TRAITS ATTIQUES
ionien, mais -qijApx, comme en attique. Un détail essentiel du modèle atttique est donc reproduit.
Dans la mesure où la flexion attique se distingue de la flexion ionienne, la v.oivri concorde en principe avec l'attique. Le datif pluriel des thèmes en -;- est en -oiq, et non en -o'.ju Les mots en -iç du type xôXtç ne sont pas fléchis TuôXtoç, izbXl, comme en ionien et dans tous les autres dialectes ; la y.oivr, a ■KÔXecjiq, 'KÔXei, ce qui est propre à l'attique, car les représentants de r,ôXr,oq n'existent, en dehors de la langue homérique et de l'attique, qu'à l'état de traces isolées. Le génitif des masculins en -â- n'est ni en -y. à la manière dorienne, ni en -ew à la manière ionienne ; on dit TuoXiTou, avec une extension ^ux masculins en -à- de la finale du génitif des thèmes en -c- qui est encore un des traits propres à l'attique.
C'est donc à l'attique que la 7.oiv<^ a pris les règles générales de la langue. La constitution de la xcwt] a comporté une atticisation de l'ionien, et c'est au modèle attique qu'on a visé se conformer quand la xor-VY] s'est établie.
Ce n'est pas à dire que toutes les menues particularités de l'attique aient été reproduites.
On a pu emprunter à l'attique certaines particularités caractéristiques quand la langue polie était celle d'Athènes, et cet emprunt a été si général que le parler commun sur lequel reposent les pari ers modernes en a gardé la marque. Mais certaines autres particularités n'ont pas dépassé le cercle des gens cultivés ; par exemple, on s'est efforcé de dire oij6e(ç comme à Athènes ; mais le peuple a continué de dire ojBei'ç, c'est oùâeiç qu'on a fini par écrire, ainsi qu'on l'a noté p. 200, et c'est âév qui se dit aujourd'hui. Chose plus importante mais moins apparente, l'emprunt de certaines particularités n'emporte pas emprunt exact d'un parler : il était aisé à un Ionien de remplacer •rjiJ.ipY] par -cnjApà et tuoX-'tsw par xoXitou ; mais on ne change pas aussi aisément les procédés d'articulation, et les Ioniens ont assurément prononcé l'attique avec des voyelles ioniennes, tout comme les Méridionaux de France prononcent le parisien avec des voyelles gasconnes, ou provençales ; on a pris des traits attiques, mais r « accent » ionien a persisté. On ne change pas non plus aisément les tours de phrases et l'on n'abandonne pas volontiers certains mots locaux. S'il y a eu atticisation de l'ionien — et des autres dialectes — il n'y a pas eu pour cela généralisation de l'attique. La xowi^ n'est donc pas de l'attique ; c'est du grec local plus ou moins atticisé. Quant aux étrangers, le grec qu'ils ont parlé a été celui des Grecs avec lesquels ils ont été en rapports, et ces Grecs n'ont été que pour une faible part des Athéniens. L'influence spéciale d'Athènes n'a du reste été forte que durant les débuts de la constitution de la v.oirf] ; le prestige d'Athènes a diminué par la suite en même temps que son rôle politique et même son rôle intellectuel : il y a eu autant et plus de vie intellectuelle à Alexandrie ou même
aSo BASES DIALECTALES DE LA -/.OIVI^
à Pergame qu'à Athènes durant la période hellénistique. A l'époque impériale, Athènes accepte les formes communes.
A certains égards le modèle attique n'a jamais pu s'imposer. En regard de -(ja- de l'ionien et de la plupart des parlers grecs, dans des mots comme TzpàdGhi, on a un groupe noté -xt- dans un petit domaine : l' Attique, la Béotie et l'Eubée ; ce fait est, on le voit, indépendant des limites des dialectes. Il y a eu un effort pour reproduire le -tt- attique, et des mots archaïques comme y.psaTwv, ôat-wv ont longtemps persisté, on Fa vu p. 200. Mais, dès le lu® siècle, il est visible que le -ua- de l'ionien et de la plupart des parlers n'est pas entamé ; et la forme T.pàacui est celle qui subsiste.
Le groupe -oc- est passé à -pp- sur divers points des domaines helléniques ; on connaît le fait à Erétrie, à Argos, à Théra ; c'est un des traits par où l'attique se distingue de l'ionien. Néanmoins, à l'époque historique, -pj- était prononçable à Athènes, et tel mot emprunté, comme (Supaa, y a régulièrement -pa-. Dans les classes inférieures de la population, où la langue était mêlée, il y a du flottement, et les defixiones présentent souvent yTvwaua, à côté deirpaxito par exemple ; on y lit Ilspasçcv/] a côté de la forme attique <ï>£pp£(paTTa ; sur les vases on lit des formes mixtes, demiattiques, demi-étrangères, comme <î>£pc9a7ca. La langue populaire d'Athènes offrait donc déjà une situation trouble. Quand la xow/; s'est répandue, les gens cultivés ont adopté le -pp- attique ; mais il y a eu des résistances, et -pa- s'est maintenu à côté de -pp- ; les papyrus d'époque ptolémaïque ont à la fois Oapffo) et ôappw ; Polybe a Oappw, mais ^ii.p':!oç^ ce dernier parce que l'attique ne disait pas Oâppoç, mais Opaacç ; l'Evangile a Gapuw, et Paul Qappw ; finalement Oappw a prévalu, et c'est la forme du grec moderne ; 6appw a môme entraîné 6âppoç. Pour d'autres mots, c'est -pi- qui l'a emporté, et l'on a yjpaoq, aspvtxôç (de àpffsvtxôç).
La flexion « attique » de vewç était trop proprement locale pour subsister. Le motvâiç, connu de tous les pèlerins de Delphes, d'Epldaure ou d'Olympie, et qui avait l'avantage d'être fléchi d'une manière normale, a prévalu dès l'abord. Sur les papyrus et dans l'Ancien Testament vaôç est courant ; et Athènes même cède ; des inscriptions attiques ont vao^ dès 260 av. J.-G. — L'histoire du mot Xâôc est la même, à ceci près que le mot ne semble pas avoir été ionien, ce qui a permis à Xâôq de se maintenir chez Homère ; XeoSç se rencontre peu même à Athènes ; Xâbç est courant dans la /.oivi^ ; le nom propre 'ApyiXâoç a dû contribuer à répandre la flexion normale de ce mot. Toute la flexion « attique » en -sw- a été éliminée : Xayôiç est remplacé par Xayôç, izXeMq par 'kXzoç (ou par TcX-r^pvjç), âvwYswv par œxùyaXo^. Cette élimination d'une flexion anomale résultant d'un ancien accident phonétique est chose naturelle.
C'est de même la tendance à employer les formes normales qui explique l'abandon des formes contractées des thèmes en -0- ; l'ionien