‹ Aperçu d'une histoire de la langue grecqueChapitre 97 sur 102 · ÉLIMINATIOI^ DES PARLERS LOCAUX · texte numérisé non relu

ÉLIMINATIOI^ DES PARLERS LOCAUX

d'ailleurs restituer un dialecte pur qui n'existait plus nulle part. Le vocabulaire des inscriptions en xoivy] du Nord-Ouest est plein de termes communs, et l'on y lit sYXTYjaiç, et non plus le vieux mot z[i%â(jiç. La conjonction ai y est remplacée par ei ; et, comme la particule xa était maintenue, on y trouve fréquemment le groupe hybride ei xa, au lieu de l'ancien ai xa : la xoivy^ du Nord-Ouest est mélangée de xoivv^ ionienneattique.

Du reste, il n'y a trace d'aucun texte littéraire écrit en cette langue, qui n'a jamais eu aucun prestige extérieur et qui est le produit de circonstances politiques. Une fois les confédérations dissoutes, leur langue commune est sortie de l'usage. Le succès transitoire de cette langue a eu pour effet de ruiner définitivement les parlers locaux ; on n'avait cru pouvoir résister à la langue commune ionienne-attique qu'en en instituant ime autre ; celle-ci vaincue, il ne restait que la grande y,oirr, ionienneattique, qui était la seule langue de civilisation. L'observation du grec moderne montre que toutes les classes de la population, par des adaptations successives, ont fini par la parler et que, une à une, les particularités locales ont été éliminées partout.

Au m® siècle av. J.-C, Théocrite" a composé des poèmes en parler syracusain ; et le grand mathématicien Archimède a écrit en syracusain tous ses ouvrages. Cette réaction de la grande cité hellénique occidentale contre la y.oivvi orientale est demeurée sans conséquences par suite de la conquête romaine qui a ruiné l'hellénisme sicilien.

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