‹ Anvers et l'Exposition universelle, 1885Chapitre 95 sur 125 · SUR LE SERVICE GÉNÉRAL DES ENTRÉES ET DE LA SURVEILLANCE · texte numérisé non relu

SUR LE SERVICE GÉNÉRAL DES ENTRÉES ET DE LA SURVEILLANCE

Messieurs,

J'ai l'honneur de vous faire brièvement rapport sur la marche des différents services qui ont été placés sous mes ordres.

Le service des abonnements a pu se taire assez rapidement, malgré le grand nombre d'abonnés. Nos locaux étant assez restreints, ont été une cause à certains moments des réclamations du public, mais pourtant nos abonnés ont pu être assez régulièrement servis, quoique les préliminaires pour la confection des cartes prissent beaucoup de temps. Il fallait recevoir la photographie de l'abonné, y mettre le nom, coller deux] bulletins, transcrire le nom et l'adresse de l'intéressé, timbrer,

AI. Rinquet,

Chef de la surveillance.

griffer, classer par ordre alphabétique. L'abonné ne pouvait retirer sa carte d'abonnement que deux jours après avoir déposé sa photographie.

Ce travail demandait un nombreux personnel et coûteux. * -

Le public avait accès à l'Exposition par quatre entrées ;

Place du Trône ;

Avenue du Sud ;

Place du Peuple ;

Place Gillis.

A chacune des entrées, des guichets étaient établis pour le contrôle des tickets et des cartes permanentes. Chaque guichet émit divisé en couloirs, au-dessus desquels des pancartes apparentes renseignaient les visiteurs où chaque catégorie devait se présenter pour le contrôle; chaque couloir était desservi par deux employés.

Deux employés étaient spécialement attachés à ce service. Chaque semaine ce bureau délivrait de 2 à 5ooo cartes d'entrée ; chaque carte portait le nom du patron et celui du titulaire. Ces cartes étaient valables pour un ou plusieurs jours, suivant la durée du travail à exécuter.

Sans entrer dans les détails, le service des entrées a été sans contredit le plus important de l'Exposition. Sa marche a été des plus satisfaisante, le personnel inférieur était animé d'un dévouement remarquable.

La surveillance de jour incombait en partie à la Socie-.s anonyme de l'Exposition et en partie à diverses sections qui étaient gardées par leurs nationaux, telles que : la Belgique, la France, la Hollande, le Luxembourg, ie Monaco et la Russie.

Dans les parties des halles de l'Exposition où s'étendait la surveillance à exercer par mon personnel, celle-ci se faisait sous la responsabilité d'un contrôleur, ayant sous ses ordres le nombre d'hommes nécessaire au fonctionnement du service.

Douze surveillants, avec, insignes au képi, étaient spécialement chargés du service d'incendie pendant le jour. Ces hommes étaient répartis dans toute l'étendue de l'Exposition, chacun d'eux avait un rayon limité à parcourir et la surveillance des bouches d'eau ainsi que du matériel d'incendie.

La surveillance de nuit s'étendait sur toutes les parties de l'Exposition. Ce service était assuré par un sous-chef, avec le concours de trois contrôleurs et quarante-sept hommes, y compris les douze surveillants

M. Dubois.

Chef du service des entrées.

pompiers. Chaque homme était muni d'un cornet d'appel en cas d'alerte. Vingt boîtes-contrôles avaient été placées dans les différentes parties des "halles, et, au moyen de contrôleurs portatifs, un inspecteur faisait trois rondes la nuit et devait cueillir à son passage la marque de chaque boîtecontrôle. Le sous- chef faisait également trois rondes, porteur du contrôleur à cadran.

Les rondes de nuit se faisaient à des heures déterminées.

Chaque matin, je m'assurais si les rondes avait été faites régulièrement. Par l'emploi du contrôleur à cadran j'avais la certitude que tous les coins de l' Exposition avaient été visités six fois de 8 heures du soir à 5 heures du matin.

Les cadrans des contrôleurs portatifs étaient renouvelés tous les jours.

ChaqUenuit le personnel recevait un mot d'ordre. Nul ne pouvait circuler, ni séjourner dans l'Exposition, s'il n'avait le mot d'ordre.

Les soirs d'illumination des halles à la lumière électrique, le public avait accès dans les halles : le personnel de nuit était renforcé de vingt hommes jusqu'à dix heures et demie.

Les vols qui se sont commis pendant la durée de l'Exposition étaient de minime valeur et peu d'auteurs sont restés inconnus.

Le personnel était relativement restreint, quoique suffisant et en rapport avec mes principes économiques.

Le personnel portait en service un uniforme réglementaire, redingote et gilet avec boutons en métal, pantalon et képi, en drap bleu.

Le service pour le personnel a été rude, chaque homme avait douze heures de service; néanmoins peu de plaintes se sont produites.

En terminant ce rapport, je tiens à rendre hommage à tout le personnel qui a été sous mes ordres, pour le zèle et le dévouement qu'il a mis dans l'accomplissement de son devoir.

DUBOIS, Chef du service des entrées.

Anvers, i5 novembre i SS5.

Page 1