‹ Aperçu général sur l'Égypte (volume 2)Chapitre 20 sur 115 · I.VIII · texte numérisé non relu

I.VIII

INTRODUCTION HISTORIQUE

Les mameluks ne tardèrent pas à sc diviser, et à rendre inutile leur double triomphe, l’eu de temps après la mort de Gézaïrli, le rival d’Osman-Bardissy, Mohammed l’Elfy, qui était allé en Angleterre demander au cabinet de Saint-James son intervention en laveur des beys dans les affaires d’Égypte, débarqua à Aboukir. Bardissy ne put voir sans ombrage un bcy qui l’égalait en influence arriver en Egypte pour lui ravir peut-être le pouvoir dont il venait de sc rendre maître après tant d’efforts. Méhémet-Ali, qui, depuis le renversement de Khosrcw, était l’intime allié de Bardissy, attisait encore sa jalousie. La haine de Méhémel contre l’Elfy n’était pas sans fondements. Protégé de l’Angleterre, ce bey avait acheté son appui en lui faisant des promesses qui compromettaient, pour l’avenir, l’indépendance de l’Egypte. Bardissy tenta de se défaire de son rival par un guet-apens, mais son perfide coup de main ne réussit pas. L’Elfy s’échappa et alla reformer son parti dans la haute Égypte.

La scission ouverte des deux chefs des mameluks, qui, au lieu de partager le pouvoir, comme l’avaient fait sagement, avant la conquête française, Mourad et Ibrahim-Bcy, aimaient mieux s’entre-détruire, et user dans une lutte intestine les dernières forces de leur caste, redoubla l’inquiète audace des Albanais, sur lesquels Bardissy s’était appuyé jusqu’à ce jour. Ils réclamèrentà grands cris huit mois de solde que leur devaif ce bcy et le menacèrent de se soulever contre lui, s’il ne faisait pas droit à leurs justes demandes. Bardissy, voulant s’efforcer de les satisfaire, frappa de contributions énormes les habitants du Caire ; il excita, au sein de la

INTRODUCTION HISTORIQUE

Page 1