‹ Aperçu général sur l'ÉgypteChapitre 85 sur 110 · II · texte numérisé non relu

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les moyens d'arroser en lout temps la valeur de plus (le quinze cent mille hectares de terre; ils dispenseront de l'usage de plus de vingt-cinq mille sakiebs qui demandent chacune le travail constant de deux bœufs et d'un homme, ce qui fait une économie de vingt-cinq mille hommes et de cinquante mille bœufs. L'élévation des eaux du Nil et leur écoulement facultatif par des déversoirs permettraient d'établir des chutes, par conséquent d'employer la puissance hydraulique pour la création d'usines, et de donner une impulsion plus grande à l'industrie égyptienne. Tous les heureux effets de l'exécution des barrages avaient si vivement frappé le vice-roi, qu'impatient de les voir achever, il avait déjà fait mettre la main à l'œuvre et réunir des machines sur les lieux -, mais la guerre et les préoccupations politiques, en absorbant toute son attention, ont dû faire suspendre ces beaux travaux , et remettre à un temps plus tranquille de les continuer et de les mener à fin.

18. Opinion et plan de M. Cordier relativement aux barrages. — La question des barrages étant la plus importante que puissent soulever les intérêts matériels de l'Egypte, puisque sa solution en assurait inébranlablement la prospérité, on conçoit que j'aie dû de* mander sur elle leurs avis à tous les hommes compétents qu'il m'a été permis d'approcher. J'ai été assez heureux pour obtenir, sur ce point, l'opinion d' un des ingénieurs les plus distingués de la France , M. Cordier, députç du Jura, qui a exécuté d'immenses

travaux hydrauliques sur le Rhin, TEscaut, etc, Quoique le projet de ce savant ingénieur soit différent jle celui de M. Linant qui a pourtant réuni de très-honorables approbations, je m'empresse de le faire connaître à mes lecteurs; sans m'établic juge d'ailleurs sur des matières qui me sont étran-* gères, je regarde comme une très-bonne fortune pour moi de pouvoir donner Topinion d'un homme aussi compétent que M, Gordier. D'autant mieux quç la solution qu'il propose, promet d'immenses avantages avec des économies si considérables de temps^ d'argent et d'hommes, que, s'il ne doit pas rencon^ trer d'objections, ce projet sera la fortune de l'Égypte, et pourra en très-peu de temps commencer, pour ce pays déjà si favorisé de la nature , une ère toute nouvelle de grandeur et de richesse.

Je crois ne pouvoir mieux faire que de laisser ici parler M. Gordier, qui a eu la bonté de me donner les notes suivantes :

19. Concluions auxquelles doivent satisfaire les barrages. — Avant la découverte des sas et des écluses de diverses formes pour maîtriser les eaux et en régler à volonté les niveaux et les écoulements, les canaux de dérivations du Nil ne pouvaient pro« curer qu'une faible partie des avantages que les progrès de la science hydraulique permettent malq* tenant d'obtenir.

£n raison de l'encaissement du Nil et des canaux», on était forcé d'employer, et on emploie eaoore plusieurs milliers de bœufs » dans obaque province,

pour élever les eaux des bras du (louve sur les terres adjacentes.

Les coupures des dérivations faites au Nil appauvrissent le fleuve; la navigation n'a lieu pendant six mois que pour des barques d'un faible tonnage^ et le halage par chevaux n'est possible que sur de grandes longueurs.

Les bras du Nil, près de leur embouchure dans la mer, n'ayant qu'un faible volume, les eaux salées de la Méditerranée remontent le fleuve dans les gros temps, inondent les lacs et rendent le littoral malsain, infertile et presque inhabitable.

Les barrages projetés sur le Nil doivent donc satisfaire à trois conditions principales du problème.

!• Empêcher l'invasion des eaux de la Méditerranée dans les lacs du littoral.

2* Perfectionner la navigation des branches du Nil, la rendre permanente, régulière et facile pour les plus gros navires.

3° Conduire les eaux du fleuve sur tout le sol égyptien , plus bas que le niveau des grandes inondations, et doubler ainsi les terrains cultivés.

