètre.
Avantages spéciaux sur les autres systèmes : i° On peut réduire la vapeur jusqu'à 0,2 atm. ; 2° Le diaphragme P en caoutchouc, qui est soutenu par un disque en fonte T, se trouve enfermé dans une coquille W, porté par 2 colonnettes tt et empli d'eau. L'eau protège le diaphragme contre l'influence de la vapeur, de sorte qu'il reste élastique et en parfait état ; 3° La pression, qui agit sur le diaphragme, ne provient pas du corps du réducteur, mais elle est empruntée par l'intermédiaire du tube d à la chambre même de la vapeur réduite; 4° le diaphragme, étant très grand par rapport à la soupape, un faible accroissement de la pression suffit pour mouvoir les leviers H iî", dans le sens de la fermeture de la soupape ; 5° le système des leviers HHV effectue par l'intermédiaire du galet R et de la chaînette k l'ouverture et la fermeture de la soupape tout doucement et sans choc.
Purgeurs automatiques d'eau de condensation pour chaufferies à vapeur, appareils de cuisson,
l fer de forge, calotte c
séchoirs, serpentins, calorifères, chemisesde cylindresà vapeur, etc.
pouvant soulever
soupape g en laiton et bronze ,- , ,,
et refouler 1 eau.
— Description : Le tuyau E, fermé par le chapeau g, embrasse un tube en laiton M, qui est ouvert aux 2 bouts. Le bout inférieur de ce tube se termine en siège de soupape, sur lequel fait joint un cône de soupape v appliqué d'en bas. Ce cône est attaqué par la tige de manœuvre P à volant S par l'intermédiaire d'un système de leviers ou bien le cône est attaqué directement. De cette façon on peut mouvoir la soupape, c.-a.-d. ouvrir ou fermer le bout inférieur du tube M, en tournant le volant à main S.
Fonctionnement : Si le tube M est sous vapeur, il se dilate, s'allonge du jeu entre le siège et le cône et ferme la soupape. Si le tube se remplit d'eau de condensation, la différence de température le raccourcit et la soupape s'ouvre. La vapeur en pression chasse l'eau de condensation, le tube se réchauffe, s'allonge, ferme la soupape de nouveau et le même jeu recommence.
Graisseur pour têtes de bielles, système A. Knoevenagel. — Description : Le vase G du graisseur est en verre épais à garniture en bronze. Le dessous A de la monture en bronze est à bout à tarauder pour visser le graisseur sur la bielle. Le dessus B s'évace en gobelet annulaire qui est fermé par le couvercle D. Pour remplir, on dévisse le couvercle et l'huile versée dans le gobelet arrive par deux trous a au vase, pendant que l'air s'échappe par le trou o. La partie R est munie de 2 trous K K, par lesquels passe une tige, qui porte la mèche E.
Fonctionnement: L'huile (nous recommandons l'emploi d'une bonne huile d'olive) contenue dans le vase est jetée par les oscillations de la bielle contre la tige, qui la conduit à la mèche et elle arrive ainsi au bouton de la manivelle. Lors de l'arrêt de la machine le graissage cesse complètement. Le réglage se fait conformé- ■ ment aux besoins en modifiant la dimension de la tige sur laquelle la mèche est posée à cheval. Une tige plus grosse réduit la consommation d'huile, une tige plus mince l'augmente, puisque la dimension plus ou moins grande de la tige rétrécit les trous KK plus ou moins. >-J
Compteur d'eau breveté S. G. I). G. Soupape d'épreuve
— Ces compteurs d'eau réunissent avec une exactitude très grande, une continuelle sensibilité et la moindre perte de pression, la plus haute simplicité et la plus grande solidité.
La roue motrice est en caoutchouc durci, dont le poids spécifique est à peu près le même que celui de l'eau, de manière que la roue y est presque équilibrée. Le caoutchouc durci résiste parfaitement à toutes influences pernicieuses de l'eau , qui contient de l'acide carbonique et d'autres mélanges . Les ouvertures de l'entrée et sortie sont protégées par leur grandeur d'obstruction et par conséquent le compteur est presque invariable et très insensible aux saletés. La capacité du débit de ces compteurs et surtout des plus grands n'est pas atteint par quelque autre compteur. Aussi il n'y a pas de réglage et en cas d'un dérangement on n'a qu'à nettoyer l'appareil pour rétablir son exactitude. Ce compteur d'eau présente l'avantage d'une grande simplicité de démontage pour les cas de réparation ou de remplacement des rouages.
Description. — Le compteur d'eau se compose de 3 parties principales : 1) Le dessous avec l'écrou X, qui enferme la roue motrice; 2) la roue motrice S en caoutchouc durci; 3) la calotte, qui enferme les mécanismes enregistreurs et intermédiaires.
Le dessous A est un court cylindre creux fermé en haut par le couvercle P, en bas par le fond B. Dans
ce fond est fixé le fuseau, sur lequel pivote la roue motrice S. L'eau entre dans l'appareil suivant la direction de la tangente par E et elle sort par V. La roue S remplit le creux du dessous sans y frotter, car il y a un peu de jeu entre elle et la paroi cylindrique du corps. Elle se compose du grain avec le renflement centrai M M, qui empêche l'eau d'aller tout droit de E à F et crée ainsi un passage annulaire de la largeur I et de la hauteur IL Ce passage sert de coursier au filet d'eau et dans ce coursier s'avancent les étoiles de la roue, qui sont de cette façon mises en rotation par l'eau passante.
Comme le poids spécifique du caoutchouc durci ne diffère qu'insensiblement de celui de l'eau, la roue y est à peu près équilibrée et en
adopte par conséquent instamment la vitesse. Il est donc évident, qu'il s'agit seulement de se rendre compte de la vitesse de la roue, pour être renseigné exactement sur le débit d'eau.
Le surhaussement TKde la roue S commande le toc P du mécanisme intermédiaire u ; le tocp, de ce mécanisme engrène avec un disque d'entrainement R du fuseau d, dont le bout supérieur porte un troisième toc pn qui commande le disque d'entrainement du mécanisme enregistreur. La fig. 3 représente un de ces disques R et en explique le fonctionnement.
Les compteurs de 10 — 5o mm. sont entièrement en métal (à l'exception du pied en fonte) ; à partir de 5omm la partie qui est en contact avec l'eau est en métal.
La galerie voisine est spécialement consacrée aux produits chimiques. Nous remarquons en premier lieu la fabrique de produits chimiques C. Schering, de Berlin, les produits exposés par Goldenberg, Geromont & Cie, Em. Kern, de Edenkoben, Runkel, Martin & Cie, Rud. Koepp et Otto Karhe, C. F. Asché, de Hambourg, et enfin, la Chemische Fabrik auf Actien, fondée en i852 par M. Schering, pharmacien-chimiste. Elle a été transformée en société par actions, en 1871.
Cette maison a toujours obtenu de nombreuses distinctions et elle peut montrer fièrement plusieurs, médailles conquises à Paris, à Londres, à Vienne, à Sydney, à Leipzig, à Melbourne et à Berlin.
Sous le rapport de la technique sanitaire la fabrique la plus grande et la plus productive de l'Allemagne et peut-être de tout le continent est celle de la firme : Fabriques réunies pour la confection dustensiles sanitaires (ancienne maison Lipowsky-Fischer, C. Maquet) à Heidelberg, Hauptstrasse, et Berlin S. W., Friedrichstrasse, 23. Cette fabrique occupe 100 ouvriers, et possède toutes les machines nécessaires à travailler le bois, le 'ier, les métaux ; deux moteurs d'une force de 24 chevaux fournissent la vapeur motrice.
Les spécialités de cette fabrique comprennent surtout : des ustensiles et appareils pour bains, douches et installations de bains complètes avec tous les accessoires pour casernes, bains publics, fabriques et
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établissements industriels ; des installations pour le service sanitaire des hôpitaux ; des tables et des chaises pour opérations chirurgicales, avec les appareils y attenant; du matériel de transport pour malades, brancards, etc. ; des reposoirs mécaniques pour malades et convalescents ; des chaises roulantes en tous genres ; des palanquins de toutes combinaisons ; des water-closets, d'après le système dit « de Heidelberg » inventé par la maison.
L'exposition de cette firme, tant dans la Section allemande qu'au Pavillon de la Croix-Rouge nous a montré une riche collection de ses excellents produits; au palais de l'industrie c'étaient spécialement pareils pour bains ; à la « Croix-Rouge » on voyait les moyens de transport de malades, les palanquins,
A. R. le Grand- Duc de Hesse ; S.
A. R. le Grand- Duc de Mecklenbourg - Schwerin ; S. A. R. le Prince Charles de Prusse; S. A. R. la Princesse Louise de Prusse ; S. A. R.
la Princesse Marie des Pays-Bas ; S.
A. R.leMarkgrave Max de Bade ; S.
E. le Prince Gortschakoff; S. E. le Prince Egon de Furstenberg; S. E.
lePrinceLeiningen àWald-Leiningen.
Dans la même Galerie, nous rencontrons des groupes d'objets d'habillement et de toilette : C G. Wilke et Gubers ont des chapeaux de feutre d'une fort bonne fabrication ; L. S.
Schleibler, de Crcfeldt, des velours; Rolling et Rave de Munster,desétoffes
le matériel pour hôpitaux, etc.
Les 2 médailles d'or décernées à cette maison par le Jury de l'Expositiond'Anvers, viennent se joindre dignement aux 16 médailles d'or remportées déjà par cette firme ; qui en dehors de ces distinctions a encore l'honneur d'être le fournisseur attitré des hauts personnages ci-après désignés, ce qui est une preu've de plus, que" la maison fournit réellement tout^ce qu'il y a de mieux en fait de matériel hygiénique:
Ce sont :
S. M. l'Impératrice d'Allemagne ; S. M. le Roi de Grèce ; S. M. la Reine de Suède ; S.A. R. le Grand- Duc de Bade ; S.
imprimées; Raab frères, de Kaiserslautern, des tricots; Ch. Gemeinder
Façade de la Section Allemande
j, Trjf ™«^.n, u=o liuajis ; ui. uememaer, une riche collection de bottines;
enfin !"' ""^ S' A' S°^se!s et B- Flauer' les céIèbl^ dentelles de Saxe; le D' Jaeger,
enta, dans un pavillon spécial, les vêtements hygiéniques confectionnés d'après son système.
eue ions maintenant dans une section nouvelle, d'un intérêt hautement national, celle des boissons, de tome- r „■ "eSSallIirait d'alse de™n' l'amoncellement artistique de bouteilles, de cruchons et de tonneaux
En fa," S' qi" Sl> dreSSe e" C6t end'"0it PriviléSié-
de I-, «vîa^m-»" TS ^ ,Moselle et du Rhin' citons 1» expositions remarquables de Friedr. Sérier, à Diedesheim, sou te UoeUa, de la Deutsche Weingesellschaft « Duhr ,, de 5. W. Léon,, de Mayence
pyramide Z ■ ^^ dU d™n Jus de la trdIle n'ont P" été sans remarquer une admirable
d Espace d'rtLlfendeUr ment C°nStrUite "U "^ de b°UteiUeS de tous edib™ contenant des vins du Rhin,
, e Oiece et de Hongrie, et portant pour devise cette inscription : « Jus de raisin non falsifié. .
