‹ Aperçu de l'histoire ancienne d'Égypte pour l'intelligence des monuments exposés dans la temple du parc égyptienChapitre 8 sur 13 · AS · texte numérisé non relu

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altribué au seul Ramsès II tous les faits d'armes qui ont rendu iioit moins illustres les noms de Thoutmès III, de Séti I" et de Ramsès III.

Ramsès II eut pour successeur son treizième fils, que les monuments appellent Ménéphtali. C'est sous son règne que les Israélites, après les prodiges que la Bible raconte, quittèrent l'Égypte sous la conduite de Moïse. INIénéphtah aurait donc été le Pharaon qui périt dans la Mer-Rouge. Son tombeau est cependant de ceu\ qu'on voit encore dans la vallée de Bab-el-Molouk. Après trois outres règnes qui ne mc'ritent pas d'être rapportés, la XIX™'' dynastie s'éteignit. Elle avait duré 17/i ans.

La XX'"'' dynastie s'ouvrit sous les plus bi'illants auspices. A sa tète apparaît un roi qui se montre le digne successeur de ses illustres ancêtres : on le nomma Ramsès III. Médinet-Abou à Tlièbes est le panthéon élevé à la gloire de ce nouveau Pharaon. Chaque pylône, chaque porte, chaque chambre, nous y raconte les exploits qu'il accomplit. Pount est encore une fois soumise, el Ramsès lui impose des tri])uts. Kouscli reçoit le châtiment que lui attirent ses fréquentes révoltes. A l'Ouest, les Libyens paraissent de nouveau sur les frontières égyptiennes, cl le roi guerrier leur l'ait subir de sanglantes défaites. Enfin, au Nord, la guerre se poursuit cette fois par terre et par mer. Les Khélas, déjà vaincus sous Ramsès II, ont repris les armes sous Ramsès III. Divers peuples de la côte de Syrie, tels que le Zahkaro et les Philistins, se joignent à eux. L'île de Chypre elle-même fournit son contingent à l'armée confédérée. Sur les bords de la mer, près d'une ville inconnue, les flottes ennemies se rencontrent. On combat corps à corps, et les bas-reliefs de Médinet-Abou nous représentent les ennemis des Égyptiens culbutés dans les flots qui les engloutissent. Pendant ce temps, Ramsès III resté sur le rivage repousseles attaques de l'armée des alliés. Comme Ramsès 11, il a près de son ciiar un lion privé qui combat pour lui et dévore les ennemis que son maître a renversés. Les commencements de la XX""' dynastie furent donc heureux, et sous Ramsès III l'antique gloire de l'Egypte sembla renaître. Mais les timides successeurs du héros

(le Médinet-Abou ne surent pas conserver inlacl ce glorieux dépôt, et c'est en vain que Ramsès III aura, par l'éclat de ses victoires, un instant arrêté TÉgypte sur le bord de l'abîme où elle va tomber. Celle fois, les temps sont venus. Bien qu'elle ait encore des gouverneurs en Syrie, la dépendance de ce pays devient de plus en plus fictive. Par son contact prolongé avec les Asiaticpics, l'Egypte perd, en outre, cette unité qui jusqu'ici a fait sa force. Elle a laissé des mots sémitiques s'introduire dans sa langue. Des dieux étrangers ont fait invasion dans ses sanctuaires jusqu'alors inaccessibles. Pendant celle période de défaillance générale, une autre cause d'affaiblissement se produit. Les grands-prêtres d'Ammon, à Thèbes, proûtant de l'inertie des derniers rois de la XX"'" dynastie, minent peu à peu la puissance royale et aspirent à renverser les rois légitimes. L'Égypte paie ainsi l'ambition des conquérants de la XVIII""° dynastie. Humiliée autant qu'elle a été superbe, elle va voir bientôt son sol foulé encore une fois par les étrangers, et après avoir dominé à la fois sur les Couschiles, les Libyens et les Asiatiques, elle recevra d eux des rois. C'est pour n'avoir pas su rester sur le terrain qui est véritablement le sien, c'est-à-dire sur les bords du Nil, aussi loin qu'ils se prolongent vers le Sud, c'est pour avoir essayé de s'imposer là où mille questions de race et de climat compromettent son autorité, que son empire trop vaste va se démembrer. Telle, en effet, sera la fin de la plus belle période de l'histoire d'Égypte. Impuissant à faire face h tant de dangers, l'empire de Ménès, après Ramsès III, marche douloureusement vers sa décadence. Au Nord comme au Sud, ses conquêtes lui échappent une à une, et au moment où, sous le dernier roi de la XX"'" dynastie, les grands-prêtres placent enfin sur leur tête la couronne des Pharaons, nous voyons l'Egypte réduite à ses plus petites frontières et entourée d'ennemis désormais plus puissants qu'elle.

