‹ Aperçu d'une histoire de la langue grecqueChapitre 70 sur 102 · DEFINITION DS LA 7,0'.VY · texte numérisé non relu

DEFINITION DS LA 7,0'.VY

On entend ainsi par -/.cw/i à la fois une norme idéale, qui devient avec le temps de plus en plus archaïque, de plus en plus éloignée des tendances du parler courant, et un effort toujours renouvelé pour concilier les tendances naturelles du développement de la langue avec cette norme. A aucun moment de l'antiquité, ni la norme ni les tendances naturelles à l'innovation n'ont pu prendre le dessus l'une sur l'autre d'une manière complète et définitive. Quand on parle de y.o'.VY;, on pense donc à la fois aux deux choses ; et ce n'est pas l'effet d'une insuffisance de clarté ou d'analyse dans la pensée des hnguistes qui emploient ce terme commode et nécessaire. Le terme est trouble parce qu'il désigne une langue où une tradition puissante a été en lutte durant de longs siècles contre les tendances de l'évolution linguistique. Ce n'est pas la faute des linguistes si, dans les textes, l'on rencontre ici une réalisation presque parfaite des règles traditionnelles, là un grand nombre de formes nouvelles conformes aux tendances du développement de la langue, et le plus souvent un compromis entre les deux forces antagonistes. La v.y.rr^ n'est pas une langue fixée, ce n'est pas non plus une langue qui évolue en obéissant régulièrement à certaines tendances ; c'est une langue où il y a une sorte d'équilibre, constamment variable, entre fîxafion et évolution.

Le grec de l'époque hellénistique et impériale n'est pas la seule langue où l'on observe de pareils faits. Dans l'autre moitié de l'empire romain, l'histoire du latin présente une situation analogue, mais beaucoup plus simple au début; car le latin, parti d'un domaine étroit et qui s'est étendu à tout l'Occident de l'Empire, a été d'abord plus un que le grec ; mais par la suite, le latin s'est ditTérencié plus que le grec et a abouti aux idiomes néolatins profondément différents les uns des autres, tandis que les parlers grecs qui continuent l'ancienne y.oiv^ ont gardé jusqu'à présent une sensible unité.

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