‹ Aperçu général sur l'ÉgypteChapitre 92 sur 110 · II · texte numérisé non relu

II

S46 MOIlUlIfiNTS ET KUIRES.

' L'ensemble général du plan est d'une grandeur teposante, et en même temps d'une simplicité re^ iiarqyable* Les colonnes (|ui forment ces portiques Millt' itt nombre de deux cent cinquante » elles sont Idutei d'un seul morceau et de marbres différents; à rexception de quinze cents lampes suspendues aaA tirants en bois entre les colonnes, les pupitres^ la tribune 9 la chaire et la niche, on ne trou te dans Mtte mosquée aucun ornement ni peinture qui puisse donner la plus faible idée du goût des Arabes dans les arts;

En ce moment , la mosqUée d'Amrou est presque abandonnée, plusieurs parties tombent en ruines ftiute d'entretien.

- Lorsque la crue du Nil est tardive et qu'une di<* •ette est à craindre pour l'année prochaine , il est d'usage que le chef du gouTernement invite les uU^ ma^^ les cheikh i les rabbins y les prêtres cophies^ grecs et catholiques^ à se rendre à la mosquée d'ilmfotl^ avec leurs coreligionnaires: chaque secte alors se réunit en groupe hors de l'enceinte de la mosquée pour implorer le secours du ciel^ obtenir une bonne iiiondâtion et conjurer ainsi les malheurs qui nM^ nàéênt le pdys.

Cette cérémonie se fait avec beaucoup d'ordre et de dévotion* Toutes les confessions se témoignent une déférence mutuelle et se conduisent comme si elles ne fortnaient qu'une seule famille.

27. Mosquée Toutoun. — La mosquée Touloun fut bâtie en 263 de l'hégire (876 de Msus-Christ ) , par

MONUMENTS ET Ht'INES. 547

Ahmed'ben-Touloun y qui gouvernait TÉgypte pour son propre compte, tout en reconnaissant le calife Mo'kmed pour son seigneur suzerain.

Cette mosquée est située au sud-ouest , dans la ville du Caire, au quartier des Mohgrebins* C'est une grande cour carrée de 00 mètres dé côté, entourée de portiques & arcades ; trois côtés de la cour sont à deux rangs de nefs. Celui du sanctuaire en a cinq. Là construction n'a rien emprunté des monuments antiques comme cela a lieu pour les colonnes de marbre qui supportent les arcades et les plafonds de la mosquée Âmrou. Celle de Toulon n est entourée d'une double enceinte pour éloigner le lieu de là prière du bruit du dehors* Toute la construction est en brîqueis recouvertes d'un fort enduit 5 les orne*ments et les moulures sont en stuc.

Cet édifice a été construit d'un seul jet; aussi croit-on y apercevoir rareliitecture arabe dans toute sft pureté, exempte de celte multitude de détails inutiles, de colonnes disproportionnées et de contre^ forts.

Cet édifice, aidsî que h mtfSi^uée à'Àmnu et là mosquée ^-Azhm, peut éitè Wû^é^vé comme le type de l'architecture arabQ en Egypte pendant la première époque.

38. SÊosquée el^Àzkar. ^ La mosquée el*AzkBir, oa liiosquée brillante, est située aa nordi^sl, dâM la ville mètûe du Caire» Q'est lé plus ancienne df cette partie de la capitale de l'Egypte ^ ^i^qu'eUe « été ImOê^ {mr Djtmimr JtiM^ «éttéral ém ar-

348 IfONUME^iTS ET BtJlMES.

mcos (lu calife Moezz le Dimllahs en 339 dé riiégirç (981 de Jésus-Christ). Elle fut enlièremeni terminée et ornée d'une inscription qui indique la date et le .nom du fondateur en 361.

On voit, dans le plan de cette mosquée, une grande cour entourée de portiques dont la disposition est, à peu de chose près, semblable à celle.de la mosquée d'Amrou. Le sanctuaire est composé de neuf rangs de nefs ou travées, et où plus de douze cents lampes sont suspeiidqes. Cet édifice, soutenu par trois cent quatre-vingts colonnes en marbre, en porphyre et en granit , avec des bases et des chapiteaux enlevés aux anciennes basiliques , est destiné à recevoir non -seulement un grand concours; de monde pour la prière, mais il sert encore de collège aux gens du pays ainsi qu'aux étrangers qui s'y ren* dent pour se perfectionner dans la théologie et la jurisprudence mahométanes.

