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l'iAvertittirb -du pacloii. Le prix de cette investiture était une witiiDe d* argent destinée à représenter le rachat de la terre , qm i soo défout aurait dû faire retour au gouvernement. C'était ce tjui arrivait lorsque le moUlteaimi, ïuMi saos postérité^ bc laissait point d'hérilier Mstamefi taire. On ne lui i^ecîonnaissait légaietteftt 'd'autres liéritîers naturels que ses 'fâilantfi*
J'ai dit que l'on désigDmt sous le noui général ^'^uaqfs tes prefNriélés des Biosquées» résultats de feindatibns pieuses* Lorsque ces fondations étaient iailes en terres, dles prenaient le nom de ritâqs. Sôus la dom&natioa de laporte et des Mamelouks , œs fondalions présentèrent un oaractère remarquable f sy mptôue certain du peu de sécurité, qui entourait alors le dtroit 4e ^opriété. <2op(iine les ouaqfs étaient inaliénables ^ un gi^and ooiubre de propriétaires, vcHilant s'assurer, et ^rès leur mort aux itiembres de leur famille par eux désignés,, l' usufruit de jours biens eu lerres , <en firent la concessiou aux mosquées. GéUesrci leur en pE^yaient une reute^ et 4e la sorte ils avaicfiat un revenu sûfj qui n'offrait prise ni aux impôts, ni à la rapacité des beys. I^s avantages de ces dotations exerçaient une telle force d'attraction sur les propriétés, que le gouvernement^ pour empêcher que les constitutions d'ouaqfs ne iinissent par absorber toutes les terres, ordonna qu'-cUes n'âutaiait.pliis lieu sans son consentement. ^Les rizâqs les j)lus «ensidérables étaient devenus ipeu à peu ia (propriété desxibeiks influents^ qui en
jomsaient €« pldne séentité «ms lecouTert de fe loi qm protégeait eampléteinmit ks prq>riétés reKgîeuses.
Tel était l'étal de h pi epi lélé en Egypte , lorsqœ les Frasçdie s'empâvrèrenl de ce pays. Il8 soceédèrent dand la possesBÎon des terres aux droits du gouvtr^ nement antérieur, mais ils gémireot de ne poutbîr pas, à cause de l'état intellectuel et moral des populations égyptiennes, rendre les fellabs propriétaires;
10. Révolution opérée par Méhémel-AU. — Ce fut en 1806 que Mébémel- AU opéra la grande révolotioii territoriale par laquelle il est devenu propriétaire d'à peu près toute l-Égyple. On sait qu'è celte épo^ que il se fît représenter les titres des mouiteiims, et, usant du droit de propriété souveraine qui atait toujours été reconnu au gouireraement, les abolit. Néanmoins il Toulut ind^onunser les moultes^ims de la perte qu'il leur causait, fit éfahier les revenus de chacun d^eux , -et les leur paya minudlement sur son trésor; il leur kissa en outre viagèrement les terrains d'oussî^ , dont les titres forent biencM-» statés. Dans le principe, pour nièÂager les pvéjvgé^ religieux, il respecta les rizâqs ; mab il tes abolit plus t^,.se chargea lui-mâme de Tentr^en d^ culte, et ik aux cbèiks qui en étaioit possesseurs des pemioiis «inueUes. Il ne laissa 8id>sister des nouaqfs que ceux qui eonmiaient en maisons et en jardins. Cberehant dans la grande mesure i par 3a«quelle il is-'est aj^r^^prié le serf de l'Egypte un vastf^ aecroissm^nl de re^sourecSi le; vice-roi n'a pas
voulu d'ailleurs abolir toute propriété individuelle. Depuis quelques années, il a fait pour plus de 200,000 feddans de concessions de terres. Les propriétés en bâtiments ont été respectées par lui.
Après s'être substitué aux moultezims, Méhànet* Ali s'est trouvé directement en rapport avec les fellahs, et a organisé l'agriculture* Les fellahs sont payés à la journée ; leur salaire , en argent ou en nature, est évalué à une piastre par jour. Des terres leur sont assignées, et ils en demeurent les tenanciers , à moins qu'ils ne puissent pas acquitter l'impôt. Dans ce dernier cas , on les remplace par d'autres. On leur fournit les instruments aratoires et les bestiaux nécessaires à l'irrigation. C'est le mâmour du département qui indique au fellah la ;quantUé de sa terre qu'il doit affecter à chaque culture. Lorsque les récoltes sont faites, elles lui sont achetées aux prix fixés par le gouvernement. Le fellah dispose librement des céréales ; celles qu'il va vendre dans les villes supportent des droits proportionnels aux* quels celles qu'il consomme ou quMl vend sur les lieux de production ne sont pas astreintes.
