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de la société hollandaise, « Nederlandoshe Zendelingge nootschap »,dont le premier fut créé en 1827,et ceux de la Société américaine, « American Board of commissioners for Foreign missions », dont le premier date de 1830.
Comme les missionnaires catholiques, les missionnaires protestants furent en butte à l'hostilité des mandarins et de la populace due tant à leur qualité de barbares qu'aux bruits tendancieux que l’on entretenait dans les masses du peuple au sujet des pratiques de leur religion. Les principaux incidents réglés par la voie diplomatique furent ceux de Yang-Tchéou, de Taïwan et de Fou-Tchéou. Voici quelques détails sur chacun d’eux, que nous empruntons à l’ouvrage déjà cité de M. Henri Cordier (1) :
1° Affaire de Yang-Tchéou : — Au mois de juin 1868, le Rév. Hudson Taylor fonda un établissement de sa mission « La China Inland Mission » à Yang Tchéou. Les Lettrés de la localité croyant avoir affaire à des catholiques venus de Tien- Tsin décidèrent la destruction de la mission. Leur propagande amena la populace à piller et à incendier l'établissement protestant le 22 août 1868. Après des pourparlers qui durèrent jusqu’au mois de novembre, le consul anglais de Chang Haï finit par obtenir, — grâce à la présence d’un navire de guerre devant Nanking, — une indemnité de 2. 000 taëls.
20 Affaire de Taïwan— Au commencement d'avril 1868, les chapelles catholiques et protestantes que la « Presbyterian Mission Church » avait établies à Taïwan, furent détruites. A la même époque une maison de commerce anglaise Æ{lis et C° ayant acheté pour six mille piastres de camphre, se voyait confisquer sa marchandise sous prétexte qu’elle était propriété impériale. Au mois de juin, un agent européen d’une maison anglaise Tait et C° était poignardé. Le Tao Taï de Taïwan, non content de rejeter les réclamations des consuls, leur annonçait qu'il allait user de plus de rigueur à l'égard des Européens. Cette attitude menaçante décida le consul anglais à faire occuper par les équipages des navires de guerre le Fort Zélandia et la ville d’'Amping, portde Taî-Wan-Fou (21 novembre 1868),ce qui amena les Chinois à composition. Des indem-
(1) Heuri CorDier, déjà cité, I, p. 227 et suivantes.
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nités furent accordées aux missionnaires et aux commerçants lésés.
30 Affaire de Fou-Tchéou :—Dans le courant del’année 1869 un missionnaire anglais ayant acheté un terrain à Fou-Tchéou, la populace, excitée par.les Lettrés, voulut l’empêcher.d’en prendre possession. Mais là encore l'énergie du consul anglais sut aplanir l'incident. L’inévitable gun-boat, «Le Janus » en la circonstance, vint mouiller dans la baie de Fou-Tchéou, ce qui facilita grandement les négociations du consul et permit au missionnaire de jouir dé son bien.
Notons enfin que des incidents nombreux surgissaient sur. tous les points de l'Empire, lorsque des missionnaires anglais voulaient acheter des terrains pour y bâtir leurs établissements. Ces difficultés auraient été plus aisées à surmonter, si les Anglais s’étaient occupés d'obtenir une Convention analogue à la Convention Berthémy, mais la diplomatie britannique, appuyée par les forces navales qui stationnaient dansles mersde Chine, a concentré ses efforts plutôt vers le développement du commerce national en Chine que vers la pénétration religieuse dans le pays. Les missionnaires jouissaient du droit commun et ils trouvaient toujours la protection des consuls ei des navires de guerre lorsque leurs droits étaient lésés.
B. Convention Alcock. — L'article 27 du traité anglais de Tien-Tsin était ainsi conçu : « Il est convenu que l’une ou « l'autre des Hautes Parties contractantes peut demander une « nouvelle révision du Tarif et des articles commerciaux de ce « Traité au bout de dix ans ; mais si aucune demande n’est faite « d’une part ou de l’autre dans les six mois à la fin des dix pre- « mières années, alors le Tarif restera en force pendant dix « années de plus,comptées de la fin des dix années précédentes « et ilen sera ainsi à la fin de chaque période de dix années. »
L’ambassadeur britannique, Sir Ruterford Alcock,fut chargé par son gouvernement d'obtenir, conformément à cet article, une révision avantageuse des articles commerciaux du traité de Tien-Tsin. Sir Alcock, voulant s’entourer de toutes les garanties désirables avant d'entamer les négociations, demanda, dès l’année 1868, aux résidents anglais et même étrangers les observations que pouvait leur suggérer le texte à reviser et les améliorations qu’il serait souhaitable d'y apporter. Les Chambres dè commerce anglaises établies en Chine, les rési-
dents étrangers, les missionnaires donnèrent au ministre anglais des indications précises sur la voie dans laquelle il devait s'engager dans ses négociations avec le Gouvernement chinois. Ainsi que (érable M. Henri Cordier, «le principa « point signalé à l’attention du ministre ae par la Cham- « brede commerce de Chang Haï est l’esprit rétrograde avec « lequel le traité de Tien-Tsin est interprété par le ‘Gouver- « nement Chinois depuis la suppression de la révolte des Taï « Ping,et en particulier son article 12, relatif à la résidence à « l'intérieur du pays, mais en résumé toute révision du traité « devait tendre moins à l’acquisition de nouveaux privilèges .€ qu’à la confirmation et à l’extension de ceux déjà accordés ». C'était là la note générale des réponses fournies à Sir Alcock.
