‹ Aperçu d'urbanisme sanitaire des villes surpeupléesChapitre 11 sur 12 · BE EE · texte numérisé non relu

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prendre. Les habitants de Paris qui en un sièele sont passés de 600.000 à 4 millions, ne peuvent logiquement pas vivre maintenant dans le cadre que leurs prédécesseurs ont tracé. Spontanément, ils franchissent les barrières, semblent désirer se diriger vers un monde nouveau, souhaiter un hori- Zon plus vaste. Nous allons laisser notre imagination se donner hbre cours pour constituer ce cadre vers lequel semblent tendre actuellement les aspirations des citadins.

Traçons tout d’abord le canevas d’une ville future, tel qu'aucun obstacle ne se présente à sa réalisation, puis nous indiquerons les moyens: les uns théoriques, les autres pratiques qui contribueront à l’amélioration de notre existence par les bienfaits des sources que la nature nous prodigue, et que notre science a su créer.

1er Plan. — La ville actuelle doit subsister, car elle représente un passé qui en fait toute sa grandeur, mais au lieu d’être le support de l’activité des habitants dans tous les domaines, elle doit nuquement figurer eomme noyau originel, c’est-à-dire symboliser la Cité. C’est là que trouveront place les musées, les arts, l’histoire, toute la pensée intellectuelle. Le quartier umiversitaire, les bibliothèques doivent cotoyer les vestiges des temps passés pour s'inspirer de leurs découvertes dans la poursuite de l'idéal. Les assises du Gouvernement et de l’administration ne. dépareront pas ce cadre dont le rôle est d’être l’organe propulseur, le cœur recevant les ondes

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venues de divers points, tel le rayonnement d’une roue convergeant vers l’essieu central. En effet, l’influence de ce noyau s’étendrait jusqu’à une. pértphérie circulaire distante de plus de 50 kilomètres. Quatre super-avenues de 300 mètres de large, formées par deux diamètres se croisant perpendiculairement diviseraient ce cercle en quadrans. À l’extrémité de ces quatre points cardinaux s’éleveraient des gares grandioses. De multiples avenues secondaires seraient tracées transversalement et centralement permettant le hen entre diverses planètes, qui munies de satelhtes seraient à leur tour la reproduction miniature de ce vaste ensemble dont elles sont les éléments. Il leur serait attribué une spéciahisation basée d’après leur situation géographique et géologique, et nous verrions se dresser des Cités de l'habitation, industrielles, sanitaire, alimentaire, commerciale, séparées entre elles par des espaces aérés où une végétation luxuriante constituerait des «poumons » indispensables à ce grand organisme. Chaque planète aurait toutefois une vie indépendante réduite au minimum ; seul, le centre industriel serait tenu à l’écart par une spécialisation absolue.

Cette vision astronomique du plan d’une ville future, si elle résout sans nul doute les difficultés de l’embouteillage, semble par contre émettre quelques réserves sur la faculté de réaliser dans un temps minimum le plus d'actes possible, indice du progrès. Mais ce doute est dissipé si l’on songe à la liberté des

voies de communication permettant de mettre à profit les progrès des moyens’ de locomotion, en leur offrant le champ propre à la possibilité de leur plein rendement.

Nous pouvons déjà citer un exemple de réalisation pratique d’une de ces planètes en prenant le Vew- York’s Medical Center qui est un quartier sanitaire comprenant des hôpitaux spécialisés, des instituts de recherches générales, des laboratoires... De même, nous possédons un décalque réduit de ce grand plan: «la merveilleuse Cité de Fergnier ». Après la guerre il y avait 50.000 agents de la Cie de Chemins de fer du Nord avant leurs habitations démolies. On construisit alors pour eux des Cités-jardins. 60.000 personnes trouvent là les conditions d'hygiène et de confort assurant aux habitants la santé physique et morale. À l’encontre des affreuses créations qui sont aux abords des grandes villes, sans plan, dépourvues de tout svstème rationnel d'éclairage ou d’alimentation en eau, nous avons cette cité de Tergnier simple et grandiose : une grande ellipse entre deux cercles, les avenues cireulaires émettant vers l’extérieur le ravonnement de leurs voies secondaires réguhères et spacieuses. Des villas construites avec l’aggloméré de sable qui étant creux contient une couche d’air isolante, retiennent grâce à leur aménagement joignant l’utile à l’agréable, le cheminot auprès des siens, l’aidant mieux à supporter le travail et l’éloignant des plaisirs déprimants. On a apporté un soin tout particulier aux «services. publics », et les

