CHAPITRE XI LA LANGUE DE LA COMÉDIE
Il y a eu une comédie littéraire en Sicile et en Grande Grèce avant qu'il y en ait eu à Athènes. Epicharme est antérieur à Aristophane, et, comme l'indique Aristote, le mot opy.[j.oc, dérivé de opav qui n'est pas attique, est à Athènes un emprunt.
D'une manière générale, on est mal renseigné sur les choses de la
Grèce occidentale. Pas une histoire suivie de Sicile n'est conservée, pas
une œuvre littéraire entière, du moins avant la période hellénistique,
avant Théocrite ou Archimède, c'est-à-dire avant une période oià la Sicile,
tout en gardant ses parlers et sa langue littéraire, fait partie du mouvement
2[énéral de la civilisation grecque. Mais la Grande Grèce et la Sicile ont
;u, dès le vi^ siècle, une grande part au développement de la culture
,Tecque. Il suffit d'examiner une collection de monnaies pour se rendre
;ompte qu'il n'en est pas de plus belles parmi les monnaies grecques que
elles des cités siciliennes. On n'a pas le moyen de se rendre compte de
e que la tragédie attique peut devoir à la Sicile ; seuls quelques emprunts
le vocabulaire qu'on entrevoit font conclure à une influence sicilienne.
lais par les fragments du comique Epicharme, on voit que le type de la
omédieest déjà entièrement arrêté avec lui. Aristote dit en parlant de la
omédie : Poét. p. i^^Q b et 14^48 a 3o xo \>.b/ èç, àpyf,^ èx S'.xsXfaç ^XOe,
wvoà 'A6-(^VY]aiv Kpôcx-qq zpwxov "i^p^sv, et kv. S'.xe)u'aç, èxîtôsv yocp -^v 'KrSyoLp-
:; ô Trc'.rjTfyÇ xgaXw T:p6xzpoq wv X'.wvi'Sou y.x'. Màyv/îToç, et Platon dit inci-
emment, Théét. 162 e -wv tcgit^xwv cl âV.pot tyjç zovqazdiq iy.xTipoLç, ■/,(o[j.w-
'a; [j.h ^ErdyapiJ.oq, -cpaywoia; 3à "0[j.r,pcç. La personnalité d'Épicharme
chappe entièrement ; mais il a vécu au plus tard au début du v" siècle ;
n peut se demander du reste si ce poète — qui pour nous n'est guère
u'un nom — ne sert pas à résumer tout un genre. Aristophane, venu
^lès, a produit de 427 à 388. Sophron, l'auteur des mimes, est à