INTRODUCTION HISTORIQUE. LI
91 juillet nous donna le Caire et presque toute l'Égypte.
Mais dix jours après cette victoire notre escadre était anéantie sur la plage d’Aboukir et avec elle les brillants résultats que nous promettaient nos premiers succès. « La perte de la bataille d’Aboukir eut une grande influence sur les affaires d'Égypte et même sur celles du monde; la flotte française sauvée, l'expédition de Syrie n’éprouvait point d'obstacles, lartiilerie de siége se transportait sûrement et facilement au delà du désert, et Saint-Jean-d’Acre n’arrêtait point l’armée française. La flotte française détruite, le divan s’enhardit à déclarer la guerre à la France. L'armée perdit un grand appui ; Sa position en Égypte changea totalement , et Napoléon dut renoncer à lespoir d’asseoir à jamais la puissance française dans l'Orient par les résultats de l'expédition d'Égypte *. »
Livrée à elle-même, sans moyens de communication avec la France , que préoccupaient d’ailleurs les revers soudains qu’elle venait de subir en Italie et en Allemagne, notre armée d'Égy pte ne pouvait songer à Conserver ses conquêtes. Aussi, lorsque Bonaparte, après avoir pris sur les Turcs, à Aboukir, une éclatante revanche de notre défaite navale, fut parti pour la France , Kléber , à qui échut le commandement, dut préparer les moyens de faire l'évacuation le plus honorablement possible. Il conclut à Æl-4risch une convention avec les Turcs. D’après les termes de ce traité, il devait quitter l'Égypte avant trois mois , et la Porte Ottomane s’engageait à fournir à l’armée française le
1 Naroreox, Mémoires, t. 11.