LXX INTRODUCTION HISTORIQUE
genre. Le pacha d’Acre fit détruire l'église du Mont- Carmel; les chrétiens de Syrie furent frappés d’avanies ; le gouverneur de Chypre fit mettre à mort ou emprisonner quiconque professait la religion grecque ; dans toutes les autres parties de l'empire, le sang coulait également ; mais en Égypte les Grecs continuèrent à jouir de la protection de Méhémet-Ali, et ses États servirent d'asile hospitalier à un grand nombre de familles, forcées de fuir d’atroces persécutions.
L’échec de Navarin ne découragea pas le vice-roi : la guerre de Morée lui apprit le parti qu’il pouvait tirer de ses troupes ; elle lui servit à mesurer ses forces. Il se hâta de réparer ses pertes et, pourise préparer à de plus granüs événements, fit construire à Alexandrie, avec une rapidité incroyable, une nouvelle escadre plus importante que celle que la journée de Navarin lui avait enlevée.
Lors de l'expédition de Morée, le divan avait proanis la Syrie à Méhémet-Ali ; au lieu de cette province, la Candie lui fut abandonnée ; mais le vice-roi avait des griefs contre le principal pacha de Syrie, Abdallah, gouverneur de Saint-Jean-d’Acre. Ce pacha qui avait, en 1822, encouru la disgrâce de la Porte, ne dut son pardon qu’à l'intervention officieuse de Méhémet-Al; au lieu d’être reconnaissant de ce service, il ne perdit aucune occasion d'agir contre le vice-roi avec hostilité. 11 encourageait sur ses frontières la contrebande avec l'Égypte. Il débauchait les habitants de la Chargyebh ; six mille fellahs de cette province s'étaient relirés dans
1 J7,le S sur la marine, t 11.