PLANTES TEXTILES OU FILAMENTEUSES
Chanvre (Cannabis sativa, Linn.), 7y1.
Chanvre de Siam (Urtica nivea).
Avant Méhémet-Ali, le chanvre n’était cultivé que dans la haute Égypte, et seulement pour ses graines, avec lesquelles on fait un aliment ou une boisson enivrante connue sous le nom de haschich. Maïs le viceroi en a considérablement étendu la culture, afin d’avoir la filasse nécessaire à la fabrication des cordages, des agrès et des voiles de ses vaisseaux. On n’en fait pas, du reste, de toile pour la consommation de l'Égypte, parce que le lin lui est préféré.
Le chanvre de Siam a été envoyé dernièrement par le professeur Delile, de Montpellier, à M. Figari. Il a réussi, et on présume qu'il pourra se propager.
Coton (Gossypium vitifolium, Linn.), Qotn.
La culture du coton est l’un des nombreux bienfaits, l'une des richesses les plus considérables dont l'Égypte soit redevable à Méhémet-Ali, On sait que le cotonnier était relégué comme un arbuste d'ornement dans les jardins du Caire, lorsque Méhémet-Ali Fa tiré de cet état d’oubli pour en faire l’une des plus riches productions du pays qu'il gouverne. Je parle avec plus de détails de cette plante dans les pages que je consacre à l’état actuel de la grande culture en Égypte.
Lin (Linum usitatissimum, Linn.), Kittan.
Cette plante est uue des plus anciennes que ren-
ferme l'Égypte. Elle fournissait aux premiers habitants de la vallée du Nil le fil avec lequel ils tissaient les toiles si renommées qu'ils exportaient dans tout le monde. Le lin est encore beaucoup cultivé de nos jours : c’est de lui que les Égyptiens retirent la toile dont ils se servent.
Lin de la Nouvelle-Zélande (Phormium tenax). On n’a pas fait encore assez de tentatives pour naturaliser le Phormium tenaz. On n’a eu en effet qu’une seule plante de cette espèce, envoyée du jardin de Montpellier , et elle a péri. Cette culture pourrait être pour l'Égypte d’une si grande importance qu’il est nécessaire de renouveler les essais. Tout porte à croire qu'ils auraient des résultats satisfaisants. Le climat de l'Égypte se rapproche en effet de celui de la Nouvelle-Zélande ; et on sait combien la vallée du Nil est hospitalière pour les nouvelles cultures qu’on lui confie.