41. Réflexions sur l'organisation actuelle de la jproprté/é. — Cette organisation de la propriété et des rapports du vice-roi avec les fellahs a excité les critiques amëres de quelques personnes qui jugent trop l'Egypte et ses habitants avec les idées européennes. Je m'étonne, de rencontrer ces récriminations surtout dans les écrits des Anglais, qui oublient, à ce qu'il parait, que le système des zé-
mindarSf qu'ils ont établi dans leurs possessions indiennes , est entièrement analogue à celui qui règne aujourd'hui en Egypte. L'expérience que les Français de l'expédition ont Êiite des fellahs , celle qu'il a été permis d'acquérir à tous les Européens qui dq)uis ont prolongé leur séjour en Egypte , prouvent bien qu'aujourd'hui le système de propriété réalisé par Méhémet-Ali est en lui-même le meilleur possi-* ble. C'est à lui qu'il faut attribuer les immenses progrès de Tagriculture , l'introduction de riches plantations inconnues jusqu'alors au sol égyptien , qui leur était éminemment propre, et l'augmentation rapide des produits. Livrés à eux-mêmes , les fellahs, naturellement indolents et n'ayant que des besoins si bornés qu'il est difficile à un Européen de s'en faire une idée, laisseraient tomber en décadence l'agriculture égyptienne. C'est ce système enfin qui a permis au vice-roi d'élever et de soutenir sa puissance et qui lui a permis de porter les revenus de l'Egypte de 35 millions, chiffre qu'ils atteignaient en 1799, à plus de 60 millions.
Je ne me dissimule pas qu'il y a de- nombreuses améliorations à introduire ; mais à ceux qui font un crime à Méhémet-Âli des défectuosités de l'état de choses actuel, je réponds : 1*1 que cet état de choses est de beaucoup supérieur à celui qu'il a remplacé ; 2* qu!il n'est d'ailleurs que transitoire et promet un riche avenir, un avenir heureux au peuple égyptien, qui peu à peu, à mesure qu'il se civilisera, sera admis à la propriété des produits du sol , dont
198 GOUVERIfBMCrtT, IHSTITfJTIONS ,
k constitution actudie a augme^iié !« nombre et la richesse. J'ajoute enfin que ce qu'il y a d' oppresseur dans cet état de choses durera tant que L'existence politique de Méhémet-Ali et de sa dynastie ne serai pas consaerée; qu^il sera infailKbleaient amélioré quand cette question de vie ou de mort sera réfiée, et qu'en attendant il est souverainement injuste de: Mre peser sur le vice-roi la responsabilité des conséquences d'une hitte entreprise et soutenue pour hil ravir le prix légitime de ses longs et glorieux ^ferts.
DU monopole;
£b quoi' il consiite. — - Son antiquité en Egypte. — Pourquoi il y est
nécessaire. ^
iA. En^pad il consiste. — Le monopole consiste dans le drmt que s'est réservé le gouvernement égyfh ti^, d'être le seul acheteur du plus grand nombre des produits du soi. On croit généralement qiie Je monor poie est étendu à toutes les productions de T Egypte. On se trompe; il est plusieurs articles et entre autres la i^upart des céréales dont le libre emploi est abaadonné aux fdlafas. Le monopole porte sur le ooèon^ le rix, la gomme, l'indigo, l'c^^inm , le sucre , ete«
43. San onHquité en Egypte. — Les ennemis de Méhémei-Ali ont pris le monopole pour tlième dns plus videntes accusations 4|u'ils aient dirigées conlre sa puissance*
RB&SO0RCE6 POLIflO^CB. 1611-
II j a eu ici de leur part, ou ignorance de F histoire <jte l'Egypte et des mœurs de ses habitants, ou mau*taise fot dans Tapplication de principes absolus, à de« circonstances dans lesquelles ces principes sont , au moins pour un temps donné , incompétents.
Sans doute, le système des monopoles est défi^o* tueux sous plusieurs rapports ; mais avant d'en ftén un crime à Méhémet-A-li ,. il allait considérer qÊlik ne Ta pas inventé, (pie ce système était suivi dans toof Tempire ottoman , où le récent hattiF^sehérif de Gui* Hanéaeu pour but de le détruire sans qu'il soit eerHaia' qu'il y parvienne ; que d'ailleurs il est pour ainsi dim inhérent à T Egypte, où il a existé de tout temps et porte en lui par conséquent un haut caractère de né^ œsMté. Après avoir esplîqtké les songes de Pharaon^; Joseph fut chargé de recueillir tous les produits et dé les distribuer au peuple pendant les années de disoiÉe« N'est-ce pas là le monopole ? Les historiens font hon» neur à Sésoslris d'avoir donné un moment à ses sujets le droit de propriété; n'est-ce pas une preuif (pi'ils ne le possédaient pas avant lui? Ce droit dis propriété n'a jamais bien pu s' acclimater en Egypte. <c Depuis la première invasion de l'Egypte, dit tum des auteurs du grand xHivraga de l'expédition (hm* çaise (1) , le droit de conquête a été l'unique base do son gouvernement* Les Perses , les Grecs et les S#« mains , les Sarrasins et les Mamelouks font eieteé successivement sans qu'aucune loi en ait jamais €i«^
(i) DescriptisB de l'Ègf^e^ t. x\u , ÉM SHNtoriie^ 9f sd> ^ i^-S».