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écoles, les bains-douches, les crèches, les salles de réunion, les terrains de sport, les grandes instaliations de l’eau, de la voirie, des eaux usées ont été aménagés suivant les méthodes les plus modernes. Cette Cité-jardin au milieu de la verdure et de l’air pur des champs nous montre le souci qu'ont eu les initiateurs de faire profiter les habitants de l'énergie rayonnante, thermique, lumineuse, abiotique du soleil, l’idée d'organiser un logement pour Phygiène de l'esprit qui doit vivre dans le calme, enfin la préoceupation de la eiculation de l’eau.

2. Soleil. — C’est donc à profusion que nous devons demander à la lumière de pénétrer dans nos villes et nos habitations, car l'effet curateur et prophylactiques des radiations ultra-violettes est d’une constatation journalière.

Nous savons que le bacille de Koch pouvant vivre 22, jours à l'ombre est tué en une demi-heure à l’exposition solaire. À son rôle d'agent d’assainissement, la lumière naturelle ajoute son influence sur les sécrétions, le développement des tissus, les échanges organiques, Le rachitisme est vaincu sous son contrôle, car elle provoquerait dans les os un dépôt de sels minéraux là où ils manquent : elle reléverait le taux du phosphore sanguin, favoriserait le métabohsation de la chaux et du phosphore apportés par les aliments. La dépression nerveuse, le rhumatisme chronique, l’adénopathie trachéobronchique, périto-

nite tuberculeuse, toutes les tubereuloses chiruroi-

cales (coxalgie, Pott.…) la réclament également comme remède.

Mais à l’effet curateur s’ajoute l’action protectrice plus importante encore, faisant dire au docteur Woringer : « le domaine de l’hélioprophylaxie est beaucoup plus vaste que celui de lPhéliothérapie. » La raison vient de ce que toutes nos forces de défense sont stimulées par l’énergie radiante du soleil, et nous voyons très bien l’apparition de maladies aux époques de la carence solaire. Ces affections € héliophobes » ayant leur maximum en hiver sont toutes les pneumococcies, staphylococcies, fièvre puerpérale, oreillons.. en un mot les maladies d’origine microbienne.

Pour réduire leur taux de morbidité, il faut tout d’abord savoir utiliser au mieux le rayonnement naturel, puis avoir recours à sa production artificielle.

a) La valeur héliothermique d’un lieu est [a somme de l’effet lumineux et de la chaleur ambiante. Elle est déterminée par la mesure de la durée de l’insola- ‘tion avec la température moyenne pour un endroit précis. Cet effet est subordonné à des lois strictes de l’orrentation héliothermique. Il nous faut done dans la construction à venir faire dépendre l’orientation des immeubles de ces données établies.

— Nous ne pouvons toutefois édifier des habitations à façade unique, et obligatoirement malgré que par ce système nous tirions profit au maximum des éléments régénérateurs mis à notre disposition

par la nature, nous sommes en présence de multiples causes tendant à-nous priver des bienfaits solaires. Ainsi Porientation peu privilégiée du reste de l'immeuble, l’écran formé par les maisons environnantes, et la projection de haut en bas du rayon solaire sur un parquet sombre ayant un coeflicient d'absorption de 85 %,. ARTHFL à imaginé un procédé pour la correction pratique de ces inconvénients. Les radiations solaires captées sur le toit de la maison par un grand miroir tournant automatiquement sous l'effet thermométrique, sont projetées de haut en bas sous forme d’un faisceau primaire le long de l’espace sombre de l’immeuble. Sur cette colonne à l’aide également de nmuroirs sont prélevés à chaque étage des rayons secondaires dirigés sur les plafonds blanes des locaux dont le pouvoir d’absorpton est de 10 % seulement. Les caleuls ont montré

