LE PARLEMENT ET LE CLERGÉ
grande force, les réformes de l'ancienne législation criminelle que la révolution seule devait réaliser.
La surveillance du Parlement s'étendait à tout, et quelquefois elle se montrait ombrageuse pour le clergé. Le 2 avril 1767, un de Messieurs de la troisième Chambre des enquêtes ayant dénoncé le grand nombre d'évêques qui se trouvaient à Paris, les assemblées fréquentes qu'ils y tenaient, un arrêt, rendu sur le champ, enjoignit aux archevêques et évêques de retourner dans les trois jours, à compter de la signification de l'arrêt, chacun dans leur diocèse, sous peine de saisie de leur temporel et des meubles qu'ils avaient à Paris ^^L Cet arrêt causa une vive contrariété aux évêques. Sur leurs plaintes, le roi fit casser l'arrêt du 2 avril, mais il ordonna aux évêques de retourner dans leurs diocèses et de ne venir à Paris qu'après lui avoir fait connaître les motifs qui les y appelaient et avoir reçu une réponse à ce sujet.
Le Parlement présenta des remontrances au roi pour justifier son arrêt. Louis XV répondit: « J'ai cassé, par un arrêt rendu en mon Conseil des dépêches, l'arrêt de mon Parlement du 2 de ce mois ; je vous défends d'y donner aucune suite. Au surplus, vous pouvez assurer à mon Parlement que j'ai donné des ordres pour que les évêques se rendent chacun dans leur diocèse (^). » Cette intervention du roi était opportune et elle fut utile.
Un arrêt du 20 juillet 1768, qui révèle les mœurs de quelques grands seigneurs au xviii^ siècle, ne saurait être omis. Le jour de Pâques de Tannée 1768^^', le comte de Sade, gentilhomme du prince de Condé^ allié à ce prince par sa mère, M™^ Maillé de Brézé, rencontra, près de la place des Victoires, une jeune femme, Rose Keller, qui lui demanda l'aumône. Frappé de sa beauté et de son air honnête, le comte lui adressa quelques observations sur
(1) Hardy, Journ., 1.122. — (2) Harjy, Journ., 1.123. — (3) Le 3 avril 1768.