‹ Aperçu d'une histoire de la langue grecqueChapitre 86 sur 102 · ELIMINATION D ANOMALIES 2 I · texte numérisé non relu

ELIMINATION D ANOMALIES 2 I

encore la forme ordinaire de l'Ancien Testament et figure sporadiquement dans le Nouveau. — La flexion attique de l'imparfait -^v offrait un autre inconvénient : la i''® personne du singulier r^v se confondait avec la 3*; c'est ce qui a entraîné, évidemment sous l'influence du futur £7oiJ.ai, la création d'une première personne -(^[ayiv à forme moyenne ; Ménandre n'a encore que -i^v ; mais les papyrus d'époque ptolémaïque, l'Ancien et le Nouveau Testaments ont v^ir^v, qui était manifestement la forme courante de la %ol'^r^ dès le iii^ siècle av. J.-C. ; ceci a entraîné, beaucoup plus tard, la création d'une 2* personne -^jo, et il en est résulté de grandes conséquences, puisque la i''* personne du présent est en grec moderne d\}.xi.

Comme partout en indo-européen, les verbes dont la i"^* personne du singulier était en *-mi tendent en grec à s'éliminer au profit du type en *-ô. Ainsi le type osr/.vuf^.i disparaît dans la -/.ciw^ devant oeavijo) ; Ménandre a déjà âzo^Xuef. et o\>m'm, à côté de è^ôXXuau Le point de départ de l'innovation se trouve à la 3" personne du pluriel Bei-Avuoja'., qui est au moins aussi ancienne — et sans doute plus — que l'attique osixvjaau Chez Homère on n'a que des formes telles que w[j.vuov à la 3* personne du pluriel de l'imparfait des verbes comme cij,vu[j.u

Le présent 'iQvr^\u tend à être remplacé par h-zZi ou par '.axàvw ; c'est ce qu'on rencontre sur les papyrus d'époque ptolémaïque et dans l'Ancien Testament, où cependant '(Qx-r^iv. subsiste encore. Polybe emploie KaTr\\v. ou taTa^'w suivant sa commodité, et se sert de l'un ou de l'autre afin d'éviter des hiatus. Dans le Nouveau Testament, icjTavoj domine, et hrq\hi n'existe qu'à l'état de traces. — D'autre part, sur le parfait sjTvjy.a, à valeur de présent, on a fait un présent cjTv^y.w, qui ne se lit pas dans les papyrus d'époque ptolémaïque ni d'une manière sûre dans l'Ancien Testament, mais qui est chez Polybe et dans le Nouveau Testament. Le grec moderne a (7Tr,/.o), axÉy.o).

L'aoriste ancien v^Ya^ov de àyt») avait une formation très singulière, il a embarrassé de bonne heure. Dès la première moitié du iv" siècle, le poètemusicien Timothée prête un aoriste analogique r^^z au Phrygien qu'il fait parler en mauvais grec. Cette forme qui, au iv" siècle, produisait sans doute l'effet d'une monstruosité, se lit dans un papyrus de 112 av. J.-G. et dans le Nouveau Testament ; elle devient courante dans les papyrus depuis le 11* siècle ap. J.-C. — Une autre forme, un peu moins éloignée de l'usage ancien, àyaYvjaat, apparaît dans les papyrus au 11" siècle av. J.-C. et dure longtemps ensuite. On a donc résolu de deux manières vers le même moment la difficulté que posait v^yavov.

L'une des particularités curieuses de la xoiri] est le développement de l'aoriste en -6-/;v. La formation en -6r,v est une création du grec et a servi à donner des aoristes passifs aux verbes qui n'avaient pas un ancien aoriste en -•/]- ; elle est devenue la formation normale de l'aoriste passif. Mais

2l8 CARACTÈRES LINGUISTIQUES DE LA "AOWYJ

l'attique classique l'a toujours réservée au passif. En dehors de l'attique la forme en -Oyjv a pénétré notamment dans des verbes qui n'admettent que les désinences moyennes ; l'attique a y^vv^joij-ai, et ■^eyérq\).xi, mais il est resté fidèle à £Y£vè[ji,Y3v. Hors de l'attique on trouve èye^rfi-ri^ en grec occidental, chez Epicharme et chez Archytas, et dans l'ionien d'Hippocrate. Cette forme se montre à Athènes chez le comique Philémon, contemporain de Ménandre. Elle est fréquente dans les papyrus d'époque ptolémaïque, chez Polybe, dans l'Ancien et le Nouveau Testaments. I)e même l'aoriste à7r£xpiva[ji,-^v de àzoxptvofxai se maintient bien à Athènes, jusque chez Ménandre; mais les papyrus d'époque ptolémaïque, l'Ancien et le Nouveau Testaments ont à7:£-/.pt'8-^v. Et cette extension de -6y]v atteste la vitalité de la formation passive en -9-/jv, qui s'est en effet maintenue en grec moderne avec addition de -xa emprunté au parfait, soit une formation en -Oïjy.a (avec subjonctif en -Ow).

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