‹ Aperçu d'une histoire de la langue grecqueChapitre 78 sur 102 · LES TEXTES LITTERAIRES · texte numérisé non relu

LES TEXTES LITTERAIRES

ont YÀwi-a et Y^wTTOToiJ-eTv, TtpâTxeiv, TapâiTsiv^ etc., toutes formes qui ne se rencontrent pas dans d'autres livres de l'Ancien Testament.

Sur certains points, on ne sait que décider. Les papyrus égyptiens et les anciennes inscriptions en y^oirq ont régulièrement Téc-crapa, ou même T£-Tapa avec ap comme l'attique ; au contraire les manuscrits de l'Ancien et du Nouveau Testaments ont tédaspa, forme qui s'est répandue surtout à partir du i*"" siècle ap. J.-C, dont l'origine ionienne est évidente et qui a dû par suite appartenir d'abord à la y.oivr, d'Asie Mineure. Faut-il admettre que le xeso-spa des manuscrits est authentique et que les Septante ont subi l'influence de la y.oi^vrj d'Asie Mineure "^ ou -sTaspa a-t-il remplacé dans les manuscrits l'ancien 'zé'jiyxpx des auteurs ? En tout cas, T£77£pa est authentique dans le Nouveau Testament, dont le grec repose sur lesparlers d'Asie ; c'est la forme des manuscrits les plus anciens.

Donc, même pour le détail de la graphie, les textes de l'Ancien et du Nouveau Testaments ont un intérêt malgré l'incertitude inévitable de la transmission. Pour les formes grammaticales et les questions d'emploi des formes, et aussi pour le vocabulaire, ils ont plus de valeur encore. En les utilisant avec critique, on a là une source importante, que sur bien des points rien ne peut remplacer, pour la connaissance de la -AzirQ. On y voit comment écrivaient des gens demi-cultivés, et ces textes donnent une idée, sinon du parler vulgaire, du moins de la langue courante.

Les textes plus littéraires sont encore utiUsables et fournissent quantité de données. Si pris qu'on soit par la tradition et quelque désir qu'on ait de la continuer exactement, on n'échappe pas à l'influence du parler de son temps. Les innovations se traduisent par une forme qui échappe çà et là ou par une manière d'employer certaines formes qui ne concorde pas exactement avec l'usage ancien : l'optatif employé trop ou trop peu, ou hors de propos, trahit l'écrivain qui écrit des optatifs mais qui n'en employait plus en parlant. Sans viser à reproduire la langue vulgaire, des écrivains comme Ménandre, Aristote et Polybe se sont conformés à l'usage des gens cultivés de leur temps ; ils ne fournissent pas, comme l'Ancien et le Nouveau Testaments, des spécimens de parler familier ; mais ils écrivaient en personnes cultivées qui ne visent pas à l'archaïsme. Plus tard, la réaction des atticistes et l'inévitable imperfection de leur effort apportent, d'une autre manière, des renseignements dont on peut tirer parti.

On arrive ainsi à suivre en gros l'histoire de la langue commune. Le grec moderne indique le terme de l'évolution et permet de déterminer ce qui, dans les textes, traduit les tendances du développement de la langue. En ce sens, les parlers grecs actuels sont une des sources les plus importantes pour l'étude de la xowt^ : ils fournissent le contrôle, sans lequel on ne saurait comment faire un départ entre les témoignages des textes.

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