Affections de poitrine. — Si l'on trouve en
Egypte des maladies qui ne sont propres qu'à son climat, il en est d'autres qu'on n'y rencontre que bien rarement. De ce nombre sont les afTections de. poitrine de toute espèce : la pneumonie, la pleqré* sie et la phthisie pulmonaire. — Ce que nous disons de la phthisie a de tous temps existé pour l'Egypte; et Pline nous apprend que les Romains se rendaient dans cette province pour obtenir la guérison de cette maladie ou pour en prévenir le développement. Nous avons pu nous-môme nous convaincre de cette vérité j et, pendant une pratique de quinze années dans le pays, nous n'avons rencontré qu'un très-petit nombre d'indigènes qui nous' aient. offert des symptômes de phthisie pulmonaire; encore n'oserions -nous pasf affirmer que ce fût véritablement la maladie que nous désignons, à cause de l'impossibilité où nous avons été de faire des ouvertures de cadavres.
La phthisie pulmonaire est encore plus rare dans la Nubie, le Sennâr, l'Abyssinie, qu'elle ne l'esi en Egypte. Toutefois , les peuples de ces différentes pro-* vinces , transportés de ces dernières dans d'autres régions plus tempérées, y contractent souvent des affections de poitrine, et, parmi les Abyssiniens et les Nègres qui se trouvent en Egypte , un grand nombre succombe chaque année à cette maladie. — D'un autre côté , les différents peuples étrangers qui habitent l'Egypte et qui sont originaires de climats plus sep* tentrionaux, tels que les Turcs, les Grecs, les Français, les Anglais, les Allemands, les Italiens, etc., semblent jouir de l'immunité des indigènes. Je ne
trouve ordinairement à la suite de la cérébrite, de rinQammation des méninges, etc.
32. Affections mentales. — Malgré la température élevée du climat d'Egypte et le caractère générale^ ment mélancolique des Égyptiens, — ce qui lient peut-être à leur tempérament bilieux et à la prédominance chez eux du système hépatique, — les affections mentales sont très-rares dans cette contrée. Au Caire, qui renferme environ trois cent mille habitants, on ne trouve pas plus de trente à quarante fous des deux sexes. Je ne comprends pas dans ce nombre quelques idiots qu'on rencontre dans les rues ou accroupis devant les portes, et qui , connus sous le nom de santons ^ sont parmi les musulmans des objets de respect et presque de vénération.
Si la proportion des fous, com4)arés à la population générale, est beaucoup moins considérable en Egypte que dans les diverses contrées de l'Europe, ce Vaît doit cpnflrmer l'opinion des hommes qui prétendent que les maladies de f intelligence sont plutôt l'effet des affections de l'âme, des peines de l'esprit et du cœur , que celui des lésions physiques de l'encéphale. En Egypte, comme dans tous les pays de l'Orient, l'amour de la gloire, l'ambition, la jalousie, sont des passions peu communes et qui ne s'adaptent point à l'organisation ni aux mœurs des peuples de celte contrée. Toutes leurs passions se concentrent vers la religion : aussi la monomanie religieuse est-elle la seule qu'on y observe presque exclusivement.
33. Affections nerveuses. — Ces affections sont très-rares en Egypte, bien qu'une infinité de conditions sembleraient y disposer , parmi lesquelles il faut citer le tempérament des habitants , le peu d'activité de leur vie et l'espèce d'isolement et d'immobilité auxquels sont condamnées les femmes d'É-
gypte.
Ainsi l'hystérie, les convulsions, la migraine et les névralgies de toute espèce sont très-peu connues en Egypte.
34. Rhumatismes. — D'autres affections assez rares sont les affections rhumatismales. Cependant on a quelquefois occasion d'en observer, bien qu'elles soient moins nombreuses que le climat d'Egypte, son humidité et les transitions de température qu'on
y éprouve devraient le faire supposer. Mais on conçoit comment les rhumatismes n'ont jamais beaucoup d'intensité, parce qu'.^ côté des causes qui les ont fait naitre s'en trouvent d'autres propres à les enrayer dans leur marche, et que, dans le climat dont nous parlons, la transpiration se rétablit avec autant de facilité qu'elle se supprime aisément.
35. Goutte. — Mais une maladie inconnue en Egypte, c'est la goutte-, jamais, dans ce pays, on ne rencontre cette affection: et cette particularité est une preuve nouvelle que les causes qui donnent naissance à la maladie dont nous parlons ne sont point celles qui produisent les rhumatismes. Si les Égyptiens sont exempts de la goutte, cela tient sans doute à leur sobriété, à la petite quantité de nourri-
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it]i*e animale qu^ils prennent et à i*abâttliéhce des boissbns alcoblique^.
36. manos. — 11 est une autre âffebtldtt qll*Ôtt fcrolraît rencontrer rréquemtHént en Êgyptôj, pàfôë (jumelle est propre surtout aux cliitiàU bhàUdâ^ je veux parler du tétanos. Cèpettdànt cette ihàlàdlô y est très-rare; et, pendant quinze années de ^èjéU!^ dan^ le pays, au milieu d'hôpitaux o\ï j'ai eti Oôba- Sîon d'observer de nombreux bleSsés, je ft'aî féttcontré que deux cas de tétanos traumaliqué. lé ttë Tat jamais vu se développe^» spohlârtéttiëht.
37. liage. — Une chose qui semble ëgalertiêîflt Sitraordîhaire, c'est que la ragé soît tôtàlettiéiit Inconnue en Egypte, dans un payé brûlàttl, doût léS Villes renferment une quantité de chiëhs côttisidèràble, qui sôulifrent soilvent de la fàirta et de là âôif; — A aucune époque on b'â observé IMiydifbphôbié ''sur les hommes ni les animaux.