‹ Aperçu général sur l'ÉgypteChapitre 61 sur 110 · Importance commerciale de F Egypte. — 11 est · texte numérisé non relu

Importance commerciale de F Egypte. — 11 est

peu de positions géographiques aussi favorables au 11. ât

çppoYnepce que celle de T^ypt^î et môme, h ne voir h» €bQ$es quQ 4u point de yuq mw»evm\ , si uqq QOfilréQ i»4rUQ p^r ^Qn iipporifiiicfi $qu« g$ rapport 4e foroi^r uft état $oyiipi$ ^ une fdmÎPHtiiàUai^ iqdé^

pendante, c'est bien l'ÉgyptQ. P^r le port 4'Alei;aiivdrie wv h Médlterran^ , ellp rw^U tPUfil les articles du commerce du Nord et de l'Occident ; efloivne ella tient la clé de la p^rtiq orientali» de FÂ^iqqe, ell@ est 1q Qonfluept naturel d'une portion trèfirimpor*^ t^0t9 du CQntinepit africain ; ipattrçssQ enfin ^e déboucher par la mer RçfugQ dans l'Qçéan indien»

ç's»\ ^ eU? qu(9 doit revenir nn jour le transit de

Vînnm^nse con^nierce d^ TAsie méridionale, qqi

prend aujourd'hui nn^ route «i fillangée ppnr venir répandre ses richesses en ISurap^.

On m saurait parler d^ Xtgyi^t» commdraiale sans rapp^lei* que, c'est snrtout comme route de l'Inde, qne l'avenir lui réserve 4e hautes destinées; le canal du Nil h jSuez , ou tput autre mojfen de communioar tion entre la Méditerranée et la mer Rouge, ont été à diverses reprises le rêve de ses gouvernants. Jusqu'au quinzième siècle e}le fut l'intermédiaire des échanges entre l'Inde et l'Europe; et ce rôle lui appartient si naturellement qu^i lorsque les Portugais eurent ouvert la route de l'Atlantique, l'un des hûmmes qui contribuèrent le plus à fonder lepr puissance asiatique , Albuauerque , voulant assurer éternellement à sa nation les avantages qu'elle venait d'acquérir, conçut le projet audacieui( de détourner le Mil, pt de conduire ses eaux dans la mer Rouge,

^ûn d'epleyer à jaix^aîs à T Egypte la youtp ^e Vlx^^pi il ^'e$t pas ua fiomiue de géqie qui n'ait grofqn4ér içept apprécié cotte p^sîUlQfi uqiqu^. C'est p^rqe qu'il 1'^ C0ïnpn§, qn'-^lçj^andrp fonflft en Egypte ^|i part 4e mer ^uqupl i\ déléguîf Théri^jge ^e Tyr. Ç^ç mptif qui entrains^ N()poléoi| 3ur l^s ^qrd§ 4^ Ni| fut si|rtout çooornQrcial. Ce graad homme yç(Mm( enrapîr ner en Egypte une pépinière de négociants français; îl savait bien que du if^Q^ei^l 9\\ ilç lieraient d^ns le yésieai| de leuri^ qpér^lion^ l?\ flaer ^^ouge à la Méd|itf r?

rsPée , le m9nppQ|e iRà9•^r4ta«niq^e m?}^ Mm^'

fflÇfltent^Rîp,

A mon av|s, cette position da VÉgypiâ, précisément parce qu'elle est si impartaute sous le rapport commercial et qu'elle a été de tout ten^p^ si cqqvqÎ: tée, ne doit être laissée qu'à une puissance indépeUT dante et foncièrement neutre, comn^p l'est naturel: lemept le coipmerce, comme doit l'âtre tout cç qui toucha à ses intérêts.

60. Articles qui composent k commerce de l'Egypte. — Napoléon a tracé dans ses Mémoires une esquisse rapide du commerce de l-Égypte ; elle lui est encore applicable, sauf quelques traits, et pour donner de ce commerce une idée générale, je ne crois pas pouvoir mieux faire que dé la citer ici.