que 4 m. carré de soleil sur ce miroir pouvait ensoleiller convenablement 1.000 m. carré de plafond. Les sous-sols ne seraient plus voués à la carence perpétuelle du soleil, la lumière électrique utilisée uniquement: la nuit. N'oublions pas enfin que par ce procédé les fenêtres de nos habitations n'auraient pas leurs volets fermés pendant l’été car les rayons caloriques diffusés sont répartis ici sur une grande surface.

Il peut être égälement utile de se servir comme matériaux de construction de briques de verre aussi solides que la pierre de taille, mais laissant passer

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983 % des radiations solaires, provoquant ainsi un retour aux conditions naturelles.

Ne doit-on pas concuremment aussi développer la création de sanatoria solaires tournant tel que celui d’Aix-les-Bains, qui suit le déplacement du soleil pour s’orienter dans l’axe le plus favorable ?

b) Mais les progrès de la science qui nous ont permis de capter les forces de la nature nous ont également donné la possibilité de créer nous-même les éléments dont nous connaissons les bienfaits. l'utilisation des rayons :ltra-violets qui ‘a lieu dans les instituts d’actinologie réservés uniquement à des particuliers malades ne pourrait-elle pas être généralisée à toute une partie de la population saine pendant l’hiver où le soleil pâlit ? N’est-1l pas possible d'amener sur des plages des soleils artificiels qui prodigueraient les bienfaits que nous recevons d’une façon discontinue ? Ce serait le retour aux conditions physiologiques normales qui donneraient à l’organisme son plein essor.

3) Aur. — Toutefois, ces conditions seraient insullisantes si elles n'étaient associées à une alimentation en air sain. |

a) Lés Cités-jardins par la création d’espaces libres, provoquent une ventilation de l'atmosphère, abaissant la mortalité moyenne de 18 % à 4. L'éloignement de la zone industrielle, comme nous l’avons vu, doit avoir pour résultat une grande diminution dans la pollution de l'atmosphère qui pour être à peu près complète doit également nécessiter la dispari-

tion des foyers domestiques dont le rôle le plus important est dévolu au chauffage central. Le remède est tout simplement de supprimer ces chaufferies privées, de les remplacer par une (station » unique située hors de l'orbite de la planète qui pourvoira séparément aux divers besoins des habitants. Muni des derniers perfectionnements : appareils fumivores, cheminée de 100 mètres de haut pour disposer d’un champ de dispersion plus vaste, ce Central de chauffage urbain serait à côté des usines électriques, constituant un seul centre d'émission de fumées.

b) Alors, l’atmosphère meurtrière des grandes ‘villes une fois assarnie, 1l n’est pas ridicule d'amener dans les habitations cet air non pollué.

Encore, faut-1l savoir l’introduire, car l’ouverture “en grand d’une fenêtre en hiver peut avoir sur notre notre organisme de lamentables effets. Outre le courant d’air et le refroidissement qui devraient bannir cette pratique de nos usages, la considérer comme une hérésie, cette façon de procéder est intermittente, et surtout ne fait pas l'échange complet de lair confiné. Le système imaginé par KNAPEX, dit aération horizontale différentielle, comporte trois ouvertures sur l’un des murs à hauteur différente ainsi que sur l’autre. L’air froid plus dense que l’air chaud pousse celui-ci pour l’en chasser ; mais la pression est transmise de molécules à molécules comme le serait un choc détermimé à « l’extrémité d’une ligne de boules de billard en contact entre elles ; c’est la dernière qui se met en mouvement

grâce à la transmission du choc au travers de la masse des autres billes que l’inertie maintient en place ». Nous n’aurons pas par ce moyen de courants d’air, des refroidissements, mais un renouvellement constant et continu de l'air.

