EN EGYPTE
Les sciences dans ranliquUé et sous les Arabes. — Période des califes , ' -—dès Aklbêlouks. — Renaissance des lumières soiîs lAébSmét-Âll.^
MIsskAi égrpti^Rne à Paris. — FMdaiioB des éeeles; — Mlnlitère^t
organisation de l'instruction publique.
i. Les sciences dans l'antiquité et sous les Arabes. — L'Egypte fut le berceau des sciences. Elle en conserva le dépôt même après la conquête des Perses. On sait que la plupart des Grecs illustres, Py thagore, Hérodote, Platon, Aristote, vinrent la visiter dans cette période et lui empruntèrent, les uns des idées philosophiques et religieuses, les autres des faits et des systèmes scientifiques. Lorsque les écoles grecques eurent perdu leur éclat, l'école d'Alexandrie s'éleva et devint te foyer des lumières du monde. Le géomètre Ârchimède, l'astronome Ptolémée; des philosophesi
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Jambiique et Plotiil ; des médecins , Hiérôphilé j Érôsistràte, Galieh, etc., riUustrèrent depùfe rfr^ poque des Ptolémées jusque vers le vi^ siècle.
Lorsque les Arabes envahirent TËgyple , province dii Bas-Ertipité , elle participait à Sa décadence. Lï phrase pab lat}ueUe le tcalife Omat* bidonna à Amr6ti de brûlet* la bibliothèque d'Alexandrie est dfeVétitié ferhelise. Peut-être d'ailleurs la peMe de bette bîbliotliëque, remplie de livres de scolaslique et dis théologie subtile, est-elle moins regrettable qù'bti ne Ta généralerhent supposé. Plusieurs livlres prê-* cieux ont échappé à ^a destruction; tels sbnt l'eS ti\ï* vrages d'AriStote, d'Hippocrate, de Galien, et teS éléments de géométrie d'Euclide.
2. Période deè calife^. — Les premiers siècles Aè )a domination des Aràbiss démentirent lés cralntèà qu'aurait pu faire concevoir le fanatisme de lëufS conquérants. Là J)érîodè deis califes est une des plus belles dont les fasleS dés sciences, des lettres, dtiS arts, aient gai'dé lé sdUvenîr. Les nomS de Hàrontiel-Raschid, d'fel Mamoun, d'el-MansDUt*, sont dfevwitté illustres parmi teux dcS Souverains qui ont prdtëgè le développement des lumières. Ces califes firéflt traduire en arabe, par des ehrétîens et des juife de leurs états , les ouvrages scientifiques les plus ihiportants ; et, quoiqu'on ait donné peut-être trop .06 lustre poétique à là civilisation arabe de cette éf)oque, il faut reconnaître que, outre de magnifiques monuments et des ouvrages littéraires très-renlàr-
qifabtes, nous liii devans les premières décocrtel^tes
de la chimie, les premiers éléments de Talgébre, des pr(^rès en ndécanique , les cadrans solaires , les montres, les orgues, elc.
3. Période des Mamelouks. — Avec les califes croulèrent les institutions scientifiques qui avaient fait la gloire de leur domination. Les dynasties qui occupèrent le pouvoir après eux, trop peu solidement assises, laissèrent dépérir la culture intellectuelle. Les sultans qui furent les précurseurs de l'oligarchie des Mamelouks ont laissé quelques monuments d'ar-
chitecture; ceux-ci, pour lesquels il n'y avait pas d'autre science que celle du maniement des armes , pas d'autres occupations nobles que les exercices du corps ^ secondèrent les rapides progrès que fit l'Egypte dans la barbarie et l'ignorance. Sous eux , il n'y eut plus à peu près qu'une étude , ce fut celle du Coran ; les sciences et les arts les plus utiles furent délaissés; la médecine fut livrée au plus grossier empirisme ; les Égyptiens perdirent tout souvenir, même vague, du passé de leur pays. Lors de l'expédition française, étonnés de la curiosité avec laquelle nos compatriotes allaient visiter les pyramides, ils s'imaginèrent qu'elles avaient été construites par un peuple dont les Francs étaient descendus. Auparavant ils les prenaient, hormis les plus savants, pour une production de la nature.