C'est l'exposition de la Société allemande des vins Duhr & Q\ qui fait un commerce d'exportation considérable avec le monde entier.
La maison Duhr met un soin tout particulier à ses achats. Avant d'être admis, le vin doit passer par l'examen approfondi des chefs de la maison, qui se sont adjoint un certain nombre d'experts jurés, dont une longue expérience a fait des connaisseurs émérites. Aussi, une fois que les produits d'un vignoble ont été acceptés par la maison Dhur & Cie; peut-on hardiment affirmer que ce vignoble est de premier ordre.
Les visiteurs sont reçus dans ce bel établissement avec une grande affabilité; ils peuvent assister à toutes les opérations de la fabrication et parcourir les vastes caveaux, où ils sont admis à déguster les meilleurs crûs
Chaque variété de vins a ses caves spéciales, et les vins du Midi, demandant des soins tout particuliers, ont leurs compartiments à part, et sont soignés par un personnel qui ne s'occupe que de cette partie du travail.
Bières et liqueurs occupent une place également importante dans cette Section. Citer toutes les brasseries et distilleries célèbres et dont les produits s'étalent à nos yeux, serait chose trop longue ; contentons-nous de prendre quelques firmes connues entre toutes.
Ehrardt frères, de Strasbourget H. H. Graue de Brème, pour les bières; M elcher frères, Melcher- Hons, U.C. Kônig-Weithoff & Oe, DT Schrômbkens, D'Ad. Pfannenstiel, pour les liqueurs.
Boonekamp oj ' Maag- Bitter de la firme H. Underberg- Albrecht àRheiliberg. — Le produit exposé par cette firme (fondée RR. le prince Frédéric de sonnages.
Le Boonekamp of Maag-Bitter est considéré comme le meilleur des produits de ce genre. Il n'est donc pas étonnant qu'il ait provoqué un nombre considérable d'imitations dans toutes les parties du monde ; mais malgré les plus minutieuses recherches des meilleurs chimistes, personne n'est parvenu à trouver le secret ni même à composer une liqueur dont le goût et la vertu puissent, non pas être comparés, mais seulement approcher du Boonekamp de M. Underberg.
Le secret de sa préparation n'est connu, en dehors de son inventeur, que du fils unique de celui-ci, M. Hubert Underberg jeune, lequel' a reçu sa procuration le 27 mai 1884 par acte notarié et enregistré.
Dans cet acte il a été stipulé que le secret de la fabrication du Boonekamp of Maag-Bitter qui n'est connu que de l'inventeur, de son épouse {récemment décédée) et, depuis 1877, de son fils désigné plus haut, ne peut être donné, échangé, vendu ou aliéné .d'une manière quelconque.
) est la célèbre liqueur Boonekamp-Maag- Bitter dont l'exposant, M.
H. Underberg- Albrecht est l'inventeur et le seul et unique distillateur.
Cette liqueur est répandue sur tous les marchés du monde, elle est très recherchée et fort appréciée par les consommateurs. Elle a figuré dans toutes les Expositions internationales depuis 1 85 2 et y a remporté 22 distinctions.
Nous l'avons retrouvée à l'Exposition Universelle d'Anvers, exposée, comme toujours, dans un pavillon élégant, orné avec goût et distinction.
C'était un des principaux attraits de la section allemande.
M . Underberg - Albrecht est le fournisseur de S. M. R. et I. Guillaume, roi de Prusse et empereur d'Allemagne , de S. M. le roi de Bavière, de S. M. le roi de Portugal, de LL. AA.
Prusse, le prince de Hohenzollern-Sigmaringen et de beaucoup d'autres hauts per-
Pavillon de la maison H. Underberg- Albrecht à Rheinberg
préparée les coliques, les
vomissements et
On recommande donc au public qui désirerait acheter du Boonekamp of Maag-Bïtter d'opérer avec beaucoup de prudence et de bien observer les points suivants :
L'étiquette et la vignette de l'enveloppe sont estampillées de la signature de l'inventeur. Le cachet de la bouteille est également revêtu de cette griffe.
Les bouteilles authentiques sont encore reconnaissables à la marque de fabrique composée des lettres H. U. A, qui se trouvent incrustées dans le fond de la bouteille.
Le marché européen compte on le sait, nombre de bitters plus ou moins appréciés, mais il en est peu qui soient arrivés à la renommée, comme ceux de M. Russak, de Posen.
Cet industriel fabrique une excellente liqueur de table stomachique, dont les qualités lui ont valu un succès réel, non seulement en Europe, mais en Amérique, sur les côtes africaines et dans l'Océanie.
Cette liqueur surnommée hvan, importée sous l'étiquette russe, est préparée avec les meilleures herbes. Elle constitue un remède supérieur contre les maux d'estomac, toutes les indispositions gastriques.
Les eaux minérales tiennent une place également remarquable Victoria Quelle, à Phalzel ; celle de Wilhelmus Quelle, surnommée Har- \en Saeurbrunnen, puis le.Krontkalen der Kronîhal, et enfin le Hermannsbomer Spriedel.
Le Wurtemberg nous a donné les produits de Charles Sautermeister, de Rottembourg sur le Neckar. Cette maison, très honorablement connue en Belgique et en France, où elle a une succursale, 6, rue Paradis, à Paris, a pour spécialité les houblons de Wurtemberg, fort appréciés par la brasserie.
La supériorité des houblons de Wurtemberg (Rottembourg) a été reconnue par M. le directeur de l'école bavaroise des brasseurs de Weihenstephan, et par M. Lehman, directeur de l'Académie de brasserie de Worms.
M. Charles Sautermeister expose une balle et un cylindre de houblon, avec l'inscription: Spécialité de houblon de Wurtemberg.
huiles peuvent^rivaliser avec les meilleures huiles d'olive, et coûtent de i5 à 20 % moins cher; le beurre a le même goût et la même odeur que le beurre frais ordinaire et peut remplacer celui-ci dans la préparation des mets, dans la confiserie, etc. Il se conserve pendant des mois et ne coûte que fr. i,5o le kilo. La maison Kollmar existe depuis 1844; elle céderait ses brevets pour tous les pays, l'Allemagne exceptée.
Un autre produit nouveau, c'est la « Saccharine », inventée par le & C. Thalberg, de New-York. La Saccharine est une matière 280 fois plus douce que le sucre de canne ; elle est extraite des dérivés du goudron de houille par un procédé très compliqué. L'exhibition comprenait de la Saccharine pure, puis des confitures, des liqueurs, des sirops de fruits, etc. préparés à l'aide de saccharine, sans addition de sucre de canne. Une société pour la fabrication et la vente de la Saccharine, est constituée à Westerhûsen, près de Magdebourg, sons la raison sociale Thalberg, List & Cu.
^ La fabrique de MM. Stolhverck frères, dont les produits, primés de toute part, ont obtenu la médaille d'or à l'Exposition Internationale d'Anvers, en i885, fut fondée par le père des propriétaires actuels en i83g, et se développa progressivement jusqu'à sa prospérité d'aujourd'hui. Elle est le plus grand établissement de cette branche en Allemagne. Non seulement on rencontre les produits de la fabrique Stolhverck dans toutes les
à l'Exposition, notamment: celle de Cette maison a obtenu une médaille de mérite à l'Exposition universelle de Vienne, en 1873, où la lutte était pourtant très vive.
Les houblons de J. Lippmann, et les malts Gottfr. Thelen, ont des débouchés considérables. L'exposition de MM". Bechenhaupt frères, d'AItenstadt- lez - Weissenbourg (Alsace), a attiré l'attention des brasseurs étrangers.
Nous arrivons au terme de la nomenclature des produits alimentaires. Nous ne pouvons cependant s&nsêtre taxés d'injustice, passer sous silence les jambons et saucissons de Dillmann d'Ellenbroeck, d'Oligschlager, et d'autres, ni les huiles de table de Ad. Kollmar, de Besigheim.
Cette maison expose une collection d'huiles de table jaunes et blanches, et des échantillons de beurre, extraits de noix de coco ; ces
parties du globe, mais encore des machines de leur propre construction pour la fabrication du chocolat sont fournies en Angleterre, en France, en Espagne et en Amérique.
Les bâtiments de la fabrique, occupant un bloc entier d'une superficie d'environ 40,000 pieds carrés, sont situés au sud de la ville, à proximité du Rhin, et les terrains nouvellement acquis, sur lesquels une usine de machines va être bâtie, s'étendent presque jusqu'à la rive du fleuve.
L'atelier de machines, ainsi que la forge à vapeur, qui momentanément sont encore casés dans les bâtiments de la fabrique, occupent une grande partie des places du rez-de-chaussée. La maison Stollwerck possède 14 brevets pour la construction et l'amélioration des machines destinées à la fabrication des chocolats et sucreries, ainsi qu'un brevet pour la construction d'une chaudière à vapeur qui exclut tout danger d'explosion — toutes sont appliquées dans la fabrique.
En outre, il y a au rez-de-chaussée : les bureaux commerciaux et le laboratoire chimique auquel préside un chimiste (approuvé par l'Etat). Ce praticien examine toutes les matières premières fournies à la fabrique ; il a la direction de la fabrication de tous les produits médicaux de l'établissement.
Les marchandises confectionnées sont empilées, au fur et à mesure, dans les longues rangées de magasins dont chacun a son magasinier.
Installation de MM. Stolljperck frères
La boulangerie à machine de gâteaux et biscuits se trouve au second étage. Les diverses pâtes sont pétries par une machine, d'autres machines les moulent et déposent les gâteaux sur les plateaux. Ils sont livrés ensuite au grand four de 12 mètres de longueur et d'une productivité de 3ooo kilos par jour, dont ils sortent légèrement brunis, égaux en qualité aux productions anglaises, mais les dépassant de beaucoup par leur bon marché. Les biscuits finis sont accumulés en grands tas sur de longues tables, pour être glacés avant d'être empaquetés dans des boîtes de fer-blanc ou des barils.'
C'est ici qu'on fabrique aussi les bonbons de limonade gazeuse aux goûts de fruits différents qui sont si recherchés, depuis le peu de temps qu'ils sont lancés sur le marché. La machine fournit les bon-' bons sous la forme cubique; un de ces bonbons jeté dans un verre d'eau fraîche donne une limonade à la fois rafraîchissante et d'un goût très agréable ; il peut rester dans l'eau plusieurs heures sans perdre sa vertu mousseuse. Pour ses syphons, la maison fabrique des bonbons d'une grosseur extraordinaire qui dans la bouteille remplie d'eau d'avance constituent une limonade mousseuse, fortifiante, la soi-disant limonade gazeuse.
A la boulangerie de biscuits se joint la boulangerie des gaufres viennoises; une famille hongroise les prépare à la manière du pays.
