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important de leur métier; ils ne s'en rendent maii 1res qu'après plusieurs années depratique, et comme ils ne font participer à leurs travaux que leurs enfants ou leurs parents, ils le- perpétuent dans leur famille et ne craignent pas de le voir devenir Tapa-r nage de ceux de leurs compatriotes qui seraient ten^ tes de leur faire concurrence.
Les poulets éclosent environ de vingt à vingt-cinq jours après que les OQufs ont été placés dans les fours. Il y a, en moyenne , un cinquième d'œufs stériles. Dès qq'un mahmal est ouvert, ce qui a lieu dans le mois de février ou de mars, tous les habn tants du village vont y piorter leurs œufs ; on leur rend ordinairement cinquante poulets pour chaque cent d'œufs, la différence fait le bénéfice du propriétaire du fouri Bans la même journée on voit paraître k la fois, dans le même établissement, plusieurs dizaines de milliers de petits poulets. Les estimations qui ont été faites par les savants de T Egypte portent à environ 24,000,000 le nombre des poulets qui sortent annuellement des deux cents fours qui se trouvent en Egypte.
41. Préparation des fèves. — Les fèves qui viennent en Egypte en immense quantité se vendent publiquement dans les rues , après avoir subi une certaine préparation qui consiste à les faire fermenter deux jours dans Feau , et à leur donner un assaisonnement particulier lorsqu'elles ont germé.
42. Du vinaigre. — Il y a un assez grand nombre de fabriquas consacrées à faire le vinaigre ; celui que
INDUSTRIE^ CfOMMERCE. 30T
l'on extrait des dattes est le plus commun : on en fait aussi avec des raisins.
43. Distillation. — II y a an Caire un assez grand nombre de distillateurs qui font de Teaci -de-vie avee <les dattes et des raisins, à l'usage des chrétiens. Onr distille aussi de l'essence de roses,
44. Cafë. — Après avoir été brûlé dfiR»i|n plateau, le café est pilé dans un mortier de gramt creusé ei^ forme conique; deux ou trois ouvriers le broient d^kn^ le même mortier , en le frappant tour-à-tour d'ui* pilon du poids de cinq à six kilogrammes; ils accompagnent leur mouvement d'an diant rbytkmiqua, tandis qu'un enfant enfonce sa main dans le mortier, remue le café, la retire, en se guidant sur la mesure du chant et sans suivre des yeux les mouvements des pileurs. Les Européens témoins de cette opération craignent à chaque instant de voir broyer la main du jeune ouvrier; mais le sentiment de la mesure est inculqué de bonne lieure si profondément dans l'intelligence des enftmts égyptiens que l'on ne doit pas craindre d'erreur de leur part dans Je broiement du café. Dans les écoles, en effet, le maître les rend habiles à un exercice assez ridicule à la première vue , mais qui , sou« une apparence de singularité, cache une utilité réelle que Ton peut apprécier dans plusieurs des professions industrielles auxquelfeg se livrent les Égyptiens : il frappe de sa baguette sut une table, l'enfant doit poser la main sur le point que la baguette a touché et la re^ iirer aussitôt ; le mouvement devient plus rapide, les
doigts de l'élève ont à souffrir dans le principe de la vitesse avec laquelle le maître abat sa baguette ; mais bientôt, instruit à ses dépens et par l'habitude, il parvient à éviter en se jouant les coups redoublés que son grave magister fait pleuvoir en mesure sur la table.
45. Pâtissiers. — Nous avons dit que les Égyptiens sont très-friands de pâtisseries; les confiseurs (fatalery) occupeni un grand nombre de boutiques au Caire dans le quartier de Soukalieh. Les gourmands de basse classe vont manger de la pâtisserie dans les boutiques de ces fataterys.
46. Arts qui servent a vêtir : Filature. — Avant que Méhémet-Ali eût introduit les grandes filatures, le coton , le lin et la laine étaient filés au fuseau par les femmes et les hommes , et dévidés au moyen d'un tour simple et ingénieux. On conçoit qu'aujourd'hui cette industrie privée , qui ne se borne plus qu'aux besoins domestiques, ne doive avoir conservé aucune importance.