La XXI'"" dynastie donne au monde le spectacle de l'Egypte partagée par ses divisions intestines en deux royaumes. A Thèbes, gouvernent les rois sortis de la caste sacerdotale ; à Tanis ( San ),

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s'élève la dynastie que Manéthon admet dans ses listes comme légitime. L'Ég\'pte, à ce moment, a perdu toute sa prépondérance en Asie. A certains symptômes, on commence à voir qu'au contraire l'influence de l'Asie grandit de plus en plus sur les bords du Nil : les rois Thébains choisirent pour plusieurs de leurs fils des noms sémitiques, et les rois de San en\ oient une princesse égyptienne au harem de Salomon.

La XX!!"'" dynastie a son siège officiel à Tell-Basta. 11 ne paraît pas que cette dynastie ait donné à l'Egypte beaucoup de conquérants. Le premier de ses rois, leSésac de laBibleetle Scheschonk des monuments, conduit cependant ses armées en Palestine, assiège Jérusalem et enlève les trésors du temple. Si l'on jette les yeux sur le tableau des personnages qui composent cette famille royale, on s'étonnera d'y voir que la plupart d'entre eux portent des noms assyriens : Nemrod, Tiglath, Sargon. On remarcpiera en outre c[ue le régiment préposé spécialement à la garde de la personne des rois est composé, non d'Égyptiens, mais de Maschouasch, peuplade Libyenne que Ramsès III avait repoussée tant de fois des frontières du Delta. Ces renseignements, fournis' par les monuments découverts pendant les fouilles du Sérapèum, donnent la clef de l'histoire sous la XXII""" dynastie et les suivantes. Autant l'Égypte tendait autrefois à se répandre au dehors, autant elle se concentre maintenant en elle-même ; autant elle imposait ses lois aux nations voisines, autant elle subit maintenant celles des peuples étrangers. Désormais, plus de dynasties Thébaines, ni Memphites. L'Égypte, comme attirée par l'Asie, n'aura plus dorénavant de capitales que dans ses provinces du Delta. Dès la XX!!""" dynastie , l'Égypte, d'ailleurs, ne s'appartient déjà plus. Sous les grandes familles Thébaines, comme nous le voyons par les Israélites, elle a pu impunément, sûre de les dominer par le seul prestige de sa grandeur, ouvrir ses portes et céder une portion de son territoire à certaines tribus étrangères. Mais au temps où nous sommes, les rôles ont bien changé. Ce sont maintenant ces mêmes tribus qui se lèvent contre elle. Bien plus, ce sol que

jusqu'alors elles n'ont occupé qu'à titre d'hôtes, elles aspirent à s'en rendre les maîtres. Une fois encore l'Egypte subit ainsi son éternelle destinée, et la XXIl'"" dynastie n'est effectivement que l'avènement au trône d'une de ces familles non égyptiennes qui peuplaient alors les frontières orientales du Delta.

Des événements bien inattendus signalèrent la XXUI""^ dynastie. Sous l'influence de causes encore inconnues, l'Egypte se dixisa profondément, et, au Nord, nous la trouvons partagée, non pas en un royaume unique comme sous les Pasteurs, mais en plusieurs petits États auxquels commandent une dizaine de rois sortis pour la plupart des rangs des Maschounsch, véritables janissaires qui probablement avaient peu à peu escaladé les marches du trône. Au Sud, un ordre de choses encore plus imprévu trahit les discordes intestines de la malheureuse Égypte. Le Soudan, jusque-là soumis à la puissance des Pharaons, nous apparaît tout à coup organisé en royaume indépendant. Plus de Gouverneurs du Sud, plus de Princes d'Ethiopie exécutant au delà des cataractes les ordres partis de ïhèbes ou de Memphis. Non-seulement le pays de Cousch est libre, mais, sous la XXIIl"'" dynastie, la Haute- Égypte, presque jusqu'à Minieh, semble n'être plus qu'une province du Soudan.