Le second étage sert principalement à la fabrication des diverses sortes de bonbons et de confitures.
On fabrique là aussi les objets de massepain ; les tartes aux fleurs artificielles , aux fruits et aux riches dessins, ainsi que les petites confitures et les dragées en massepain.
L'atelier des relieurs confectionne les fins cartonnages et les boîtes à tourtes, et un coupoir à papier taille tous les déchets de papier en fines rognures qui servent à l'emballage. L'imprimerie avec stéréotypie est un compartiment très important de la fabrique, doté de toutes les machines répondant aux exigences du temps actuel pour imprimer le grand nombre d'étiquettes, d'enveloppes, de modes d'emploi et de brochures dans toutes les langues, soit pour envelopper les produits, soit pour leur être joints.
Le magasin de la poudre de chocolat communique au compartiment des articles de dragée où la masse d'amandes est aussi préparée; et comme la première place est pénétrée de l'odeur aromatique du cacao pulvérisé, de même c'est ici surtout le parfum suave des amandes qui domine. La masse d'amandes moulue est grillée à l'aide de machines et travaillée avec la poudre de sucre la plus fine jusqu'à ce qu'elle ait obtenu la ténacité nécessaire. Ici fonctionne aussi la machine qui moule et farcit les pastilles vermifuges; ici circulent les chaudrons à dragées qui produisent les innombrables dragées farcies d'amandes, de liqueurs, de chocolats et de grains, ainsi que la matière pour les œufs de pàques, pour les excellents
Installation de MM. Stolhverck frères de Cologne.
lièvres et moutons dont le moulage est très difficile et exige beaucoup de temps; ici fonctionnent, comme des mouvements de montre , les machines à pastilles qui produisent ces grandes quantités de pastilles de menthe tant demandées.
La cuisine de bonbons est aussi une partie importante de la fabrication, et de nombreuses machines y sont mises en activité pour mouler et tailler les bonbons. L'attention est tout spécialement attirée par une machine qui moule les bonbons en forme de fruits en leur en communiquant en même temps les goûts respectifs ; nous voyons ici naître des imitations frappantes de groseilles vertes, de poires et de pommes en miniature qui tout de suite sont mises dans des verres à fermeture pratique et emballées pour l'expédition. Nous voyons ici en de long rangs les cylindres luisants qui forment en se contournant le fin sucre perlé, les pois sucrés, les figures, bâtons et les bonbons ronds.
Dans les caves se fait la cuisson des fruits, des gelées et des marmelades, ainsi que la confection des fruits candis, du citronat et de l'orangeat dont il y a toujours de grandes provisions auxquelles on ne peut pourvoir que pendant la récolte de ces fruits. Dans ces souterrains, qui par leur propreté rivalisent avec les ateliers supérieurs, se trouvent aussi la cuisine de gomme et de réglisse fournissant des pastilles d'un goût agréable.
.Mentionnons encore la pâtisserie et la confiserie d' Osivald Piischel, de Breslau, et les célèbres massepains de /. F. C. Bramer, d'Ottense.
Dans le domaine essentiellement pratique de l'alimention des troupes, l'Allemagne occupe encore une place hors ligne par l'exposition de la maison Oligschlager, de Coblence, qui fabrique les saucisses de pois connues du monde entier.
Le peu de poids de cette saucisse offre des avantages immenses; un seul kilo comprend de 8 à 10 portions, et se place aisément dans le bissac.
La saucisse est faite avec les meilleurs ingrédients, du jambon et du lard ; sa valeur nutritive est très grande.
Notons en passant les expositions de tabacs, cigarettes et cigares de la fabrique Eos, de Neuwied, et de MM. G. Hulsemann, de Carlshafen, A. Hirsch, de Mannheim, F. W. Haase, de Brème, etc.; le riche salon de meubles en peluche de la maison Koch et Kock, d'Oelsnitz; les excellentes machines à coudre de MM. Kayser frères, etc., etc. et arrêtons-nous à l'étalage de la Cartoucherie allemande Loren{, de Carlsruhe (Bade). Celte exhibition est de celles que tout le monde comprend et auxquelles tout le monde s'intéresse.
Cartoucherie allemande de Loren\, de Carlsruhe (Bade)
Fondée peu de temps après la guerre franco-allemande, la fabrique eut à surmonter au début de grandes difficultés. Elle doit son prompt développement à l'Ingénieur M. Lorenz, qui, en 1876, y fut appelé en qualité de Directeur pour la partie technique.
Au bout de deux ans d'une observation soutenue, d'un travail assidu et d'une activité infatigable, Lorenz devint seul propriétaire de la maison, en 1878. Au moyen de perfectionnements apportés dans toutes les branches de l'exploitation de son établissement, il chercha à supplanter les autres fabriques, pour la fourniture à l'Allemagne des enveloppes des cartouches métalliques ; dès 1880-1881, il put se considérer comme le fournisseur exclusif du gouvernement allemand.
En même temps il fonda une Section spéciale, sous la raison sociale : « Fabrique de machines Lorenz » où se fabriquent des machines à munitions d'une construction particulière. La cartoucherie est aujourd'hui à même de fournir journellement 400,000 cartouches chargées à balle, de n'importe quel système.
Connaissant tous les défauts des différents systèmes d'obturation et du mode d'inflammation de la charge, M. Lorenz s'est dit avec raison : La véritable pièce d artillerie est subordonnée à l'adoption de la cartouche
métalUque. Quoique cette idée fût généralement admise dans les cercles d'artillerie, la solution du problème se heurtait à la difficulté de produire une douille ayant la grandeur et les qualités nécessaires. Une étude approfondie, un travail opiniâtre, des sacrifices pécuniaires considérables, mais par dessus tout, son génie inventif permirent au chef de la fabrique allemande d'atteindre le but. Il a exposé à Anvers des gargôusses métalliques,' sans soudure ni rivure, d'une seule pièce, fabriquées d'après un procédé breveté lui appartenant. Unissant une très grande légèreté et une extrême justesse à une structure très pratique et à une solidité surprenante, ces douilles excitèrent l'admiration de tous les officiers d'artillerie.
A côté de ces gargôusses et de cent autres cartouches plus petites, nous trouvons encore un article d'invention récente et de la plus grande importance. C'est le compound-projectile (balle à chemise) de Lorenz. Ce projectile se compose d'une enveloppe de métal dur (cuivre, ou de préférence acier), et de plomb mou et lourd. Une soudure spéciale donne au projectile son caractère particulier, et supprime toute crainte de rupture ou de séparation des deux éléments ; de plus, la déformation est réduite au minimum. La force de pénétration est considérable et les défenses, telles que gabionnades, palissades, etc. deviennent complètement illusoires.
Le projectile Lorenz possède une seconde particularité ; des expériences comparatives faites sur des cadavres, par les sommités de la chirurgie militaire, avec le compound-projectile et le projectile de plomb, ont prouvé que les blessures occassionnées par le compound-projectile, sont plus faciles à guérir que les lésions' produites parle projectile de plomb.
En résumé, la fabrique allemande de cartouches métalliques Lorenz ne se contente pas de jeter, comme la tête de Janus, ses regards en arrière sur les progrès déjà réalisés, mais elle escompte encore 1 avenir. Elle a déjà acquis un grand renom parmi les illustrations qui s'occupent de la question d'armement des peuples, et elle compte bien marcher à l'avant-garde de cette industrie nationale.
Les progrès réalisés dans la fabrication des couleurs employées dans l'imprimerie, ont suivi les perfectionnements de l'imprimerie elle-même. MM. Beit & Philippi, de Winterhude, produisent toutes les couleurs imaginables, propres à l'imprimerie et à la lithographie. Cette fabrication se fait grande échelle et suivant les procédés les plus perfectionnés. La vogue toujours croissante Beit et Philippi, et les nombreuses distinctions qu'elle a obtenues suffisamment en faveur de la supériorité de son industrie.
Une matière nouvelle la « Kallkolith colorant, dont on recouvre les toiles et les employée comme « couleur de fond singulièrement la « faculté de couvrir
Kall et C" montrait une copie du tableau de Grûtzner : « Falstaff allant au cabaret » peinte au « Kallkolith » ; puis des tablettes en sapin, en chêne et en noyer, polies et vernies à l'aide de cette substance. Nous entrons maintenant dans la dernière galerie de la Section Allemande.
La première exhibition qui nous frappe est celle de la maison Villeroy et Boch ; puis le groupe des ameublements B. Harras, de Bôhlen, Hm-Xmann, de Parchim, Wagner et Koukol, de Brème, L. Hermann, de Nuremberg.
Dans la parfumerie, tirons hors de pair L. Leichner, de Berlin.
Une chose qui attire tout spécialement l'attention, c'est l'exhibition des poteries allemandes, anciennes et modernes, de la maison Diimler et Breiden, de Hôhr près de Coblence.
Les remarquables échantillons de pots, de cruches et de pintes, sont soigneusement échafaudés, de façon à former une pyramide ; les uns sont la reproduction d'anciens modèles, les autres sont de forme moderne ; tous portent une ornementation brillante, au point de vue du dessin et du coloris.
Les produits de la maison Diimler sont d'un bon marché vraiment fabuleux; le ménage le plus modeste peut se permettre l'acquisition de ces pièces décoratives et vraiment artistiques, sans grever son budget. Mentionnons encore la toiture élégante de deux Pavillons de vin, dont l'un servait à la maison Deis de Cologne et l'autre à la maison Broel de Bingen.
Cette toiture était construite de plaques de métal patentées pour toiture de la maison H. Klehe de Baden-Baden.
Que ce système de couverture de toit fixât en particulier l'intérêt des visiteurs et les satisfit, cela résulte déjà du fait que la toiture de métal de H. Klehe a été la seule qui fût couronnée par le jury. Par 1 octroi de ce prix, MM. les jurés ne firent qu'approuver le jugement favorable du public. Les pavillons eux-mêmes plurent si bien qu'ils furent vendus sur place à très bon prix.
partout
elle a
sur une très
de la maison
exposé, parlent
était exposée par son inventeur 0. Kall; c'est un enduit bois, avant de s'en servir pour la peinture ; cette matière donne au tableau des tons chauds et transparents, et augmente des couleurs à l'huile ordinaires. Comme application, la maison
Les plaques de métal patentées de H. Klehe ont et atteignent le but suivant : elles sont exemptes non seulement des défauts de tous les autres systèmes de couverture de toit, mais elles offrent aussi beaucoup d améliorations et bten des avantages. C'est avant tout la manière de les fixer qui fait partie de ces améliorations.
D après les autres systèmes de couverture de toit on suspend les matériaux soit par le bout supérieur sur les lattes, ou bten on les fixe au moyen de clous ou de vis sur le lattis; ces deux systèmes sont très peu pratiques et méritent peu de confiance.
Les plaques métalliques de H. Klehe ont, au contraire au bout inférieur, un fort crochet de tôle faisant ressort.