Avant que la grande industrie eût monopolisé tous les produits manufacturiers de quelque importance , on lissait également avec des appareils trèssimples, mais aussi peu puissants, des toiles de lin et de coton et des pièces de laine.
47. Feutre, soie / blanchissage de fils et étoffes , teintures^ lustrage^ broderies. — On tissait de môme quelques étoffes de soie; un assez grand nombre de fabricants particuliers s'occupaient de la confection
des larbouchs feutrés. La teinturerie des élofles était exploitée assez en grand, mais avec très-peu de perfection. Plusieurs ateliers étaient consacrés au Caire au lustrage et au blanchiment des tissus. Les brodeurs, qui avaient un assez grand nombre d'établissements, se distinguaient par le fini de leur travail , et l'élégance et la délicatesse de leurs dessins. Les* plus habiles étaient ceux qui brodaient en or et en argent sur le maroquin et sur toute autre espèce de peau.
48. Passementiers. — Les passementiers égyptiens sont très-habiles, ils font des cordons de coton ou de soie, des fils d'or et d'argent , des glands en soie , en argent, en or, etc.
49. Tanneries. — Les tanneries forment une industrie assez considérable ; les Égyptiens y suivent des procédés qui leur sont particuliers , ils tannent les peaux de vaches, de buffles, de moutons, de chèvres, etc. Ils réussissent très-bien dans la préparation du maroquin , qui n'est autre que la peau de chèvre teinte en rou^e , en jaune , ou autres couleurs, après avoir été tannée avec soin.
50. Cordonniers {saramalyl) ^ selliers. — Les chaussures du pays, les mess, les markoubs, les babouches , sont fabriquées au Caire. Dans le quartier de El'Baradeieh ^ au Caire, un grand nombre d'ouvriers confectionnent les selles de chevaux , de baudets , etc. Les sangles, les longes et entraves se fabriquent dans le Shoukalieh. Des broderies quelquefois élégantes ornent ces ouvrages.
S10 AGRICULTURe ,
5d« Tailleurs (khayhâtyn). -- Il y a au Caire des* tailleurs égyptien» en assez grand nombre ; ce sont 0UX qui confectionnent les habillements des indigènes* Ces tailleurs font même les habillements des femmes. Il y a également des tailleurs grecs et arméniens qui servent la tiasse élevée , et particulièrement les Osmaidis. Us sont très -habiles, et Mirtout dans fart d'appliquer les cordons en soie et en or pour en former des broderies et des dessins très-gracieux; peu de tailleurs en Europe seraient eapfiibles de les surpasser en ce genre.
52. Pelissiers, appelés /iirray». — Ce sont en général des Grées et des Arméniens. Le nombre n'en est pas très-grand, attendu qu'il n'gr>a que fes grands Meneurs et les ulémas qui portent delà fourrure.
{i3. ARTS QUI SERVENT A LOGER : JlkiÇOUS^ — LeS
matériaux que Ton emploie ordinairement à la construction des maisons, sont des briques cuites ou cruies , quelquefois des pierres de taille , le plâtre et la chaux.
Les briques , dont la matière est le limon du Nil ((plus ou moiufi mélangée d'argile, quelquefois sablonneuse), sont simplement séchées au soleil ou cuites dans des fours spéciaux. Les briquetiers font, l^urs opérations avec une très-grande vitesse*
Les pierres de taille sont fournies par les carrières du Mokattan ou par des décombres des anciennes constructions.
Les maçons brûlent la pierre destinée k faire de la chaux à peu près comme en Europe; ils l'étei-
INDUSTRIE, COlfMERCE. 311
gnent d'après les mômes procédés. Mais leur manière ide faire le mortier est très-imparfaite ; au lieu de le mêler avec le sable', qu'ils ont en si grande abontlance et en si bonne qualité , ils se servent de terre ^mélangée avec de la cendre des fours.
Le plâtre vient de Hélouan et de Bayad. Des ouvriers spéciaux s'en servent pour crépir l'intérieur des maisons. Gomme nous l'avons déjà dit, ils n'ont pas de gypse blanc , et emploient quelquefois de la 'chaux comme on ferait chez nous le plâtre.