La XXIY""" dynastie se composa, selon Manéthon, d'un seul roi, Bocchoris, qui régna six ans. Ce prince réussit-il à expulser les Couschites de la Haute-Egypte, ou fut-il seulement celui des rois partiels du Nord qui plaça la Basse-Égypte sous un sceptre unique ? L'histoire est jusqu'ici muette. Ce qu'il y a de certain, c'est que Bocchoris occupait à peine le trône depuis quelques années, qu'un roi du Soudan, Sabacon, descendit les cataractes, s'empara de l'infortuné Bocchoris, qu'il fit brûler vif, et cette fois étendit sa domination jusqu'à la Méditeri'anée. Que nous sommes loin ici des grandes batailles de Thoutmès, et de ces tributs imposés par le Pharaon vainqueur à la vile race de Cousch ! C'est Cousch maintenant qui traite l'Egypte en pays vaincu et vient régner dans ces palais tout pleins de la gloire des Aménophis et des Ramsès. —

La domination éthiopienne ferme la XXV™" dynastie et compte pour cinquante ans dans les annales égyptiennes.

Le dernier roi de cette XXV"" dynastie fut Tahraka. Il avait régné 26 ans, quand douze chefs égyptiens se réunissent, expulsent les Éthiopiens des provinces septentrionales, et partagent ce qu'ils peuvent reprendre du territoire national en douze gouvernements dont ils se proclament les rois. Chose singulière ! à la fin de la domination éthiopienne , l'Égypte se montre à nous précisément ce qu'elle était quand, pour la première fois, elle subit le joug du Soudan. Au Nord, c'est une dodécarchie composée d'Égyptiens confédérés, ou peut-être même encore de Maschouasch ; au Sud, c'est la Thébaïde réduite une seconde fois à l'état de province du Soudan sous le gouvernement de l'éthiopien Piankhi et de cette reine Ameniritis, dont le Musée possède une si admirable statue (1). Fatiguée de la domination des étrangers, l'Égypte revient ainsi sur ses pas, et quand Psammitichus , le premier roi de la XXVI""' dynastie, monte sur le trône, elle semble reprendre son histoire à la fm de la XXII"'^

La domination des douze rois alliés fut de quinze ans. Un oracle avait prédit que l'Égypte entière finirait par appartenir à celui d'entre eux qui boirait dans un vase d'airain. Un jour que les douze princes étaient sur le point de faire des libations, le grandprêtre leur présenta des coupes d'or dont ils avaient coutume de se servir. Mais s'étant trompé sur le nombre, il n'en apporta que onze pour les douze rois. Alors, celui que nous avons nommé toul à l'heure, Psammitichus, voyant qu'il n'avait point de coupe comme les autres, prit son casque qui était d'airain et s'en servit pour les libations. Un prompt exil dans les marais du Delta fut la conséquence de cette action, dont les autres rois s'étaient aperçus. Quant à Psammitichus, résolu de se venger de l'outrage qui lui était fait, il envoya à son tour consulter l'oracle. Il lui fut répondu

(1) Elle est exposée dans la salle principale du Temple. {Voy. la Description dti Parc.)

celte fois qu'il serait vengé par des hommes d'airain sortis de In mer. D'abord, il ne put se persuader que des liommes d'airain vinssent à son secours ; mais peu de temps après, des Grecs qui avaient fait naufrage sur les côtes descendirent à terre revêtus de leurs armes. Un Égyptien courut en porter la nouvelle à Psammitichus dans les marais, et comme jusqu'alors cet Égyptien n'avait jamais vu d'hommes armés de la sorte, il lui dit (jue des hommes d'airain sortis de la mer pillaient les campagnes. Le roi, comprenant par ce discours que l'oracle était accompli, lit alliance avec les Grecs et les engagea par de grandes promesses à prendre son parti. Puis, avec ces troupes auxiliaires et les Égyptiens cpii lui étaient restés fidèles, Psammitichus se mit en campagne, détrôna les onze rois, renversa les Éthiopiens, et rendit à FÉgyple son ancien territoire de la Méditerranée à la première cataracte. — La nouvelle dynastie dont Psammitichus fut le premier roi, correspond, comme on le sait déjà, à la XXVI"" de Manéthon : les ruines que l'on aperçoit près du village moderne de Sâ-el-Hagar (Sais) marquent le site de la ville que cette famille royale avait choisie pour siège officiel du gouvernement.

