‹ Aperçu de l'histoire ancienne d'EgypteChapitre 9 sur 20 · DE-LA XVII A:LA XXXI. DYNASTIE · texte numérisé non relu

DE-LA XVII A:LA XXXI. DYNASTIE

L’expulsion des Pasteurs est à peine consommée que l'Égypte se relève, dès les premiers jours de la XVII” dynastie, plus puissante que jamais. C’est là, en effet, le trait distinctif de cette époque remarquable entre toutes. En quelques années, l'Égypte a reconquis les cinq siècles que l'invasion des Hycsos vient de lui faire perdre. De la Méditerranée à Gebel-Barkal, les deux rives du Nil sont ornées de temples. Des voies nouvelles sont ouvertes au commerce; l’agriculture, l’industrie, les arts, prennent un essor considérable. Le rôle politique de l'Égypte, à ce moment, devient immense. Elle envoie au Soudan des vice-rois pour gouverneurs généraux, et au nord elle met des garnisons égyptiennes jusqu’en Mésopotamie, aux bords de l’Euphrate et du Tigre.

Nous avons déjà nommé le premier roi de cette illustre famille ;

c'était Amogis. L’élan rapide qui allait porter l'Égypte au comble de sa puissance se fait sentir dès le règne de ce prince. Non content d’avoir purgé le sol national de la présence des Pasteurs, Amosis conduit une armée en Palestine, et au sud pénètre jusqu’au cœur de la Nubie. En même temps, il relève les temples abattus, et prouve sa piété envers les dieux par la construction de sanctuaires nouveaux. Mais la rapidité avec laquelle l'Égypte a cicatrisé ses plaies est surtout apparente dans les admirables bijoux qu’Amosis fit exécuter pour orner la momie de sa mère, la reine Aah-hotep. Au nombre de ses richesses, le Musée de Boulaq ne possède pas de monuments qui ‘témoignent d’une industrie plus avancée, et à voir la longue chaîne d’or, le pectoral découpé à jour, le diadème et ses deux sphinx d’or, le poignard rehaussé d’ornements en or damasquiné, on a peine à croire qu’au moment où ces précieux objets (1) sortaient de l'atelier des bijoutiers de Thèbes, l'Égypte était à peine débarrassée d’une longue et douloureuse invasion.

À Amosis succéda Aménophis I, Sous ce prince, les tendances de l'Égypte à étendre ses frontières vers le sud et le nord continuent à se faire jour, et les monuments nous prouvent qu'Aménophis visita les armes à la main la Syrie et le Soudan.

Le successeur d’Aménophis fut Thoutmès I‘. Ici encore l'Égypte a les veux tournés vers l’Éthiopie qu’elle convoite, et Thoutmès 1°" ne craint pas de faire passer les cataractes à ses armées qui reviennent victorieuses de cette campagne. Au nord, une entreprise plus hardie encore illustre le nom du roi successeur d’Aménophis. Au delà de la Palestine et de la terre de Chanaan, au milieu des plaines qui s'étendent entre l’Euphrate et le Tigre, florissait alors une confédération de peuples que les inscriptions hiéroglyphiques appellent les Rotennou. Ce que nous avons dit des Couschites peut se répéter de ces nouvelles populations. Les Rotennou n’ont

(1) Ils sont exposés dans la salle intérieure du Temple. (Voy. la Description du Parc.)

bi territoire bien défini ni unité de race bien constante. Ils possèdent déjà des villes puissantes comme Ninive et Babylone, mais plusieurs de leurs tribus sont encore errantes sur les limites indécises de la confédération. Leur pays n’a même pas d’appellation bien distincte : quoique formé de la Mésopotamie, de la Babylonie et de l’Assyrie, il reçoit cependant d’une manière plus générale le nom de ce dernier royaume. Quelle pensée guida Thoutmès I‘, et le porta à franchir les déserts qui séparent lAssyrie de l'Égypte? Nous ne le savons pas. Ce qu'il y a de certain, c'est qu’alors l’Assyrie, comme le Soudan, sentit le poids des armes égyptiennes, et que sur l’Euphrate aussi bien que sur le Haut-Nil, Thoutmès laissa des stèles commémoratives de ses victoires. Le règne de Thoutmès l‘* marque donc un nouveau pas en avant dans la voie où le pays est désormais engagé. Dès le règne de ce Pharaon, l'Égypte a déjà repris tout son essor, et de conquise elle est devenue subitement conquérante.

Thoutmès [°' régna 21 aus et mourut en laissant la couronne à son fils Thoutmès If. Cette fois le Soudan est enfin soumis, et sur les rochers d’Asouan on commence à lire les noms des Princes Gouverneurs des pays du Sud, titre accordé alors aux fonctionnaires qui allaient de l’autre côté des cataractes représenter l'autorité des Pharaons. 11 ne parait pas d’ailleurs que Thoutmès Il ait été un roi guerrier. Il fut rempiacé par son frère Thoutmès I.

A son avénement au trône, Thoutmes IT était probablement encore enfant. Sa sœur Hatasou, qui avait déjà joué un certain rôle dans les affaires publiques sous le roi défunt, se chargea de la tutelle du jeune prince. Mais sa régence fut une véritable usurpation, et, en effet, pendantles 17 ans que dura son gouvernement, Hatasou s’attribua toutes les prérogatives de la puissance royale. Son règne fut, du reste, éclatant. L'histoire d'Égypte ne connaît pas de roi qui, déjà grand par ses conquêtes et son influence politique, n'ait laissé après lui des preuves de son goût pour les arts et les monuments magnifiques. Hatasou fut de ce nombre. Parmi les œuvres principales dues à l'initiave de cette reine, on

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