Dès le commencement de sa fondation , le collège de celle mosquée acquit une grande célébrité par le concours des savants qui y enseignaient la théologie et le droit. Ce collège fut établi par le calife ylziz- Billah sur la proposition de son visir Abou-l-faradj-- Jakouhy en 378 de Thégire.

Les portiques à droite et à gagche ont été convertis en salles par des divisions de grilles et de cloisons en bois. On y a ajouté plusieurs autres pièces; elles forment autant de classes séparées pour les étudiants.

Chacune de ces salles contient des armoires où

M0NUMENTS «T RUINES. 549

so^nt renfermés les manuscrits. Chaque salle a un ou plusieurs cheiks pour la direction des élèves, qui sont en grand nombre.

Cet établissement sert encore d'asile aux musulmans pauvres ou étrangers et aux derviches qui y passent tranquillement la nuit, blottis sur des nattes étendues sur le pavé.

La mosquée el-Azhar ressemble à une grande hôtellerie; car, outre les lieux destinés à la prière, il y a, comme nous l'avons déjà dit, plusieurs endroits où les savants enseignent le Coran, les traditions et Ta loi.

^ On trouve da«s l'intérieur de cet édifice des quartiers rouags, où peuvent loger les étrangers qui y arrivent de Syrie, de la Perse, de l'Arabie, des provinces de l'empire ottoman , de l'Afrique occidentale, etc., etc. Chaque nation a son rouag; mais ces lieux ne sont destinés que pour ceux qui y viennent dans le but de s'instruire; aussi la lecture est la seule occupation de ces hôtes.

' Chaque rouag a son nazir ou inspecteur qui dépend du directeur principal. On distribue tous les deux jours 38 quintaux de pain , ainsi qu'une certaine quantité d'huile pour l'éclairage; à la fin de chaque mois, on pourvoit aux beisoins de ces étudiants par une légère indemnité en numéraire.

L'entretien de cette mosquée et de ^es dépendances se monte à 1,260 bourses (630,000 piastres de 40 paras) par année. Une partie de cette somme est payée par le gouvernement sur les produits de

SfiO MONUMENTS -ET MVIN1I«

Rizaks; une autre provient du revenu des immeu* bles légués à rentreiien de la mosquée. Chaque mosquée possède plus ou moins de ces legs pieux nommés ouaqfs.

La foule est continuelle dans cet uUle établisse^ ment autour duquel on a pratiqué un graad nombre d'issues pour faciliter l'entrée et la sortie*

20. Mosquée Barkmik. -r La mosquée Barkmk, située hors de la ville, au nord-est de Geb^M-Gùm^ chy, fut bâtie par le calife Barkauk, l'an 527 de l'hégire (1149 de J^us-Christ), Sa oonstrueiîoa est en pierres de taille et dans une parfaite constrMCtioo»

La mosquée proprement dite est flanquée de deux édifices carrés, surmontés d'ue dôme et servant de tombeau. L'un est celui du calife Barkauk, l'atiire de sa iamille. Cet édiiice, de forme carrée, eenH presd, indépendamment de la mc^quée, des lo|^ ments d'été et d'hiver pour les étrangers , trois ]o« gements complets pour les cbotks de la mosquée ou pour quelques dignitaires.

Outre les deux dômes qui soitf sur les tombeaux de la mosquée , oous ferons observer qu'il y a iK>a loin de là d'autres tombeaux construits et ernés de la même manière. La eoastructîon de tous ces toet^ beaux porte le caractère de la bonne époque d'arcbi* lecture chez les Arabes. Elle lest exécutée avae beau<coup de recberdbe et de savoir.

L'appareil des clav^ux découpas est un jeu de la science. L'art n'a pas moins déployé de recberohe et debout dans les^reements tant tatérieujrs ^'ex«

MONUMBNTjS^ ET I^UINES» 5^1

teneurs qui liécorent les dômes bâti^ en pierre. Gç qu'il y a de remarquable dans Tintérieur^ c'çst la chaire à prècbisr) ^U^ est d'uQ goût et d'up^ tF^vail ^l^qi^is. ;

30. Masquée fÇfilaoum. — L'avéneoieijt de Jfolaoum au trône, en 682 de i'iiégire, et la successjLo^ de sa famille furent ^w le iQaire une époque féepo4^ ^n plus bea^^ et plus grands monumepts^ ^is p'est SMr0|i|t te goi^t de ^n fils flfelec-m'IfflJser pe^r ies jeanstructions qt^i lui in^prima upe gr^iidç iiiipulsiûQ. Il ^s^biait , disent les bistoriens , qti'pi^ jeûit Mt procUwier Tordre de bâtir : ^émirs , giens 4^ guerre , coipm^s de bureaux , si^^pLe;^ babit^pl^ i «i Jlf^n (lto<^ ot *u Qnv^ , wnstryisgiie.mL à Tenyi.