Certains indices donnent à penser que Psammitichus n'était pas Égyptien, et que l'histoire a quelque droit de voir en lui un de ces Maschouasch introduits, quelques siècles auparavant, dans les corps d'élite de l'armée égyptienne. La XXVI"* dyTiastie aurait donc été Libyenne. ~ Malgré son origine étrangère, elle donna à l'Égypte 138 ans de prospérité. A la vérité, elle ne fut pas toujours heureuse dans ses entreprises extérieures. Psammitichus tenta la conquête de la Syrie, et fut arrêté par une ville qu'il assiégea pendant vingt-neuf ans. L'un de ses successeurs, Néchao, essaya de son côté de faire revivre les anciennes prétentions de l'Égypte sui' les plaines qu'arrosent l'Euphrate et le Tigre, et, battu à Karkémich par Nabuchodonosor, ne trouva son salut que dans la fuite. Enfin, un autre roi, Apriès, essuya de sanglantes défaites dans la Cyrénaïque, où il avait envoyé ses armées. L'astre guerrier de l'Égypte qui, mille ans auparavant, avait rayonné sur

le luoude entier, pâlissait donc sous les rois Saïles. Mais la XX Vi'"* dynastie racheta l'insuccès de ses campagnes par son amour des arts, par les soins qu'elle prit de restaurer les anciens sanctuaires et d'en bâtir de nouveaux. A Sais, elle éleva des portiques qu'Hérodote place au-dessus de tons ceux qu'il a vus en Égypte, et qui, malheureusement, comme cette ville célèbre elle-même, ont disparu sans retour. Comme symptôme de l'élan donné à là civilisation par les successeurs de Psammitichus , on notera aussi les efforts tentés par ces princes pour ouvrir au commerce et h l'industrie du pays tles voies nouvelles en Arabie, en Grèce, en Syrie et sur les côtes orientales de la Méditerranée. 11 est vrai que Néchao échoua dans son entreprise de rouvrir le canal autrefois creusé par Séti I'' entre la Mer Rouge et le Nil; mais l'histoire saura toujours gré à ce roi de sa tentative si hardie pour l'époque de faire |)artir de la Mer Rouge une flotte qui, à travers des mers alors inconnues du monde entiei', franchit le cap de Bonne-Espérance, longea les côtes occidentales de l'Afrique, traversa le détroit de Gibraltar, et, après une périlleuse navigation de deux ans, vint aborder en Egypte. — Quant à la politique générale de la XXVI"'" dynastie, elle est tout entièi'e dans le soin que prirent les Pharaons de cette épocfue d'ouvrir l'accès de l'Ëgypte aux peuples étrangers et particulièrement aux Grecs, d'admettre dans les écoles des jeunes Grecs auxquels on apprenait l'Egyptien, en un mol, de permettre à ce grand courant d'idées libérales dont la Grèce se faisait déjà l'instigatrice de se répandre jusqu'à elle. Les Saïtes crurent par ces mesures vivifier l'Egypte et reiKh'e un peu de jeune sang à la vieille monarchie l'ondée par Ménès. Mais, sans le savoir, ils avaieat introduit sur les bords du Nil un nouvel élément de décadence. Merveilleusement douée par la durée et l'immobilité, l'Égypte ne pouvait que perdre au contact direct de cet élément de civilisation qu'on appelle le progrès. Les Grecs avaient à peine un pied en Égypte, que déjà on devait prévoir qu'ils n'en sortiraient plus, et ({u'une fois les deux principes en présence, l'un firiirait tôt ou tard par effacei- et absorber l'autre.

