PLANTES TINCTORIALES
Carthame (Carthamus tinctorius, Linn.), Osfour ou Qourton. Semé à l’époque où les eaux du Nil se retirent , le carthame ou safranon est récolté au mois de mars, sans qu'il ait exigé de soins pendant sa croissance. Ses feuilles, après avoir été desséchées, sont pilées et réunies en pain. On tire en outre du safranon des graines dont on fait une huile à l'usage du peuple. On emploie ses tiges comme combustible. C’est dans la moyenne Égypte qu'il est cultivé.
Garance ( Rubia tinctoria , Linn. }, Fouah. La garance, qui était tirée autrefois de l'ile de Chypre, est
cultivée en Égypte depuis quelques années. Elle ne fournit pas encore assez de produits pour alimenter l'exportation. Les récoltes qu’elle donne sont exclusivement consommées par les fabriques du gouvernement.
Gaude (Reseda lutea, Linn.), Blyhah.
Henneh (Lawsonia alba), Henneh.
On dessèche et on réduit en poudre les feuilles: du henneh , et les femmes s’en servent pour colorer , en teinte d’acajou , diverses parties de leurs mains et de leurs pieds *. Dans plusieurs parties de l'Égypte on fait des paniers avec ses petites branches. Le henneh peut se passer d'humidité.
Indigotier (Indigofera argentea, Linn.), Nyleh.
Indigo de la Chine (Polygonum tinctorium, Linn.).
C’est d'ordinaire sur les bords du Nil que l’indigo est semé. On le cultive plus particulièrement dans la haute Égypte et dans le Fayoum. La vertu colorante
de l’indigo d'Égypte paraît être aussi bonne que celle
de l’indigo d'Europe , quoique la substance préparée dans les indigoteries égyptiennes soit moins pure.
C’est grâce au zèle inaltérable du savant professeur de Montpellier , M. Delile, que le polygonum tinctorium a été introduit. M. Figari, qui le cultive, espère, avec les semences qu’il a recueillies l’année dernière, pouvoir le propager et faire ensuite des essais sur l’extraction de la matière colorante.
Tournesol (Croton tinctorium, Linn.), Ghobbeyreh. Cette plante croit spontanément dans les champs.
3 Voyez le paragraphe des Femmes, dans le chapitre des mœurs.