La manière de construire des Égyptiens modernes n'a rien de ce caractère de solidité et de perfection qui distingue les travaux de leurs ancêtres. Les ma* tériaux sont de mauvaise qualité : ce sont des moel- Ions très-petits. Ils font entrer dans l'épaisseur des murs des traverses en bois , dans le but de donner de la solidité 9 et qui empêchent au contraire le mtir de se lier et de former on tout.
Ces maçons ont des .instruments très-rmparfaits : c'est une petite truelle en fer, très-étroite, qui ressemble à une spatule. Ils se servent très-peu de la règle , de l'équerre , des niveaux et des fils à plomb» Aussi leurs murs ne sont-ils pas souvent perpendiculaires et croulent avec la plus grande facilité. Il est pare que les portes et les fenêtres soient rectangulaires ou qu'elles ne soient pas penchées de côté. Ils n'ont ni précision ni le sentiment de la symétrie Les constructions se font presque toujours sans un plan arrêté. Ils ajoutent sans prévision une pièce à l'autre , et assez fréquemment ce n'est que lorsque
elle est faite qu'on s'aperçoit qu'on a oublié de lui donner de la clarté et de lui ménager des communications intérieures.
54; Tailleurs de pierres. — Il y a peu de maisons bâties en pierres de taille. Les musulmans ne visent pas à la conservation de leurs édifices ; ils ne semblent construire que pour le présent , et ne tiennent aucun compte des beaux modèles d'architecture arabe qu'ils ont sous les yeux. En conséquence, l'art du tailleur de pierre et de l'appareilleur ne doit pas ôlre très-répandu ni très-avancé. Les instruments des tailleurs de pierres sont très-grossiers ; comme ils n'emploient que du grès et du calcaire, ils éprouvent peu de difficultés. Cependant il en est encore quelques-uns qui taillent le granit. .
Outre les tailleurs de pierres, il y a encore des hommes dont la profession est de couper les dalles et de les poser. Ils sont appelés mouhayals. La toiture des maisons est confiée à une profession particulière. Les couvreurs attachent sur les chevrons des roseaux , et étendent sur eux une natte, sur laquelle ils étalent un enduit de mortier, que souvent on recouvre lui-même de dalles.
55. Forgerons. — Les instruments des forgerons sont très-grossiers. Le foyer de la forge est entretenu par un double soufflet. Au Caire la plupart jdes forgerons habitent dans le quartier dit elNaassyn ou des chaudronniers.
56. Charpentiers, menuisiers. — Les bois les meilleurs et le plus communément employés sont :
Tacaeia , le gommier d'Egypte, le lotier (nebka) et le sycomore. Les ouvrages de menuiserie que nous ont laissés les anciens Égyptiens prouvent qu'ils n'employaient pas de bois différents de ceux-là. On importe aujourd'hui beaucoup de bois de planches de Trieste, Venise , Livourne, de la Syrie et de la Caramanie. Les menuisiers égyptiens sont trèsadroits; ils n'ont point d'établis; ils travaillent à genoux ou assis. Le rabot dont ils se servent est semblable aux nôtres ; il en est de même de leur scie. Leur principal instrument, celui dont ils se servent presque pour tous les usages, pour entailler, fendre, frapper, arracher, est une herminelte appelée kadoun. De tous les arts , celui de la menuiserie est certainement le moins avancé. 11 est trèsrare que les Égyptiens fassent des assemblages à mortaises ; ils taillent leur bois en sifflet aux extrémités , et les fixent avec des clous , rarement avec des chevilles. Aussi leurs ouvrages sont très-grossiers et très-peu solides. Cependant les arsenaux et autres établissements créés par Méhémet-Ali ont eu pour effet d'améliorer cet art manuel en formant, sous la direction de maîlres européens , dos ouvriers qui sont aujourd'hui d'une certaine habileté.
