IONIEN- ATTIQUE
de noms simples ou en -tâç s'il s'agissait de composés ; on a par exemple en dorien àp[j.ca--/^p, mais cTapTaysxâç, et à peu près tous les parlers semblent avoir gardé cet état ancien. Seul l'ionien-attique a généralisé le suffixe --âç, sous la forme -r^ç, dans les noms simples ; l'attique dit àpij.cjvr^q. Toutefois Farcadien, qui a comme on le A^erra des points de contact avec l'ionien-attique, a déjà dans ses anciennes inscriptions des formes telles que oiy,x7-.5:q, pareilles à l'ionien-attique Sr/a^Tr^ç, et non le type archaïque de ovAxair^p, conservé en locrien et en pamphylien. Mais, encore à une date basse, vers le luMi® siècle av. J.-C, on y lit £aBcr/;p à côté de aAuo-tâ^. La généralisation du type de noms d'agents en -ty]ç est un trait curieux, particulier presque exclusivement à l'ionien et à l'attique ; les mots en -Tr,p, -xcop ne sont dans ce groupe dialectal que des survivances, assez rares, propres à certains mots savants ou archaïques, comme cw-cv^p en attique.
Ij serait aisé d'ajouter d'autres détails à ceux qui viennent d'être énumérés ; par exemple les adverbes indiquant le lieu où l'on est sont en -eu en ionien-attique, type cr.oo, en -£t partout ailleurs, type c-su Et presque toujours quand il s'agit de particularités propres à une partie seulement du domaine grec, l'ionien et l'attique se trouvent marcher ensemble, ainsi qu'on le verra plus loin. Ainsi, l'attique et l'ionien ont la particule «V qui se retrouve à peu près uniquement en arcadien, tandis que tous les autres parlers offrent dans le même emploi des particules du type de x£v, y.e, V.X. Le nominatif pluriel du démonstratif tc-, -5l- a la forme cl, ai sous l'influence du singulier, jamais la vieille forme toi, -a-., qui subsiste dans la plupart des parlers. L'ionien et l'attique se ressemblent beaucoup dans le détail, et presque toutes les différences qu'on observe entre l'un et l'autre tiennent à des innovations de l'ionien ou de l'attique postérieures à la période d'unité. Par exemple les contractions diffèrent notablement dans les deux parlers ; mais on sait que les contractions sont pour la plupart assez récentes dans les parlers grecs.
Encore faut-il noter que les mêmes tendances ont en partie dominé les deux groupes de l'ionien-attique. Là oii une voyelle longue précédait une autre voyelle, cette voyelle a tendu à s'abréger à la fois en ionien et en attique ; si la seconde voyelle était brève, elle tendait alors à s'allonger : 'â(/^)wç « aurore », attesté encore en dorien par une série de gloses, àowo ' ■qdi:, ci:6(ù ' TTpon, à66cç ' è^ ew, Tapavtt'vs'.ç, est représenté en ionien et en attique par iw;; ; le génitif pluriel en -âojv, bien attesté en béotien et en thessalien, et aussi chez Homère, est devenu -âv en dorien, et -éwv en ionien, ou, avec contraction, -wv en attique; le mot ).7.(/')i; devient Xîw; en ionien et en attique, et ceci donne lieu à une flexion toute particulière qui n'est pas propre à l'attique, malgré le nom qu'on lui donne, et qui se rencontre tout aussi bien dans un nom propre ionien 'AvaçtAew; que dans
le nom commun attique kbm:. On serait tenté de voir là un fait remontant à la période ionienne-attique commune si des groupes tels que -ï]w-, -y]sn'étaient fréquents dans les plus anciens monuments de l'ionien et si l'on ne lisait encore à Orope r,o^ (dans une inscription où o note à la fois 0 et oj), ou si Ton n'avait pas r^o deux fois à Naxos dans une vieille dédicace du vi* siècle en hexamètres, qui offre de beaux exemples de la distinction entre s notant l'ancien è, et ■/; notant l'ancien à :
N'.y.avcpr^ ;x' avsôs'/.sv hE7.T,6oko<. ioyex'.ç.r^i.
A£tvo[j,£V£oç Zz -/.xj'.yVcTy;, <I>pa/?JO §' aXtyzq [ ].
Mais un parallélisme de développement comme celui des groupes du type -r,o)-, -rfi- prouve pour une unité ionienne-attique autant que des réalisations achevées dès l'époque de communauté.
L'ionien et l'attique s'accordent à présenter les voyelles fmales des prépositions, soit àva, rapxj-z.a-aietc., alors que tous les autres dialectes ont eu en certains cas, ou exclusivement, des formes telles que àv (ôv en lesbien et thessalien , uv en arcado-cypriote), -rap, /.xt, etc.
Enfin certaines des innovations de l'attique se retrouvent dans les parlers ioniens les plus voisins, ceux de l'Eubée. Le groupe -pa- est devenu -ç,ç,dans les cités d'Eubée et leurs colonies d'Italie comme à Athènes, tandis que -pj- subsiste dans les Gyclades et en Asie-Mineure. A -az- des Cyclades et de l' Asie-Mineure, les parlers de l'Eubée et del'Attique répondent par -TT-, et l'on a xprjXTo) à Erétrie comme 7:pà-:Tw à Athènes, en regard de T.oi^'ja^-ù de l'ionien d'Asie. Ce type de faits est bien connu en linguistique : il arrive que des parlers voisins, appartenant à des groupes distincts, participent à un même changement de prononciation.
Une inscription du.début du vi" siècle av. J.-C, dont on a une rédaction ionienne d'Asie et une rédaction attique montre combien les deux dialectes étaient proches et combien, dès le début de la tradition, ils différaient. L'/; initiale est déjà amuie dans le parler de Milet que représente l'inscription ionienne, et H sert à noter la voyelle y;, tandis que la graphie de l'inscription attique ne distingue pas entre s et y), o et w ; mais déjà l'attique note z'.\i.<. par ='. :
ionien : 'ï>xvcot7,o £;xi Topij.oxpatcC? to ripoy.ovvYjîio ' y.p-^xïjpa Se xai Mr^o'/.ptf- Tr;p!sv •/.y.'. y]6ix;v a? ^putav/^tov cBwy.Ev Z]['.Y££'j7t]v.
attique : ^y.vzy.v.o z.'.\v. to Hspixoy.paxoç xo Opoxoves'.o ' xayto y.paxcpa y,aT'.7xaxov y.at /7£0;aov e^ T:p'jxav£tov sooy.a [j,v£|xa ZIiy££'J!j'.-
Sauf l'a de y.paxyjpa, la contraction de 'Ep;j.o'/,paxo'jç, le et de xpuxave'ïov, ■un détail de vocabulaire et le maintien de h (qu'on retrouve du reste en ionien d'Eubée ou d'Italie), les deux rédactions se recouvrent.
L'ionien et l'attique forment donc deux groupes très pareils ; resté isolé
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«ur le continent, l'attique a gardé une physionomie assez particulière et souvent archaïque ; mais on reconnaît aisément l'unité d'origine de l'un €t de l'autre.