Après de longues et difficiles négociations, l'Ambassadeur anglais signa à Pékin avec les plénipotentiaires chinois un traité en 16 articles daté du 23 octobre 1869.A cetraitéétaient annexés dix règlements et un tarif douanier. Nous ne l’examinerons que très succinctement en ses principaux points, d'autant plus qu'il ne devait pas être ratifié par le Gouvernement britannique.
Par ce traité, la Chine obtenait le droit de nommer des consuls dans tous lesports des possessions britanniques (art. 2); deux nouveaux ports Wen Tchéouet Wou-Hou étaient ouverts au commerce, tandis que le port de Kioung Tchéou, ouvert en 18b8, serait désormais fermé. Les autres articles ont trait aux droits d'entrée et de transit des marchandises.
Dans la conclusion de cetaccord, Sir Alcock semble avoir été plutôt préoccupé par le souci de maintenir la balance égale entre les deux Etats contractants que par le désir d’assurer des avantages unilatéraux aux nationaux anglais. La clause relative aux consuls chinois souleva particulièrement de vives protestations. Citons celle élevée par M. Hugh M. Matheson, Président du Comité des négociants intéressés dans les affaires de Chine, qui s’exprimait ainsi dans un mémoire adressé, le 10 février 1870, au Foreign Office : « Accorder à la Chine la « nomination réciproque des Consuls est simplement suivreun « principe évident d'usage international et a, par conséquent, « beaucoup d'apparence de justice, mais l’idée de faire de telles « nominations n’est guère de celles qui seraient venues sponta- « nément à l’esprit d’un indigène et sa réalisation peut être la
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source de maux sérieux... Un consul chinois sera à peine « acceptable pour nos autorités coloniales et à Hong-Kong plus « particulièrement, les auteurs de ce mémoire peuvent à peine « douter que ceux qui sont responsables du gouvernement « et du bien-être de la colonie pourront montrer péremptoire- « ment combien cette mesure pourra affeèter sa prospérité. « Un mandarin chinois établi à Hong-Kong ou dans les autres « colonies comme consul doit probablement moins protéger « et aider que taquiner ses compatriotes et leur faire payer « des droits, servi comme il le serait, par le fait que leurs « parents et leurs relations sont sur le continent et à portée « des fonctionnaires chinois. »
D'une façon générale, le texte tout entier, sauf pourtant l’article 3nettement favorable aux Anglais — fut critiqué par les commerçants anglais dont les desiderata avaient été en grande partie négligés par le négociateur. Cette attitude hostile des principaux intéressés fit que le Gouvernement britannique se refusa à ratifier la Convention Alcock. Elle n'a donc qu’une valeur documentaire. Le traité de Tien-Tsin continua d’être en vigueur et les efforts de la diplomatie anglaise dans les années suivantes devaient tendre à en obtenir le respect et l'observation dans le sens le plus libéral. Elle fat secondée utilement dans cette tâche par les forces navales importantes que l'Angleterre entretenait en permanence dans les eaux chinoises. Leur concours était précieux aux consuls pour maintenir les mandarins et les populations dans le droit chemin et les agents consulaires britanniques en acquerraient un surcroît d'autorité et un relèvement de prestige dû à la Force qui toujours appuyait leur Droit. Cest la seule considération à laquelle les Chinois soient sensibles et qui puisse leur inspirer le respect des idées de justice et de loyauté qu’il est d'usage de voir cultiver dans les rapports internationaux.
», Section III. — Relations avec les Etats-Unis.
Après la conclusion du traité de Tien-Tsin, les Américains virent leur commerce en Chine prospérer rapidement. De nombreuses maisons de commerce s’étaient installées danses concessions obtenues dans les ports ouverts, les postes consulaires s’étaient multipliés et les rapports commerciaux en-