‹ Aperçu des relations internationales de l'empire chinoisChapitre 28 sur 40 · LA POLITIQUE CHINOISE DE 1871 A · texte numérisé non relu

LA POLITIQUE CHINOISE DE 1871 A

Cette période de vingt-quatre années est féconde en faits de la plus haute importance. Si nous voulions nous arrêter à l’examen attentif de chacun d’eux, le cadre restreint de cet ouvrage n’y suffirait pas. Nous nous contenterons donc d’énumérer brièvement dans des titres distincts les principaux événements marquants de cette période et propres à en donner la physionomie, tandis que nous nous attarderons davantage sur quatre épisodes qui consommèrent l’échecde la politique suivie jusque-là par la Chine à l'égard des étrangers et lui coûtèrent sinon la perte d’une partie de son territoire du moins l’abandon des droits de suzeraineté sur certaines régions qu’elle considérait comme parties intégrantes de l’Empire.

Nous diviserons ce chapitre en sept titres, à savoir :

Titre I. — Période de 1871 à 1874.

Titre IL — L'affaire Margary.

Titre Il. =— Période de 1874 à 1880.

Tire IV. — L'affaire de Kouldja.

Tire V. — L'affaire du Tonkin:

Titre VI. — Période de 1880 à 1895.

Tirre VIL — La guerre sino-japonaise.

Tire Ier, — Période de 1871 à 1874.

Les principaux faits à noter pendant ces quatre années sont : |

1° Le Memorandum chinois ; 2° l’audience impériale ; 3° l’expédition japonaise à Formose ; 4° Ja suppression de la traite des Jaunes.

Section I. — Le Memorandum Chinois.

Nous avons déjà dit au début du précédent chapitrequela mentalité du Gouvernement chinois n’avait guère changé à l'égard des Européens et que leur présence en Chine n'était tolérée qu’à contre-cœur et à cause de l'impossibilité où se trouvait le gouvernement chinois de l’éviter. Tous les princes, en effet, y compris le Prince Koung lui-même et les hauts fonconnaires, étaient hostiles aux étrangers ; mais deux partis. s'étaient formés à la Cour ; celui de la résistance ouverte etcelui de la résistance sourde. Nous savons, que le premier résolut d’agiren 1870, et ses menées eurent comme épilogue les massacres de Tien-Tsin,pourlesquels nous n’obtînmes que des mesures de réparations incomplètes. Ce fut un tort que de s’en contenter. Cette modération de la part de la France, jointe aux difficultés que celle-ci rencontrait dans sa campagne contre la Prusse, inspirèrent au Gouvernement chinois l’idée de se faire rétrocéder par les Européens les avantages qu’ils avaient si péniblement acquis depuis la conclusion des traités de 1860. Comme les Missionnaires étaient plus vulnérables que les commerçants, et que, d’autre part, c'étaitla France qui en assumait la protection, ce fut d’abord contre les missionnaires et le traité français que la campagne fut ouverte. La révision des traités approchant, le Gouvernement chinois produisit en fé-

vrier 1871, le document fameux connu sous le nom de « Mémorandum », qu’il chercha à substituer ou du moins à ajouter à l’article 13 du traité français relatif à la religion chrétienne. Ce Mémorandum, qui traduisait fidèlement l’état d'esprit des Chinois à l’époque, serait à citer en entier. On en trouvera le texte complet dans le volume de M. Henri Cordier déjà - cité (1). Nous’en donnerons ici une analyse succinéte que nous

emprüuntons au P. Wieger.

«Au commencement, quand la religion de Seigneur du

a Ciel parut d’abord en Chine, ceux qui la prêchaient s ’appe- « laient Lettrés de l'Occident, ceux qui y entraient étaient tous « d’honnêtes gens. Depuis que les traités ont été conclus, les « choses ont bien changé. De là vient que cette religion qui « se donne pour exhorter les hommes à la vertu est considérée « avec dédain par les Chinois. Abusant de leur force, les chré-

(1) Tome I, page 416.

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