‹ Aperçu historique sur le Parlement de ParisChapitre 107 sur 288 · MARCHAL · texte numérisé non relu

MARCHAL

Sade, le Parlement de Paris confirmait une sentence du Chàtelet, qui avait condamné un nommé Marchai, commis aux vivres, à être attaché à une claie, traîné dans les rues ayant la face dans le ruisseau et à être pendu par les pieds, pour s'être homicide lui-même (i). De tels arrêts ne pouvaient prévenir les suicides, et leur exécution inspirait plus de pitié que de terreur.

Le Grand-Conseil, suspect à tous les Parlements et en butte à leurs attaques incessantes, reçut, en 1768, une autorité plus grande du gouvernement, qui avait la pensée de le substituer aux Cours souveraines. La déclaration solennelle du mois de janvier 116S^^\ qui augmentait sa compétence et étendait le ressort du Grand-Conseil, excita d'unanimes mais inutiles réclamations des Parlements. Le gouvernement n'y eut aucun égard. Le temps approchait où le Grand-Conseil allait être appelé à remplacer le Parlement de Paris.

Le désaccord entre le gouvernement et le Parlement s'accusait chaque jour davantage. En 17T0, l'abus des acquits de comptant, qui était porté depuis quelques années à des sommes immenses et illimitées^ fixa l'attention du Parlement. Le 14 mars, il exprima au roi « que les acquits de comptant ne pouvaient avoir d'objet légitime, que les négociations avec les puissances étrangères servaient de voile à des usures énormes, exigées pour des opérations ruineuses de finances, pour des dépenses, ou petites, ou prodigieusement exagérées, j^oiir des libéralités excessives et nullement justifiées; qu'aucun de ses sujets ne devait rougir de donner une quittance publiquement connue d'une créance légitime (lorsqu'il était honoré des bienfaits de Sa Majesté), et que la première et peutêtre l'unique ressource des finances était le rétablissement

(1) Du 13 octobre 1768. Hardy, Journ., 1.180. — (2) Floquet, Hist. du Pari, de Normandie, 6.609.

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