‹ Aperçu des relations internationales de l'empire chinoisChapitre 13 sur 40 · ARE · texte numérisé non relu

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par les Hollandais, furent les premiers qui s’attachèrent à mettre en exploitation le vaste champ de ressources qu'était la Chine. La France et l'Angleterre ne devaient pas tarder non plus à entrer dans cette voie, où les rejoignirent, dans le courant des xvu® et xvirr* siècles, la plupart des nations européennes. Parallèlement à l'expansion maritime vers l’Orient se produisait, à parür du xvi* siècle, une péñétration par voie de terre de la part des Russes. Nous examinerons dars une section distincte les efforts déployés par chacune des nations européennes pour “entrer en relations avec l'Empire du Milieu et les résultats qu’elles ont obtenus.

Section 1 — Relations avec les Portugais,

Après la découverte de la route du Cap de Bonne-Espérance effectuée en 1486 et en 1497 par leurs compatriotes Barthélémy Diaz et Vasco de Gama, les Portugais se hâtèrent d’envoyer des flottilles de caravelles dirigées par des hommes actifs et audacieux, afin de reconnaître les mers orientales et d’y développer le commerce national. Dès 1510 Albuquerque s'emparait de Goa ; l’année suivante il s’installait à Malacca et poussait quelques croisières dans les mers de Chine, mais sans dépasser la côte orientale de l’Annam. Ce n’est qu’en 1516 que le premier vaisseau portugais mouilla dans le port de Canton. C'était là un simple voyage de découverte, aussi la

‘caravelle portugaise ne séjourna que peu de temps dans les eaux chinoises et se hâta de rejoindre Goa. Les rapports du capitaine, Raphael Pérestrello, qui la commandait ayant été favorables, le Gouvernement de Goa envoya l’année suivante à Canton une flettille de quatre vaisseaux, commandés par Fernand d’Andranda,et chargés de marchandises et de produits d'Europe et des Indes qui devaient être échangés contre de la soie et des porcelaines. Un ambassadeur, Thomas Pirès, s’était joint à l'expédition dans le but de négocier avecles Chinois un traité de commerce au nom deson roi. Les mandarins locaux, flattés par les cadeaux que les Portugais leur distribuè-

‘rent avec abondance, leur réservèrent le meilleur accueil. Ils

avertirent la Cour de leuf arrivée,et l’année suivante, en 1518, Thomas Pirès se mettait en route pour la capitale. Quand it

y parvint, en 1519, il trouva le Gouvernement animé des

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meilleures dispositions à son égard, tant à cause des rapports élogieux des mandarins cantonnais que des présents qu’il était chargé de remettre à l'Empereur au nom du roi de Portugal. Il est à croire que Pirès aurait obtenu un traité de commerce favorable aux intérêts de son pays, si certaines circonstances malheureuses n’avaient contrecarré sa mission. Ainsi, pendant qu’il était en train de négocier, arriva à Pékin‘un envoyé du sultan de Bantan, qui raconta à qui voulait l'entendre que les Portugais s’introduisaient, sous couleur de commercer, dans les pays qu'ils voulaient conquérir à main armée. Il citait en

exemple Goa et Malacca et il prédisaitle même sort aux ports

chinois où l’on permettrait aux Portugais de s’établir. Sur ces entrefaites, la lettre adressée par le roi de Portugal à l'Empereur venait d’être traduite par un interprète musulman. Le ton en fut jugé insolent, parce que le Souverain d'Occident traitait le fils du Ciel de pair à égal et l’appelait son frère. Ajoutons enfin qu’une nouvelle flottille portugaise, sous les ordres de Simon d’Andranda, était venue rejoindre à Canton celle qui y était déjà mouillée, après s’être livrée dans les eaux chinoises à des actes de piraterie. Il s’en fallut de peu, quand toutes ces choses furent connues, que Pirès ne fût mis à mort avec ses compagnons. On se contenta de le renvoyer aux mandarins de Canton,qui reçurent l’ordre de faire évacuer le port par les vaisseaux étrangers. La chose était déjà faite, quand Pirês y arriva. Des rixes sanglantes survenues entre les Chinois et les marins Portugais avaient obligé les autorités à expulser manu militari les étrangers de la ville el du port. Ou devine que la réception de l'ambassadeur portugais ne fut pas aussi chaleureuse que la précédente. On le soumit à la torture avec ses douze compatriotes qui Pavaient suivi à Pékin. Quelques-uns d’entre eux furent les victimes des bourreaux ; les autres furent déportés à l’intérieur du pays et on n’a Jamais pu savoir exactement quel a été leur sort.

Gette première tentative des Portugais pour entrer en relations avec les Chinois avorta donc complètement. Cependant, les rapports des deux capitaines d'Andranda ayant fait ressortir les profits que l’on pourrait retirer du commerce avec la Chine, les Portugais envoyèrent en 1522 une nouvelle flottille armée à Canton pour s’emparer de la ville. Elle ne put y réussir : les Portugais furent battus. Un de leurs vaisseaux

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