Le peu de science qui se trouvât en Egypte était monopolisé par les ulémas, lis s'instruisaient au Caire, dans la mosquée d'el-Azar , où l'on enseignait la philosophie d'Aristote, les règles de la langue
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arabe, récriture, un peu d'arithmétique, l'intcrprétalion du Coran, riiistoîre des califes, elc. Ils n'avaient que des notions fausses sur les principes élémentaires de la cosmographie et de la géographie.
Les trois années de l'expédition française, qui rapportèrent à la science une si riche moisson, ne furent pas suiQsantes pour laisser se développer parmi les' indigènes égyptiens des germes d'instruction.
4. Renaissance des lumières sous Méhémet-Ali. — C'était à Méhémet-Ali qu'il était réservé de réintégrer la science dans une contrée où elle avait fait ses premiers progrès et porté de si beaux fruits. Appréciant dès le principe les avantages de l'instruction , le vice-roi créa, au commencement de son règne, quelques écoles qui n'eurent pas grande importance. Plus tard il comprit que c'était à l'Europe qu'il fallait aller demander l'initiation aux progrès scientifiques, et alors il envoya en Italie et en France surtout plusieurs jeunes musulmans pour y faire leur éducation. Parmi eux se distingua Osman-Effendy- Noureddin, qui, après avoir passé quelques années dans notre pays, fut placé à la tête du grand collège de Kasr-el-Ain, et fonda l'école d'état -major de Kanka en 1826.
5. Mission égyptienne. — En 1815, au rétablissement de la paix , M. Jomard , ancien ingénieur de l'armée d'Orient et alors commissaire du gouverne* ment pour la publication des découvertes de l'institut d'Egypte, s'adressa au consul de France, à Alexan-
drie, pour continuer les recherches scientifiques et historiques faites à Fépoque de l'expédliion , et der yina dès lors tout ce que Ton pouvait attendre de Méhémet-Ali, pour réveiller en même ternps les ger-r ipes déposés sur les rives du Nil lors de ce m^ipofable événement. Son intention était de rattacher à l^ France ce pays classique et ^e lui lier celui-ci par 1% reconnaissance, en lui fournissant des moyens d'instruction et de développement moral. De toutes 1^^ yqies d'amélioration et de civilisation, le piqs efQcace était l'instruction des indigène^. Le gouverneinpnf égyptien était naturellenient disposé à Teipployer.
Pen()ant le séjour d'Osman-lSourreddin en France, If. Jomard lui fit part d'un plan qu'il méditait po^r arriver à ce but. Ce plan fut mis à exécution ei^ 482Q. Le viccrroi confia à M. Jomarcl une première mission 4ç quarante-quatre jeunes geps, Osnaq^lis, Arménjeqset Égyptiens. Je nepuisps^s f£)ir^ ici Vhi^tpjredQ (îe|.te pjfpédition d'un genre nouveau ; je me contenterai de dire que le directeur de |a mission égyptienne , au bout d'un ou deux ans, avait Qbteni\ 4'si$sez heureuse résultats pour mettre onzç des éjpvos en état d' étudier l'administration militaire , civile I ^t h diplomatie ; huit^ d'embrasser la Tparine , le génie militaire et l'artillerie; deuXy la médecine et la p|iirurgie;cm5^, l'agriculture, les mines, l'histoire naturelle; quatre ^ les arts chimiques} quatre y l'hydraulique et la fonderie des métaux -, IroiSj h gravure ft la lithographie; w», l'art de traduire; et ww, l'ar-
efeitcpiure. Cinq s^utres retpurnèrent ppnr e^yse dp