Nous exposerons en quelques mots le projet qui remplirait ces divers buts en l'appliquant d'abord à la branche de Rosette.

Nous nous proposons d'établir près de l'embouchure de ce bras à la mer un barrage écluse avec double sas pour le passage des navires de diverses grandeurs et avec des bassins et écluses de chasse

latérales et portes tournantes , pour approfondir le chenal. Ce barrage empêcherait Tinvasion des eaux dé mer^ donnerait un tirant d'eau suffisant au Nil pour le passage des grands navires , et permettrait Tarrosage des campagnes voisines.

Chaque barrage créant une chute , on emploierait la puissance des eaux du Nil à faire mouvoir des machines hydrauliques destinées à dessécher les lacs et à les rendre à Tagriculture.

 Taval de l'embouchure du canal de Rahmânieh à Alexandrie , on construirait un second barrage, ayant la même destination et les mêmes avantages.

Entre Rahmânieh et le Caire, on construirait deux autres barrages pour racheter la pente du fleuve; le premier serait établi à Benoûfur et le second à Terraneh.

La pente du fleuve du Caire à l'étiage , étant de 5 mètres 60 centimètres, serait rachetée par les quatre barrages écluses, en leur donnante chacun une chute moyenne de 1 mètre 40 centimètres.

Si , à côté de chaque barrage , on construisait un déversoir fixe ayant deux fois la largeur du fleuve , et son couronnement à 1 mètre 50 centimètres audessus de la ligne d'étiage , les grandes crues , ayant au Caire d6 mètres 40 centimètres au-dessus de la ligne d'éliage, recouvriraient de 5 mètres le déversoir du barrage fixe; le niveau des inondations n'éprouverait aucune sur -élévation appréciable par l'effet du barrage.

Par ces divers travaux plusieurs conditions du pro-*

4lè tHAYàmt I^UBLtG9.

blême seraient déjà remplies , la mer ne remonterait plus dans le Nil , le chenal du port serait appro*ftmdi, le littoral de la mer serait cultivable, le fleute aurait partout 1 mètre 40 centimètres de plus do tirant d'eau , qui , ajouté à celui de Fétiage , donne^ rait un mouillage suffisant pour recevoir, en toute Saison , des navires de 600 tonneaux; il ne resterait plus 6 satisfaire qu'à la dernière condition , la plus importante , l'arrosage naturel et direct des cdmpa« gnes. Pour y parvenir, on élèverait le couronnement dés écluses au-dessus des plus grandes crues , aGn d'assurer en tout temps le passage des navires; et on établirait sur les barrages fixes dont il a été fait mention un barrage mobile pour soutenir les eaui du Nil â un niveau déterminé, qu'on élèverait à volonté, même jusqu'à la ligne des grandes crues;

Nous avons la certitude du succès de ces travaux , parce que nous avons fait construire des ouvrages analogues , non sur un Qeuve comme le Nil , mais sur des rivières où les difficultés étaient les mêmes, et le but qu'on se proposait a été complètement rempli avec des dépenses modérées.

Après la canalisation de la branche de Damîette , on entreprendrait sur les autres branches du Nil des barrages semblables, qui procureraient les mêmes avantages; savoir : le refoulement des eaux de la mer , le creusement des ports , le dessèchement des lacs du littoral , leur fertilité et leur salubrité , le perfectionnement de la navigation , enfin et surtout Tarrosage direct et continu de toutes les campagnes

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de TÉgypte, maintenant en partie envahie par les sables du désert.

20. Du mode de construction et des dépenses âei barrages du Nil. — Les auteurs d'ouvrages remar* quables , et qui font autorité , ont publié , sur les grands barrages nouveaux entrepris sur le Nil , d^ documents qui donneraient à penser, comme eux ^ que ces travaux doivent être d'une dépense excessive et d'un succès fort incertain. Après une étude des projets du Nil , nous ne partageons pas leur pressentiment.

Nous avons sous les yeux le profit du Nil dans Ift vallée de Syoul , — au-dessus du Caire , où les eaux du fleuve sont réunies dans un seul Ut; pendant l'étîage, le fleuve a 380 mètres de largeur, 760 mètres de section , et donne 760 mètres cubes par seconde en supposant une vitesse de 1 mètre, oU 1,000 mètres avec une vitesse de 1 mètre 35 centimètres par seconde , qui parait exagérée , d'après l^ calcul des pentes et de la surface.

