‹ Aperçu général sur l'Égypte (volume 2)Chapitre 22 sur 115 · I.XI · texte numérisé non relu

I.XI

vaut les cheiks de se préparer au départ. Mais ceux-ci, qui voyaient en lui un protecteur, tirent tout pour le retenir. S’étant assuré par cette feinte adroite des sentiments de la population du Caire, Méhémet attendit l'occasion d’en profiter. Elle ne larda pas à se présenter. Des soldats de Kourschyd mirent le Caire au pillage; les cheiks poussés à bout se réunirent et déposèrent le pacha , qui ne savait ou ne pouvait plus protéger la tranquillité publique. Ils conférèrent la vice- royauté à Méhémet-Ali, que la Porte venait depuis peu de nommer pacha de Gaddah , afin de l’éloigner de l’Egypte. Méhémet refusa d’abord , mais se rendit à des instances réitérées. Le 9 juillet ISOo un firman de la Porte vint le confirmer dans sa dignité de vice-roi d’Égypte.

Poussé au pouvoir par les cheiks qui, par leur influence religieuse et traditionnelle, étaient les représentants naturels des populations, Méhémet-Ali y prit dès le principe de vigoureuses racines. Du reste, il sut tourner l’écueil contre lequel avaient naufragé ses prédécesseurs, le besoin d’argent, besoin sans cesse alimenté par l’avidité insatiable des troupes. 11 était soutenu par le peuple qui l’avait vu, faisant lui-même la police du Caire, souvent arrêter et punir quelquefois de sa main ses soldats qui se livraient au pillage. Plein de déférence envers les cheiks, il leur faisait part des difficultés de la siluation , et les forçait ainsi à lui procurer les moyens d’y parer. Leurs intérêts étaient identifiés avec ceux du vice-roi , dont la puissance était leur ouvrage. Aussi se pretèren t-ils aux levées de contributions qu'il fut obligé de faire, et qui l. fi

Page 1