‹ Aperçu général sur l'Égypte (volume 2)Chapitre 21 sur 115 · LI.V · texte numérisé non relu

LI.V

population, do violents mécontentements contre son autorité spoliatrice, et ne put parvenir à apaiser les Albanais qui, sous la conduite de Méhémct-Ali , vinrent assiéger son palais et celui des autres beys. Il ne dut son salut qu’à son courage, et sortit du Caire pour ne plus y rentrer (1804).

Grâce à cette soudaine révolution, à la tête de laquelle il s’était rnis avec adresse, Méhémct-Ali, qui avait su acquérir l’amitié des ulémas et se rendre populaire au Caire, se trouva mailre de l’autorité. Son premier mouvement lut de faire restituer la vice-royauté à son prisonnier Khosrew-Pacha. Mais les autres chefs albanais n’approuvèrent pas cette résolution. Ils dirigèrent Khosrew sur llosette, d’où ils le firent embarquer pour Constantinople. Méhémet-Ali ne s’opposa pas à la nouvelle déchéance de Khosrew, mais persistant dans son dessein de confier le pouvoir à un pacha turc, il fil nommer vice-roi Kourschyd-Pacha, gouverneur d’Alexandrie. Les cheiks et les chefs des troupes le chargèrent lui-même des fonctions de kaïmakan. Celle double nomination fut approuvée par la Porte (1804).

C’est depuis ce moment que Méhémet-Ali exerça sur les affaires d’Égypte une influence supérieure. Il convient de rappeler ici les circonstances qui l’avaient conduit sur le théâtre de sa grandeur future.

Méhémet-Ali était né, en 1769, à la Cavalle, petit port de la Roumélie. Orphelin dès son bas âge, il fut recueilli par un aga dont il mérita la bienveillance. Son courage et son habileté furent remarqués de bonne heure. Il fit un bon mariage, et s’étant adonné au commerce des tabacs, se créa une position honora-

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hic cl indépendante. Lorsque les Français eurent envahi l’Egypte, la Porte, levant une année pour aller disputer celte province à Bonaparte , ordonna à la \illc que Méhémet habitait de mobiliser trois cents hommes. Il fit partie de ce corps et en devint bientôt le byn-bachi. Il assistait à la bataille d’Aboukir; il s’y distingua et fut nommé , après cette journée , saréchesmé (commandant de mille hommes). Il avait ce grade, lorsque, après que les Français eurent évacué l’Égypte, Khosrew l’envoya combattre les mameluks. Nous avons vu comment ce pacha essaya depuis de le perdre, et comment Méhémet Ali, forcé d’agir dans l’intérêt de sa conservation, devint en peu de temps, grâce aux circonstances qu’il sut exploiter , l’arbitre de l’Égypte.

La position du nouveau vice-roi Kourschyd était difficile; il avait à combattre les mameluks et à contenir scs soldats. Cette tâche n’était pas de sa force. Poursuivi sans cesse par les réclamations des turbulents Albanais, dont la solde était toujours arriérée, il perdit bientôt, par les exactions qu’il commit pour satisfaire ses troupes, toute chance de popularité. Méhémet-Ali au contraire augmentait chaque jour la sienne, soit en combattant les mameluks, dont le peuple du Caire redoutait les vengeances, soit en jouant le rôle de pacificateur au milieu des émeutes militaires qui mettaient fréquemment en émoi la capitale de l’Égypte. Kourschyd , en garde contre les chefs albanais, leur avait fait ordonner, par l’organe de la Porte, de retourner dans leurs foyers. Méhémet-Ali commença par ne pas obéir à cette injonction ; puis il feignit de-

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