A 1,000 mètres cubes par seconde , le volume des eaux dépensées par 24 heures est de 86,400,000 mètres cubes (1). Ce volume n'est pas moitié de celui de la Seine dans les temps des inondations , et les barrages à construire sur le Nil ne s'élèveraient pas à trois fois la dépense d'un barrage sur la basse Seine.

(1) Cette évaluation serait de moitié plus faible que celle que noon avons donnée tome i, page 41.

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Mais le Nil devant être réparti de nouveau entre ses sept branches anciennes pour vivifier toutes les provinces et repousser les lignes du désert , chaque barrage sur un bras est un ouvrage aussi facile, aussi peu coûteux qu'un barrage de l'Escaut , de la Tamise, et du Rhin en Hollande. Toutefois, des dispositions nouvelles, jusliHées par Texpérience , doivent être adoptées pour diminuer les frais de construction et augmenter la solidité des ouvrages.

La Basse-Egypte et toute la vallée du Nil , dans la Haute-Egypte, étant formées d'alluvions, d'un limon mêlé de sable, des travaux hydrauliques fondés sur pilotis coûteraient des sommes excessives et n'auraient pas une suffisante solidité. Il faut, surtout en Egypte, éviter les ouvrages d'art qui exigent l'emploi d'ouvriers très-exercés, très-rares même en Europe, et des matériaux éloignés et de choix d'une dépensé excessive.

On épargnera une grande partie des dépenses d'argent et de temps en fondant les barrages sur béton , au moyen de dragage dans le limon et sans épuisement. On donnera aux fondations beaucoup d'empattement pour prévenir les affouillements. L'Egypte fournit abondamment tous les matériaux nécessaires à ces constructions , que les ouvriers du pays, bien dirigés, exécuteraient avec économie. La masse du béton serait continuée et montée jusqu'à la ligne d'étiage et couronnée par une maçonnerie générale en pierres de taille, s' élevant à 1 mètre ÂO centimètres au-dessus de l'étiage.

Dans cette maçonnerie serait encastré le barrage mobile, fermant avec des vannes ou poutrelles, et destiné à soutenir les eaux jusqu'au niveau fixe et même jusqu'à la hauteur des crues du Nil.

On doit faire remarquer 1° que le Nil ne charrie point de glaces, et qu'ainsi les poteaux montants des barrages mobiles ne seraient point exposés à des avaries dans les crues; — 2' que la longueur des barrages étant double du lit du Nil , on peut fonder le barrage presque à sec en commençant les ouvrages hors du lit actuel ; — 3° que les inondations artificielles seraient réglées et renouvelées à volonté.

Chaque barrage ainsi construit ne coûterait pas au-dclù d'un million a un million et demi , selon les localités ; mais le choix des emplacements est d'une grande importance , ne peut manquer d'exercer une grande influence sur les résultats et sur les dépenses, et exige une expérience consommée des travaux hydrauliques.

Avec les barrages successifs proposés , le système d'arrosage ancien ne serait point changé , on n'aurait pas à creuser des dérivations nouvelles , on profiterait de tous les canaux existants , on ferait le curement des anciens canaux qui distribueraient les eaux du fleuve sur toutes les campagnes , on n'occasionnerait aucune perturbation , enfin et surtout on mettrait à profit la totalité des eaux du fleuve.

Les grands barrages projetés au Ventre-de-la-Vache, en aval du Caire , s'ils étaient achevés , ne rempli-

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raient pas la même destination sous aucun des rap-^ ports que nous venons d'examiner.

Une dérivation éclusée , ayant vingt-neuf arches éclusées de 10 mètres et d'une longueur de 5,000 mètres , n'est pas plus utile qu'une coupure de 200 mètres de longueur et de 20 mètres de largeur dans le fond , avec des écluses aux extrémités ; les passages laissés ouverts à la navigation dépenseraient un grand volume d'eau et produiraient une cataracte que les bateaux montants ne pourraient franchir qu'avec une extrême difficulté.