Elles sont munies d'onglets et de réglets, s'enchâssant les uns dans les autres et se fixent au moyen de deux bouchons de tôle à la première latte supérieure et par un croche, de tôle à la première latte inférieure; s il y a une construction en fer, ce crochet se fixe naturellement au fer de profil
A. cause de la construction excellente, les plaques métalliques de H. Klehe se conforment à tout changement de température de sorte que, même dans les conditions les moins favorables, chaque tuile a suffisamment de jeu pour se dilater sans nuire à la solidité de la couverture.
A la fin nous croyons devoir faire mention encore d'un autre avantage du système de H Klehe • cest que ces plaques n'exigent pas de bardeaux, mais seulement des lattes placées assez loin les unes des autres.' Par la toute la couverture est allégée. Pour la même raison on peut faire de grandes économies dans les constructions en bois et puisqu'on n'a pas besoin de bardeaux, il est évident qu'un toit construit de plaques métalliques de H. Klehe est le meilleur marché de tous.
Aussi œ système a-t-il déjà fait ses preuves en tout ce que nous venons de dire de ses avantages ayant deja ete employé depuis plus de dix ans pour un grand nombre d'édifices publics ; églises écoles' casernes, palais, hôtels, etc. '
Quant à la fabrication elle-même, les plaques de H. Klehe sont fabriquées en tôle de Sieeen n» 22 • préparée au charbon de bois; du reste on en fait aussi de cuivre ou de zinc. Après avoir coupé les maneres premières, au moyen de cisailles, en plaques, on me, celles-ci sous une presse, où elles sont façonnées. Ensuite on les transporte sous une presse de friction, par laquelle elles acquièrent la façon tout à fait juste, hnfin elles sont munies d'un fort crochet de fer au bout inférieur
Toutes les machines employées pour la fabrication de ces plaqués sont mises en mouvement par une machine à vapeur de 15 chevaux. luuvcmeni par
Les plaques fabriquées de cette manière sont ensuite étamées ou plombées, pour être abritées ainsi contre la rouille. Ou bien on les teint au minium, qui se trouve toujours à un état bouillant dans l'ateler Quand ce minium est bien séché on passe les plaques en couleur de diamant qui fait fort bien résisance aux intempéries de l'air. L'expérience nous apprend que la couleur de diamant doit être renouvelée tous les 10 ans a peu près ; ,o kilogrammes suffisent pour une superficie de 100 mètres carrés, machin ^-°T ^T"* ** "* article ' rauSmentati™ du personnel de l'établissement et des
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et .e PjfViennent 'eSnh0ri°8es de Sangler frères, les objets en fer de Inden frères, de DQsseldorf, et les paratonnerres de Baum frères, à Essen.
«. TT Si /^/rfV n°tre n0mendature Ies expositions de MM. Lams frères, de Dusseldorf Kind P "fe Irna" *** * "** "~ " *~ « ™ « « - - - ~*» Les opérations du Jury, commencées le 29 juin, ont été terminées le 8 août. La proclamation des compenses a eu heu le ,4 septembre. Le même jour, la Section allemande a été honoré de" de LL MM. le Roi et la Reine des Belges, accompagnés par tout le corps diplomatique Le nombre total des exposants allemands s'élevait à 823, répartis comme suit ;
Dans les halles de l'industrie 687
Dans la galerie des machines g5
Dans les jardins l^
Dans la section de la Croix- Rouge. ... i3
Dans la galerie Internationale 6
Dans la galerie du travail 3
Dans l'exposition maritime t
Sur la proposition des quatre Comités en Allemagne, et grâce au dévouement et au désintéressement de tous, le Comité d'Anvers a pu soumettre au gouvernement belge, les noms de 38 hommes compétents qui ont' été nommés membres du Jury international et qui ont bien voulu assumer ces lourdes mais
honorables fonctions.
Le succès remporté par la Section allemande a été grand. Une fois de plus le jury international a rendu justice aux progrès industriels de ce pays.
En effet, quoique 9 des principaux exposants aient été mis hors concours en leur qualité de membre du jury le chiffre énorme de 774 récompenses, sur S23 exposants, a été obtenu par l'Allemagne. Ce chiffre se subdivise, en 62 diplômes d'honneur, i5l médailles d'or, 226 médailles d'argent, 210 méda.lles de bronze, et 123 mentions honorables.
En outre, sur la proposition des exposants eux-mêmes, les jurys de classe distribuaient des récompenses aux collaborateurs ; l'Allemagne n'a obtenu dans cette catégorie que 57 distinctions ; cela tient à ce que le plus »rand nombre des exposants n'ont pas fait les propositions nécessaires.
L'Exposition d'Anvers a été clôturée le 2 novembre i885 ; la réexpédition des marchandises de la Section allemande a pu être considérée comme terminée dès le 28 décembre suivant.
Il a fallu 33, wagons pour la réexpédition des t,207,685 kilos de marchandises restantes; en tenant compte d'une quantité de 23,ooo kil. retenus provisoirement en Belgique par l'Administration, on constate au départ 345,995 kilos de moins qu'à l'arrivée. Ce chiffre donne une idée de la quantité considérable de produits vendus" pendant la durée de l'Exposition. 11 n'a pas été possible d'obtenir des données plus précises à ce sujet, les exposants observant en général beaucoup de réserve sur ce point.
Disons pour conclure, que si la Section allemande a obtenu la troisième place parmi les nations représentées à Anvers , elle n'a pas été à même de présenter, dans tout leur développement , les forces commerciales et industrielles du vaste empire.
L'abstention absolue du Gouvernement a empêché la participation de mainte industrie qu on voit figurer dans toutes les Expositions nationales.
Nous n'avons pas à apprécier les mesures du Gouvernement en cette occurrence; mais qu il nous soit permis de dire, que les exposants allemands qui se sont décidés à se faire représenter à Anvers, sans secours officiel d'aucune sorte, et qui néanmoins, malgré tant d'obstacles, ont réussi à emporter de hautes distinctions dans cette lutte pacifique du travail, ont noblement et largement mérité de leur mère-patrie.
Tous ceux qui les ont vus à l'œuvre à Anvers, ne peuvent que souhaiter de voir leurs efforts recompensés par l'extension de leurs débouchés et par l'augmentation des richesses de leur infatigable pays.
/Pt\
République Française
ERS la fin du mois de mai 1884, M. le chargé d'affaires de Belgique, à Paris, informa le Gouvernement de la République française que l'Exposition universelle d'Anvers, placée sous le haut patronage de S. M. Léopold II, s'ouvrirait le 2 mai i885 et l'invita officiellement à y prendre part. Cette invitation fut de suite acceptée, et M. Hérisson, alors Ministre du commerce, adressa à M. le Président de la République le rapport suivant :
Monsi
Paris, le Président,
.9 Mai 18S4.
M. le chargé d'affaires de Belgique, à Paris, vient d'informer le Gouvernement de la République que s'ouvrirait à Anvers, le i mai i885, une Exposition universelle placée sous le haut patronage de S. M. Léopold II, et lui a remis l'invitation officielle d'y prendre part.
Il convient selon nous, Monsieur le Président, que la France réponde au désir qui lui a été exprimé et qu'elle n'épargne pas ses efforts pour tenir un rang digne d'elle dans ce premier grand concours auquel l'a convié une nation voisine et amie; les liens de mutuelle sympathie qui unissent les deux peuples ne peuvent que se trouver encore resserrés. Ce n'est pas, d'ailleurs, en ce moment, que nous devons laisser échapper une occasion d'affirmer à l'étranger notre énergie commerciale et industrielle, surtout lorsque cette occasion nous est offerte dans cette cité d'Anvers, la rivale de nos ports de la Manche, qui a pris depuis ces dernières années un si grand développement et qui est en relations constantes avec le monde entier.
Si telle est également votre pensée, Monsieur le Président, je vous prierais, mon département ayant dans ses attributions la représentation collective des intérêts français dans les Expositions universelles, de vouloir bien revêtir de votre signature le projet de décret ci-joint. Aux termes de ce projet, une Commission serait chargée de rechercher les moyens de. faciliter la participation de nos nationaux à l'Exposition d'Anvers; un Commissaire général représenterait le Gouvernement de la République auprès du Comité exécutif de l'Exposition et prendrait toutes les mesures d'administration nécessaires à l'organisation de la Section française, .le vous prie d'agréer, Monsieur le Président, l'assurance de mon profond respect.
Le Ministre du commerce, Ch. Hérisson.
A la même date, le journal officiel publiait le décret autorisant la participation.
Le Président de la République française, sur le rapport du Ministre du Commerce,
Décrète ; Art. i. Une Commission de 36 membres, nommés par le Ministre du commerce, sera chargée de rechercher les moyens de faciliter participation des commerçants et des industriels français à l'Exposition universelle d'Anvers,
Art. 2. Un commissaire général, placé sous le contrôle et l'autorité du Ministre du commerce, représentera le Gouvernement de
M. Jules Grépy, Président de la République française
la République auprès du Comité exécutif de l'Exposition et prendra toutes les mesures d'administration nécessaires à l'organisation de la Section française.
Fait à Paris, le 29 Mai 1884. jULES Gkéw.
Par le Président de la République,
Le Ministre du commerce,
Ch. Hérisson.
En exécution de ce décret, M. le Ministre du commerce prenait un arrêté nommant M. Georges Choquet, ingénieur en chef des ponts et chaussées, Commissaire-général de la République française à l'Exposition d'Anvers et instituait la Commission chargée de rechercher, sous sa présidence, les moyens de faciliter la participation de la France à l'Exposition universelle d'Anvers.
Afin de venir en aide à cette Commission et pour susciter les adhésions, M. le Ministre du commerce désigna un certain nombre de notabilités scientifiques et industrielles qui, sous le titre de délégués-adjoints à la Commission, ont apporté à cette œuvre le concours le plus dévoué et le plus patriotique.
En même temps que le Ministre du commerce se préoccupait de la participation industrielle et commerciale de la France à l'Exposition d'Anvers et nommait les Commissions chargées de l'assurer, le Gouvernement déposait sur le bureau des Chambres une demande de crédits pour les dépenses occasionnées par cette exposition.
Conformément à cette demande, le Journal officiel du 9 août 1884, publiait la loi suivante :
Loi portant ouverture aux Ministres du commerce, de l'Instruction publique et des Beaux-Arts et de la Marine et des Colonies d'un crédit extraordinaire de 590,000 francs sur l'exercice 1S84 pour les dépenses de l'Exposition internationale d'Anvers.
Le Sénat et la Chambre des députés ont adopté, le Président de la République promulgue la loi dont la teneur suit :
Art. 1. 11 est ouvert aux Ministres, au titre du budget ordinaire de l'exercice 1884, en addition aux crédits alloués par la loi de finances du 29 décembre t883, des crédits extraordinaires montant à la somme de fr. 590,000.
Ministère de la Marine et des Colonies. — eE Section, — Service colonial. Chap. a3. Exposition internationale d'Anvers ......... . Frs Q0 000
Ministère de l'Instruction publique et des Beaux-Arts. — 2e Section, — Beaux-Arts. Chap. 60. Exposition internationale d'Anvers ....... . Frs '5
Ministère du Commerce.
