‹ Aperçu d'une histoire de la langue grecqueChapitre 95 sur 102 · CHAPITRE YII ÉLIMI?sATION DES PARLERS LOCAUX · texte numérisé non relu

CHAPITRE YII ÉLIMI?sATION DES PARLERS LOCAUX

Quel que soit le parler grec moderne qu'on étudie, on constate qu'il repose non sur le parler particulier de la même région dans l'antiquité, mais sur la %oirq. Même une île comme Lesbos, qui a eu un parler propre très défini, une littérature et des inscriptions officielles dans ce parler, ne présente aujourd'hui aucune trace de l'ancien éolien, et c'est à peine si dans la forme de quelque nom de lieu y transparaît encore la trace d'une particularité éolienne. Le seul point de la Grèce où s'observent de menus restes d'un dialecte antique dans le parler d'aujourd'hui est la côte sud-est du Péloponnèse : le parler tsaconien présente quelques traits qui sont des survivances de l'ancien laconien. Les parlers locaux ont donc disparu, et la langue commune a recouvert la Grèce entière. Il y a lieu de se demander quand a eu lieu la disparition définitive des parlers.

Le problème ne comporte pas de solution exacte : les textes écrits donnent une idée de la langue dans laquelle sont rédigés les actes officiels et qu'admettent les personnes cultivées ; ils ne révèlent en aucune mssure si les personnes qui écrivaient ou qui tenaient leurs discours publics en xotVTÎ ne se servaient pas du vieux parler local dans leur maison, ni surtout si les gens du peuple, si les habitants de la campagne ne gardaient pas leur patois local. Il faudrait sur ces faits des témoignages directs de personnes les ayant observés ; mais, comme la survivance de ces parlers n'intéressait guère, les témoignages manquent presque entièrement.

Slrabondit que les gens du Péloponnèse se servent dudorien (Swpi'Çoudt) ; des textes de Suétone, de Pausanias et d'autres auteurs attestent l'usage du dorien, notamment à Rhodes et en Messénie, au i*"" et encore au II'* siècle ap. J.-C. D'autre part, les inscriptions dialectales deviennent rares après le i" siècle ap. J.-C. ; on en trouve encore quelques-unes au 11^ ; après le iv*, on n^en signale aucune. A en juger par ces témoi-

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