L'édiQce appelé le grand morist^n de I^ansour e^ m^ b^pijL^ où s» tr4)juy^pit réu/^is la mosquée, le ijmh/^ix .etjt toj^ les ^^essglres quj ^.(XQfpp^gl^ftP ûfdiaiw/^af^ Içs él^l^lissemei^ts de .q^' genre. U fi^ fiou^r^ff, , jd» fi83de Tbégifie, par Melep-el-Afamourr Kqioi^um^ qMi, s'ét^t îfouyé, quejqy^s aa^éeç Aup^ayairf^ jwajiade e» Syrie ^ jçjt jayaAt ité g^éfi # la suite des soins jr.eipus 4aft§ le morislao de Paflo^s ^ |1^ yœu d'^ x;ojQistiiuirje u^ pai^il eu JÊgypXe. Jl e^is- ;t^ déjà dans ie yie,u^ ,Ç^.e vp poorjis.lafl cpg^trwj; jw* A/^medrPfin-TQMlffmy f^imqi^e deux autres petits b.<^ijlwx , ^hAMfiMidi j4 ^-^Qofir. Kal(^}f,m ^ construire le sien sur une plus grande échelle , e,t «et

bôpitîd.était ^my^m ^^^m\mp^h npW#|pï?ind

b^pit^l.

}\ ,est situé AM ao^d-^est 4^ h vjll,e dv Cw^Cj et

est destiné aux malades et aux aliénés des deux sexes.

' 31 • Mosquée Hassan. — La dynastie des Maoïe^ louksy-parmi lesquels on cite les sultans Hassan, Mouaied et Kailboti, dotèrent aussi le Caire de quelques édifices remarquables.

La mosquée Hassan , sur la grande place deRou^ meyleh , a été construite par MekceUî^aser-AhoueU Maali'Hassan'Ben'Mohammed'BenrKalaoum. Elle fut commencée en 757 de T hégire et terminée en trois années entières jour par jour. Makrizi raconte que la dépense de chaque jour de construction s'élevait à 20,000 drachmes d'argent. Le Caire doit à ce sultan un des plus beaux et des plus grands monuinents qu'il renferme.

L'ensemble général du plan offre un aspect qui indique que l'art est arrivé au dernier point de perfection. Ce plan est un motif de la croix grecque ; les salles sont voûtées sur chacun des côtés de la cour ; dans celle du sud-est se trouve le sanctuaire , dont la voûte a 21 mètres dans œuvre; les trois autres salles ou nefs étaient destinées pour le peuple.

La grande nef, celle qui suit le sanctuaire , était destinée au souverain. C'était devant la niche, qui est au fond , qu'il faisait la prière , ou que, monté sur la chaire, il prêchait ou proclamait quelques édits.

Au milieu de la cour est la fontaine des ablutions, d'une composition peu commune : une sphère du diamètre de huit mètres , et supportée par des co-

ionne^ , représente le inonde ; eHe est surmontée d'un croissant^ elle est peinte en bleu. Autour de cette sphère on a représenté une large zone, sur laquelle on lit une inscription arabe en lettres d'or.

32* Mosquée eUMotmed. — La mosquée de el- Mouaïed , située au centre de la ville du Caire , sur le ba?iar el-Soukarieh , fut conslruite en 818 de Thégire(1415deJ.-G.), parle sultan mamelouk el-Melec^ el-Moudied'Abou-el'Mahmimdi , de la famille des Ddheriles , sur remplacement occupé par un bâtir meqt nommé khazanet chamail y où Ton renfermait les criminels. La raison de ce choix était celle-ci : Témir MetUach^ ayant vaincu les Mamelouks, enferma el'Melèc-el'Mouaied dans le khazanel chatnail. Celuici fit vœu de construire sur le lieu même de ses souffrances une mosquée , si Dieu le délivrait. La fortune s'étant déclarée contre ses adversaires, JlfeleC'-el'Mouàied acquitta avec éclat les vœux faits en prison. .

