MORALE DE L'ISLAMISME
Vertus. — Prescriptions de la piélé. — Le fatalisme — Rapports de
l’homme avec la femme.
9. lertus. — Le Coran recommande la pratique de toutes les vertus et condamne les vices et les crimes que la morale chrétienne a condamnés. La vertu qui est surtout en honneur dans l’islamisme est la bienfaisance. Le bon musulman doit donner aux indigents le dixième de son revenu. Il ne doit pas faire parade de ses bonnes œuvres. Le Coran prohibe l'usure. Il prêche oubli des injures, la franchise, la modestie, la générosité, la chasteté, la patience, etc.
10. Prescriptions de la piété. — Aux yeux des musulmans, la piété est la première des vertus ; sans elle, les meilieures actions ne sont pas agréables à Dieu. Ceux qui veulent l’acquérir doivent garder de tout pé-
ché leurs sept membres, de peur qu’ils ne deviennent pour eux les sept portes de l'enfer. Ces membres sont les oreilles , les yeux , la langue, les mains, les pieds, le ventre et les parties sexuelles.
1° Il ne faut écouter aucun instrument de musique ; ue point prêter l'oreille au mensonge , à la médisance, aux discours obscènes ; ne point entendre chanter, pas même le Coran ni aucune prière.
90 Il faut éloigner ses yeux des choses dont la vue est prohibée. Il est défendu à tout fidèle, de quelque sexe qu'il soit, de regarder un homme du nombril au genou , et à la femme, de regarder du nombril au genou une personne de son sexe.
Le musulman ne peut regarder du nombril au genou, ni même au dos et au ventre, les femmes avec lesquelles il ne peut se marier. Quant aux autres, il commet un crime s'il voit plus que leur visage, la paume de leurs mains ou leurs pieds, que ce soit la passion qui le guide ou non, n'importe la laideur ou la beauté de la personne regardée , son âge ou celui de l'homme qui regarde. Ces règles ne s'étendent pas à la femme légitime ou à l’esclave. Il faut encore s'abstenir d’épier, par les fentes des portes, l'intérieur de la maïson d'autrui, et de regarder les musulmans d’un œil de mépris.
3° La langue doit se garder du mensonge, de la calomnie et de la médisance. Il faut éviter de se louer soi-même, de reprendre quelqu'un hors de propos, de violer ses promesses et de ne pas garder la fidélité due au texte d’un traité.
Le blasphème est une faute énorme qui enlève à ce-
Jui qui s’en rend coupable le mérite de ses bonnes œuvres antérieures. S'il est marié, son mariage est dissous. Lorsqu'il se repent, il est considéré comme musulman néophyte.
4° Lever la main à tort sur quelqu'un, s'emparer de sa nourriture, toucher sans nécessité à ce qui est essentiellement immonde , par exemple à un animal mort, c’est enfreindre la loi religieuse.
5° Il faut se garder d'aller dans de mauvais lieux, d'entrer dans la propriété d'autrui sans sa permission, de frapper sans sujet son prochain ; de gâter son tapis, sa natte, ou tout autre objet qui lui appartient.
6° Quant aux péchés dont le ventre est coupable , il faut s'abstenir des aliments prohibés, de la gourmandise et de tout excès.
7° Enfin , les péchés dont les parties sexuelles sont les instruments, et que la loi condamne encore plus que les autres, sont : la fornication , le péché contre nature, le commerce avec sa femme pendant le temps de ses infirmités périodiques ainsi que pendant ses couches.
11. Le fatalisme.—On voit que le dogme de la fatalité n’enlève pas à la liberté humaine , dans le cercle de la morale, le mérite et le démérite. On a, du reste, beaucoup exagéré l'influence que l’on attribue à la prédestination sur la conduite et les sentiments du musulman. Sans doute cette croyance a dû lui inspirer beaucoup de résignation aux vicissitudes de la fortune, aux malheurs privés et publics ; mais il est faux qu'elle ait tué en lui, comme on l’a prétendu, toute sensibilité.
Le fatalisme n’enchaîne pas les musulmans à une stupide immobilité. La loi religieuse, quoiqu’elle l’avertisse que fuir les maux que Dieu lui envoie, c’est prétendre à l’immortalité, ui recommande néanmoins d'étendre l'incendie qui brüle sa maison , d’en sortir lorsqu'elle menace ruine ou qu’elle est secouée par un tremblement de terre , de fuir devant l'inondation , en un mot de prendre toutes les précautions dictées par la sagesse humaine.
12. Rapports de l’homme avec la femme. — Les rapports de l’homme avec la femme ont été réglés par la morale de l’islamisme d’une manière plus sage qu’on ne le croit vulgairement. La polygamie est permise, il est vrai, comme dans toutes les religions de l'Orient ; mais elle est restreinte. D’après les paroles expresses du Coran, un homme ne peut pas avoir plus de quatre épouses légitimes ; et, s’il redoute quelque inconvénient de ce nombre de femmes libres, il lui est recommandé de n’en prendre qu’une, ou bien de remplacer les épouses légitimes par des esclaves. La condition des femmes à été améliorée en Orient par la loi de Mahomet. On ne peut épouser une femme sans lui assurer une dot en cas de répudiation. Les sœurs héritent conjointement avec les frères, et recoivent une demipart. L’esclave rendue mère obtient sa liberté. Le mariage , défendu avec les femmes idolâtres, est permis avec les juives et les chrétiennes. Le Coran proclame la supériorité de l’homme sur la femme; mais il veut que cette supériorité se constate par une bienveillante protection. « Les hommes , dit-il, sont supérieurs aux femmes parce que Dieu leur a donné la prééminence
sur elles, et qu'ils les dotent de leurs biens. Les femmes doivent être obéissantes et taire les secrets de leurs époux. Les maris qui ont à souffrir de leur désobéissance peuvent les punir, les laisser seules dans leur lit et même les frapper. La soumission des femmes doit les mettre à l’abri des mauvais traitements ; attachez-les par des bienfaits. »