RAPPORTS ENTRE LES QUATRE GROUPES DIALECTAUX
dans le grec du Nord-Ouest ; -sj^i est de règle à Delphes jusqu'à la fin du IV* siècle ; on a KesaXXavsffc'. en locrien et, une fois seulement ouyxoôjj'. en éléen ; de plus, en dorien, le groupe du corinthien, c'est-à-dire de la cité dorienne qui est la plus proche du groupe du Nord, a -tzz: ; la forme n'a pas été encore trouvée à Gorinthe dont on n'a guère de textes suivis ; mais on l'a dans les colonies de Gorinthe, Gorcyre, Epidamnos, Syracuse, par exemple ui^g'. ; la littérature sicilienne offre des formes comme pviizo'.. Ici encore le groupe éolien a un point de contact avec le grec occidental. — Dans le grec occidental, la désinence -tzz'. n'a du reste pas duré ; on l'a remplacée par le datif pluriel en -o-.ç des thèmes en -s- ; le bronze d'Œanthée, au v*^ siècle, a déjà [j.v.z-k:; pour le locrien ; sauf l'exemple isolé o-jyxozzg:, l'éléen ne connaît, dès l'époque la plus ancienne, d'autres datifs pluriels que ceux en -o-.ç, soit ypz[xx-z:: (valant ypr,-^.xz'.) par exemple, ou, avec le passage à -p du -^ final, le type courant avtovsip. A Delphes, le type en -c:: n'a guère triomphé qu'avec la y.civr, étolienne, dont le datif en -0'.; est l'une des caractéristiques les plus constantes. Partout où, sur le domaine occidental, il y a eu -tac, la finale -z:: s'y est tôt ou tard substituée ; mais il est malaisé de savoir dans quelle mesure ces formes résultent de développements autonomes ; car, à la date où elles apparaissent dans le Péloponnèse et aussi en Grète, elles peuvent provenir de la y.i'.vrj achéenne et étolienne des m"-!!" siècles av. J.-G.
Le groupe ti se conserve souvent en grec ; mais il tend à passer à c., sans qu'on ait pu déterminer au juste en quelles conditions. Le passage à 7t n'a jamais lieu après 7, et par exemple la 3'' personne du singulier ssxt est panhellénique et garde l'aspect de asti du sanskrit, de est du latin, etc. Le passage de v. à c: n'a pas lieu à l'initiale, sauf en pamphylien. A la fin du mot, -te est très souvent remplacé par -7'. ; à la 3' personne du singulier des verbes en -;j.'., certains parlers ont oîSw-'., qui est ancien et pareil au sanskrit dadàti ; d'autres parlers ont Sîâwj'. ; de même à la 3" personne du pluriel, les parlers ont les uns sspcvT-, pareil à bbâranii an sanskrit ou kferunt du latin, les autres des représentants de *(f£pov7'.. La forme nouvelle en -a', caractérise l'ionien-attique : c'!ow7'., çspi-Jî'. ; le groupe occidental tout entier ne connaît que l'ancien type oioo)-'., aipo-ni. Les deux autres groupes se divisent. L'arcadien et le cypriote ont -z'. : arcadien ■/.cXcjwvG'., cypriote s;c(v)7'. ; mais le pamphylien a -->. : z'^xyoo'. « i-x^MZ'. » représente £;aYwvT'., avec le passage pamphylien de -vt- à -v3- et l'amuissement du v normal devant consonne dans ce parler. Le lesbien a çaTsi valant o-^î'., iyc'.7'. valant ïyojzi (ancien *ôyo'i-'. issu de tyz'/xi) ; mais le béotien a O'.cwt'.. A la troisième personne du pluriel, le béotien et le thessalien s'accordent à présenter des formes toutes particulières en -vOi. — D'ordinaire, ce sont les parlers occidentaux qui ont généralisé -:'., et l'ionienattique, qui a généralisé G'.. Ainsi M'.XâT'.c; devient IM'.Xr,?'.;; en ionien-attique^
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mais subsiste en dorlen ; la forme MiXartcc est attestée en Crète ; le nom d'un habitant de Sélinonte est en dorien SeXtvoJvx'.O!;.
Le nom de nombre « vingt » se présente sous deux formes suivant les parlers. Un ancien /"îy-aii qui, dans l'ensemble, répond a vîsaiti de TAvesta, à khsan de l'arménien, à ikam du « tokharien » B (koutchéen ; nouvelle langue indo-européenne connue par des textes trouvés en Turkestan chinois), est conservé en béotien, en pamphylien et dans tout le groupe occidental (où la graphie des inscriptions conservées est ©'./.axi). Les autres parlera ont une autre forme avec e-.- initial et une voyelle intérieure o ; tous ces parlers ofiPrent la finale -si altérée, et non l'ancien -xi, eî'y.off; ainsi, en ionienattique, en lesbien, en arcadien. — Les formes des centaines sont en -/.axtot en grec occidental et en béotien, tout de même que l'on a sxaxiv, ainsi T.z-^nx/,a~\o<. en béotien ; l'arcadien a -zactoc, ainsi xpiaxaciot ; l'ionienattique et le lesbien ont -xoatot, ainsi lesbien xpiaxéctoî.-
La préposition èv se construisait d'abord avec le datif-locatif ou avec l'accusatif suivant qu'il s'agissait du lieu où l'on est ou du lieu où l'on va ; le latin in et le germanique in ont conservé cette double construction. Cet usage est aussi demeuré en grec dans le groupe du Nord-Ouest, en béotien et en thessalien, en arcadien et en cypriote. Mais le -ç final que le grec ajoutait à beaucoup de prépositions a permis de difFérencier èv avec le datif-locatif, pour exprimer le lieu où l'on est, de èvç (ainsi en crétois central ; ionien-attique-lesbien eL-) avec l'accusatif, pour exprimer le lieu où l'on va ; cette différenciation est de règle en dorien et en ionien-attique ; dans le groupe éolien, elle apparaît en lesbien ; dans le groupe arca docypriote, en pamphylien.
On pourrait ajouter beaucoup d'exemples à ceux qui viennent d'être cités. Il faudrait tenir compte aussi des faits de vocabulaire, qui n'ont pas été assez étudiés. Par exemple, « j'acquiers » se dit en ionien-attique •/,':âo[j.a'., en grec occidental ■7:âo[j,at, et le béotien ez-icauiç « acquisition » montre que la racine 7:â- qui se retrouve chez Homère n'a pas été étrangère à Téolien. — Partout en grec, « je veux » est exprimé par une même racine, qui apparaît avec vocalisme o ou e, et avec un \ simple ou avec un groupe de consonnes qui a entraîné des traitements divers, soit (^oXoixai en arcado-cypriote, et aussi en ionien d'Eubée, mais [âo^Xo^iai en ionien-attique, jSéXXâ à Lesbos, 3^XXo;j.£vc? en thessalien, PetXoixsvo^ en béotien, o-(]ko\hM, BsiAcixai en grec occidental. Le groupe occidental seul connaît un autre verbe signifiant « vouloir », crétois Asto), etc. et éléen }>>eo'.Tav, avec des contractions telles que >.y;'., Xa)[j.£ç, Xwvxt. — A date ancienne, le vocabulaire était très différent d'un parler grec à l'autre, et plus sans doute que ne le laissent deviner les inscriptions même les plus anciennes.
Ces faits paraissent remonter à l'époque du grec commun, ou du moins le point de départ de tous ces faits. Et il résulte [de là que l'ionien-