I. des entrepôts français et étrangers
fr. 'i3S, 199,000
( pour la France 97,582,000
A l'exportation
( pour l'étranger 70,412,000
fr. 167,994,000
Ensemble. . . . fr, 405,000,000
Ce sont là les résultats renseignés par la direction générale des douanes de France ; les statistiques algériennes donnent pour l'importation des chiffres plus élevés, ce qui nous fait supposer que l'administration française prend pour base la valeur en Europe et les autorités coloniales, le prix de revient en Algérie. Ainsi pour 1882 le mouvement commercial de cette possession africaine est renseigné dans les documents de la douane de France, à 433 millions, alors que les statistiques algériennes donnent 562 millions de francs divisés comme suit :
( de France fr. 307,000,000
A 1 importation )
I de l'étranger io5,ooo,ooo
fr. 412,000,000
A l'exportation 1 5o, 000, 000
Ensemble. . . . fr. 562, 000, 000
La Section algérienne ne nous montre pas, comme l'annexe du pavillon Cambodgien — pour les autres colonies françaises — les plans, dessins, etc., des grands travaux publics. Beaucoup de visiteurs cependant, auraient voulu voir l'état des travaux dans les principales villes maritimes: Alger, Oran, Philippeville, Bône et même la situation des ports secondaires., Arzew, Mostaganem, Bougie, Nemours (d'où Anvers reçoit des orges), la Calle, etc. Des cartes, montrant le réseau des chemins de fer, manquent également. Pour un jeune pays possédant déjà 3697 kilomètres de voies en pleine exploitation et 452 kilomètres en construction ou concédés, cette partie de l'Exposition pouvait offrir un grand intérêt, surtout que la question du transsaharien se représentera régulièrement, que ce travail s'imposera, non pas dans son ensemble, mais par parties.
A la côte occidentale, le chemin de fer du Sénégal au Niger se fera, car la France veut s'assurer la domination dans le Soudan occidental et doit donc étendre ses voies ferrées en Afrique. Elle devra pousser en Algérie, jusqu'à Figuig et puis descendre vers le Sud, ou de Biskra par les oasis de l'Ouedmin, étendre ses. lignes jusqu'au Touat, à Insalah, et même profitant de l'expérience russe dans l'Asie centrale, traverser le désert et aller à Tombouctou.
3gi —
La Tunisie
' «mit
La façade du compartiment tunisien se trouve dans la galerie internationale. Elle est facile à reconnaître à sa décoration originale : quelques couvertures â raies blanches, rouges, bleues ; deux groupes de courtes escopettes et de longs fusils aux canons ciselés, aux crosses tourmentées ; des lanternes, garnies de verres de couleurs, en laiton découpé ; deux panneaux de fenêtres en plâtre, travaillé au couteau, avec des dessins étranges, voilà la façade du compartiment tunisien.
Mais d'abord, remarquons que les deux panneaux en plâtre de la façade sont les derniers vestiges d'une industrie originale qui s'en va, qui disparaît devant les volets modernes et les persiennes à l'Européenne. Deux hommes seulement, à Tunis, exercent cette curieuse industrie, et nous n'oserions affirmer qu'ils font leurs frais !
En face de l'entrée, ce qu'on remarque tout d'abord, c'est le portrait du bey de Tunis. Ce portrait domine la collection des marbres extraits des carrières de Schemtou, carrières exploitées par une Compagnie belge. Les produits de Schemtou sont représentés sous forme de cheminées, de vases et de colonnettes de toutes
les couleurs et de toutes les varié tés. Ces marbres ont une réputation qui ne date pas d'hier. Dans les premiers siècles de notre ère, ils étaient exploités déjà par les Romains.
II y a, au fond, une superbe cheminée en brèche antique ; à gauche, une autre cheminée de couleur jaune, également antique, et sur le devant, un vase vert, veiné de rose, qui est absolument charmant de ton et de dessin.
Parmi tous ces marbres, on remarque, sans s'expliquer pourquoi ils sont là, quelques tabourets en bois peint et doré, et des tapis qui ressemblent à ceux de Smyrne.