Les barrages établis dans le haut du fleuve n'aU«* raient aucune influence sur les améliorations à obtenir dans les plaines inférieures , d'une surface dix fois plus grande que la zone à arroser par les nouveaux canaux projetés.

L'emploi du bois pour fondation entraînerait dans de grandes dépenses, sans procurer la même garantie de solidité , parce qu'il faut descendre les pieux à une grande profondeur dans le limon du Nil pour les rendre solides, tandis qu'une masse générale de béton de 3 mètres d'épaisseur, reposant sur la vase, supporterait les plus lourdes constructions.

21. Des barrages sur le Nil dans la Haule-Égyple. — Les barrages du Nil dans la Haute -Egypte sont plus faciles encore à exécuter que sur les bras du Nil dans la Basse-Egypte. Les matériaux étant sur place et de la meilleure qualité, ces barrages, construits d'après le même système , auraient aussi pour résultats de doubler l'étendue des terrains cul-

tîvés en fécondant par des irrigations les sables du désert.

Les emplacements les plus convenables pour établir ces barrages sont déterniinés par les points où le fleuve est plus resserré et devient très-sinueux. Les cartes détaillées ne sauraient suffire pour faîrd le meilleur choix entre les localités les plus fevorablés ; il faut encore étudier le cours des dérivations et des localités et toutes les circonstances à coordonner pour en assurer la réussite avec le moins de dépense.

§ ni.

l'isthme de suez ; — projet de jonction de la MEt\ rouge a la Méditerranée ; chemin de fer

DU CAIRE A suez; RÉSULTATS DE LA JONCTION DES DEUX MERS.

KésuUats de la joDction des deux mers. — Canaux entrepris pendant rantiquUé pour lier le Nil à la mur Rouge. — Canal des Arabes. — Importance et possibilité de la construction d*un canal de la mer R(rag6 à la Méditerranée. — Chemin de fer.

22. Tout le monde sait que la mer Rouge n*est se* parée de la Méditerranée que par un isthme sablonnent qui n'a pas plus de vingt lieues de largeur.

Sans doute , à l'époque ante-hislorique où la met méditerranée, s' avançant jusqu'au cœur de l'Egypte,

sienne on trouvait à gauche la ville dUferoopoliSs plus loin Bubastis^ Phagroriopolis^ ainsi que Serapeum, non loin d'Arsinoe.

Sous l'empire des Romains Trajan renouvela ce canal, et y ajouta même une brcinclie qui arrivait à quelques stades au-dessous de Memphis^ Cette prolongation du canal portait le nom de Trajan , et se trouve explicitement indiquée dans le passage suivant de Ptoléméc: f Entre Héliopolis et Babjione, coule le fleuve Trajan {amnis Trajanus). )> Quinte-Curce le nomme OxiuSy et les Arabes JferaAemi. Macrisi, dans son Histoire d'Egypte^ attribue ce canal à Adrien César. Enfin, il n'y a pas jusqu'aux Arabes qui n'aient suivi un pareil exemple.

L'historien Elmacin rapporte que sous le califat d'Omar, les villes de la Mecque et de Médine souf* franl de la disette, ce calife ordonna au gouverneur d'Egypte, Àmrou^ de tirer un canal du Nil à Co/zoum (ancien Clysma), afin de faire passer désormais par celle voie les contributions de blé et d'orge destinées à l'Arabie. — Amrou exécuta celte grande entreprise, et donna à ce canal le nom de Fleuve du prince des fidèles. Yolney rapporte que cent trentequatre ans après, le calife Abou-Djaffar-el-Mansour le fit obstruer afin de couper les vivres à un descendant d'Ali, révolté à Médine. Depuis ce temps-là il n'a pas été rouvert. Ce canal, dont il existe encore une portion qui prend le nom de Kalig, prend son point de départ du Nil à l'extrémité du vieux Caire , tout près du Châleau-d'eau, traverse le grand Caire

et va se perdre à quatre lieues plus loin, au nord<est du Lac-des-Pélerins, Birhet-el-Hadji. C'est ce même canal qu'on ouvre tous les ans avec solennité lors de la crue des eaux du Nil. Savary prétend , avec son exagération habituelle, que ce canal ayant été taillé dans le rocher l'espace de vingt-quatre lieues, on pourrait aisément en ôler le limon et le sable, dans le cas où l'on voudrait rouvrir l'importante commu* nication du Nil avec la mer Rouge (1).

