SOURCES
Les textes les plus utilisables sont naturellement ceux qui sont le plus en dehors de la littérature : la traduction de la Bible dite des Septante et les écrits qui composent le Nouveau Testament dus à des hommes qui n'avaient qu'une demi-culture et ne cherchaient pas pour la plupart à passer pour des lettrés. Les traductions des Septante sont du m* et du n*^ siècle av. J.-C, le Nouveau Testament du i*"" siècle après ; on y trouve donc une suite de textes de l'époque même où s'est constituée et fixée la xoivv]. Ces textes ont été écrits par des gens qui n'étaient pas des Hellènes ; l'Ancien Testament se compose de traductions, et de traductions strictement littérales, si bien qu'on n'en peut tirer un parti linguistique en ce qui concerne la syntaxe et le sens des mots qu'avec de grandes précautions. Mais les auteurs savaient le grec de leur temps : la comparaison avec les papyrus et les inscriptions montre que ces textes ont été en général rédigés dans le grec courant de l'époque où ils ont été composés et qu'ils fournissent pour l'étude de la grammaire et du vocabulaire de la y.civT^ des documents de grande valeur; longtemps, on ne leur a pas attribué pour l'histoire de la langue l'importance qui convient ; la découverte des papyrus égyptiens a fait ressortir la valeur de documents authentiques qu'ils ont à un haut degré. Cette valeur est d'autant plus grande qu'ils sont conservés par des manuscrits nombreux et dont plusieurs sont relativement anciens : le Vaticanus et le Sinaïticus sont attribués au iv* siècle, l'Alexandrinus au v'^, etc. ; ces manuscrits ont de plus le mérite de ne pas représenter des éditions revisées au point de vue de la langue et de reposer chacun sur une tradition autonome. On a donc ici des données d'une qualité singulière.
Néanmoins, on ne doit pas demander à ces textes des témoignages qu'ils ne peuvent fournir. Les détails de graphie qu'ils présentent peuvent toujours être dus aux copistes ; ils ne prouvent pas pour l'époque des auteurs ; ainsi les confusions innombrables de ec et de i qu'on rencontre dans les manuscrits de l'Ancien Testament prouvent que les copistes ne savaient pas distinguer entre si et i ; elles n'ajoutent rien à ce que l'on sait par ailleurs sur la confusion de s'. et de i en Egypte aux m*-!!** siècles av. J.-C. Les exemples d'aoristes tels c[ue siXa, rf/Sx, ïizzgcc qu'on lit dans des manuscrits des Septante ne prouvent pas que les traducteurs aient jamais écrit rien de pareil; Juges VII, 21, où on lit èar^ixavav y.at ï^o^ol^ dans le Vaticanus, il y a chance pour que la leçon à'çuYcv de l'Alexandrinus reproduise le texte du traducteur ; Deut. XXIX, 16, on lit, aussi dans le Vaticanus, zapv^/.ôaiJ.ev à côté de y.a-oty.-/^Ga[ji.£V (var. yaTwyv^aaia-cv); mais l'Alexandrinus et l'Ambrosianus ont 7:ap-<^).6o[;.£v. Dans le Nouveau Testament, des formes comme ir.eco!, ont plus de chances d'être authentiques ; mais là non plus on ne peut faire le départ entre ce qui vient des auteurs et ce qui vient des copistes successifs.