ZONES DU LAH6A6S HUIAIN
Si Ton s'efforce d'embrasser d'un seul coup d œil toute la terre ferme du globe, on ne peut résister à la pensée qu'il y a des climats pour le développement de l'esprit humain et des langues , comme il y en a pour celui des races. Les contrées qui jusqu'à ces derniers jours ont été les plus éloignées du mouvement général de la civilisation sont celles où nous rencontrons les genres extrêmes des langues. Les peuples qui habitent les parties orientales les plus reculées de l'Asie parlent des langues monosyllabiques. Les tribus qui parcourent les bords opposés du grand Océan affectent le système si compliqué des langues polysynthétiques. Car c'est un autre fait eu* lieux, bien avéré aujourd'hui, que les populations américaines étaient bien plus agglomérées dans la partie ouest du nouveau continent que dans la partie est, qui apparut aux premiers Européens comme un vaste désert. Le réseau des langues tatares et ougro-japonaises cornifteqjce aux frontières de la Chine, s'étend sur tout le nord de l'Asie, occupe une partie de la Russie d'Europe, s'a- 'vauce d'un côté jusqu'à la mer Baltique, et de l'autre pénètre en pointe par le magyar, à travers les populations dlaves et germaniques. Au sud de ce réseau se déploie celui des langues indo-européennes. Parti du pied de THi-
malaya, il gagne l'Europe à travers Tlnde et la Perse, occupe ce continent presque tout entier, et il est allé rejoindre de nos jours celui des dialectes américains. Entre les populations japbétiques, au nord, et la race de Cham, au midi, se déroule, en s'enchevêtrant sur bien des points dans les premières et en enveloppant l'autre de plus en plus, la zone des tribus sémitiques, parlant toutes des idiomes tellement semblables que leur affinité n'a jamais eu besoin de preuves, et que leur origine identique est et a été de tout temps acceptée comme un fait incontestable. Les langues atomiques, telles que le copte, etc., se trouvent refoulées dans l'intérieur de l'Afrique, quoiqu'elles semblent tendre la main aux idiomes si imparfaits et presque monosyllabiques qui sont en usage sur les iles de la Polynésie, de la Malaisie, etc.
C'est ainsi que les langues monosyllabiques et polysynthétiques occupent deux extrémités de notre globe, et que les langues tatares et africaines en occupent deux autres. Au milieu de ces groupes, on rencontre celui des langues • à flexion, parlées par les races les plus intelligentes du globe, qui, placées ainsi comme au cœur de rhumanité, rayonnent dans tous les sens, et dont les langues entament peu à peu les idiomes moins parfaits et moins complets des autres races, en les pénétrant de leur essence. . •**
Il va sans dire que ces zones de l'esprit et du langage humain ne sauraient rien avoir d'absolu. Dans chaque continent nous trouvons des langues qui ne rentrent pas dans le système adopté par la majorité de ses habitante, et qui suivent comme par caprice celui qui prévaut 9ans un continent éloigné. Et qu'on ne vienne pas attribuer ceg, exceptions à des déplacements des races, résultat de ces migrations si fréquentes à une époque primordiale : cwc.,. nous ferons observer que souvent ces langues ne se rattâ*
chent ni par leurs racines ni par d'autres éléments constitutifs à aucune grande famille, et qu'elles restent isolées au milieu d'idiomes parlés par des races parentes ou dominées par un système grammatical analogue. Comme exemples, nous citerons seulement le basque et peut-être l'albanais en Europe, plusieurs langues caucasiques et peut-être le japonais en Asie (1 ) .
§ 10. — OBSBRVATIOHS CRITIQUES SUR L'AFFUITÉ ET L'IDEITITÉ