Chap. 3S. Exposition internationale d'Anvers . . . . • . . . . . p . c
Total des crédits ouverts .... Frs. 5oo 000
Art. 2. Il sera pourvu aux crédits extraordinaires ci-dessus au moyen des ressources générales du budget ordinaire de l'exercice 1S84. La présente loi délibérée et adoptée par le Sénat et par la Chambre des députés, sera exécutée comme loi d'Etat. Fait à Mont-sous-Vaudrey, le 3 août 1S84.
Par le Président de la République : j„LES GslSïïj
Le Ministre des finances, P. Tihard.
Ce crédit de 475,000 francs, alloué par les Chambres au Ministère du commerce, lui a permis de prendre ferme, dès le début, une surface qui de 6,400 mètres carrés est arrivée par des accroissements successifs au chiffre de 19,000 mètres carrés dont le Commissariat général français se réservait l'autonomie absolue.
11 prenait à sa charge la décoration générale et le gardiennage de la Section française et, moyennant la garantie d'une redevance de 25 francs par mètre carré pour l'ensemble des surfaces retenues, demeurait seul maître des tarifs à imposer aux exposants.
C'est grâce à cette convention -intervenue entre le Commissariat général français et le Comité belge que l'on a pu donner aux nationaux des emplacements aux prix et conditions stipulés dans le Règlement général de la Section française.
Au mois de novembre 1884, M. Ch. Hérisson abandonnait le Ministère, suivi dans sa retraite par le Commissaire général M. Choquet. 11 y était remplacé par M. Maurice Rouvier, député de Marseille, qui nomma comme Commissaire général M. Robeis-Borghers, Consul général de France, à Anvers, en lui adjoignant comme Commissaire de l'Exposition industrielle et commerciale M. Maurice Monthiers, ancien Secrétaire général de la Section française à l'Exposition d'Amsterdam.
L'arrêté ministériel organisait ainsi le Commissariat général:
M. Robeis-Borghers, Consul général de France à Anvers, Commissaire général de la République à l'Exposition d'Anvers. — M. Maurice Monthiers, Commissaire de l'Exposition industrielle et commerciale de la République à l'Exposition d'Anvers. — M. Gustave de Vrindt, chancelier du consulat général de France, Secrétaire du Commissaire général. Charles Lenoir, Secrétaire du commissariat — Jacques de Moulignon, attaché. — Louis Santi, attaché. — Charles Bourbier, premier maître de mousqueterie, commandant le détachement des marins de la « Bretagne » chargés du gardiennage.
Le Commissariat général qui s'était réservé la décoration générale de la Section française, en confia l'exécution à M. Boulanger, architecte, et à M. Ouri, peintre décorateur, déjà chargés de ce travail à l'Exposition d'Amsterdam.
L'aménagement intérieur des halles du Palais et le lotissement étaient entre les mains de M. Courtois- Suffit, architecte, inspecteur des Bâtiments civils, et M. H. Nieuwenhuyzen, ingénieur des établissements Cail, présidait à l'installation de la Galerie des machines.
La vapeur et la force motrice nécessaires à la mise en mouvement des machines ont été fournies
aux exposants par les soins du Commissariat général. A cette fin, celui-ci prenait à sa charge l'installation
Façade principale de la Section française
des générateurs de vapeur, des conduites principales de vapeur, des transmissions générales et du réservoir d'eau destinée à la condensation de la vapeur et des égouts de décharge.
Les conduites de vapeur ont été mises gracieusement à la disposition du Commissariat par la maison Chappée, du Mans, et les transmissions par la maison Piat, de Paris. Grâce au concours de ces deux
maisons, et par suite d'une entente de M. Monthiers avec la Société des anciens Établissements Cail, le Commissariat général français a pu fournir la force motrice au prix extrêmement réduit de o.i 5° par cheval et par heure de marche.
L'installation de la Section française tout en étant des plus avancées à l'époque de l'ouverture officielle de l'Exposition, était cependant loin d'être complète, grâce à la mauvaise habitude d'un grand nombre d'exposants de ne vouloir arriver qu'en dernière heure pour n'être pas gênés par leur voisins. Aussi le 2 mai, lors de la visite d'inauguration de la famille royale de Belgique, dans les halles de l'industrie aussi bien que dans la Galerie des machines, bien des places étaient inoccupées et, à l'exception de la Galerie centrale menant à la Galerie des machines, rien n'était encore en état.
S. M. Léopold II voulut bien néanmoins se rendre dans la Section française; Elle y fut reçue dans le grand salon des Manufactures nationales par M. le Comte de Montebello, Ministre plénipotentiaire de France à Bruxelles, en présence du Commissaire général et du personnel du Commissariat, et M. de Montebello offrit au nom du Président de la République à S. M. la Reine une paire de vases de Sèvres, en souvenir de cette visite.
L'installation de la Section française fut complètement achevée dans les premiers jours de juin, et le u du même mois, M. Pierre Legrand, Ministre du commerce, accompagné des membres de la Commission d'organisation, venait féliciter les exposants du brillant résultat obtenu par la France. Le commerce et l'industrie française y étaient en effet représentés par ig5o exposants, et le chiffre de iS36 diplômes, attribués par le Jury international des récompenses à la Section française, prouve avec éloquence que leurs efforts pour représenter dignement la France à Anvers ont été couronnés de succès.
A peine l'Exposition ouverte, nous avons pu constater avec quelle bonne volonté et quel génie d'organisation les Français installaient dans les vastes locaux mis à leur disposition les chefs-d'œuvre de leur industrie en même temps que les produits courants de leurs diverses fabrications. Pendant que le pavillon des colonies françaises promettait de devenir — ce qu'il fut au bout de peu de temps — le great attraction de l'Exposition, le compartiment français dans les halles du commerce et de l'industrie étalait ses splendeurs, révélait sa puissance et plongeait le visiteur dans un élonnement sans cesse croissant au spectacle du confort et des ressources de l'existence moderne.
Aussi la participation de la France laissera-t-elle un sillon lumineux dans l'histoire de l'Exposition d'Anvers et un souvenir reconnaissant dans le cœur de tous les Belges. Nos voisins ont eu, du reste, la bonne fortune de voir leur gouvernement faire choix, pour organiser leur Exposition, d'un personnel d'élite qui s'est montré à la hauteur de sa mission et qui, avec beaucoup de simplicité et d'affabilité, a eu le talent de rendre la section française populaire.
L'un des succès les moins contestés de l'Exposition d'Anvers est le salon des manufactures nationales de France.
Influence mystérieuse de l'art sur les forces physiques ! C'est ce salon, qui n'est pas le seul de l'Exposition, cependant, c'est ce salon que le visiteur choisit de préférence pour s'y reposer et se remettre de l'ahurissement que produit nécessairement l'examen de ces mille objets divers entassés pêle-mêle dans les galeries sous prétexte de classement méthodique.
C'est que ce salon français est, en effet, le seul où l'esprit trouve l'ordonnance qui repose, le seul de toute l'Exposition où l'œil fatigué rencontre l'harmonieuse pureté des lignes et des couleurs. Tout y est d'un goût parfait dans l'arrangement général de l'ameublement comme dans le détail des objets exposés.
Il y a là trois étagères et deux vitrines qui renferment des merveilles artistiques, ces délicats et charmants produits de Sèvres, porcelaines molles aux tons veloutés et transparents, porcelaines dures où l'émail éclate en notes vibrantes, biscuits où la blancheur de la pâte s'estompe de lignes d'ombres aux plis savamment combinés. Et sur les murs du salon, où glisse une lumière légèrement tamisée, de grandes tapisseries mettent la douceur de leurs tons tendres et effacés.
Ce sont les produits des Manufactures nationales de France, de la manufacture de porcelaines de Sèvres et des Manufactures de tapis et tapisseries des Gobelins et de la Savonnerie.
Ces deux institutions célèbres, on aura pu le constater à Anvers, n'ont pas dégénéré. Les spécimens de la production actuelle soutiennent absolument la comparaison avec les produits anciens, surtout pour les porcelaines.
Au milieu du salon se trouve une grande jardinière en bleu de four, garnie de fleurs.
Parmi les pièces de grande dimension, nous pouvons signaler: un vase de Nîmes en fond turquoise nuancé de bleu foncé et finement craquelé; c'est le premier objet de ce genre qui ait été fabriqué à Sèvres; un
autre vase de Nîmes fond blanc décoré de vigne vierge en émaux roses et rubis, par M. Belet; un vase de Novi, fond blanc, avec un décor de fleurs et d'oiseaux, composé par Mme Escallier et traité en émaux et pâtes d'application par M. Richard; deux vases de la vendange; l'un en fond écaille, l'autre en fond bleu marbré de brun ; deux potiches, l'une en fond jaune décoré de fleurs et fruits noir et blanc par M. Mérigot, l'autre en fond blanc décoré d'ornements et d'oiseaux par M. Belet.
Signalons aussi la jardinière Philibert Delorme de M. Belet, en bleu fouetté qu'on a admirée l'an dernier au palais de l'industrie ; un surtout de M. Carrier- Belle use représentant en biscuit trois grands motifs de chasse et un groupe du même artiste, les quatre Saisons, surmonté d'une cassolette jaune ivoire, découpée à jour ; deux vases Bertin décorés de fleurs en bleu fouetté; un vase d'Arezzo fond blanc décoré de fleurs en émail par M. Richard; plusieurs vases, notamment le vase Gouthière, ornés de sculptures (genre Wedgwood), par M. Archelais; une potiche avec des pâtes d'application; « les Pommes d'or», de M. Doat; une collection importante de fonds flambés, etc.
Parmi les pièces de moindre dimension, les objets décorés par M"16 Apoil, notamment les deux vases Delafosse offerts à la Reine des Belges par le Président de la République française et les vases de MM. Gobert, Gédly et Cabau, attirent particulièrement les regards.
Les magnificences du salon des Manufactures Nationales de France, ne doivent pas nous faire oublier les grands industriels, qui ont envoyé à Anvers de véritables merveilles. Les Haviiand et Cio, de Limoges, les Emile Delforge de Paris, belge d'origine, les Lachenal, de Chàtillon-sous-Bagneux, les Laurin, de Bourg -la- Reine, les Tortat, de Chambourdin (Blois) et autres, font un digne entourage au salon de Sèvres. Oubliera-t-on les bijoux artistiques de Soyer, vrai luxe de grand seigneur, ou ses émaux pour ameublements "? Ne pouvons-nous pas songer avec fierté à ce courageux inventeur de Wavre, Emile Delforge, qui est en train de devenir une célébrité à Paris, pour ses applications à la céramique, ses émaux transparents sur paillons d'or, d'argent et de platine? Trouvera-t-on quelque chose de plus original et de plus charmant, que le roman d'amour raconté sur porcelaine, par MM. Guêrin et Cie, ou des services de porcelaine plus distingués, que ceux de MM. Haviiand et Cie?