57. Serruriers en bois {dobbeh). — Ils forment une section de la menuiserie, sont en assez grand nombre, attendu que la plupart des portes ne sont fermées qu'avec des serrures en bois. Ces serrures sont composées de trois pièces.
58, Tourneurs. — Les tourneurs en bois (el ka-
Mrraiyn) sont logés , au Caire , dans le quartier de Cbaraouy. Ils sont très-nombreux, car il n'est au- <îane des boiseries qui forment les fenêtres, les treillis sdes muscharabyèhs , des panneaux, etc., et qui ne soient composés de pièces de bois tournées. Les tourneurs sont les ouvriers les plus habiles de l'Egypte ,. et leur art est le plus avancé. Ils n'ont pas^ comme en Europe, de tours à établis; ils sont assis par lerre, et tout leur appareil consiste en deux poupées, •dont l'une est fixe, l'autre mobile. Cette dernière ^écarte ou se rapproche pour serrer entre deux pointes les objets à tourner. Quoique leurs instruments soient très-simples et très-imparfaits , la dextérité des tourneurs est telle qu'il n'est presque point d'ouvrages dont ils ne viennent à bout.
D'autres ouvriers tournent avec une adresse égale l'ambre ou l'ivoire 'pour faire des tuyaux de pipes.
59. Poterie. — L'art de la poterie est un de ceux qui sont connus en Egypte depuis la plus haute antiquité. On fabrique au Caire, comme dans le Saïd, plusieurs espèces de vases.
Nous avons déjà parlé de ceux qui sont les plus renommés, les bardaques, que l'on fabrique dans plusieurs endroits de F Egypte, mais surtout à Keneh . La finesse de l'argile qui est employée, l'élégance des formes qu'on leur donne en les façonnant , les parfums dont les fabricants ont l'art de les imprégner, la propriété dont elles jouissent de rafraîchir l'eau, sont les causes de la préférence des bardaques de Keneh. On fabrique encore dans cette ville des
jarres que l'on expédie au Caire en grande quanlilé. Leur transport dans cette ville a lieu d'une manière toute particulière. On lie ensemble, Touverture en bas, un nombre considérable de ces jarres, dont oa compose de grands radeaux , qui , semblables à nos^ trains de bois flotté, sont portés par le courant da Nil à leur destination.
La plupart des villes de T Egypte supérieure ont des fabriques de poteries plus ou moins grossières. A Mellaouy et à Monfalout , on fait d'immenses terrines et de grandes jarres employées comme baquets^ dans les indigoteries, les tanneries, etc.
Dans le village de Belled-el-Ballâs, on prépare des^ vases nommés ballâs, qui sont très-bien cuits et très-peu perméables. Les habitants des campagnes se servent d'une espèce de ballâ pour aller chercher Teau du Nil. On rencontre souvent les femmes du peuple qui les portent sur leur tête dans une attitude pleine de grâce.
Les poteries les plus communes sont fabriquées dans la Basse-Égyple. U y a au Caire, ainsi que dans plusieurs villages du Saïd, des ateliers pour la confection des noyaux de pipes. On fait dans la capitale quelques fingeans vernissées et coloriées (les poteries égyptiennes ne le sont pas, elles conservent leur couleur naturelle; les bardaques, par exemple, sont grises, la plupart des autres sont rougeâtres); mais les fingeans du Caire sont grossières ; celles dont se servent les personnes riches, de môme que
beaucoup d'autres poteries , viennent d'Allemagne et d'Italie.
60. Verrerie. — La verrerie est très-imparfaite en Egypte. On y souffle des ballons, des cornues et des bouteilles de qualité inférieure. Méhémet Ali a fondé à Alexandrie une fabrique de verres dont les produits sont équivalents à ceux d'Europe, et où l'on a confectionné toutes les vitres qui ont servi, depuis ces dernières années, à la consommation du pays.
On vient d'établir une nouvelle verrerie au Karyoum, à quatre lieues d'Alexandrie, sur le canal Mahmoudieh. Comme les approvisionnements de combustibles sont, pour tous les établissements industriels de l'Egypte , une question vitale qu'il importe d'assurer, on a l'intention de planter auprès de la fabrique du Karyoum une forêt considérable de saules et des espèces d'arbres qui conviennent le mieux au terrain égyptien.
