I'J2 LA LANGUE DE LA COMEDIE
deviner des traits, mais ne permettent pas de restituer l'ensemble. Et cette langue littéraire, qui a été connue d'Aristophane, que plusieurs écrivains d'Athènes ont entendue à Syracuse, a eu une influence dont on n'a aucur moyen de déterminer l'étendue, mais qui sans doute a été grande.
De même qu'ils ont substitué à la prose ionienne une prose attique, le; Athéniens ont substitué à la comédie sicilienne une comédie attique. Cai la comédie emploie à Athènes le pur parler local, et la langue de la ce médie a suivi de près l'évolution du parler courant : la comparaison de 1; langue d'Aristophane et de celle de Ménandre, qu'on peut maintenan faire, est le meilleur moyen qu'on possède de se rendre compte des chan gements notables qui se sont produits dans le parler des gens cultivé d'Athènes entre le v*^ et le iii*^ siècle.
Le dialogue d'Aristophane concorde bien en gros avec celui de Platon La grammaire en est purement attique. Il faut au contraire se méfier de; chœurs, qui ont un caractère « poétique » et s'écartent davantage de L langue courante. Les composés sont abondants, et aussi les mots dérivés fabriqués par le poète lui-même ; comme chez Epicharme, ils ont un carac tère parodique, ainsi dans les Guêpes, /i3o
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ou dans les Acharniens, 696 et suiv.
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Q\i â'è^ OTcu -£p 5 zôXejj.iç, [X'.aôap^i'BY);.
Le point de départ de cette série de mots fabriqués est jnn terme, déjs artificiel, de la langue de la politique, a-ouoâpyr;;, que l'on avait créé poui désigner un homme qui se pousse vers les honneurs. — Du reste, ce qui d'une manière générale, rend difficile l'utilisation linguistique du vocabulaire d'Aristophane, c'est qu'il est plein de parodies des tragiques et qu'i est actuellement impossible de déterminer au juste ce qui chez Aristophane est parodie et ce qui est reproduction de l'usage attique. Le mo! Xàcry.w par exemple n'est pas attique, et, si Aristophane fait dire à Euripide Ti XsXay.aç ; c'est pour le railler.
L'un des traits curieux de la comédie d'Aristophane, c'est que le^ étrangers mis sur la scène, Laconiens, Mégariens, Béotiens, parlent chacun leur parler local, et d'une manière qui, à en juger par ce que l'or peut contrôler, est en gros conforme à l'usage de chacun des parlers reproduits. A l'époque d'Aristophane, les citoyens de chacune des cités de la Grèce continentale se comprenaient ainsi en employant chacun leui parler propre ; Aristophane avait des notions précises sur plusieurs parlers.
COMÉDIE ATTIQUE j„3
et son public appréciait ces reproductions et les comprenait On était encore loin d une langue commune à tous les Hellènes.
Mais au théâtre comme dans la prose littéraire, l'attique prend le dessus sur tous les autres parlers grecs. Après Epicharme, on n'entend plus parler d un théâtre sicilien. Au contraire la scène d'Athènes est demeurée productive jusque dans la période hellénistique, et il semble qu'on se soit mis partout a jouer les drames athéniens. A la différence de la comédie ancienne, qui ne s adresse qu'à des citoyens d'Athènes, la comédie moyenne et la comédie nouvelle ont un caractère général et sont faites pour tous les hommes cultives. La littérature d'Athènes, écrite en attique pur, tend a partir du y« siècle, à être la littérature de toute la Grèce. Sauf ce qui pouvait subsister de publications scientifiques dans les cités doriennes de ^icile et d Italie, et qui, à l'exception des œuvres du grand patriote local Archimede na guère laissé de traces, tout ce qui domine la vie intellectuelle, philosophie, rhétorique, théâtre, a dès lors pour langue unique