I.\ Il
guerre aux mameluks, dont les deux principaux bcys, rivaux d’ambition et de puissance, étaient alors Osnian- Bardissy et Mohammed l’Elfy. Les premières troupes qu'il envoya contre eux lurent battues. Méhémet-Ali, qui devait jouer bientôt un si grand rôle, commandait un corps d’Albanais dans celte armée malheureuse. Fdoigné du champ de bataille, il ne put prendre part à l’action. Son général, irrité de sa défaite, voulut lui en faire supporter la responsabilité. Il l’accusa auprès de khosrew ; celui-ci n’eut pas assez de perspicacité pour découvrir la calomnie, et résolut de perdre le chef albanais, qu’il commençait à craindre. Mais l’habile Méhémet prévint ses coups. Appelé pendant la nuit chez Khosrew, il refusa de s’y rendre, car il savait que la mort l’y attendait. Il profita d’une insurrection que le retard de la paye fit éclater au milieu de ses soldats et des autres Albanais, pour s’allier avec les mameluks et leur ouvrir le Caire. Puis, se joignant à Osmân-Bardissy, il marcha contre Khosrew, l’accula dans Damiette, dont il s’empara, le fit prisonnier, et le conduisit au Caire, où le Nestor des mameluks, Ibrahim-Bey, surveilla sa captivité (1803).
Lorsque la Porte fut instruite de ces événements, elle envoya en Égypte Ali-Gézaïrli-Pacha pour remplacer Khosrew et punir ceux qui l’avaient renversé. Gézaïrli fut moins heureux encore que son prédécesseur. Il employa la ruse contre les mameluks et les Albanais, qu’il ne pouvait réduire par la force; mais étant tombé entre leurs mains, il les irrita par sa duplicité obstinée, et fut mis à mort par ordre de leurs chefs.