‹ Aperçu des relations internationales de l'empire chinoisChapitre 32 sur 40 · TA ES · texte numérisé non relu

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En somme, le traité de Hué constituait un réel et «efficient » traité de protectorat au profit de la France, qui, ainsi que le. stipule l’article 25,pourra à l’avenir considérer« en tous lieux, au dedans comme au dehors, tous les Annamites comme ses vrais protégés ». De plus, aux termes de Particle 2,la province de Binh-Thuan était annexée à nos possessions de la Basse Cochinchine. À k

Pendant que les événements suivaient ce cours en Annam, la situation demeurait très tendue avec la Chine. Celle-ci, se- Jon que ses gouvernants penchaient du côté du Marquis Tseng, ‘qui, sous l'influence de son conseiller anglais, poussait à la guerre, ou du côté de ZLi-Houng-Tchang, vice-roi du Tchéli, favorable à la paix, se montrait tantôt arrogante ou tantôt conciliante à notre égard. Mais le parti de la guerre parut l’emporter lorsque le Japon,qui paraissait d’abord disposé à s’unir à nous pour uné action commune, eut manifesté sa volonté de rester neutre. Dès lors, la volonté de la Chine d’en venir aux armes ne fut plus douteuse. Pourtant elle se sentait en état d’infériorité et elle essaya avant de donner la parole au canon de solliciter successivement la médiation de Londres, de Berlin et de Washington pour trancher son différend avec la France. Les choses en étaient là lorsque, le 20 août 1885, notre ministre, M. Tricou, averti de plusieurs points de la Chine du départ de navires chargés d’armes et de munitions. à destination de l’Annam, décrétaitle blocus des ports du Tonkin et de lAnnam. Selon sa chère liabitude, le prince Koung répondit en térmes dilatoires à la note qui lui aunonçait cette mesure. [1 faisait savoir qu’il allait ordonner uné enquête pour s’assurer que les faits allégués par notre ministre, pour justifier la mise en‘état de blocus des ports du Tonkin et de l’Annam étaient bien exacts. Mais, dès que fut connue la conclusion du traité du 25 août, le parti de la guerre se montra de plus en plus belliqueux, tandis qu’au contraire, Li Houng Tchang, «trop intelligent pour ne pas comprendre que la soumission de la cour de Hué doit à la longue frapper d’impuissance toutes les manœuvres de la cour de Pékin », déclara se désintéresser des affaires de l’Annam. Il allait même jusqu’à dire à notre ministre que le Tsoung-li-Yamen «vivait dans la Lune »et il $’essayait à convaincre M. T'ricou que si un choc avait lieu entre les troupes françaises et les troupes chi-

noises qui grossissaient les rangs des Pavillons noirs que cela n’entraînerait pas forcément la guerre car... «ces soldats n’ap- « partiennent pas à proprement parler à Hatuiee régulière, « mais relèvent directement des gouverneurs sleébsraux admi- « nistrant les provinces du Sud».

Sur ces entrefaites, M. Tricou retourna au Japon près du souverain, duquelil était accrédité, et il fut remplacé par M. de S'emallé, qui reçut pour mission d'amener une entente sur la base du Mémorandum du 15 septembre 1883 ainsi modifié : 1° le Gouvernement français s’engagerait à n’occuper aucun ‘point et à n’exercer aucune action dans la région délimitée au nord par la frontière de Chine et au sud par une ligne à déterminer,partant d’uu point de la cote entre le 21 et 22° degré de latitude pour aboutir au Fleuve Rouge en amont de Lao-Ka y. Le gouvernement chinois s’engagerait, de sou côté, à n’occuper aucun point et à n’exercer aucune action dans la même

région.

L'administration continuerait à être exercée dans cette zone par les fonctionnaires annamites.Il ne pourrait pas y être élevé de fortifications. Ë

Si des bandes armées y venaient chercher un refuge ou s’il s’y produisait des désordres incompatibles avec la sécurité des territoires voisins, les gouvernements français et chinois pourraient soit ensemble, soit séparément, y faire pénétrer des forces militaires, après s’être mis d'accord sur l’objet et

sur l'étendue de l'opération. Ces forces devraientêtre retirées, dès qu’elles auraient atteint le but pour lequel elles auraient été envoyées.

20 La Ville de Menhao sur le fleuve Re dans la province du Yunnan, serait ouverte au commerce étranger dans les mêmes conditions que les autres villes de l’Empire chinois où ce commerce est déjà permis.

En proposant la iliscussion de ce Mémorandum, le Gouvernement français faisait preuve de son esprit de conciliation. En échange de la création d’une zone neutre il ne réclamait que l’ouverture du port de Menhao au commerce étranger. Pourtant, lorsque M. de Sémallé fit part au Prince Koung des instructions qu’il avait reçues, il en obtint la réponse suivante, (sous la date du 16 novembre 1883. « L’An-

— bo —

-nam est un pays vassal de la Chine... Aussi la Chine a-t-

elle envoyé à différentes époques des soldats hors des défilés de la frontière et détruit au Tonkin les’ bandes de brigands. Elle a dépensé des sommes considérables pour l'entretien de ces troupes, pendant plus de dix ans, pour la raison que l’Annam étant rangé parmi les pays feudataires qui servent de barrière à l’Empire, la Chine, devait s’employer à le protéger..…. Or, sans aucun motif, votre Gouvernement a rassemblé des troupes qui se sont emparées de vive force des. villes de Hanoï, de Nam-Dimb et autres, situées dans l’Annam et le Tonkin. La Chine n’a pas voulu, soucieuse des gravesintérêts qui se raltachentau commerce international, rompre à la légère ses relations pacifiques avec la France.

Mais qui eût pu prévoir que votre Gouvernement poursuivrait sans fin ses conquêtes et que profitant d’un deuil immense dont fut frappétoutl’Annam et de l’occasion que lui offrait l’avènement d’un nouveau souverain il contraindrait celui-ci à conclure un traité qui porte que la Chine ne pourra se mêler au gouvernement du royaume d’Annam ?: « Si un Etat qui, depuis plus de deux cents ans, reçoit l'investiture de la Chine et lui paie tribut, et qui a été sans cesse protégé par elle, n’est pas reconnu par vous comme un pays, vassal de la Chine, le tort et l’injustice d’unetelle conduite éclatent aux yeux de tous... Si vous envahissez le territoire occupé par nos soldats cantonnés dans le Tonkin, c’est qué l'intention de la France est de rompre la paix qui, nous unit. Nos troupes du Tonkin ne pourront vous regarder impassiblement et on en arrivera infailliblement à se battre. »

Le 27 novembre, M. de Sémallé remettait la réponse du

Gouvernement français à ce manifeste et le 6 décembre il rappelait au Tsoung-li-Yamen que le Marquis Tseng « avait

déclaré lteReut qu'il n’y avait pas de troupes chinoises au Tonkin près des villes qui sont notre objectif. La responsabilité d’un conflit, s il y a lieu, ne nous sera donc pas imputable, les troupes chinoises n’ayant qu’à reprendre leurs positions antérieures ». Le Tsoung-li-Yamen répondait le décembre que le Marquis Tseng avait eu tort de produire

pareille affirmation, vu que lAnnam étant un vassal de la Chine, il était naturel que celle-ci y entretint des troupes et

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