Mais une catastrophe soudaine allait reculer pour quelque temps encore le moment où la Grèce viendrait à son tour régner syr l'Égypte. En effet, de ces mêmes plaines de la Mésopotamie, autrefois si ardemment convoitées, accourait alors un peuple à demisauvage qui , après avoir soumis Suze et Babylone , après avoir forcé la Syrie elle-même à lui payer tribut , se trouvait , six mois seulement après l'avènement du dernier roi de la XXVI""' dynastie (Psammitichus III,, aux portes de l'Égypte. A ces armées innombrables que les Perses entraînaient avec eux , Cambyse , fds de Cyrus, commandait. En vain Psammitichus alla-t-il jusqu'à Peluse au-deyant du Ilot qui se précipitait sur l'Egypte. Ses efforts furent inutiles, et bientôt l'Egypte, ravie par Cambyse à ses maîtres légitimes, ne fut plus qu'une province de l'empire des Perses (1;. Les premières années du règne de Cambyse furent paisibles. Il honora les dieux de l'Egypte, suivant une statue du Vatican dont les inscriptions ont été traduites par M. de Rougé; bien plus, il se fit instruire dans les sciences qui faisaient la renommée des prêtres égyptiens. Cinq ans se passèrent ainsi , après lesquels des revers multipliés vinrent accabler tout à coup les armes jusqu'alors victorieuses de Cambyse. Une première expédition avait été dirigée contre les Carthaginois : l'armée de Cambyse fut vaincue. Une seconde campagne avait pour but la prise de possession de l'oasis d'Ammon, située dans le désert occidental de l'Egypte : trahis paides guides infidèles, mal fournis de vivres et de provisions, les soldats que Cambyse avait envoyés s'égarèrent dans le désert, et pas un ne revint pour raconter la catastrophe qui avait englouti une armée tout entière. Enfm, à la tête de troupes nombreuses, Cambyse lui-même s'était mis en route et marchait de sa personne vers le Soudan. Mais ici encore l'imprévoyance du vainqueur de l'Egypte porta ses fruits , et cette troisième armée s'était à peine engagée de quelques journées dans les déserts qui séparent l'Egypte du Soudan, que, manquant de tout, elle fut obligée de revenii sur ses pas. En présence de ce triple désastre, la colère de Cambyse

(l) 527 av. .1. C.

ne connut pas de bornes. D'Asouan à Tliébes et de Thèbes à Memphis, il marqua, dit-on, sa roule par des ruines. Les tcinpies furent dévastés, les tombes des rois furent ouvertes et pillées. Le jour où Cambyse arriva à Memphis était précisément un jour de fête. Cambyse crut que, par les transports bmyanls d'allégresse qu'il entendait autour de lui, les Égyptiens se réjouissaient de sa défaite, et sa fureur n'alla qu'en augmentant. L'Egypte vit ainsi se rouvrir une ère de calamités et de larmes. Heureusement Cambyse mourut. Mais si cet événement mit un terme aux dévastations ordonnées par le farouche conquérant, il fut loin d'affermir l'autorité persane en Égypte. En vain un roi sensé, Darius l"'', essayat-il par une sage administration de faire oubliei' aux Egyptiens le joug qui pesait sur eux : les ruines entassées par Cambyse parlaient en quelque sorte d'elles-mêmes , et des révoltes venaient à chaque instant prouver que l'Égypte n'oubliait pas les injures qu'elle avait à venger. Cette soumission apparente, ces soulèvements toujours comprimés durèrent 121 ans. Enfin un effort plus heureux donna la victoire aux Égyptiens, et les Perses durent s'enfuir de l'Égypte rendue à ses maîtres légitimes. Ce fut la fin de la XXVII™"^ dynastie.

Pendant les 67 années qui suivirent (XXV111"'% XMX'"''et XXX"-" tlynasties), l'Égypte essaya de réparer les désastres de l'occupation lUrangère. La Perse, de son côté, n'attendait qu'une occasion de ressaisir une proie qu'elle n'avait lâchée qu'à regret. Comme deux ennemis irréconciliables, les deux pays se livraient à l'envi aux plus formidables préparatifs. Un choc était inévitable.

Mais la fortune allait encore trahir les armes égyptiennes. En vain, dans une première bataille, Nectanebo I*^"" (XXX""= dynastie) chassa-t-il des frontières du Delta les généraux persans qui s'en étaient emparés. Vaincu successivement à Peluse, à Bubastis, à Memphis, Nectanebo II dut enfin céder à la force, et s'enfuit au Soudan, laissant les Perses maîtres pour la seconde fois de l'Égypte. Avec lui s'éteignit, pour ne jamais reparaître, l'antique race des Pharaons.

L'histoire a peu de chose à dire de celle seconde dynastie persane, qui fut, la XXXI""' des listes de Manéthon. Elle régnait à peine depuis huit ans, que, sous Darius 111, Alexandre paraît. Que pouvait l'Égypte, déjà plus qu'à moitié vaincue, contre le héros macédonien? Fatiguée du joug toujours plus pesant des Perses, elle lui ouvrit ses portes comme à un libérateur, et c'est ainsi que toui à tour Éthiopienne avec la XXV""' dynastie, Libyenne avec la XXVI"'% Persane a\ec la XXVIP' et la XXXI""^ l'Égypte devint Grecque sous les nouveaux maîtres que la fortune de la guerre venait de lui donner. Ici se termine le Nouvel-Empire; il avait duré 1371 ans.

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