‹ Aperçu historique sur le Parlement de ParisChapitre 106 sur 288 · LE COMTE DE SADE · texte numérisé non relu

LE COMTE DE SADE

le vilain métier qu'elle faisait. Rose Keller répondit que son mari était décédé à l'Hôtel-Dieu, qu'elle était sans ressources et qu'elle mourait de faim. Le comte parut touché de cette infortune et oifrità la jeune femme de lui donner un asile dans une maison de campagne d'où elle pourrait sortir quand elle le voudrait. La proposition fut acceptée, et Rose Keller, après avoir été conduite dans la maison de campagne du comte de Sade, à Arcueil, y fut l'objet d'attentats odieux et ensuite garrottée et fustigée de la manière la plus cruelle. Cette jeune femme parvint cependant à s'échapper de la chambre dans laquelle elle avait été séquestrée. Elle porta plainte, et le Parlement ordonna d'informer sur cette affaire *^i'. Un arrêt de prise de corps fut rendu contre le comte de Sade '2*, et le 20 juillet 1768 un nouvel arrêt le condamna par contumace au bannissement et à des dommages et intérêts considérables envers la partie lésée ^3). Le comte fit d'activés démarches pour obtenir que l'arrêt fut rapporté, et il réussit. L'accusation fut mise à néant par des lettres d'abolition et surtout par le désistement de Rose Keller, qui se contenta d'une somme de cent louis, laquelle lui servit de dot l'année suivante ^^^

Cette aventure ne fit qu'irriter davantage contre la société tout entière le comte orgueilleux et passionné, qui ne croyait pas avoir forfait en achetant à prix d'or le droit de commettre même un crime. Il fut condamné, un peu plus tard, par le Parlement d'Aix, à être rompu vif, en efiigie, pour avoir séduit et enlevé sa belle -sœur, W^^ de Montreuil, qui mourut à vingt-un ans*^*.

Quelques mois après l'arrêt rendu contre le comte de

(1) Le 19 avril 1768. Hardy, Journ., 1.159. — (2) Le 21 avril 1768. Hardy, Journ., 1.162. — (3» Hardy, Journ., 1.173. — (i) Curiosités de l'Hist. de Fr. par P.-L. Jacob, 2' série. Procès célèbres, p. 237. — (5) Curiosités de l'Hist. de Fr. par P.-L. Jacob, p. 243.

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