Les ingénieurs français, pendant l'expédition d'Egypte, ont constaté la direction et les dimensions de l'ancien canal, le nivellement du terrain entre Suez, le Caire et Péluse, et ont présenté les bases du projet du canal de Suez au Caire , qui serait alimenté par les eaux du Nil pendant les crues.

Mais le Nil , du Caire à Alexandrie, à Damîette et à Rosette, n'est navigable, pour les grandes barques, que pendant six mois; et le grand canal, lui-

(1) J'emprunte cet aperçu historique sur la. jonction des deux mers à un savant mémoire de M. le docteur Labat, intitulé : Boute de Vinde par l'Egypte et la mer Bouge, Les travaux persévérants de M. Labat sur cette question et sur plusieurs points de la question orientale forment un ensemble complet et plein d'intérêt, que je ne saurais trop recommander aux lecteurs. Je signalerai surtout YEssai sur le commerce des anciens dans l'Inde, dans lequel M. Labat a suivi étape par étape ces grandes pérégrinations mercantiles qui pendant Tantiquité unissaient TËurope aux plus lointaines contrées de TAsie. L'érudition que Ton trouve dans les écrits de mon honorable ami n'est pas un luxe stérile de science; car elle éclaire des lumières les plus vives du passé une des questions les plus intéressantes do présent et de TaTenlr.

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môme, n'aurait un mouillage sufQsant que pendant le même temps.

Le canal de jonction des deux mers par le Nil ne serait donc qu'un canal pour ainsi dire égyptien, que les bâtiments marchands étrangers ne pourraient traverser. Sans doute, ainsi exécuté, il serait encore très-utile, mais il ne donnerait pas ces résultats grandioses qu'attend le monde de la jonction des deux mers.

Nous envisageons l'entreprise dans un but plus général; elle doit, selon nous^ satisfaire à la condi* tion d'admettre les grands bâtiments des Indes , les vaisseaux de ligne de premier rang et les bâtiments àvapeur des plus grandes dimensions. Pour atteindre ces divers résultats, il faut donner au grand canal vingt mètres de largeur de plafond , dix mètres de profondeur totale , et seize mètres de passage aux écluses et sas.

Ces données du problème exigent impérieusement que le canal de jonction des deux mers soit dirigé de Suez à Peluse, et que des dispositions soient prises pour surmonter tous les divers obstacles qui ont fait envisager cette entreprise comme impraticable , en raison de l'étendue des marais, de la mobilité des sables et du peu de profondeur delà Méditerranée à Péluse; appoyé de rexpërience et de l'opinion de M. Cordier , qui a approfondi la question, nous considérons la solution de ces difficultés comme trèscertaine.

Dans le cas de. succès, l'ouverture du canal des

XUAVAUX PUItLICS. 497

deux mers, pour les plus grands navires, de Ifetile-^ cinq lieues de longueur, exécuté encinq ans, opéfCr rait une révolution .coininer(;iale dans les relations de l'Europe et de l'Inde; en raecomplissant, le vice* roi mériterait de la reconnaissance des peuples une gloire immortelle.

23. Du chemin de fer projeté de Suez au Caire. -? Le maréchal duc de Raguse a exposé, dajis son voyage, avec une haute raison^ les inconvéniertts et les causes d'insuccès et de destruction du chemin de fer projeté entre Suez et le Caire. La mobilité des sablei, la rareté des voyageurs , la diffîciJiUé de trouver des mécaniciens habilesv justitient ses préH visions^ : - ' ; ,

Le voyageur des Indes arrivé au Caire aurait Qn^» fcore soixante-cinq Ueu.es à parcourir à travers fÉ-

gypte» où la circulation. du Caire à Alexandrie n'est établie que par des b^it^s^nx; à voile ou tirés par des hommes. :

Le maréchal montre avec sagacité la supériorité

incontestable d'uni canal sur un chemin de fer dans ces localités,

Mais, ses observations supposent l'ouvorturie du canal ancien de Sue^ au Caire ; et il envisage comme impossible I ainsi que tous, les autres écrivains, l€^ canal de jonctiou des deu}( mers de Çuez à Péluse. .