« L'Egypte prQduit ep abondance dp blé, du riz et des l^i|mes. Elle était le grepi^r de Romç : ^\^ est encore aujourd'hui celui de Constantinople. Elle produit aussi du sucre ^ de l'indigo, du séné, de la

casse, du natroiii du lin, du chanvre (1); mais elle n'a ni bois, ni charbon, ni huile. Elle manque aussi de tabac qu'elle tire de Syrie , et de café que l'Arabie lui fournit. Elle nourrit de nombreux troupeaux, indépendamment de ceux du désert, et une multitude de volailles. On fait éclore les poulets dans des fours, et l'on s'en procure ainsi une quantité immense.

» Ce pays sert d'intermédiaire à l'Afrique et à l'Asie^ Les caravanes arrivent au Caire comme des vaisseaux sur une côte, au moment où ou les attend le moins, et des contrées les plus éloignées. Elles sont signalées à Giseh , et débouchent par les Pyramides. Là on leur indique le lieu où elles doivent passer le Nil, et celui où elles doivent camper près du Caire. Les caravanes ainsi signalées sont celles des pèlerins ou négociants de Maroc, de Fez, de Tunis, d'Alger ou de Tripoli, allant à la Mecque, et apportant des marchandises qu'elles viennent échanger au Caire ; elles sont ordinairement composées de plusieurs centaines de chameaux, quelquefois même de plusieurs milliers , et escortées par des hommes armés. Il vient aussi des caravanes de l' Abyssinie , de l'intérieur de l'Afrique, de Tangoust et des lieux qui se trouvent en communication directe avec le cap de Bonne-Espérance et le Sénégal. Elles apportent des esclaves, de la gomme, de la poudre d'or, des dents d'éléphant, et généralement tous les produits de ces

(1) H faut ajouter aujourd'hui en première ligne le coton.

pays, qu'elles viennent échanger contre les marchandisesd'Europeetdu Levant. lien arriveenfin de toutes les parties de T Arabie et de la Syrie, apportant du charbon, du bois, des fruits, de Thuile^ du café, du tabac, et en général, ce que fournit Tintérieur de rinde. »

70. Importations et exportations. —Le commerce actuel de l'Egypte, quoiqu'il eût besoin de la paix pour prendre tout son essor, possède encore une très-haute importance»^ Il demande à l'Europe des tissus, des bois de construction, du fer, de la quincaillerie , du papier, des drogueries et des denrées coloniales, etc. ; en échange, il lui envoie du coton, du riz, des céréales, de l'indigo, de l'opium, etc.

On se fera une idée de la valeur de ces échanges par le résumé suivant des importations et des exportations en 1836, évaluées approximativement.

Importations.

Tissus de coton fr. 16,000,000

Draps 3,500,000

Bonnets l,800,00tf

Tissus de laine 2,000,000

Id. de soie 2,300,000

Bois de construction 9,000,000

Fer en barres et fil de fer 4,000,000

Quincaillerie et coutellerie. . • • 2,500,000

A reporter, 41,100,000

^ àisftlcbLTéhi ,

I^piér. .;;;..: i i . 4,Db(),00d

Di^èé èl épieHè; ; ; . ; i . i, 500^000

Chârbàii ÛH téWë et de bôlS; . ; > i, 300, 000

CoicBëhilië. . ; i . ; i ; ; i 1,100^000

Sucre 666^000

Verreries et places» i . . i < * OiOjOOO

Huiles. ; i s . i i i w ». . 770jOOO

Vins et liqtteon; . . i . -. i . 710,000

Autres nafohitndises. . , i . . 3,000^000

tôVai. .... 5O,786,00«

Coton». 24,000,000

Riï. .»....; k .. . 4,00à,000

Gommes. . . 3,000,00d

Tissus de lin d, 641 ,000

Céréales v . . 1,625,000

Indigo 1,600,000

Soude 1,580,000

Pattes . 1,200,000

Légumes secs 1,000,000

Opium 900,000

Henneii. .......... 600,000

Autres marchandises 1,000,000

Total. . V . . 42,14ft,00d

H n'est question dans ces tableaux que des rapifMiirts àd l'Êgyjfté »tèc l'Europe. Voici , en y corn-

INDUStRIE) COMMERCE. 8S3

prenant ses relations avec la Turquie , le tableau du commerce général d' Alexandrie.

Provenances et desUnatloiis. Importations. Êxportâiions. Cëmmêrici

tot^.