conscrit Texercice. Si la jouissance de quelques portions du territoire fut quelquefois abandonnée au peuple vaincu, il ne fallut, pour faire cesser cette jouissance précaire, qu'un acte de la volonté du dernier conquérant. Tel est encore l'état de ce qu'on appelle ici les propriétés particulières ; elles restent dans la même famille moins par un droit de succès* sion que comme un témoignage de la faveur du gouvernement, qui conserve toujours la faculté d'en disposer à son gré. Ces propriétés ne sont, comme on le voit , que des espèces de fiefs amovibles , et par cela même inaliénables. »
! La nécessité du monopole , ou du moins la difficulté de le remplacer par un état de choses contraire, avait été sentie par l'administration française. L'idée dé diviser une partie du territoire de la Haute-Egypte entre les fellahs occupait néanmoins souvent le général Desaix qui ne put la réaliser (1).
14. Pourquoi il est nécessaire. — 11 est aisé de s'expliquer le fait si grave de l'antiquité du monopole , dont Méhémet'Ali, comme on vient de le voir, est loin d'avoir été l'inventeur. Le Nil, avec ses crues et ses inondations régulières , place l'Egypte dans des conditions toutes spéciales. Le fleuve livré à luimême n'arroserait que peu de terres, et toutes ses eaux -iraient se perdre à la mer. Il a donc fallu creuser de nombreux canaux, élever des digues, et cette œuvre immense ne pouvait être entreprise et ache-
(1) Description de TÉgypte , t. xvïi, État moderne , 2« éd., in-8«.
vée que par le gouvernement. Ces digues , ces canaux ne sauraient être entretenus par les habitants (surtout des habitants non civilisés) qui, préoccupés de leurs intérêts privés, perdraient de vue l'ensemble du vaste système de travaux publics qui vivifie le pays. D'ailleurs , la direction de ces travaux et des ouvriers, les fonds nécessaires et leur emploi, exigeraient des associations qui sont impossibles chez des hommes comme les Égyptiens.
Après avoir établi un système d'irrigations, le gouvernement devait faire cultiver par les fellahs les terres qu'il venait de féconder, dans le double but de se créer dés ressources et de répandre l' abondance dans les campagnes. Il donna au paysan des semences, des bestiaux, les instruments aratoires, et, en échange, il se réserva une partie des produits, ne pouvant pas s'en rapporter à l'incertitude des ventes. Voilà l'explication de l'origine et de la nécessité du monopole.
Si l'administration est bonne , sage , paternelle , elle n'exige du laboureur que ce qu'il faut pour compenser les dépenses qu'elle a faites et subvenir ailx besoins de l'État. Gomme partout, si elle est avide, elle opprime ; et si elle a beaucoup de besoins , elle fait peser beaucoup de charges sur ses sujets.
Mais, dira-t-on, ne vaudrait-il pas mieux laisser aux fellahs la liberté de vendre leurs denrées à leur guise, et percevoir les impôts en argent? On trouverait beaucoup de négociants qui achèteraient , et la concurrence tournerait à l'avantage du vendeur. Je
2tKi GOUVBBNBMÈÎfT, IW&TITOTIWfe ,
réjpond^ à celisi que les Arabes^ n^'â^aat pas 4'avdaices par derers eux , seraient obligés lé plus sou venl de vendre leurs produits atant de les a<?oir recueillis; alors ils auraient à subir les^ cdndilioiis les plus cmé^ reuses^ et à fépoque de la réeolle ib se Irouveraielit di^nryiis d)e la petite proTisïon que leur laissé le: monopole , et qui sufSt à leurs besoins. En un- mot, au lieu de payer une redevance an gouvernement , ils seraient pressurés par des particuliers , et FÉtat se" troHTerait souvent dans F Impossibilité de percevoir l'impôt.
Je sois loin , ai» reste, de donner le système du monopole eomme exenopt d'tneonvéniénts et nulle*ment susceptible d'ameHorations* Mais, à mon avis, il a«fii«tpa« 8ong«r à ren^ewr 4«fo.*ei. comMe l'étk de choses adud 7 il 'feue enf âttewtre^ tous les progrès qu'il tei est possible d'aeeoniptir. Dans Tin^ térêt ée la population, ce qu'à' y a, par exemple, dé plus naturel à faire , c'est d'exiger le moins possUrfé ded prolétaires' ^ptiens. Mim pour exiger peu , il fant avoir peu de besoins. Tout le seerel est là ; di-^ minuez donc les besoins auJQurd'bur exagérés du gouvernement ^ptien ; von% n*anres plus sujet d^ voufs plaindre de son monopole , il sera le pr^raiier à en réformer les abus.
RCSSOORCeS POLITIOUKS. ^Mtt