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Envisagé ainsi par périodes décennales, le progrès du commerce extérieur le plus considérable apparaît dans celle de 1857-1866 dont le résultat est presque double de celui de la pih'iode précédente. Il est bon d'observer que pendant cette période il y a eu, par suite de l'affluence de l'or et do l'intensité de la spéculation, une grande hausse des prix : par conséquent les quantités n'ont pas augmenté autant que les valeurs.
La période la plus désavantagée est celle de 1887-1896, qui a été, au contraire de celle de 1857-1866, la période des prix les plus bas depuis la Restauration en même temps qu'une période d'atonie des affaires. Les prix et le commerce se sont relevés depuis 1896.
Troisième manière. J'ai donné dans La Population française (t. II, p. 283) le tableau du mouvement commercial de la France depuis 1789, on premier lieu par périodes historiques, en second lieu par périodes économiques. J'ai tenu ces tableaux au courant d'année en année pour l'usage de mon enseignement. Je les reproduis ici.
Commerce extérieur par périodes historiques. — Première et seconde périodes . — Pendant la Révolution et le preinior Kmpiro, le commerce extérieur a été inférieur à ce qu'il avait été vers la fin de l'ancien régime. La transformation sociale, les troubles civils, la guerre étrangère et particulièrement le blocus continental sont les causes principales de celte diminution. Quoique le territoire français eût été étendu beaucoup — beaucoup Irop — |iar les conquêtes de la République et de Napoléon, et ((uoique sous l'Empire il y ait eu une pi'i'iode de brillante activité industrielle et commerciale, le commerce avec l'étranger s'est trouvé en 1814 inférieur de près de moitié à celui de 1788.
En effet, l'année 1788 avait donné 1061 millions et 1789 en donnait encore 1 018; on n'en constate plus que 553 en 1799 et que 585 en 1814. au commerce général. Nous prenons le commerce général ]iour terme de comparaison dans ce tableau parce qu'il représente la totalité du mouvement et qu'il est le seul connu jusqu'en 1815.
Troisième et quatrième périodes. — Sous la Restauration, le commerce extérieur est remonté au niveau atteint sous Louis XVI ; il l'a même dépassé à la lin (1 21 1 millions au commerce général en 1830). Le progrès a continué sous le règne de
Loiiis-Pliilippe pendant lequel co commerce a doublé (2 4-37 millions en 1846, avant la crise de 1847, iiJ 340 en 1847).
Cinquième période. — Il y a eu une cluite subite et profonde après la révolulion de février 1848 (1 64") millions en 1848). Elle a été suivie, deux ans après, d'un relèvement (2 614 millions en 1851).
Sixième période. — • Le second Empire a eu pendant dix années une heureuse fortune industrielle et commerciale. Il a profité, d'une part, du rétablissement de la sécurité qui a ramené la confiance dans les affaires ; d'autre part, du grand développement des moyens de communication, chemins de fer, navigation à vapeur, télégraphe, du développement du crédit et du commerce de banque, de l'ardeur de la spéculation et tout particulièrement aussi de l'abondance de l'or qui a influé sur la circulation monétaire et produit une rapide hausse des prix, favorable à la spéculation, jusqu'à la crise de 1857. L'Empire avait trouvé le commerce général à 2 614 millions; il l'a laissé en 1869 à 8002 raillions, en augmentation de 210 "/„ dans une période de dix-huit ans, soit une augmentation moyenne annuelle de 12°/o.
Septième période. — Sous la troisième Républi(iue, le commerce général a atteint, en 1904, 11 milliards 466 millions ('), accusant ainsi une augmentation annuelle de 0,8 °/„ seulement. Mais il ne faut pas oublier que la douloureuse séparation de l'Alsace-Lorraine en 1871, en réduisant le territoire, a diminué la puissance de consommation des Français et privé la France d'une de ses régions les plus industrielles.
Commerce de la France par périodes historiques
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