‹ Aperçu d'une histoire de la langue grecqueChapitre 60 sur 102 · VOCABULAIRE DE LA TRAGÉDIE · texte numérisé non relu

VOCABULAIRE DE LA TRAGÉDIE

A la tragédie athénienne viennent aboutir tous les genres de la poésie grecque ancienne : la lyrique populaire ionienne et la lyrique religieuse dorienne s'y fondent en un spectacle unique. Ces deux influences s'unissent dans un attique fortement stylisé. La littérature d'Athènes reprend les créations antérieures en leur donnant une forme nouvelle ; et ce n'est pas seulement la culture d'Athènes, c'est une culture hellénique, de type athénien, comportant des éléments venus de tous les Hellènes et destinée en quelque mesure à tous les Hellènes. Athènes, cité impériale, n'a pas une littérature purement régionale ; elle hérite de toutes les acquisitions déjà faites, et, tout en étant fortement locales, les œuvres poétiques qui lui sont destinées ont déjà, au moins dans leur vocabulaire, un caractère interdialectal.

La tragédie d'Athènes ne fait du reste que présenter, avec une évidence particulière, un trait commun de toutes les langues littéraires examinées ici. Déjà la langue de la lyrique chorale, d'oii est sortie la tragédie, était faite pour des cités de parîers différents. Toutes les langues poétiques ont été, à des degrés divers, des langues communes, et, par suite, des langues composites. Toutes ont de quelque manière contribué à préparer une langue générale des Hellènes. Mais ce n'est pas la littérature, ce n'est pas la poésie, ce sont les besoins politiques, économiques et intellectuels, et les événements historiques qui ont déterminé l'avènement d'une /.owt^. Et c'est dans les textes en prose qu'on en voit le mieux la préparation.

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