S'il faut louer sans réserve la céramique française à l'Exposition d'Anvers, il s'en faut que l'on puisse en dire autant de la verrerie et de la cristallerie. Leur contingent est assez maigre. Pourtant les vitraux émaillés et les vases en pâte tendre émaillée, de M. Philippe Imberion, de Paris, sont dignes d'attention, de même que les cristaux de M. Macks, de Clichy.
Le même salon réunit les merveilles de Sèvres et celles des Gobbelins.
La Manufacture des Gobelins est un établissement similaire de l'Etat. Son histoire est plus connue. Chacun sait qu'elle fut fondée en 1 543 par François Ier qui l'installa à Fontainebleau, et qu'elle n'a pas cessé depuis d'appartenir soit à la couronne soit à l'État. L'art de la tapisserie si florissant autrefois dans les Flandres, déclina rapidement du jour où les ouvriers flamands furent appelés à Paris et y obtinrent le monopole de la fabrication des tapisseries de haute lisse. Aujourd'hui cette industrie semble renaître mais c'est en France qu'elle est toujours le plus florissante et qu'elle donne encore les plus beaux produits
En dehors de ce salon spécial, on a beaucoup admiré les bergerades et les scènes galantes, d'après Boucher et Watteau, formant les sujets des merveilleuses tapisseries d'Aubusson de MM. Hamel et 0e-, de Paris; les peintures héroïques et historiques reproduites dans les magnifiques tapisseries de MM. Braquenié et Ce, d'Aubusson. Ces pièces remarquables sont, d'ailleurs supérieurement placées, à côté des bronzes de Thiésant ; puis, les riches tissus nouveautés pour ameublements de M. A. Harinhouck, de Roubaix ; les superbes rideaux et guipures de MM. Labaty et Papleux ; les brillantes étoffes soie et or pour meubles et tentures de M. L. J. Dumet, de Paris.
Les tapisseries au point et tapisseries décoratives tissées mécaniquement de M. E. Tresca sont fort intéressantes à examiner, de même que les produits du tissage mécanique de MM. Masure et Lorthiois et fils, de Tourcoing, et les tapis et tentures inaltérables de la Compagnie française du Linoléum.
L'ameublement occupe une large place dans la Section française ; les meubles de luxe y prédominent et les meubles artistiques y sont nombreux et remarquables. Comme distinction et originalité, c'est la maison Viardot, de Paris, qui l'emporte ; on a vu rarement une exposition aussi riche et aussi élégante ; tous ces meubles sont en poirier; M. Viardot y a appliqué, avec bonheur, des plaques en véritable japonais; les formes sont étranges, les dessins, — fleurs, animaux, paysages, — sont tirés d'un monde imaginaire et fantastique, mais l'ensemble est charmant. L'exposition de M. Viardot a joui d'un succès incontestable et mérité.
La maison Deniève, de Paris, brille aussi d'un vif éclat; elle s'occupe principalement de la reproduction
des modèles de Louis XIV, Louis XV et Louis XVI ; toutes ses créations ont un cachet tout particulier. Les expositions de MM. L. Mougenot, L. Perrenoud, J. Cantini, etc., sont également fort intéressantes.
L'orfèvrerie française ne semble pas s'être mise en frais et, sauf une ou deux exceptions peut-être, n'arrive pas au niveau . des autres industries de ce pays. La joaillerie et la bijouterie ont fait un effort plus méritoire. Le petit pavillon de la maison Fouquet, de Paris, suffirait à donner de cette branche de l'industrie française une haute idée. Au moins trouve-t-on chez elle de l'originalité dans la conception de bijoux ; on y découvre une idée ; ce n'est pas l'éternel refrain de toutes les parures. La collerette Médicis, lés fleurs de brillants, les diadèmes, les bijoux égyptiens, les croissants entrelacés chantent sur leurs .écrins une symphonie des bijoux qui plaira à celui que passionne le beau dans le moindre objet comme à celui qui recherche avant tout les jouissances du luxe. L'un et l'autre seront aussi arrêtés par la vue des beaux camées durs de MM. Binet, Grïngoire et C", de Paris. MM. Ruteau frères, de Paris, se font remarquer par leurs imitations de perles fines et par leur belle collection de colliers ; MM. Couqiiaux et C", de Paris, sont des artistes dans leurs travaux et reproduisent avec succès les anciennes pièces d'art des musées nationaux ; la maison Gallonde, ancienne maison Cavy, pratique d'une manière remarquable la fabrication des bijoux en or doublé, argent et or sur argent. La maison Plichon, de Paris, se distingue dans la même voie.
La première place revient encore à la France dans l'industrie des instruments de musique ; elle jouit depuis nombre d'années d'une supériorité incontestée dans la fabrication des pianos ; son exposition prouve qu'elle n'a pas dégénéré et que ses instruments possèdent toujours à un haut degré les qualités du son et du toucher qu'on cherche avant tout. Les autres pays ont progressé de leur côté : la Russie, l'Allemagne, l'Angleterre, la Belgique, deviennent pour la France des concurrents très sérieux : chaque nation transforme et modifie ses instruments suivant ses tendances artistiques, en profitant des progrès réalisés dans le mécanisme et dans les autres sciences.
Presque tous les facteurs français se distinguent par un toucher délicat et léger, mais ils semblent rechercher plutôt le côté de la délicatesse que celui de la puissance.
Il est incontestable que la maison Erard, dont la réputation est universelle, tient le premier rang dans la facture française et que les instruments qu'elle a envoyés à l'Exposition sont remarquables.
Le toucher de ces pianos est excellent, d'une délicatesse et d'un moelleux exquis ; il atteint l'idéal de souplesse préconisé par le virtuose français, qui aime généralement à caresser son instrument.
Le timbre, plein de distinction, charme toujours, surtout dans les basses dont la sonorité puissante est superbe. La partie élevée est peut-être parfois un peu grêle.
Quant à la mécanique double mouvement, inventée par Sébastien Erard vers 1823, on sait qu'elle a été le point de départ d'une révolution dans le mécanisme du piano. Beaucoup de facteurs appliquent maintenant ce système, mais ne sont pas encore arrivés à réaliser la même perfection.
Parmi les grandes maisons françaises, il faut encore citer MM. Pleyel et Wolf, de Paris, dont les pianos bien que manquant un peu de volume de son, ont d'excellentes qualités ; Gaveau, maison fondée en 1847, qui a déjà obtenu des résultats remarquables ; puis Kriegelstein, qui présente un excellent piano à queue, Elcke, Thibaut Ruch ; on constate avec regret l'abstention de la vieille maison H. Her$.
L'honneur d'avoir conservé la harpe revient à la maison Erard. On sait que cet instrument, dont la sonorité est si caractéristique, et que les compositeurs modernes semblent remettre en faveur, a été complètement modifié par Sébastien Erard, qui en a multiplié les ressources en y appliquant le double mouvement ; l'Exposition comprenait quelques beaux' spécimens de ces instruments.
La lutherie n'est pas richement représentée, pas plus dans la Section française que dans les autres sections; on ne constate nulle part de progrès marqué dans l'art du luthier; on n'a pas dépassé, ni même atteint les instruments de Stradivarius, Guarnerius, etc., du siècle passé.
Les instruments à vent par contre sont assez nombreux. La maison Besson, de Paris, dont la réputation européenne est pleinement justifiée, expose des instruments de cuivre, parmi lesquels nous avons surtout remarqué les cors et les trompettes. MM. Mille et Courtois, ont, dans l'ensemble de leur fabrication, de la justesse et une bonne qualité de son. M. Goumas brille surtout par la sonorité de ses clarinettes, sopranos, altos et basses. Ses clarinettes alto en fa sont superbes et il nous parait regrettable que cet instrument soit presque abandonné, dans les orchestres de symphonie. Un contre-basson (instrument presque oublié en France et en Belgique) présenté par M. Goumas, est inachevé; impossible de juger de sa valeur; mais la tendance à chercher et à rapatrier ces excellentes voix de l'orchestre ne saurait être trop encouragée.
Beaucoup de facteurs cherchent à construire des trompettes aiguës pour jouer les œuvres de Bach et de
Haendel; M. Besson est du nombre. M. Sudre, de Paris, a inventé un système compensateur pour rectifier la justesse des cuivres.
En fait d'instruments de précision, optique, météorologie, astronomie, physique, la France est loin d'avoir fourni ce qu'elle pouvait. Elle a prouvé cependant par quelques séries intéressantes d'instruments, qu'elle marche toujours à la tête de cette industrie. On rencontre dans cette classe des collections complètes de théodolites, de miscroscopes, de niveaux, des régulateurs, des héliostats, des galvanomètres, etc. Un instrument pour observer les animaux soumis à une pression de 600 atmosphères, — l'appareil de Faradey, pour étudier l'action du magnétisme sur les corps, — l'appareil de Bertin, pour la rotation électro-magnétique des liquides dans les aimants creux, etc.
Dans l'horlogerie la France occupe une place distinguée. Elle a du reste, une réputation bien établie à soutenir, et des faits patents prouvent tout l'intérêt qu'attache le gouvernement français au perfectionnement incessant de cette branche d'industrie. Un décret du 12 juillet l883 a reconnu d'utilité publique l'Ecole d'horlogerie de Paris dirigée par M. A. H. Rodanet dont les produits figurent à notre Exposition et viennent d'y remporter la plus haute récompense, le diplôme d'honneur ; le même succès a été obtenu par l'Ecole municipale théorique et pratique de Besançon, directeur M. Paul Chopard ; et par l'Ecole nationale d'horlogerie de Cluzes (Haute- Savoie).
Les firmes remarquables sont nombreuses : citons : M.M. Laurat et Sivan, Emile Champion, François Margaine, et une maison de premier ordre, celle de B. Haas jeune qui, croyons-nous, n'a pas concouru, et dont les chronographes, les chronomètres, les remontoirs perpétuels à décrochement, les applications du calendrier perpétuel sont de petites merveilles de mécanisme.
Entre les parures de Fouquet et les cristaux de Clichy, à une des places d'honneur de l'Exposition, se trouve un véritable musée de bronzes d'art; c'est le salon de MM. Thiébaut frères, de Paris. Les principales œuvres sont : la Porteuse de pain, de Coutan, le Titan, d'Inyalbert, le Bâton de vieillesse, d'Escoula, le Buste du Christ, de Rude, le Salanmbâ, d'Idroc, les Premières funérailles, de Barrier, etc. etc., œuvres de choix, délicates et distinguées, de la grande école française. Au centre de ce trésor et dominant tout le groupe se trouve la magnifique statue équestre de Kléber et le grand vase la Vigne, de Gustave Doré. Grand succès pour la maison Thiébaut, et succès non moins grand pour sa rivale la maison Barbedienne, dont le nom est synonyme de talent. Ici encore chaque pièce est un objet d'art. La maison Bardebienne obtint des réductions parfaites des chefs-d'œuvre des maîtres anciens et modernes et nous représente aussi l'original même; voici un Charles-Quint, exécuté deux fois sous la grandeur monumentale, sur l'ordre du Roi d'Espagne, et réduit par la maison Barbedienne, à des proportions ravissantes; le Gloria victis et le David après le combat, d'Antony Mercié ; le Courage militaire, la Charité, l'Etude et la Prière, quatre figures du monument du Général Lamoricière, de Paul Du Bois; le Mo-art enfant accordant son violon, sujet plein d'expression et de vie, de Bardas; la Jeanne d'Arc et la Jeunesse, de Chapu; l'Arlequin, admirablement campé et d'une gaite communicative, de Saint-Marceaux; la Musique, la Vierge au Lys, de Delaplanche; la Clotilde de Surville, de Gautherin; le Mignon et la Marguerite. d'Aizelin. M. Barbedienne expose encore des torchères Renaissance de grandes dimensions, des bronzes
Bronre de la maison Barbedienne, Paris
dorés et argentés, merveilleusement ciselés, des garnitures de cheminée etc. Ces deux noms, Thiébaut et Barbedienne, suffisent pour affirmer d'une manière éclatante la supériorité de la France dans cette branche de l'industrie appliquée à l'art.
