AUTRES RELIGIONS ET DIVERSES SECTES
Juifs. — Cophies jacobites. — Cophtes catholiques. — Grecs schismatiques. — Grecs catholiques. — Arméniens. — Catholiques latins. — Rivalité des sectes chrétiennes. — Tolérance du vice-roi.
27. Les religions ou sectes que l’on rencontre encore en Égypte sont celles des juifs ; des cophtes, des Arméniens et des Grecs schismatiques ; des cophtes , des Arméniens et des Grecs orthodoxes ; enfin des catholiques du rit latin. Les sectateurs de ces différentes Églises s'élèvent ensemble à plus de 200,000 âmes.
28. Juifs. — On compte environ 7,000 juifs, dont la plus grande partie habitent, au Caire, un quartier distinct. Il y a parmi eux environ 1,200 caraïtes. Cette religion est plus méprisée encore chez les musulmans qu'elle ne l'était en Europe dans les siècles de barbarie. Méhémet-Ali les a du reste émancipés des avanies qu'ils suhissaient autrefois ; il leur accorde la même protection qu'aux autres cultes; ils ont huit synagogues.
29. Cophtes jacobites. — Les cophtes schismatiques sont la secte chrétienne la plus nombreuse; on en compte 150,000 environ. Ils ont cent trente églises ou couvents. Leur chef spirituel est un patriarche nommé par des évêques et archevêques. C’est lui qui
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choisit les directeurs chargés de l'administration des couvents et des églises. On sait que le rit cophte est exclusivement limité à l'Égypte. Les cophtes se confessent ; ils communient sous les deux espèces et se lavent le corps avant d'approcher de la sainte table. Ils se font circoncire comme les israélites. Leur secte est celle qui . fut établie par l’hérésie d’Eutychès. Les cophtes sont aussi connus sous les noms de monophysites et de monothélites. Leurs prêtres se marient, mais l'état monacal exige le célibat. C’est parmi les moines que les évêques sont pris. Tous les offices sont célébrés en langue cophte, langue que ne comprennent plus les prêtres eux-mêmes, qui d’ailleurs sont très-ignorants.
50. Cophtes catholiques. — Il y a en Égypte 5,000 cophtes catholiques. Le catholicisme ne date pas chez eux depuis longtemps. Ils ont un évêque; leurs prétres sont plus instruits que ceux des jacobites. Il semble que le catholicisme ait contribué à leur donner aussi, sur le reste de la population cophte , la supériorité des lumières.
51. Grecs schismatiques. — Il y a environ 5,500 Grecs schismatiques. On les range en deux classes : ceux qui sont du pays même, ce sont les plus nombreux, et ceux qui y sont venus attirés par le commerce. On pense que les premiers , répandus dans la basse Égypte et descendants des anciennes colonies grecques , adoptèrent le rit schismatique à cause de leurs fréquents rapports avec leur ancienne métropole politique, Constantinople. Comme les Grecs étrangers, ils obéissent, dans le domaine spirituel , à un patriarche envoyé de Stamboul. Ils ont au Caire trois monu-
ments religieux, qui sont le couvent de Saint-George , celui de Sainte-Catherine et une église dédiée à saint Nicolas.
52. Grecs catholiques. — Il y a des catholiques du rit grec au nombre d'environ 5,500. La plupart sont Syriens. Il n’y a que quelques années qu’ils sont soumis à la juridiction d’un patriarche. :
55. Arméniens. — Les Arméniens sont au nombre de 2,000 environ. Ils sont la plupart du rit schismatique ; ils ont leurs prêtres , leurs églises et un patriarche. Il y a quelques Arméniens catholiques qui ont, pour célébrer les cérémonies de leur culte, un temple spécial.
54. Catholiques latins. — Les catholiques du rit latin sont en général formés par la population européenne. Les pères de terre sainte, religieux de saint François, desservent les différentes églises latines , qui sont sous la juridiction du révérendissime de terre sainte.
Les missionnaires de la propagande ont aussi des églises en Égypte. Le pape a tout récemment nommé un évêque.
Les établissements religieux du catholicisme ont été placés de tout temps sous la protection spéciale de la France. On sait que François Ier et Louis XIV les avaient couverts de leur tutelle, par leurs ordonnances.
55. Rivalité des sectes chrétiennes. — Le gouvernement de Méhémet-Ali accorde une égale protection à ces différents cultes ou rites, sans se préoccuper des divisions qui les séparent. D'ailleurs, aux yeux des
QUI EXISTENT ET ÉGYPTE. 517 musulmans , toutes les sectes , quelles qu’elles solent , sont également infidèles. Il existe, entre les diverses croyances qui se partagent le petit nombre d'Égyptiens qui ne sont pas mahométans , une antipathie naturelle, une jalousie, des rivalités qui, dans tous les temps, ont entretenu parmi eux des dissensions profondes ; elles sont aujourd’hui sans conséquence, parce que Méhémet-Ali, impartial pour tous, ne favorise aucun culte au détriment des autres. Le seul inconvénient qui en résulte; c’est la déconsidération qu’elles jettent, dans l'esprit des musulmans, sur le christianisme en général; mais, avant le vice-roi, elles avaient des suites plus graves. Ennemis acharnés les uns des autres, les différents cultes achetaient la protection du gouvernement; c'était celui qui donnait le plus d’argent qui avait raison et obtenait le plus de privilèges. On voyait alors d’intrigants sectaires obtenir par haine religieuse la vie de certaines personnes, la démolition des églises du culte contre lequel ils étaient irrités, et lui attirer des persécutions de tout genre. On concoit que de pareilles animosités, poussées jusqu’à ce point, devaient donner aux musulmans une triste idée des vertus religieuses des chrétiens.
56. Tolérance du vice-roi. — Le vice-roi donne un bel exemple de tolérance en appelant les diverses religions, dans les prières publiques, à invoquer pour tous le Dieu commun ; on voit chaque année une cérémonie à la fois touchante et philosophique conçue dans cet esprit : ce sont les prières ordonnées pour la crue du Nil. Le point de réunion est la petite ile de Raoudah ; là, tout près du nilomètre, on voit les mi-