INTRODUCTION HISTORIQUE. XLI
ple chevalier romain, qui avait du reste sous ses ordres plusieurs préteurs , gouverneurs des différents nomes, et trois légions répandues dans l’intérieur du pays, jusqu’à ses frontières méridionales. Le préfet d'Égypte, véritable vice-roi, était fréquemment changé, de peur qu'il ne devint assez puissant pour s’approprier les droits du souverain qu’il représentait.
D'un autre côté, Auguste ne donna point au peuple égyptien les prérogatives , les franchises, les libertés que les Romains accordaient aux nations conquises. Il respecta , il est vrai, leurs usages civils et religieux , mais 1l eut soin de ne rien leur laisser qui püt faciliter leur émancipation politique. Deux de ses décrets révèlent nettement ses intentions à cet égard ; l’un défendait à tout noble égyptien d’aller à Rome, et lui interdisait l'admission au sénat; l’autre ne permettait à un Romain sénateur ou chevalier de débarquer en Égypte qu'avec l'autorisation de l’empereur.
D'ailleurs Rome, qui était directement intéressée à la prospérité de l'Égypte, üra parti avec une grande sollicitude de tous ses avantages matériels. Les anciens canaux furent restaurés ; on en creusa de nouveaux. Le commerce maritime fut favorisé. La grandeur et la richesse d'Alexandrie s’accrurent encore; elle devint et demeura, jusqu’à la fondation de Constantinople, la seconde ville du monde.
L’Égypte fut, sous les Romains, le théâtre de sédi- Hions fréquentes et de troubles intérieurs. Elle fut rapidement conquise par la reine de Palmyre, Zénobie, et bientôt reprise par Aurélien. Le christianisme sv imtroduisit sous le règne de Domitien, Il y prit un large