Mai^ Vil est démoolré , comme nous en avons la

eonvictiou, qAie la communication navigable. entrç

la mer Rougit et la Méditerranée doit être établi^, de

guez 4 Pelure, et que presque tous les yais^eaui; n. sa

iM TRAVAUX PUBLICS^

expédiés d'Europe dans les Indes prendront cette direction, i| sera évident alors que les villes de Suez et de Péluse , alimentées d*eaa douce par des dérivations du Nil, deviendraient en peu d'années de grands centres de commerce et des cités importantes^ très-peuplées, et que les anciennes villes détruite^ sur les bords du canal seraient en peu d'années rétablies. Le cheinin de fer entre la mer Rouge et là Méditerranée, distance que les voyageurs frapcbi* raient en cinq heures, serait dans ce cas l'un des ploé fréquentés et des plus productifti.

Ce chemin de fer serait établi sur une des d^ues du canal et ne coûterait que les firais de pose àM rails, les digues étant presque droites et horizon^ taies.

les suppositions que nous bvoqs faîtes d^on cansl ouvert à tous les navires, très-fréquenté , peuplé d0 villes à ses extrémités et sur ses rives de dérivation du Nil longeant le canal et fécondant sur mille lieues de superficie lés sables do désert, donnent la solution des difficultés réelles, des obstacles sans nombre au succès d'un chemin de fer qui serait établi dans ces loealitéa inaintenant désolées.

L'ÉgypIe, régénérée par le vice-roi, nous sembte appelée aux plus hautes destinées ; en peu d^annéefi^, elle sera sillonnée par des chemins de fer, l*" de Sues au Caire et à Péluse sur les digues du grand canal ; 9"^ du Caire à Alexandrie sur les bords du Niijf 3^ d'Alexandrie à Rosette, Damiette et Pelùse pai» te lit tor«il d^ la mer. Lorsque les lace desséchée au^

ront été rendus à Tagriculture , ces contrées , alors salubres , redeviendront encore les plus fertiles et les plus peuplées du monde , comme les plaines de la Hollande et la Flandre conquises sur la mer, que des canaux et des chemins de fer traversent en tous sens*

24. Conclusion. — L'Égjpte ml le p«ys du monde qui a le plus d'avenir et dont la prospérité doit exercer le plus dinfluence mr \t commerce des nations d^Etrrope et de» Indes <m refâlions #éelian{^si. '

Un canal & graffides section» , de la mér Rougé k

la Méditérrafiéé , de Soei i Péltt«e , îibrégerart dfe plusieurs millier^ de Hetie^ le» distances entre les Inde» et riïim^. L^emploî de» bâtiments à vapeut ^ur lai mer Robge ddtinerâit le moyen de prévemr les dangerà et de istirraoflter le» dîfflctillé», d'ailletifs fort exagérée» de cette Mttig»tion.

La différence de rtheatt de» deux mers est un avafiî tage fUrafrpuéeîéMe qnî aâ»tri^ le me^sèê de grand canal pdf là certitudâ d'obtenir un Mottillsfge jprèfottd ftti |)ôrt de Péhise; -^ ' ' '

En peu d'arttiféés le» produits Au »ol de TÉgyptè trlplèfdfént , I» poj^ulêftiôn , le» rfebésseii et la proi'^ pêrfté de ee»cotrtr^» cr<rttr*Tettt avec sa puissahee \ F Europe {i{)^l»ud}ra!t atix sifceè» du vice-roî; là France shrtout, appelée dés première» à prendre pari atit bietifiiit» de te grande eommufricatkm dè^

deux mers, »er^H »Qrtottt »atfSfeite de celte créaflOii, »ltiOn le but, dtl moifr» rtiiie de» gr^iida^ pirëo^^rf^

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SOT) TBAVAUX PUBLICS.

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