A quelques pas de la grande industrie artistique des bronzes, se trouve l'exposition de la grande industrie métallurgique; c'est là que se dresse, en guise de trophée quadrangulaire, l'ensemble des produits de la Société industrielle et commerciale des métaux (anciens établissements Laveyssière).
LaSociété des ateliers et Chantiers de la Loire, nous donne une haute idée de la Construction navale en France.
Les steamers à deux mâts construits pour la « Société des chargeurs réunis » du Havre, sont faits sur un beau modèle; mais l'éclaireur d'escadre Milan à trois mâts, de la force de 4000 chevaux, et d'une vitesse de 18 1/2 nœuds, construit pour la marine nationale, attirera l'attention de tout le monde, du public en général comme des connaisseurs ; la puissance et la rapidité y sont admirablement combinées. La Compagnie générale transatlantique expose le modèle-type qui, sauf de légères variantes dans les dimensions, a été appliqué aux grands paquebots faisant le service postal entre le Havre et New-York. Il y a aussi des différences entre le choix des machines et des chaudières. Quatre nouveaux steamers réalisant tous les progrès, sortent, la Champagne et la Bretagne, des chantiers établis à Penhoët, près de Saint-Nazaire sur Loire, et la Bourgogne et la Gascogne des chantiers de la « Société des forges et chantiers de la Méditerranée » à la Seyne (Var).
La Compagnie générale transatlantique a eu la bonne idée du publier un bulletin très intéressant où l'on trouve tracés sur une carte générale les itinéraires des diverses lignes desservies par la Compagnie, et sur des cartes spéciales les tracés des divers voyages circulaires qu'elle est à même d'offrir aux touristes à partir de Londres à des prix raisonnables, par suite d'arrangements avec d'autres compagnies.
A côté de la grande navigation, la navigation d'agrément! M. Tellier, aîné, construit des embarcations de plaisance qui réunissent des conditions sérieuses de solidité et d'élégance. On trouve aussi chez lui une pirogue à la voile et à la pagaye construite et pontée en papier. On sait que le papier aujourd'hui détrône sans façon le bois et le fer.
Rapprochons de ces quelques indications sur la construction navale en France une exposition qui concerne directement le commerce maritime : celle de la Compagnie des entrepôts et magasins généraux de Paris, dont les arrimages-types réalisent des conditions d'économie, de sécurité, de bonne conservation et de loyauté en affaires qui méritent d'être mises partout à l'étude.
Les arrimages-types ne constituent qu'un des côtés de l'Exposition de la Compagnie des Entrepôts et magasins généraux de Paris. Des albums de plans et de photographies, des cartes, des rapports divers, des brochures explicatives renseignent le public sur l'action vaste et bienfaisante de cette institution commerciale, qui non seulement pratique le warrantage sur une grande échelle, mais qui vend les marchandises soit de gré à gré, soit en vente publique, au gré des commettants, et favorise les transactions par des facilités de toute nature offertes aux acheteurs comme aux vendeurs.
Voici une Société qui sous des apparences assez modestes et pour des articles d'un usage modeste, est d'une importance remarquable : La Société anonyme des forges et clouteries réunies de Mahon et Laval-Dieu, de Charleviile. Elle possède plusieurs établissements et fabrique une série vraiment curieuse d'objets d'utilité journalière, depuis les tôles de commerce jusqu'aux clous les plus variés en passant par les fers plats, carrés et ronds de toutes dimensions, par des fontes d'ornement, par des moulages sur dessins et modèles en fonte et en cuivre, et par des appareils de chauffage et de ménage de tous genres, tels que poêles, cuisinières, cheminées, réchauds, poteries, etc. C'est lorsqu'on voit la grande industrie descendre à tous ces détails de la vie usuelle que l'on peut compter sur de notables améliorations.
Dans le même ordre d'idées nous pourrions citer MM. G. Boucher & C;e, de Fumay, M. Philippe Jules Gr-ouvelle, de Paris, le Comptoir métallurgique de Longivy, à Longwy, MM. Sibut aîné & Cie, d'Amiens et d'autres encore. Les ustensiles de ménage en fer émaillé de MM. Gilbert & Cie sont aussi à citer.
M. Gustave Pinède, de Bayonne, a envoyé des bambous cultivés dans les landes des Passes- Pyrénées, qui ont 14 à i5 mètres de hauteur et qui sont une des curiosités de l'Exposition.
Les ivoiriers de Dieppe sont d'une force remarquable. Nous avons vu dans leur étalage des christs que l'on dirait sculptés de la main d'un artiste tant pour le jeu expressif de la physionomie que pour l'habileté de l'exécution.
Non loin de là M. Verrebout, de Paris, le grand fabricant de vierges pour églises, prouve que tout en se soumettant au goût du clergé pour le peinturlurage, il y a moyen d'y faire régner un peu de goût et de sobriété. Nous n'admirons pas toutes ses statues, mais parmi elles il s'en trouve de bonnes.
Quant à ses chemins de la croix, ils ne valent décidément pas mieux que tous les autres, et ce n'est pas à lui-même qu'il faut en faire un grief. Cela ne les empêche pas de faire leur chemin tout comme les vierges de Lourdes, dont M. Verrebout passe pour avoir déjà placé 86,000 exemplaires. L'article religieux va toujours ; le débit en est assuré et inépuisable.
Adressons un hommage spécial au beau baptistère en marbre sculpté de M. Edm. Bonnet, qui doit être recouvert en cuivre martelé et repoussé. Le même industriel a exposé une intéressante cheminée renaissance italienne.
La maison Bizot et Akar, de Paris, mérite une mention pour ses statues porte-lustre, son chandelier à neuf branches inspiré par celui à sept branches de l'Arc de Titus, ses lustres en cuivre rouge et ses suspensions en cuivre jaune.
Tout à côté la maison Hurtu expose les machines à coudre françaises qui portent son nom, et qui réalisent divers perfectionnements.
Nous ne sommes pas assez compétent pour entrer dans le détail de ces petites machines merveilleuses de mécanisme qui présentent des variantes d'après le but à atteindre et le genre de travail à effectuer ; mais on les admirerait rien que pour la perfection et la régularité de leurs mouvements.
Il en est de même pour les machines de la Compagnie française des machines à coudre H'. Vigneron.
MM. Leinaire et Dupont ont réussi à faire une exposition intéressante de leurs engins gymnastiques, hamacs, nattes, etc.
Le compartiment des cotons teints, fils de coton et de lin, laines teintes etc. présente un ensemble instructif; les dentelles de Chantilly, dentelles espagnoles, dentelles mécaniques en tous genres, guipures, etc. réunies par un bon nombre d'exposants, MM. Ch. Babey, E. Dubout & C"\ A. Ancelot, P. Devienne, L. Bélart et bien d'autres.
On s'arrête volontiers devant l'article blanc ; la Société industrielle de Reims expose toutes espèces de fabricats également bien conditionnés. La Chambre syndicale de la chemiserie en gros de Paris étonne autant par la beauté de ses produits que par leur prix raisonnable et quelquefois fabuleusement bas. Elle offre entre autres, une douzaine de chemises "pour treize francs ; nous ne garantissons pas qu'elles sont en fine batiste ; mais cependant il est prodigieux de penser qu'un franc représente tout le travaille qu'exige la confection d'une chemise et de ses accessoires, fil et boutons, depuis le moment où la terre livre son produit, qui déjà lui-même a coûté de l'argent, des soins et des peines, jusqu'au moment où ce produit, transformé par de multiples mains, sort des mains de la repasseuse ; car les douze chemises vendues pour i3 fr. sont repassées. Il convient d'ajouter que pour se fournir de linge à ce prix, il faut prendre plusieurs centaines de douzaines à la fois, ce qui ne convient pas à tous les particuliers.
La lingerie de la maison Lepetit-Charollet, de Paris, est remarquable; ses trousseaux et layettes, exposés sans beaucoup de mise en scène, attirent par leur mérite les regards de toutes les dames.
M. Falcimaigne, de Paris, le grand exportateur de parapluies, en a empilé un tas en forme de pyramide et le passant s'arrête, en outre, devant une vitrine derrière laquelle des produits variés semblent trop beaux pour pouvoir braver le mauvais temps.
Toute fabrication, à un certain degré, devient de la grande industrie. C'est encore le cas pour MM. Lucien Fromage & Cie, de Rouen, dont les tissus élastiques en caoutchouc, bretelles, ceintures, jarretières, etc., sont renommés; M. Lucien Fromage est, d'ailleurs, le créateur de cette industrie; c'est lui qui inventa il y a une quarantaine d'années la bretelle élastique; il en fabrique aujourd'hui huit cents paires par jour, depuis fr. 0.40 à fr. 6.00 la paire. D'ouvrier devenu industriel et propriétaire de vastes établissements, nous raconte un de ses compatriotes, il a été constamment son propre architecte, son propre ingénieur, et tous les progrès réalisés sont dus à son initiative.
MM. Fromage & Cie font partie de l'exposition collective de Rouen, dont le chef de file, en quelque sorte, est M. Besselièvre, fils. Quelle riche collection de rouenneries, d'indiennes, d'étoffes teintes de toute nature.
Les rubans de Saint-Étienne sont peu représentés.
Saint-Étienne s'est aussi abstenu pour l'armurerie, on ne saurait dire pourquoi.
Du reste, l'armurerie française est, en général, faiblement représentée à l'Exposition ; elle n'y montre pas ce dont elle est capable.
Par contre la draperie française s'y affirme avec toute sa puissance.
Les produits d'Elbeuf sont admirables par leur variété, comme par l'excellence du travail. Il faudrait citer la plupart des fabricants. La supériorité du drap sera surtout reconnue de tous.
Sedan tient bien sa place après Elbeuf.
Les châles français ont un protagoniste hors ligne en la personne de M, E. Bréant, de Paris, dont la fabrique, est à Grougis, dans l'Aisne, et qui est connu comme le principal exportateur de châles.
