L ASPIRATION INITIALE
tinué de la noter dans les alphabets italiotes, notamment dans l'alphabet latin, à la notation de la voyelle yj, que d'abord on n'avait pas distinguée graphiquement de s. Quand l'alphabet ionien a été accepté par des parlers qui, comme l'attique, avaient conservé h initiale, un élément phonétique essentiel de la langue est resté sans notation, et ceci rend impossible de suivre l'histoire de /; initiale en grec d'une manière précise. La notation de h au moyen de ' (esprit rude) qu'ont inventée les Alexandrins n'a été d'abord en usage que chez les philologues ; les inscriptions ne l'emploient pas, non plus que la plupart des manuscrits antiques conservés. Les papyrus antiques, même littéraires, n'emploient pas normalement les signes d'esprits. Toutefois, il semble que, là même où /; subsiste, cette consonne disparaisse aisément : le delphique, qui garde h dans les mots principaux, tend à l'amuir dans les mots accessoires ; sur la grande inscription des Labyades (vers 4oo), on ht le démonstratif isolé ho avec h, mais l'article 0 sans h. A Athènes, /; s'est très bien maintenue, et l'on en a vu un effet dans la création de sùGsîç (p. 199 et suiv.). Quand le modèle attique s'est imposé au moment oii la v.zvrq a commencé de s'étendre, les personnes qui voulaient parler bien se sont sans doute efforcées de reproduire l'aspiration initiale suivant l'usage athénien ; mais à des gens qui n'ont pas de h dans leur parler maternel on sait combien il est malaisé de réaliser la prononciation de h, et il y a lieu de croire que les Grecs d'Asie n'ont jamais pour la plupart rétablie dans leur manière ordinaire de parler. Et, comme l'influence des Grecs d'Asie a été décisive dans l'extension de la /.oivr^, comme d'ailleurs Vh n'était pas écrite et que l'influence de la graphie ne tendait pas à la maintenir, la prononciation de /? a dû être toujours chose irrégulière dans la plus grande partie du domaine delà -/.oivv]. Dans les papyrus, la façon d'écrire les consonnes devant les mots commençant par h avertit souvent que les scribes n'avaient pas le sens de 1'/; initiale : on trouve au m* siècle av. J.-C. xax' ey.acTov, x,ax' r^jj-wv, etc. Mais la graphie correcte, du type xa6' ey.aaTov, se maintient à côté, et la prononciation de /; a longtemps subsisté chez une partie des Grecs. Elle a fini par disparaître, et le grec moderne ignore /; initiale. Il est impossible de dire en quelle mesure l'élimination de /? a eu lieu spontanément chez ceux des Grecs qui ont gardé h longtemps et en quelle mesure elle résulte de l'imitation des Grecs d'Asie qui n'avaient plus h dès une époque ancienne.
Un fait étrange, dont on n'a pas l'explication, c'est que beaucoup de mots où Vh initiale n'a pas de valeur étymologique et où l'attique n'avait pas de h en effet, ont reçu /; à l'époque de la y.otvv^ chez ceux des Grecs qui prononçaient Vh. On trouve dans l'inscription dorienne d'Héraclée, à la fin du iv" siècle av. J.-C., h initiale dans des mots qui avaient autrefois un F initial, comme Mtjoç, ou qui même commençaient par une voyeUe, comme ^axpcç. Et des textes en -Aou-q traitent certains mots comme