c) Cependant, ïl ne faudrait pas en été prendre à l'extérieur l’air trop chaud et en hiver trop froid, car nous n’aurions plus la sensation de bien-être qui a été établie sur certaines bases : le point critique de confort a été déterminé à 230 avec un état de saturation hygrométrique de 100 94. Il faudrait donc en hiver hunudifier l’air pris à l'extérieur et le réchauffer; en été le rafraîchir et le rendre plus sec, car la sensation de chaleur provoqué par le saut brusque de la température d’une pièce passant de 250 à 350. sous linfluence d’un courant chaud n’existerait pas si on avait eu soin de diminuer en même temps l’humudité de l’air. Ces différents processus dénommés conditionnement de l’air devraient non seulement être utilisés dans les immeubles publics ou privés, mais par des dispositifs ingénieux être réalisés ‘en grand pour l’aération générale des Cités. Dans les squares et carrefours seraient alors installés les Centrales génératrices, les laveurs, humidificateurs.… destinés à fournir l’air conditionné indispensable au développement optimum de notre organisme.

— Une idée plus grandiose mais non moins réalisable dans l’avenir est celle de l’adduction d’air pur imaginée par le DT Rosenraar. Des stations alpes-

* tres ou maritimes on capterait l’air pur grâce à des

installations de prises de fluide, et par des conduites étanches analogues à celles de l’eau, on ferait parvenir leur produit bienfaisant dans de grands réservoirs semblables aux gazomètres Jusque dans les villes. Là des canalisations desserviraient le précieux élément dans tous les foyers, ou le projeteraient sur les grandes agglomérations.

— À l’adduetion d’air qui ne semble pas soulever d’obstacle technique on pourrait également ajouter l’adduction d’eau de mer, eau minérale radioactive naturelle. Des stations d'aspiration et de refoulement situées sur les côtes seraient reliées à des piscines, des plages de sable dans les villes par une longue. conduite métallique.

— À la cure marine on joimdrait la cure d'altitude possible par la construction d’une tour de 2.000 mètres mètres de haut, où la pureté de l’air serait presque absolue. Ce serait également un moyen d'augmenter le nombre des globules rouges. En effet, en s'élevant la pression atmosphérique s’abaisse, loxveène diminue ; l’organisme réagit alors en augmentant ses hématies. À la descente, le phénomène inverse se produit : ils diminuent, mais toutefois ne reviendraient pas au chiffre initial : d’où enrichissement de l'organisme en éléments primordiaux contre l'anémie.

4) Bruit. La question de l'air résolue, celle du bruit n'ayant pas trouvé une solution avantageuse dans l’insonorisation des immeubles et la lutte contre les sources de ce facteur, est maintenant tranchée

par la conception de ce vaste plan dont nous avons

parlé, En effet, la création d’une zone planétaire de habitation remet sur pied l’homme, que le travail de fa journée dans le vacarme à rendu malade. Là, en effet, 1l trouvera le repos indispensable, le sommeil réparateur de son état de surexcitation : l’équilibre physiologique de son organisme sera rétabli. Nous entrevoyons ainsi le paisible avenir de l’homme d’affaires tranquille au sortir du bureau, de louvrier délassé du Tabeur de lPusine, du savant retrouvant finalement la quiétude d'esprit si nécessaire à ses recherches.

D) Eau. —— Enfin, lPétendue même de cette Cité future, les vastes espaces aérés, apporteront au problème de l'évacuation des eaux usées la solution difficile à trouver dans lexiguïté de nos villes anciennes, [/eau potable sera captée dans divers endroits par la création de barrages donnant naissance à de grands réservoirs, véritables lacs artificiels qui constitueront une source inépuisable d’ali-

mentation desservant toutes les planètes.

Nous avons vu d’une façon fantaisiste ce que peut être un idéal urbain, mais en passant nous avons pu noter des réalisations actuelles qui il y a quelques années n'étaient qu'à l’état de projets : le conditionnement de l’air entres autres doit devenir sous peu

pratique courante, Avant de réaliser, il faut imaginer,

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