61. Bijoutiers y orfèvres {el seydgh). — Les orfèvres occupent au Caire un quartier particulier. Les plus habiles sont réunis dans le Khan-Abou-Takyeh. Ce sont des juifs ou des cophtes. L'orfèvrerie est loin d'atteindre la perfection à laquelle ont conduit chez nous les exigences du luxe. Les bijoutiers qui se trouvent au Caire en grand nombre sont des Arméniens et des Constantinopolitains. Ils montent admirablement les pierres précieuses que leur confient les grands seigneurs turcs. Dans le quartier de Margouchj on travaille le corail et l'ambre, on en fait des colliers, des chapelets, etc., etc.
62. Armuriers. — Les armuriers ont au Caire le quartier de Souk-el-Selâh. Les uns ne s'occupent que des armes à feu , et les autres des armes blanches. Ils n'offrent, dans Texcrcice de leur art, aucune particularité remarquable. Les plus belles armes que possèdent les personnes riches viennent d'Europe. Les armuriers du pays se bornent à les réparer.
63. Nalliers {el hosz). — L'usage des nattes est si répandu en Egypte que l'on conçoit que leur fabrication doive occuper une quantité assez considérable d'ouvriers. On les tresse au Caire et dans le Fayoura ; celles qui sont les plus estimées sont faites avec des joncs appelés samar, que l'on recueille surtout près des lacs de Nalron. On teint ces joncs en diverses couleurs, et on forme, en les entrelaçant, des lozanges ou d'autres figures agréables à l'œil.
64. Industries diverses. Chibouquiers. — Les faiseurs de tuyaux de pipes doivent naturellement avoir beaucoup de travail dans un pays où tout le monde fume. Ces tuyaux sont ordinairement en ro-^ seaux, en bois de cerisiers ou en lilas, jasmins. On les perce au moyen d'un archet.
65. Barbiers. — Les barbiers égyptiens se distinguent par une adresse remarquable ; la manière dont ils rasent me paraît assez singulière pour mériter d'êlre connue des lecteurs, el, pour leur ea donner une idée , je ne crois pas pouvoir mieux faire que de citer la description exacte et pittoresque de M. le docteur Brayer, dans son excellent ouvrage :
318* AGRlCULTUIti:^
Neuf années à Constanlitwple (1). Les procédés des barbiers égyptiens sont entièrement identiques à cenx de leurs confrères de Stamboul :
« Dès qu'on a pris place sur le banc de bois qui règne à l'intérieur do la boutique, le maître vous offre une pipe, se met à préparer une tasse de café, ^t, deux minutes après, vous l'offre brûlante.
» Comme personne n'est pressé à Constantinople, il est d'usage d'attendre tranquillement, quelquefois même long-jemps, que le mattre barbier ou son premier kalfa (garçon) ait achevé de raser quelqu'un. Votre tour est-il venu ,. vous prenez la place de celui <jui s'en va.Vous vous trouvez alors avoir au-dessus de la tète une tige métallique fixée par un bout dans la muraille ou au plafond, et dont l'extrémité libre, recourbée, soutient un vase de métal en forme d'entonnoir percé d'un petit trou. Tandis que vous soutenez des deux mains sous votre menton un grand plat à barbe de métal étamé, circulaire et sanséchancrure , le vase suspendu vous laisse couler sur la tête un filet d'eau tiède dont le barbier profite pour frotter avec du savoa la tète, le visage et le cou. Si l'on a des cheveux , il les savonne et 1^ gratte plus longtemps, les peigne- pour ainsi dire avec ses ongles; puis avec une serviette il en absorbe l'humidité et vous enveloppe la tête d'une autre serviette bien 5èche.
» Enfin il se met en devoir de vous raser. La barbe
(i) Tom. I , pag. 439.