Les soieries de Lyon jouent naturellement un grand rôle dans la section de l'exposition française. Elles maintiennent leur rang tout en se montrant capables de pouvoir sacrifier aux caprices de la fantaisie. Jamais l'habileté de la fabrication n'a été poussée plus loin, jointe à un sentiment artistique très fin. Pour se convaincre de ce dernier point il suffît de voir avec quelle finesse exquise sont observées les gradations de teintes dans les îampas brochés, les satins à fleurs, les velours de Gênes et de Venise que la collectivité de Lyon expose à nos' regards; il suffit aussi de voir avec quel respect de la forme, quelle science du dessin sont traités les mille motifs d'ornement qui parsèment si agréablement ces satins et ces velours.
Les firmes lyonnaises qui, par leur collectivité, ont constitué le superbe salon où tant de rêves charmants ont dû éclore dans l'esprit des visiteuses, sont généralement connues, très connues, et elles ont rivalisé de bon goût et de magnificence. Citons MM. Ducoté, Caquet- Vauzelle et Côte, MM. Bardon, Ritton et Mayen, MM. Gourd et Croizat, MM. Bonnet et Cie, MM. Gautier et Cie, MM. Montessuy et Chômer, M. E. Charbin, MM. Jaubert, Andras et Cie , MM. Poncet, père et fils, MM. Permezel et Cie , MM. Palluant et Testenoire, etc.
Nous avons vu non loin de là .une chose bien admirable: ce sont les broderies à la main de la maison Mme Leroudier, à Lyon. Il n'y que des artistes de l'aiguille, suivant la pittoresque et juste expression que nous avons entendu employer à leur égard, pour exécuter des travaux pareils. M"ïe' Leroudier expose, entre antres, l'imitation en broderie de quelques-uns des Mots grotesques d'Audran. C'est d'un très grand cachet.
Comme supériorité d'exécution il faut citer aussi un .groupe d'amours adorablement nuancés sur soie blanche.
Une industrie où la France prend hardiment le premier rang, c'est la plomberie, aussi bien la plomberie de bâtiment que la plomberie d'art proprement dite. Elle possède des maisons qui ont la puissance de tout pouvoir entreprendre et le talent de tout réussir.
MM. Mesureur et Conduit, fils, à Paris, ont montré dans leurs entreprises à l'Hôtel de Ville de Paris et à celui de Bruxelles, ce dont leur plomberie et cuivrerie étaient capables. MM. Gaget, Gauthier et Cie, à Paris, sont les célèbres maîtres fondeurs à qui avait été confiée l'exécution de la fameuse statue de la Liberté Américaine. Ils en exposent une oreille, qu'on pourrait appeler une oreille rétrospective* M. Ferdinand Marrou, à Rouen, est un artiste. II fait directement sur le métal la démonstration des plus fines leçons de l'art décoratif, et il semble que le fer forgé, que le cuivre martelé palpitent sous sa main et que leurs enroulements obéissent à un sentiment inné de coquetterie. Il faut voir ces fers forgés d'une seule pièce, et de toutes ■dimensions et de tous styles, ici un cadre de glace, là un blason en fer repoussé au marteau à froid, style Louis XIII, ou des lanternes du même style, ou bien des pelles, des pincettes, un garde-étincelles, style ■Renaissance : l'empreinte de la science, de l'habileté pratique et de l'amour de l'art est partout.
La Chambré syndicale de couverture et plomberie, de Paris, a aussi pris une part importante à l'exposition française.
Dans cette même classe où nous n'avons pas à parler cette fois-ci des Barbedienne, des Thiébaut, etc., nous rencontrons les coffres-forts sans rivaux de la maison Fichet, Charlier et Guénot, successeurs, à Paris.
Nos voisins du Sud ne semblent pas s'être mis en frais pour le compartiment des voitures. La maison Binder (.médaille d'or), de Paris, est richement représentée ; la Carrosserie industrielle de Paris, et M. Pierre Dutheil, de Paris, ont envoyé des spécimens de leur fabrication spéciale. Mais on doit reconnaître que la carrosserie française est autrement importante qu'on ne le dirait à voir son exposition.
il en est de même, dans un ordre d'idées bien différent, pour la parfumerie française, célèbre dans le monde entier, mais représentée d'une manière assez incomplète.
Par contre, certaines industries ont tenu à se montrer à leur avantage et à prouver que les longs rapports qu'elles entretiennent avec la Belgique ne leur ont pas permis de rester indifférentes à l'Exposition d'Anvers. Mettons en première ligne la librairie et la papeterie. Les premières maisons de Paris et des grandes villes de la province avaient tenu à figurer brillamment dans cette classe intéressante.
Quelques photographes exposent les portraits des illustrations contemporaines de tous genres ; à ces portraits se joignent quelques curiosités, telles que les vues de Paris aérostatique, prises en ballon et des vues de Paris souterrain, faites dans les égouts et les catacombes ; ces expositions originales sont du photographe parisien, bien connu, M. Nadar (Diplôme d'Honneur).
de musique, notamment M. Henri Hcugel et
Près d'eux nous rencontrons quelques éditeurs MM. Durand, Schœnewerk & O.
Il est, dans cette partie de la section française, une innovation dans l'enseignement sur laquelle nous ne saurions trop attirer l'attention; c'est l'emploi de reliefs en plâtre, de contrées entières figurées en relief. La ehost n'est pas nouvelle; nous le savons bien, mais ce qui est nouveau, c'est la vulgarisation de ces reliefs. Quelle admirable ressource pour le professeur qui explique une tragédie de Sophocle, ou qui retrace l'histoire grecque, ou qui décrit les antiquités d'Athènes, d'avoir sous la main ce relief en plâtre qu'expose M. Muret, où revit devant l'attention excitée de l'élève une partie de l'Attique avec ses plaines et ses montagnes et le Pirée et une partie de la mer. Ce n'est pas seulement la géographie qui réclame le secours de ces reliefs, c'est l'étude de la vie même des peuples. On ne comprend bien ce qu'ils ont fait et pensé que lorsqu'on voit où ils ont vécu.
11 est des industries qui s'adressent plus particulièrement à l'enfant. Celles-là sont presque toutes bien représentées à l'Exposition. La France a montré que pour les bonbons, les chocolats, les confiseries elle n'entend pas se laisser déposséder. Encore moins pour les jouets d'enfants qui ont chez elle le caractère d'une grande fabrication.
Si des enfants nous passons aux grandes personnes, nous aurons à constater que les conserves alimentaires constituent une très riche section, et que les liqueurs exposées indiquent un degré très avancé de perfectionnement. Quant aux vins, c'est une section tellement considérable, tellement importante, pour l'appréciation de laquelle il faut des connaissances si approfondies, outre une dégustation préalable, que l'on nous pardonnera si nous ne faisons que mentionner ici cette classe intéressante d'exposants, qui se trouvaient placés en Belgique sur un vrai champ de bataille digne d'eux.
Si des grandes personnes et des fabricants de vins nous passons maintenant aux savants, nous dirons que les produits chimiques contribuent aussi à la place glorieuse conquise parla France sur le terrain de l'Exposition Universelle de 1885. Il n'est pas de classe plus nombreuse, plus variée, et l'on est étonné des produits les plus divers qu'on y rencontre côte à côte.
Et la plupart de ces produits ont une histoire par les Expositions. Prenons, par exemple, le célèbre Phénol- Bobœuf, que l'acide phénique d'un usage si répandu aujourd'hui aurait "remis à la mode si c'avait été nécessaire. Le Phénol-Bobœuf n'a jamais perdu sa vogue, il l'a toujours affermie, au contraire, seulement il se réserve un domaine plus intime, celui des soins de la toilette. Il est exposé par l'Entrepôt spécial de Produits hygiéniques, de Paris, directeur : M. Henry Clostre. Voici ses titres de noblesse :
Prix Monthyon, Institut de France, Paris 1861.
Médaille argent, Paris 1875. Prize Medal, Philadelphie 1876. Diplôme d'honneur, Compiègne 1877. Prize Medal, Exposition ofthe sanitary, Leamington 1877. Médaille de bronze, Paris 1878. Diplôme d'honneur, Beauvais 1879. Diplôme d'honneur, Paris 187g. Hors concours, Londres 1884.
La classe des cuirs, sans gran'd attrait pour le public en général, intéressera les spécialistes, de même que les cuirs vernis et les maroquins. L'industrie des pelletiers lustreurs est poussée très loin.
Les papiers peints seraient tous à citer, à commencer par ceux de M. A. Croissant et ceux de la Société française de papiers peints.
Les ustensiles de cuisine de la maison E. Boucher & Cie, de Fumay, nous montrent la science mise au service du confort. Gare à la résistance des cordons bleus, naturellement récalcitrants à toute intrusion de la science dans leur domaine.
La Société des spécialistes mécaniques, entre autres objets remarquables, expose des scaphandres qui nous paraissent d'un usage bien entendu.
Les grandes mosaïques françaises mériteraient un meilleur sort auprès du public. Elles exigent un labeur et un soin qui ne sont pas toujours en rapport avec l'impression produite. Les goûts sont en effet, très partagés à leur sujet bien qu'on soit unanime à reconnaître le mérite des mosaïstes exposants.
Les fleurs en porcelaine de la maison Boussard, de Paris, et les fleurs artificielles de la maison Camille Marchais constituent presque un monopole gracieux que ces maisons ont su conquérir. On a souvent entendu parler de fleurs artificielles imitant la nature, et la maison Marchais traite depuis longtemps de pair avec la nature, mais des fleurs en porcelaine! Peuvent-elles avoir cette morbidesse et cette légèreté des fleurs qui ont connu la vie'? Parfaitement. Nous y avons été pris. Comme saint Thomas nous n'avons voulu croire qu'après avoir touché et d'autres y seront encore pris.
La classe Médecine, Hygiène et Assistance publique expose quelques appareils qui ne sont pas toujours réjouissants; nous la citons surtout ici pour rendre hommage à {'Association des Dames françaises
pour les secours aux militaires en cas de guerre, et aux civils dans les calamités publiques, noble institution qui a été reconnue d'utilité publique.
L'exposé beaucoup trop rapide que nous venons de faire, prouve que la France a grandement et généreusement fait lés choses. Elle a été pour la Belgique une vraie amie. Nous l'avons dit et nous aimons à le répéter : après avoir par son initiative franche et loyale décidé de l'existence de l'Exposition d'Anvers, elle en a assuré le succès par un concours sans limites et par des témoignages nombreux de sympathie, dont le gouvernement français a donné l'exemple et auxquels se sont associés, dans le monde de l'industrie et du commerce comme dans celui des arts, les esprits les plus éminents, les producteurs les plus renommés.
Algérie
L'exposition algérienne, dans son ensemble, n'est pas à la hauteur de l'importance de cette riche contrée en voie de transformation, qui a tout intérêt à se faire mieux connaître en Europe. Nous avons vu que le mouvement commercial de l'Algérie s'élève à près d'un demi-milliard de francs par an. En i883, il était :
( Je France fr. 154,478,000
A 1 importation