‹ Aperçu général sur l'ÉgypteChapitre 88 sur 110 · ENVERS L*EUROPE. 50Ô · texte numérisé non relu

ENVERS L*EUROPE. 50Ô

lages de la Judoe. La seule chose qu'on entende <lansl Ce pays , la seule justiée dont il soit question , c'est: Jl paiera dix, vingts trente bourses ; on lui donnera cinquante coups de bâton ; on lui coupera la tête. Un acte d'injustice force à une injustice plus grande; si l'on dépouille un paysan , on so sent dans la né^ eessité de dépouiller le voisin ; car, pour échapper à, fhypocrile intégrité du pacha, il faut avoir, par un second crime, de quai paj'er l'impunité du pre^ mier.

» On croit peut-être que le pacha , en parcourant son gouvernement, porte remède à ces maux et venge les peuples; le pàcha est, lui-môme , le plus grand fléau des habitants de Jérusalem ; on redoute son art rivée comme celle d'un chef enneini ; on ferme les boutiques, on se cache dans des souterrains; on feint d'être mourant sur sa natte, ou Ton fuit dans la montagne. . . ,

» Je puis attester la vérité de ces faits , puisque je me suis trouvé à Jérust^lem, au moment de l'arrivée du pacha. Abdallah est d'une avaricesordideycomm^ pr^ue toqs les musulmans. En sa qualité de chef de la caravane de la Mecque ,- et sous prétexte d'à* voir de Targent pour mieux protéger les -pèlerins, il 9e croit en droit de ihuItipKer les exactions ; il ii^y a point de nsoyens qu'il n'invente. Un de ceux qu'il einploie le plus souvent,- c'est de fixer ntn fiâixinfHim fort bas pour les comestibles ; le peuple crièi la miarveille, mais Içs marehands ferment leurs boutiques | la disette commence. Le .pach^îifait traiter secrète^

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ment avec les marchandB; il leur donne ^ pour nef certain nombre de bourses i la permission de vendra autant qu'ils voudront, Les marobaads cberobejiit à retrouver l'argent qu'ils qnt donné au pacba ril^ portent les denrées à : un f^h extraordinaire^ et l« peuple, mourant de faim une seconde fois» est oblif é< pour vivre» de se dépouiller de son dernier vôtemenl^

» J'ai vu ce même Abdallah commettre une vexii% Uon plus ingénieuse encore, J'ai dit qu'il avaii ennt voyé sa cavalerie piller des Arabes cultivateur^^ îIq Vautre côté du Jourdain. Ces bonnes gens, qui levaient payé le miri , et qui né se croyaient point en guerre ^ furent surpris au milieu de leurs tentes et de leuré troupeaux. On leur vola deux mille deux cents obéf vres et moutons, quatro-iFÎngtf quatorze veaux , mille ânes et six Juments de première raee ;r les. cbameaut seuls échappèrent; un'cbeik les appela de loi»:^ et ils le suivirent : ces fidèles enfants du désert allè^ rént porter leur lait à leurs maîtres dans la montagne, comme s'ils avaient deviné que les maitres n'avaient plus d'autre nourriture.

» Uà Européen ne pourrait guère imaginer ce qu^ le pacha Ot de ce butin : il mit à chaque animal un prix excédant deux Ibis sa valeur, et estima chaque chè\Te et chaque mouton à vingt piastres, chaque veau à quatre-vingts; on envoya les bêtes ainsi taxées aux diSérents particuliers et aux diefs. des viU lages voisins; il &Uait les prendre et les payer sous peine de mort*. J'avoue que si je n'avais paa vu de mes yeux eette dmible iniqBité , alla mo perattraÂt teut-à)-

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fait incroyable. Quant aux ânes et aux chevaux, ils demeurèrent aux cavaliers; car, par une singulière eonvention entre ce^ voleurs , les animaux à pied fourchu appartiennent au pacha dans les épaves^ et toutes les autres bêtes sont le partage dès soldats.

» Après avoir épuisé Jérusalem, le pacha se retirée Mais afin de ne pas payer les gardes de la yille, et pour augmenter Tescorte de la caravane de la.Mec^ que, il emmène avec lui les soldats. Le gouverneur reste seul avec une douzaine dq sbires, qui ne peu^ Tent suffire à 16 police intérieure, encore moins à celle du pays. L'année qui précéda celle de mon voyage , il fut obligé de $e cacher lui-mèn^ dans sa maison popr échapper à des bandes de voleurs qui passaient par-dessus les murs de Jérusalem , et qui furent au moment de piller la ville. <

» À peine le pacha a4-»il disparu , qu'un autre mal, suite de son oppression^ commence : les villages de^ vastes se doirlèvént) ils s'attaquent les uns le^ autreé pour enercer dei^ vetigeanees héréditaires. Toutes les communications sont interrompues : ragrieultufè fféfiiile paysan ta pendant la nuit ravier ki vigne et couper l-i>)ivier de son ennem). Le pacha reniefit Tsiittée suivante , il exige le tnème Iribul dtns uif pàjnoii k population ési diminuée. H faut qu'il re^ double d'oppression, et qu'il exterminé des p^di plades litières. Peu k pe» le dé^^l s'étend ; on m voit plus que de4o)ii eh loin ^s rtasureseâ milles, et, à la ponte de teB ftisn^nres^ des cimetières toi^ourj sfoissaiitS{ ^eliSi^M nnnéê vèll pMr une esfbane et

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