‹ Aperçu général sur l'Égypte (volume 2)Chapitre 48 sur 142 · INTRODUCTION HISTORIQUE. LXXI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION HISTORIQUE. LXXI

le pachalik d’Acre. Méhémet-Ali écrivit à Abdallzh de les lui envoyer. Celui-ci lui répondit qu’ils étaient les sujets du sultan et qu'ils se trouvaient aussi bien dans l'empire de leur maitre en Syrie qu’en Égypte. Le vice-roi, blessé de cette réponse, lui écrivit qu’il irait reprendre ses six mille fellahs et wn homme de plus. Du reste, il savait que la Porte avait l'intention de l'attaquer ; en homme habile il la prévint.

Le 2 novembre 1851, une armée d’invasion forte de vingt-quatre mille hommes d'infanterie , de quatre régiments de cavalerie, de quarante pièces de campagne et d’un plus grand nombre de siége, se mit en marche vers la Syrie. Ibrahim-Pacha en était le généralissime ; Gaza, Jaffa, Caïffa tombèrent bientôt en son pouvoir. Sant-Jean-d’Acre, contre lequel échoua Napoléon dans son expédition de Syrie, résista pendant six mois à Ibrabim. Il s'en empara enfin le 97 mai 1852. Lorsque la nouvelle de ce succès, que l'on commençait à croire impossible, fat connue à Constantinople, Méheémet-Ali fut prociamé rebelle. Déjà une nombreuse armée avait été envoyée contre son fils; le 8 juiilet 1832, Ibrahim en battit, à Homs, un corps considérable. La bataille d’Homs était la première qui se livrât entre des troupes orientales réglées d’après la tactique européenne ; les Turcs y perdirent deux milie hommes tués et deux miile cinq cents prisonniers. Les Arabes n’eurent que cent deux morts ct moins de Ceux cents blessés. Aussi Ibrahim écrivit-l à son père, dans le premier moment d'enthousiasme : « je n'hésite pas à dire que deux ou trois cent mille hommes de pareïiles troupes ne me donneraient pas d’inquiéludes. »

LXXIE IRTROBUCTION HISTORIQUE.

Peu de temps après, il mettait en déroute en quelques heures, aux défilés de Beylan qui lui ouvraient le Taurus, l’armée du grand vizir Husseyn-Pacha. et enfin le 22 décembre 18592, il détruisait, à Koniah, avec moins de trente mille hommes, une nouvelle armée ottomane de soixante mille hommes, dont le général , Rechy-Pacha, tombait en son pouvoir.

La victoire de Koniah ouvrait Constantinople à Ibrahim. Toutes les populations musulmanes appelaient Méhémet-Ah à l'empire; s’il leût voulu, il eùt pu renverser la race d’Othman. Mais le vice-rot, sage et modéré, demanda, après comme avant la victoire, l'investiture de la Syrie. Déjà Ibrahim était à Kutayeb, à cinquante lieues de la capitale, lorsque le sultan éperdu confia sa cause à la Russie, qui envoya vingt mille soldats à Constantinople et gagna , à son intervention, le traité d’'Unkiar-Skelessi. La crise était menacante ; la question , d’exclusivement orientale qu’elle était dans le principe, devenait européenne. Les puissances et la France surtout, dont laimable et habile représentant à Alexandrie, M. Mimaut, avait encouragé Méhémet-Ah , s’interposèrent activement entre le viceroi et Mahmoud. Sous leur garantie, la Syrie et le district d’Adana furent cédés à Méhémet, qui se reconnut vassal du sultan, et s'engagea à lui payer annuellement le même tribut que les anciens pachas de Syrie; cet arrangement fut conclu le 14 mai 1855.

L'adjonction de la Syrie à l'Égypte était nécessaire à la sûreté des possessions du vice-roi. Du moment où l’on est persuadé qu'il est utile à la civilisation en géncral que les bords du Nil soient le siége d’une puissanec

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