Autriehe 15,800,000 14,500,000 S8,500,0(K^

Turquie , i2,700,00() 12,100,000 24,80(i,Wl)

Angleterre 15,160,000 5,400,000 20,560,0<*

Franoe 8,800,000 10,800,000 16,660,000

Toscane • 10,260,000 5,150,000 15,590^

Syrie 2,800,000 6,200,000 9,000,000

Éârbârie 4,50Ô,ÔOÔ 1,500,000 6,0dd,0()b

Grèce. . ;...... 1,560,000 820,000 £,180^00e

Belgique et Hdlande. 550,000 500,000 650,00^

Suède 117,000 » 117,-009

Autres contrées. . . . 150,000 450,000 500,000

Totaux. . . • 66,977,000 54,900,000 12i,877,00()

En 1886, !e commerce d'Alexandrie a employé é rimportation 1235 navires , jaugeant 153,148 Mn^ neaux; à Texportation , 1147 navires et 134,000 W»^ neaut.

71. Cbmti^eè deà mmmnei. ~ Le cotottiei*e total de FÉgy^te par la mer Ronge et pair caravaiiefc est évolué à etlviron dit ttiillions. Tous les ans tittè capavane venant de l'Abyssinie arrive au Caire ^ M elle apporte beaucoup d'esclaves noirs , dcB dents d'éléphanl, des plumes d'autrache, de la pondre d'or, de la gomme, etc. Gne autre caravane, se fw*^ mant dans le royaume de Maroc pour aller à la M^èê- <)ue en pélet^inage , suit les côtes de ia Méditerranée^ prend les pèlerins d'Alger^ de Tripoli, de Tunis^.et^;) et arrive par le désert à Alexandrie , avec envirofi 4,000 chameaux. De 1& ^e va aa Caire, oft elle. 6^

réunit à celle d'Égy pie, et toutes deux partent pour la Mecque au mois de février. Le Caire perçoit des droits de passage sur les marchandises et les pèlerins. H arrive aussi de temps en temps de Damas quelques petites caravanes qui portent des étoffes en soie et en coton , de Fhuile et des fruits secs.

72. Établissements commerciaux européens.-- On compte aujourd'hui à Alexandrie quarante^quatre' maisons de commerce européennes. Il n'en existait que seize en 1822. Parmi les établissements existants, il en est treize français, sept anglais, neuf autrichiens, huit toscans, deux sardes, un suédois, un danois, un hollandais^ un prussien, un établissement du nouvel état grec; il y a en outre six né-gociants musulmans et quatre négociants levantins. Grecs catholiques. Au Caire, il est peu de négociants qui travaillent pour eux-mêmes ; il ne s'y trouve guère que des agents des maisons d'Alexandrie. On y compte un établissement anglais, neuf autrichiens, quatre toscans, deux sardes, deux grecs, dix rayas levantins, et soixante-trois petits négociants, turcs, mohgrebins et égyptiens.

73. Réflexions. — Sous la domination des Mamelouks ^ l'Egypte était loin de produire autant qu'aujourd'hui. On le comprendra aisément si l'on songe aux soins que Méhémet-Ali a donnés à l'agriculture: il a introduit sur le sol égyptien de riches cultures, auxquelles il est éminemment propre ; telle est surtout celle du coton, qui forme aujourd'hui la principale branche des exportations.

L'importation s'est aussi considérablement accrue. Les nouveaux besoins de T Egypte de Méhéniet-Ali expliquent ce progrès. Il faut en effet aujourd'hui d'immenses approvisionnements pour les arsenaux , pour les fabriques 9 pour les écoles, pour les administrations, et principalement pour la nombreuse armée que le vice-roi tient sur pied.

Ce qui manque à l'Egypte afin que sa prospérité commerciale devienne tout ce qu'elle peut être, c'est la paix. Si, sous la haute garantie des puissances européennes, le nœud gordien du différend turcoégyptien se dénouait définitivement, l'agriculture gagnerait des milliers de bras , le budget du vice-roî serait dégrevé d'une forte partie de sa plus grosse dépense; ce serait un double profit pour l'Egypte d'abord, et ensuite pour les puissances européennes, qui ont leurs intérêts commerciaux liés aux siens.

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