INDUSTRIE^ COMMERCE. 31ft
étant Inen humectée, il prend un rasoir d'assez mes^ quine apparence. Ces lames qui viennent d'ÂlIemagna coûtent à peine deuic francs la douzaine, mais au moycft d'une pierre: et d'un cuir ils savent les rendre excellentes. Le barbier pose son. pied gauche sur le banc, puis appuyant la tète de l'individu sur son genou^ couvert d'une serviette, il rase de haut en bas la joiie gauche; il passe de l'autre côté et répète la même opé-> ration, il se met ensuite en face et rase le menton, les; lèvres et les poils irréguliers qui peu ven t se trouver sur le visage. Si vous tenez à avoir des sourcils réguliers , il les rase de telle manière qu'ils sont parfaitement arqués. Les poils étant regardés dans le pays comme immondes , il enfonce les pointes de ses ciseaux dans l'une et l'autre narine , et les coupe; il clapote à plusieurs reprises de l'eau tiède dans les oreilles , enlève avec un petit instrument le cérumen délayé , et coupe les poils qui sont à l'entrée du conduit aurîculaire. Trouve-t-il une petite loupe, il l'enlève d'un coup de rasoir après toutefois en avoir demandé la permission à la personne intéressée. Tout cela se fais lentement, en causant, à plusieurs reprises, car si quelqu'un entre et que le barbier se trouve seul, il laisse sans façon la personne qu'il rasait pour offrir une pipe au nouveau venu et lui préparer une tasse de café. Pendant ce temps-là, l'homme à moitié rasé continue de fumer la pipe qu'il n'a quittée que mo» mentanément , jusqu'à ce que le barbier le reprenne. » Quand tout est enOn à peu près terminé, le petit apprenti présente un miroir pour que l'individu voie
si tout est à souhait. S'il ne trouve rien à dire, le barbier frotte entre ses doigts la mèche de cheveux que les Orientaux sont dans Tusage de porter au sommet de la tête , la ploie , la couvre du fès et pose par-dessus le turban ou le kalpak. L'opération dure de dix minutes à une demi-heure. »
66. Porteurs deau. — Comme F eau des puits au Caire est légèrement saumâtre, de nombreux marchands porteurs d'eau (sakkahs) gagnent leur vie en fournissant de l'eau du Nil aux habitants. Les uns transportent le liquide dans de grandes outres en cuir placées sur le dos de chameaux ou d'ânes , d'autres l'apportent eux mêmes dans des outres plus petites sur leur dos. Le cri de vente des sakkahs est : O puisse Dieu me récompenser. Pour une outre d'eau portée quelquefois d'un kilomètre et demi de distance , il obtient rarement plus de dix centimes.
11 est d'autres sakkahs qui se bornent à vendre de l'eau aux passants dans les rues. Un assez grand nombre vendent des breuvages divers, tels que ceux que nous avons détaillés en parlant des sorbets (1).
Il est plusieurs autres professions particulières en Egypte, telles que celles d'dmer, de chamelier j de marinier du Nil, dont je parlerai avec plus de détail dans l'un des chapitres suivants.
&1. Marchands. — Nous avons déjà parlé de la forme des boutiques. Nous avons indiqué les différents quartiers du Caire dans lesquels se trouvent les principaux marchands.
(i) Tom. II, pag, 9.
Dans la capitale de l'Egypte en effet , tous ceux qui professent la même industrie se réunissent dans la môme partie de la ville. On voit des portions de rues exclusivement occupées par les magasins aflfectés à un seul genre de commerce.
Les marchands égyptiens, nonchalamment accroupis sur une espèce de divan qui borde leur étroite boutique, sont bien loin d'avoir l'activité qui distingue les détaillants de l'Europe; ils ne font rien pour appeler à eux les chalands ; ils attendent la for« tune et ne vont pas la chercher.
Il y a au Caire des marchands chrétiens, juifs; arabes et turcs. Les premiers demandent toujours un prix beaucoup plus élevé que celui auquel ils fi^ nissent par céder leur marchandise; les Turcs, au contraire, sont, sous ce rapport, très-consciencieux; ils disent, tout d'abord, le prix qu'ils veulent avoir', s'y tiennent invariablement, et ne font aucun effort, aucune concession pour retenir les acheteurs qui demandent une diminution.