I. Il était même en 1903 de II 657 millions
rijssaiit pour la science, parce qu'il fait niiuux apparaître l'influence du régime douanier.
Première période. — La première péiùode de ce tableau, est celle de Ja Ilévolulion jusqu'en 1799, période profondément troublée par la transformation politique et sociale de la France, par les dissensions intestines, par la dépréciation des assignats et la disparition du ci'édit, et par la guerre avec les puissances étrangères, surtout par la gueri'e maritime di'puis 1793 avec l'Angleterre.
L'As^mblée nationab; constituante, en créant l'unité territoriale administrative, a changé les conditions de l'enregistrement du commerce par la douane. Elle a donné à la France son premier tarif douanier général, celui de mars 1791. Le comité de commerce et d'agriculture, qui avait été chargé de préparer le projet, était composé principalement de cultivateurs et d'industriels mécontents du traité de 1786 avec l'Angleterre et le rapporteur fut un fabricant de soieries, Goudard ; aussi le tarif i)ruposé était-il protectiomiisle. L'Assemblée, ijui faisait de la liberté un des principes fondamentaux de la nouvelle organisation sociale, refusa de voter ce projet et en renvoya l'/'tude à l'examen des comités du commerce et des contributions réunis, alia de neutralisei' la tendance professionnelle. Le tarif remanié, puis voté par l'Assemblée, fut en eflét libéral ; il limitait, sauf quelques exceptions, les droits d'importation entre 5 et 15 °/<>(') • ^'^^^ '"^ '"'^''''^ P'us bas que la France ail eu.
Son existence a été très courte. En 1793, la guerre déclarée à la France par l'Angleterre amena la Convention à (>roliiber l'entrée en France des marchandises du genre de celles que fabriquait l'Angleterre, à n'admettre les autres qu'avec un certificat prouvant qu'elles provenaient d'un pays qui n'était pas en guerre avec la France (') et à voter (21 septembre 1793) l'acte de navigation, imité de celui de Cromwell.
Quand Roland, étant ministre, rendit compte à l'Assemblée législative de l'état du commerce extérieur pendant le premier semestre de l'année 1792, il se félicita d'un'accroissement considérable très marqué. Illusion : c'était la dépréciation des assignats qui grossissait fictiveinent les totaux et qui, d'autre part, poussai! les négociants à chercher un marché plus sûr à l'étranger (').
Pendant cette période de dix ans le commerce (commerce général ; car la statistique du comm(;rce spécial ne commence qu'en 1825) a diminué de près de moitié : 1 018 mUlions de francs en 1789 et 553 en 1799.
Deuxième période. — L'ordre fut rétabli par le Consulat et la confiance par la victoire de Marengo. Les traités de Lunéville et d'Amiens consacrèrent les conquêtes de la Révolution. La France aurait eu assurément une destinée meilleure si Napoléon avait su, ou avait pu, maintenir l'état de choses consacré par ces traités.
Cependant Austerlitz fut un nouveau triomphe; en 1806, malgré quelques crises passagères, l'industrie prospérait et on peut dire que l'Empire était à son apogée. En cette année 1806, Napoléon, qui avait essayé de négocier un traité de commerce avec l'Angleterre pendant le court intervalle de paix, fit voter par le Corps législatif, les hostilités ayant été repi'ises, le tarif des douanes du 30 avril
1. Voir, pour Thistoire de ce tarif, Histoire des classes ouvrières et de find ist.rie en France de 1789 à 1S70, t. I, p. 37 et suiv.