On y trouve aussi une table tunisienne originale : c'est un baquet, peint et doré comme les tabourets, et supporté par quatre
Type Tunisien
de mets, est apportée aux convives, qui s'accroupissent autour et mangent à même, sans cuillère ni fourchette.
Les visiteurs se portent avec étonnement vers de grandes tentures blanches, décorées de figures bizarres en étoffes de couleurs vives, appliquées sur ce fond immaculé ; c'est tout ce qu'il y a de plus tunisien et ça ne coûte pas cher.
D'ailleurs, on peut, dans ce compartiment, bibelotter à très bon compte et satisfaire toutes ses fantaisies. Les « potichomanes, » notamment, y trouvent une variété
, considérable de céramiques d'un primitif à satisfaire les plus difficiles. — Examinons cette curieuse collection.
Voici les poteries de Rabel, — petite localité près de la côte de la Méditerranée ; il y en a
Tunis, blanches à dessins noirs.
petits pieds. Cette auge, remplie
de jaunes et de vertes, vernisées. Voici les poteries poreuses de
Les cruches tunisiennes, à fond pointu, ne peuvent généralement se tenir debout que sur le goulot ■ impossible donc d'y conserver des liquides dans cette position.
Une curieuse amphore, plusieurs fois reproduite, représente un oiseau dont le ventre est troué- c'est par cet orifice qu'on introduit le liquide ; on bouche le trou avec un bouchon et on verse par le bec de 1 oiseau. Si ce n'est pas commode, cela a, au moins, le mérite de l'originalité.
Les collectionneurs, devant tous ces objets, ne peuvent retenir des explosions de joie. Aussi la vente marche et les Tunisiens encaissent de beaux écus sonnants.
Il y a des encriers, des lampes, des pots à fleurs et des écuelles dont la forme est indéfinissable élément ,1s sont informes! Et pourtant, les visiteurs se jettent là-dessus avec une avidité qui tient du' délire Ils trouvent cela beau, délicieux, incomparable ! Ils exaltent le caractère de ces objets Or le caractère, pour le collectionneur, il n'y a que ça. '
quatre Îèdes. ' "" ""**" "^ " S°m "" ^^ " ^"^ céram!^3- 9* datent de trois ou
Voici encore des débris d'antiquités romaines, des sculptures, des stèles, des mosaïques, qu'on a découvertes récemment en fouillant les ruines de Cartilage.
La parfumerie orientale occupe une toute petite place. Elle tient tout entière dans une sorte de boite à sardines, dans laquelle sont rangés quelques petits flacons, pas plus gros que le pouce, soigneusement enveloppés dans de la ouate, à seule fin de les préserver d'un choc qui pourrait les fêler. C'est
Les productions du sol tunisien consistent en huile d'olive et en miel ; le jury de dégustation en a, paraît-il, fort apprécié le goût et la saveur.
A côté de ces produits, on remarque les travaux scolaires exécutés par les élèves des différentes institutions établies par le gouvernement français et par les pères de famille. Les cahiers, les devoirs, les dictées ne laissent rien à désirer.
Dans la partie agricole sont exposés des spécimens d' alfa ; des nattes, des corbeilles, des bâts, des cordes et des muselières de chameau , fabriqués avec cette plante textile. La fameuse Société de l'Enfida a envoyé des produits alimentaires variés, recueillis sur ses terres.
petit, mais horriblement cher.
11 y en a un qui renferme de l'essence de violette, et qui ne vaut pas moins de trois cents francs !
Les costumes et les étoffes, les gandouras, — c'est ainsi qu'on nomme de longues robes de chambre flottantes; — les broderies d'or et de soie ; les burnous ; les soieries rayées, d'une distinction et d'un éclat ravissants ; les tissus de coton et de soie mêlés, ont un grand succès de curiosité. Il en est de même des babouches, des poignards, des menus objets nécessaires à tous les besoins de la vie et aux voyages ; d'une selle de velours soutachée d'or, et des bijoux, dont l'originalité tend cependant à se perdre par l'imitation des formes européennes
Type Tunisien Enfin, l'exposition tunisienne se complète par des envois de tabac et de cigarettes de la Régie et par de gros échantillons de minerai de fer, extrait des mines de Nefzas.