‹ Aperçu d'une histoire de la langue grecqueChapitre 37 sur 102 · ARCHAÏSME DES LA^'GUES LITTERAIRES · texte numérisé non relu

ARCHAÏSME DES LA^'GUES LITTERAIRES

Paris et dans toute la région de parler parisien, dans un rayon de deux à trois cents kilomètres autour de Paris ; mais l'usage de ce prétérit est demeuré dans la langue écrite, et il est presque aussi nécessaire dans certains cas d'employer // vint en écrivant un récit qu'il paraîtrait ridicule de le dire dans le même récit parlé. Un Allemand du Sud emploie de même dans sa langue écrite des prétérits simples tels que ich liebie, qui ne figurent pas dans son parler ordinaire.

Donc, là même où la langue littéraire et la langue parlée sont proches l'une de l'autre, comme elles le sont actuellement en France dans la région parisienne — au sens large du mot — , les particularités de la langue littéraire peuvent être de nature grammaticale. Elles atteignent ainsi le système de la langue.

Il peut y avoir aussi des particularités de nature phonétique. Non pas que, en général, une langue littéraire ait des éléments phonétiques inconnus à la langue courante correspondante : on prononce la langue littéraire avec les voyelles et les consonnes qu'on emploie dans le parler courant. Mais il arrive qu'on emploie ces éléments d'une manière autre dans la langue littéraire que dans le parler courant et qu'on opère certaines substitutions. Par exemple, un Français en déclamant des vers ou en prononçant un discours public emploie à peu près les mêmes è ouverts et les mêmes g fermés que dans la conversation la plus 'familière ; mais, tandis que, en causant, il dit lé:( enfants, avec un e fermé, il dira s'il veut être a liliér aire •», lc:(^ enfants, avec une ouvert. Les langues littéraires comportent souvent des transpositions de ce genre. Quand, comme il arrive fréquemment, la langue littéraire repose sur un dialecte autre que celui auquel appartient le parler courant, ces transpositions sont constantes. Ainsi dans le slavon ecclésiastique qu'on employait en Russie au moyen âge comme langue littéraire, on était amené à employer ra là où dans la langue courante on disait oro et ^d dans nombre de cas où la langue courante avait ^ ; le nom de la « ville » était dans le parler ordinaire gorod et dans la langue littéraire grad ; la forme gorod de la langue courante a subsisté pour le nom, bien fixé dans l'usage familier, de la « ville » et les Russes continuent à dire gorod, tout en se servant de grad dans les noms de villes qui sont des composés savants : Pétrograd ; mais, pour un terme officie] comme celui de « citoyen», la forme littéraire a prévalu sur la forme courante goro\anin, qui a seivi à désigner le «citadin», et le « citoyen » est maintenant nommé en russe à l'aide de la (orme grafdanin , qui est celle de la langue littéraire.

Archaïsme et dialectisme sont les deux traits qui caractérisent les langues littéraires, au moins en ce qui concerne les particularités de grammaire ou de structure phonétique.

Mais, on l'a vu, c'est surtout le vocabulaire qui est propre aux langues

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