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$apté Qy (défaut d'apUlude- ll^pui$ optle époque^ de; nQQveaux élèves sont y^us presque chaque anpée sq iftîn(lreauxpre«iiçrSîD0l^27à 1833, il en est %mH epvwpn spix^plç, J^ plflpîjrt fellahs, dqnt qqara^fft 4^tinésauxart$ipécaniqqes, et douze, 1^ lamédepiaq ^t la pharmacie, que je conduisis moi-même 4 V?^^9i^ 4 ççs élèves, il fsint ajouter ^^rp/ :$lhiopiens et trahi sujets 4e di$tinelipn arrivés cette année, ce qui AiU en total cent quatorze. QuqI^ résultats a produits cette p^issipn? San^ prétendre que tous \^s élèves aien^ égalen^ent profité, on peut assurer que la proportioi^ 4e cen? qui qpt rénssi pi été plps grande qn'pn no rpbserye çonopiunénient. {^essuçcè^ ont été çqn^tat^ par dps examens pul;)lics. Plusjeurs élèyesi on t subi ^vfiQ distinction les épreuves de nos écoles savantes çt e^ sont sortis licenciés et(]pp(eurs-ès-sciences, dpctenrji çn fnédecjpe pt pharmaciens. Nous ne ppuvpniî piter q«'B» petit npn)l)re de norns. Cette diptinçtipn Spr-î yjra ^e ?tirnHlant pqnr tqn» les aulrps, 4 h têtP, pii ^qit noiBRer 4bdjTBpï et Mquktar-Bpy, guppesgiYPi Ifignt pyési^ent dH cqngpij-d'ét^t, ministre dp Hnfc truçtion, et î}a§fs$|nBpJ?, ffWstre de la W^iriqq} Ar? tJïn^Rey et ïibfi^r^Vrpffen^j , prpmiei? pt (}pH«ièmd
spcr^tairpsîpterprptppfm vicp-rpi; Epayurfiey , dire»?
teur de la fabrique de salpêtre ; Estpfan?lËifpn4y % membre du conseil-d'élat; le Cheykh-Refah, professent d'bistpire et de géûgrapbje, directeur du collège de traduction; Nazher et Moustapha-Makrouzy, ingénipurs; Mohammed-fiayqi^n , professeqr 4p fî^^th^-! niQtiques; d^ssan-Ouarclan , MqhammedrMqnr^d pt
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Mohammed-lsina^l, graireurs, peintres et professeurs de dessin ; Achmcd-Yousouf, directeur de la Monnaie, le même qui a visité les sables aurifères de Fazoglou et les mines du Mexique ; Mohainmed-Nafy , Aclimed- Racbydy et dix autres médecins-professeurs à l'école de Casrelain ; Husseyn-Rachydi, chef du laboratoire de pharmacie; sans parler des artilleurs et mèoie des employés de fabriques, des agriculteurs , etc;,' dont plusieurs se sont distingués. Ces sujets font près de la moitié du nombre de ceux qui sont restés en Egypte, et ont survécu. Outre les services qu'ils ont rendus et qu'ils rendent journellement, un autre résultat important pour la France a été obtenu de cette mission, c'est de répandre en Egypte la langue et en même temps Tinfluenco françaises. Ainsi, d'une part, Méhémet-Ali n'aura pas à regretter les sacrifices que lui a coûtés cette institution , et la France sera récompensée des soins qu'elle a donnés à l'instruction de la colonie égyptienne. Sa généreuse hospitalité sera payée en reconnaissance et en affection, ainsi qu'en estime pour le caractère national; et M. Jomard, qui, par son zèle, ses soins, son dévouement , aura tant servi à produire ces résultats, aura bien mérité de l'Egypte, de son pays et de la science (1).
(i) Je saisis cette occasion pour rendre à M. Jomard les éloges qui lui sont dus sous un rapport également honorable. Le gouvernement égyptien voulait le récompenser de ses peines^ de ses travaux; ce généreux savant a opposé un refus diclé par la plus nohle délicatesse à Toifre du traitement important qu'on le pressait d'accepter.