Le plan présente une grande cour carrée entourée de portiques à colonnes surmontées d'arcades à ogives. Trois de ces portiques sont à double rang ; le quatrième côté en a trois servant de nefs et formant le sanctuaire ou la mosquée proprement dite i à dfoite et à gauche de laquelle sont des tombeaux , disposition à peu près semblable à celle de la mosquée Barkauk.

La décoration de la mosquée est d'une grande ri" cbesoe. Les plafonds en compartiments forment divers caissons ornés, peints et dorés^ Le sanctuaire

5ft4 MONUMCNTS ET MINE».

ëonne «ne grande idée de la magniiicenfee do la dé^ eoration inlérieure des édifices publics ; on ^oit qwt BOD-seulemept ils étaient destinés au eerviee que Im gardiens pouvaient remplir dans ee( endtoit ^, mais qu'ils éiaiept eux-mêmes oeoime autant 4'édlficn où les sukans ou leurs émirs dormaient et renevaieint des étrangers.

Cette disposition , pour les r^ipports des pléeei avec le peuple, est très^ndenne dans tout TO^ ri^it , et les mots parles ou semis coriespendMt k oeuE de tribunal , trdne et autorité siipréaie,

&B. Mosquée Kàitbai. -— La «aosquée de Kaitbai est , sans contredit , le plus gracîeuK ipoauaaent q«fii soit possible de voir. Son ensemble est e^omplel. La Inerte d^ entrée, le dôme et le miiMret sent d'à ne ^ôportion agréable dans les fof aaes, d'une rmb^îrcbe exquise dans les ornements et d'une étade aoîgiiée dans la construction , qualités rarement réunies .daas les édifices arabes.

if alfré la petitesse de cette mosquée , on àmi la regarder comn^ le monum^sU; le plus parfit d«i Caire.

Cette mosquée, eonsiU^uite Tan 870 de Tbogire HM2 de J.^.) , est située i r,est de la ville et hors 4es mnrs ; die est euiièi^eqiyent ciojasiirj^tie im pierres par assises wglées. Leiëôme es* couvert td'ua ingér nieux compartiment sculpté dans la pierre, ^s^ m^ mcA^ Q^le mosquée ipetut être reg^r4ée (Comme le type le pks ^égaa^ de j'ar^hijt$ct,Mr« 9rabe 4^ x^' ^èale de notre ère.

MOmiffiKTS ET RCINEft. 5&S

34. Mmartf». — Les minarets sont aux mosquées ce que les clocliers sont à nos églises. 0^ espèces, de colonnes ou de tours ont plusieurs raiigs de galeries, qui servent i appeler à la prière cinq fois dans les vingtnquatre heures. La place du minaret ne pa«* ratt pas avoir été fixée invariablement ; cependant il est toujours placé de manière que la voix ne nencontre point d'obstacles; ç'^ pourquoi on les trouve le|^us souvent aux angles des mosquées.

Les minarets sont illuminés les jours de fêtes. Indépendamment de la variété dans la forme et des ornements de ces parties de mosquées , la construction n'en est pas moins intéressante en ce sens qu'elle joint beaucoup d'élégance à la solidité.

Les plus intéressants que l'on voit au Caire sont ceux des mosquées Hassan ^ Ghouryh, Kalaoum^ Mouàied^ Azhar^ Barkauk , Touloum, Kàitbaïy et autres. De quatre cents mosquées que renferme le Caire, plusieurs sont abandonnées parce qu'elles manquent de fonds nécessaires à leur entretien.

35. Tombeaux. — Les tombeaux au nord-est de la ville du Caire, construits avec luxe par les califes fatimites et àmibiteSj sont remarquables par l'élégance de leurs dômes et leur solide construction en pierre calcaire par assises réglées. Quelques-uns ont aussi leurs mosquées adhérentes, où de sveltes minarets se groupent avec les dômes. Depuis bien des années, ces tombeaux ne sont plus entretenus et sont peu fréquentés par les vrais croyants.

Dans le cimetière de l'/mam, au sud de la ville du

Caire, on trouve un long bâtiment construit sous la dynastie des Mamelouks , près le grand dôme de ïbnam Chafei. Dans ce bâtiment, Méhémet-Ali-Pacha, vice-roi d'Egypte, a élevé un tombeau à sqû fils Toussoun- Pacha j mort de la peste au retour de son eipédition de Uedjaz (4rabie déserte), et plusieurs tombeaux à d*autres membres de sa famille, morts depuis qu'il gouverne TÉgypte.

Page 1